Cultures, épisode 62

16/07/2020 Non Par cborne

Nous continuons à jouer au PSNOW tout en parlant à la troisième personne. Après avoir vaincu dans l’excellent control, j’ai lancé Doom qui en soit est une bizarrerie. Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, les premiers FPS. Forcément le premier truc qui vient à l’esprit ce sont les 12 pixels qui se battent en duel, mais c’est plus que ça. Il faut comprendre que non seulement le jeu vidéo a évolué d’un point de vue technique, mais il a aussi évolué d’un point de vue gameplay. Si on prend par exemple dishonored, on a non seulement une technique étonnante mais on a surtout de l’infiltration, des missions, des dialogues, des évolutions de personnage. C’est donc non seulement la technologie qui a évolué mais aussi le gameplay. Car le gameplay de l’époque se limitait à tirer sur des vagues d’ennemis de plus en plus durs et de trouver une arme plus puissante pour tuer encore plus de monstre. ID software prend le pari qu’on peut proposer de nos jours, un gameplay très similaire à ce qui se faisait à l’époque et de mémoire qu’on a revu seulement pour Serious Sam ou le mauvais Duke Nukem Forever.

Vous venez d’être fraîchement ressuscité sur Mars, et vous découvrez qu’on a réussi à exploiter l’énergie des enfers pour notre dimension. Bien évidemment on se doute que les choses finissent par tourner mal et vous trouvez la station spatiale pleine de démons. C’est bien sûr l’heure du grand nettoyage en faisant des aller-retours entre notre dimension et celle où il fait largement plus chaud des enfers. On va donc pendant une bonne dizaine de missions, trouver des armes de plus en plus puissantes pour éliminer des hordes de monstres de plus en plus forts. La différence entre maintenant et l’origine, c’est l’évolution des armes, la possibilité d’accomplir certains objectifs comme tirer dans la tête de trois machins pour gagner des points que vous pouvez répartir dans vos armes et c’est globalement tout. Ça et une technique franchement jolie.

J’ai dernièrement joué à Metro 2033 que j’avais commencé et je n’étais pas allé très loin. Pourquoi ? Tout simplement parce que quand je joue, j’ai le besoin d’avoir le sentiment de puissance. Le réalisme que veut imposer le jeu, à savoir compter les cartouches, votre mitraillette qui chauffe, finit par devenir ennuyeux pour moi. Dans Doom quand vous balancez des roquettes ou que vous avez la possibilité de faire des fatalités comme dans Mortal Kombat, dans des scènes particulièrement violentes où par exemple, vous arrachez l’œil d’un monstre pour l’enfoncer dans sa bouche ou un orifice qui y ressemble, vous avez le sentiment de puissance, et c’est jubilatoire.

Alors, jouer en 2020 à ce type de jeu, ça se fait, c’est plaisant, car ce n’est pas prise de tête. Finalement le seul reproche que j’aurais à faire, ce sont ces boss mal équilibrés, au nombre de trois. Pour le boss final, j’ai dû descendre le niveau de jeu car on franchit le cap du sac à PV pour reprendre le jargon consacré pour tomber dans l’hérésie. Passer trente minutes à s’acharner à tirer en évitant des attaques qui tournent dans tous les sens, ce n’est pas drôle. Doom est un bon jeu, pas prise de tête, que je ne regrette pas d’avoir fait, et surtout que je suis ravi de ne pas avoir payé tant son pouvoir de rejouabilité est limité.

Will Ferrel est pour moi l’un des plus grands génies du cinéma, à l’instar d’un Sacha Baron Cohen, ce sont des gens qui sont dans leur délire qu’on aime ou non. Après s’être attaqué avec énormément de talent au patinage artistique, Will Ferrel s’attaque au mythe de l’Eurovision. Will Ferrel vit dans son village islandais où enfant il décide qu’il remportera l’Eurovision avec son amie d’enfance de toujours, Rachel McAdams. Arrivé à l’âge de 40 ans, vivant dans le garage de Pierce Brosnan son père pêcheur qui le méprise, leur maquette est sélectionnée pour participer au concours Islandais. Bien évidemment, ils sont extrêmement nuls et toute prestation finit en catastrophe. Alors qu’ils devaient être éliminés, l’intégralité des participants meurent dans l’explosion d’un bateau si bien qu’ils représentent l’Islande à l’Eurovision. Alors bien évidemment c’est n’importe quoi, la caricature est toujours très épaisse, tous les clichés y passent même les elfes, mais je suis un fan inconditionnel. Eurovision Song Contest The Story of Fire Saga est à réserver à ceux qui aiment l’humour potache.

Alban Lenoir, Nicolas Duvauchelle, et Ramzy Bedia réunis dans un policier, l’idée est plutôt bonne, même si pour deux d’entre eux on aurait pu penser à une comédie. Malheureusement, de bons acteurs ne font pas un bon film. Alban Lenoir est un génie de l’automobile, mais il se sert de son art de la mauvaise façon, à savoir fabriquer des voitures pour vider des banques. Il se fait arrêter mais Ramzy Bedia lui donne sa chance, devenir le mécanicien d’une brigade spéciale de pilotes de la police qui interviennent à grande vitesse, parmi eux, Nicolas Duvauchelle. Il se trouve que ce dernier est en fait dans les trafics et lorsque le pauvre Ramzy Bedia se fait tuer d’une balle qui est tout sauf perdue, Alban Lenoir apparaît comme le coupable idéal. Scénario de série B pour film de série B qui fait pourtant le job, ça se laisse voir si on n’attend pas autre chose que des voitures qui vont vite et de la castagne.

Dans les films d’horreur il n’est jamais évident d’innover, force est de constater qu’on a fait un peu le tour de toutes les boucheries possibles et imaginables. Et pourtant parfois, certains réalisateurs font un effort pour essayer d’être innovant, c’est le cas avec The Hunt. L’histoire de The Hunt est assez simple, un ensemble d’individus se réveillent dans un coin paumé et se fait chasser. La particularité du film c’est qu’on met trente bonnes minutes à voir débarquer le héros. C’est particulièrement gore, assez déroutant, exagéré bien évidemment si bien que ça file à la caricature et que ça fait souvent sourire. À voir pour les amateurs du genre.

Il y a parfois avec des jeux qui ne sont pas des AAA, quelques bonnes surprises parce que les gars sans forcément tomber dans une originalité de foufous fabriquent des jeux à moindre budget où on ne les attend pas vraiment, avec le truc qui fait la différence Quand on n’a pas de pétrole on a des idées, c’est pareil pour le jeu vidéo. La série des jeux sniper elite, ici le numéro 4, en fait vraiment partie. Le snipe c’est souvent un truc qui passionne les gamers, ça et l’arc. Je crois qu’on se rêve tous chasseurs à un moment donné. Pourtant, peu de jeux finalement tournent autour d’un gameplay attentiste, la plupart du temps on vous fait plonger dans le feu de l’action ou dans de l’infiltration qui se fait au corps à corps plus qu’à distance. Dans sniper elite 4, on incarne un soldat qui après avoir fait campagne en Afrique dans le 3, est chargé de démanteler des missiles en Italie. Le manque d’argent dans la réalisation du jeu ne se sent pas trop, plutôt que de mettre des fortunes dans des cinématiques, on fait quelques planches avec des animations sur la voix grave du sniper, l’ambiance y est. Pour le reste c’est joli, les décors sont variés, industriels, village italien, la forêt, c’est réussi.

Le concept du jeu est assez simple, vous contre des hordes de nazis. Si bien sûr l’arme de prédilection c’est le snipe, rien n’empêche ici ou là de poser une mine ou un piège, de prendre par surprise l’adversaire au corps à corps ou de prendre d’assaut à la mitraillette. Le jeu est franchement plaisant, l’ouverture des cartes y est pour beaucoup, on prend beaucoup de plaisir à faire sauter la tête d’un nazi bien placé du haut d’un immeuble. Le succès est d’ailleurs au rendez-vous puisqu’un épisode cinq doit sortir.

Avec Heavy Rain ou Detroit, on a réalisé qu’une partie du public n’aimait pas jouer, semble-t-il c’est un créneau. Il faut dire que l’idée en elle-même est plutôt séduisante, vous avez un jeu, et on essaie de vous faire croire que vos actions peuvent radicalement changer les événements du jeu. Chaque action devient alors cornélienne, et à chaque action d’ailleurs, vous vous dites que vous pourriez recommencer pour voir comment ça se passerait si vous faisiez un autre choix. Until Dawn s’inscrit dans cette catégorie, les jeux où on ne joue pas vraiment, avec un scénario de film d’horreur où un groupe de jeunes se fait tuer par un psychopathe. L’action commence avec une fête qui tourne mal et qui voit la disparition de deux sœurs. Dans ma version de partie elles se fracassent toutes les deux le crâne en tombant d’une falaise, à priori une autre alternative était possible mais les deux jeunes femmes doivent disparaître. Le frère organise un an plus tard sur les lieux du drame, qui est une grande maison familiale à la montagne, une fête réunissant les protagonistes. À priori, pas besoin de sortir de polytechnique pour se rendre compte que ce qui rodait, continue de roder. Alors que dans Detroit je pestais quand même un peu pour dire qu’un jeu dont l’action se résume à faire la vaisselle et jeter les poubelles, c’était un brin limite, la scénarisation, les personnages, l’émotion, m’avaient poussé à terminer le jeu sans forcer. Avec until dawn j’ai la sensation qu’on en fait encore moins, à part se promener avec une lampe torche à la main, et force est de constater qu’on finit par s’ennuyer très rapidement. J’ai tenu deux heures, à priori le jeu en fait six, et c’est sans aucun regret que je ne verrais pas la fin, d’une histoire de classique où rien ne permet d’accrocher le joueur.

J’avais démarré Hollow Knight il y a bien longtemps sur PC parce que j’en avais lu beaucoup de bien, il faisait partie de ces jeux un peu difficile, un peu déroutant, sans prononcer le mot soul. Il faut dire que le joueur que je suis aime aujourd’hui un peu de difficulté dans des gameplays qui sont simples ET irréprochables et c’est ici le problème. Il s’agit d’un jeu de plate-formes action dans un univers d’insecte. Vous débarquez dans un village désert, on vous explique que les habitants sont allés tenter l’aventure et que ce serait pas mal de faire revivre le village. Au départ les possibilités sont limitées, mais vous allez trouver le don de faire des sauts à l’horizontale, de vous accrocher au mur ou de balancer des boules d’énergie. Le character design est vraiment intéressant, les musiques de qualité, c’est vraiment une direction artistique réussie et originale. La difficulté quant à elle est bien présente, avec des bestiaux qui parfois réussissent à vous surprendre pour un jeu en 2D, je pense à ces buissons qui se déplacent comme des requins pour vous sauter dessus par exemple. J’ai pas mal pesté dans certains passages du jeu sur des sauts peu précis, des sauts qui ne sont fonts pas, j’ai arrêté quand j’ai récupéré l’artefact qui permet de bondir sur les murs qui est particulièrement mal gérée. Alors que le jeu vous demande à certains endroits de très bons réflexes dans des situations de plateforme complexes, la maniabilité du personnage ne suit pas. Alors on finit par mourir bêtement, et le banc, qui correspond au feu de camp des souls est souvent éloigné, la lassitude de refaire pour un passage compliqué où réussir tient plus du hasard que du talent, induit le découragement. Je n’évoque même pas le système de carte que vous devez acheter sans pour autant trouver facilement le cartographe. Dommage.