Cultures, épisode 59

16/05/2020 Non Par cborne

J’ai découvert l’attaque des titans par mon fils qui m’avait demandé de lui trouver l’intégrale, j’avais obtempéré en pilotage automatique. J’ai redécouvert l’attaque des titans en faisant le jeu sur PS3, les ailes de la liberté.

D’un coup, des titans sont apparus, et les habitants n’ont eu d’autre choix que de se retrancher derrière des murs gigantesques. On ne peut pas communiquer avec les titans, les titans n’ont pas d’appareils génitaux, n’ont pas d’appareils digestifs et n’ont pour seul but que de manger les humains, même pas pour se nourrir. On va suivre l’aventure de trois orphelins dont le rôle est de protéger la ville. Les titans possèdent un point faible, derrière la nuque, une zone de un mètre sur dix centimètres. Ils sont équipés de sabres, de harnais et de propulseurs qui leur permettent d’arriver à cette fameuse zone.

Le jeu reprend globalement les sept premiers tomes, je vais devoir spoiler un peu pour expliquer l’histoire. L’un des personnages principaux, Eren, se fait manger par un titan, une tragédie. Sauf que les choses ne se passent pas comme prévu, il se transforme à son tour en titan et se met à marave les autres. Il apparaît de la même manière, un titan fille qui serait elle aussi un humain, et qui cherche à kidnapper Eren. Le jeu est franchement bien foutu, dynamique, et ça marave dur. Fritter les géants c’est franchement sympa, parcourir la ville pour sauver des soldats remplir des objectifs, on s’amuse beaucoup. C’est assez étonnant de fluidité, original et avec un scénario assez passionnant.

Car à part cette histoire glauque, dans laquelle les gens meurent par centaines, une action bien dosée notamment sur les premiers chapitres, l’intérêt de l’attaque des titans c’est bien évidemment son histoire et les mystères qui l’entourent. D’où viennent les titans ? Qui a bien pu construire la ville ? Pourquoi certains humains ont la faculté de se transformer en titans.

Malheureusement on en revient à la remarque que j’avais faite la dernière fois sur les mangas, le côté niais, et le côté qui s’embourbe. J’ai dû franchir le tome 15 et cela devient très très lourd. Quand le manga était très efficace, carré, bourrin, les considérations philosophiques des personnages sur leur rôle, s’ils sont gentils, s’ils sont méchants, c’est insupportable … La série de mystères et d’intrigues n’en finit pas de se rallonger et on comprend bien que ce n’est pas pour le plaisir du lecteur mais bien pour faire tourner la machine à cash. Vous avez des pages et des pages inutiles, des détours qui ne font que rallonger l’histoire au détriment de son intérêt. À ce jeu-là c’est certainement Dragon Ball qui s’en sort le mieux, même si on peut trouver ridicule la douzième transformation de Saiyan pour lutter contre un méchant encore plus puissant, au moins ça marave.

Il semblerait que l’anime qui en est à sa saison 3 soit plus efficace, du fait d’être plus synthétique. L’attaque des titans a démarré en 2009 et il est encore en cours, 11 ans ça commence à faire long, je n’aurais certainement pas la patience de lire l’intégrale. Je finirais par me trouver un résumé de la fin dans dix ans s’ils finissent.

Edit plus tard : j’ai fait l’effort de lire la suite et de passer cette grosse traversée du désert psychologique. C’est bluffant. Je me plaignais que ça réfléchissait trop et qu’on rajoutait des secrets, toute la suite n’est qu’une grosse baston gigantesque avec des explications très claires, c’est franchement plaisant et passionnant. Suffisamment rare pour être remarqué, l’auteur a su remonter la pente. Reste à savoir combien de temps il arrivera à tenir le lecteur en haleine, le manga aurait dû s’achever il y a déjà quelques années mais profit oblige, il a été prolongé.

Dans une ambiance toute aussi gore, splatterhouse est un jeu qui aurait pu être rigolo comme tous les beat them all un peu décalés. L’action démarre très rapidement, vous êtes dans un manoir sans savoir pourquoi, vous vous videz de votre sang, et curieusement un masque posé à côté de vous vous permet de vous transformer en gros type super musclé qui peut tuer tout le monde. Le personnage n’est pas sans faire penser à Jason, le tueur de vendredi 13. On frappe, on démembre, on enchaîne les salles qui n’apportent pas leur lot d’originalité, on tue un boss puis un second et on s’ennuie profondément. Je suis arrivé dans le deuxième monde, celui de la décharge, malgré la possibilité d’apprendre de nouveaux coups ou trouver des armes au sol, difficile de réussir à accrocher à un jeu aussi répétitif.

J’ai donc comme vous l’avez compris, repris plus ou moins le chemin du manga. Finalement l’offre de la bande dessinée franco-belge est quand même plus pauvre ce qui est un avantage pour faire des choix. Pas de malentendu, je trouve que la bande dessinée franco-belge est plus intéressante que le manga, c’est tout simplement que la production est moins importante par rapport à la masse de mangas disponibles. Pas évident de réussir à faire son choix, encore moins quand on voit que certaines séries en sont à plus de 600 ou 700 épisodes et que ça continue encore. L’investissement dès lors est complexe, commencer à lire le manga c’est prendre le risque d’en avoir pour des mois. On trouve toutefois des films d’animation, des trucs qui diffèrent franchement de la culture Disney, de la culture européenne tout court. A silent voice rentre directement dans cette catégorie d’histoires atypiques par rapport à ce qu’on peut voir en France. C’est l’histoire d’une gamine malentendante qui débarque dans une école et qui est harcelée par un gamin. À force de lui bousiller ses appareils auditifs, la petite finit par changer d’école. Le gosse quant à lui qui amusait l’ensemble des enfants, passe de l’état de bourreau à celui de victime. Les autres enfants qui étaient ses complices finissent par se retourner contre lui. On le retrouve au lycée plus tard, il a fini par s’isoler, et décide de mettre fin à ses jours. Avant de quitter notre monde, il veut mettre ses affaire en ordre et va rendre à la petite son cahier d’écriture qu’il lui avait piqué quand il était gamin. Une histoire d’amour, du regard des autres, de rédemption, qui traite du handicap en dessin animé, c’est suffisamment rare pour être remarqué, et c’est vraiment très bien mené.

Dans un genre complètement différent, le mystère des pingouins. C’est l’histoire d’un gosse de CM1 surdoué avec une vie très rangée autour des échecs, de son école et de ses expériences scientifiques, qui n’a finalement qu’un seul vice, sa fascination pour les seins de l’assistante dentaire, une fille un peu délurée. Il se produit dans la ville des événements étranges, des pingouins apparaissent n’importe où, une sphère fait aussi son apparition dans la clairière, le gosse et ses deux camarades de classe mènent l’enquête. Il se trouve que ces mystères sont tous en lien avec l’assistante dentaire. Drôle de fable, qui vous embarque on ne sait absolument pas où, on reste en haleine jusqu’à la fin même si tout n’est pas franchement clair, ça prend aux tripes.

Il y a des années j’avais lancé le jeu dishonored et j’avais été déçu. Je pense qu’avec du recul, j’y vois deux raisons : la masse de gadgets et les pouvoirs magiques, vous le savez, je suis un garçon simple qui joue à la hache, ça me faisait certainement trop. Le second point, j’ai eu du mal au départ à trouver mon chemin dans les missions. Je me suis fendu d’y rejouer dernièrement, j’ai fait une affaire sur l’édition définitive du numéro 2 que je viens de démarrer, puisqu’au moment où je vous écris j’ai fini le numéro 1. Le pitch de dishonored, ça casse pas trois pattes à un canard, c’est l’histoire du protecteur de l’impératrice qui revient d’un voyage pour vérifier si une puissance étrangère ne serait pas à l’origine de la peste et des rats qui ravagent la ville. La faute à pas de chance, il assiste impuissant au meurtre de l’impératrice et au kidnapping de sa fille. Il est le coupable idéal et nous voilà partis pour un gars qui doit sauver son honneur et la gamine.

Il s’agit n’ayons pas peur des mots, d’un Assassin’s Creed vu à la première personne avec des pouvoirs magiques quand même. Même si comme vous le savez, je suis un garçon simple et j’ai poutré parfois en frontal des dizaines de gardes, de façon très objective, il est très complexe de passer en force. On va donc accomplir comme dans un Assassin’s creed, un ensemble de missions visant à tuer les auteurs du complot contre l’impératrice et mettre la gamine sur le trône. Une petite surprise au deux tiers de parcours dans un scénario pas vraiment original. La réalisation est assez bluffante, il faut reconnaître que si l’histoire n’est pas à la hauteur, la narration et le level design sont très impressionnants. Il est en effet possible de passer par des tas d’endroits différents ou de solutionner « le problème » de plusieurs façons, la douce, comme un empoisonnement, un kidnapping, ou la façon brutale qui consiste à assassiner tout le monde. Il y aurait une influence sur la fin ou sur l’évolution du jeu par rapport à la façon de jouer, alors que j’ai joué en boucher je n’ai rien vu de probant.

Comme précisé plus haut, le nombre d’armes et de possibilités sont assez importantes, plus d’ailleurs les pouvoirs magiques qui sont à disposition que les armes qui sont plus classiques, l’épée, le pistolet, les mines, les grenades ou l’arbalète. Les possibilités sont énormes, peut-être, certainement trop. Ralentir le temps façon Matrix, ce qui vous permet de laminer les adversaires tranquilou. Se téléporter dans tous les sens, prendre possession des animaux ou des gens. Ce dernier point est particulièrement intéressant pour les poissons, ça permet d’aller dans des endroits inaccessibles. L’un des musts étant la possibilité de faire apparaître une nuée de rats qui vont se jeter sur vos ennemis pour les dévorer. L’ensemble de vos ennemis vient alors pour les tuer, vous balancez une grenade au milieu pour faire du dégât.

Avec des pouvoirs vraiment particuliers, des embranchements dans tous les sens, des quêtes annexes au milieu des missions, le sentiment de liberté est omniprésent dans la façon de jouer ce qui est vraiment très positif. C’est de plus un jeu qui nécessite réellement de tout inspecter pour ne rien rater, une clé, de l’argent, un plan. Le véritable regret par contre c’est qu’il ne s’agit pas d’un open world. Concrètement, vous faites votre mission dans votre cadre fermé, impossible de revenir sur des lieux déjà visités. À part ça, c’est vraiment un excellent jeu.