Cultures, épisode 58

14/05/2020 Non Par cborne

Cela fait une éternité que je n’ai pas lu de manga, je pense que l’explication est assez simple. J’en ai trop lus, la plupart du temps ça ne s’arrête jamais, c’est quand même souvent très niais. Là où la mer murmure ne déroge pas à la règle de la niaiserie, néanmoins c’est un one shot, ce qui fait qu’on n’a pas le temps de se lasser. C’est l’histoire d’une jeune femme qui vit en Italie avec son père et sa belle mère. Orpheline, son père lui a toujours dit que sa mère était morte noyée sans avoir donné plus de détails. Elle fait la rencontre d’un jeune homme qui reconnaît sur une photo du père une chanteuse qui a connu son moment de célébrité, Claudia. Dès lors la jeune femme n’obtenant pas de réponse, part en France avec son nouvel ami à la recherche de sa mère qui ne serait pas morte. Sans surprise mais bien mené, ça change.

Clovis Cornillac notre spécialiste des films TF1, qui aura certainement raté une grande carrière d’acteur, est vétérinaire (les vétos) avec Michel Jonasz. Ce dernier aspire à une retraite bien méritée, malheureusement comme ils vivent dans un village perdu, personne ne veut prendre la relève. Noémie Schmidt qui est comme on dit une enfant du pays, a quitté le lieu de villégiature de son enfance pour aller à la capitale et devenir elle-même vétérinaire, mais du côté plutôt laboratoire. Michel Jonasz fait croire qu’il va mourir afin qu’elle prenne sa place et la laisse devant le fait accompli. Mais bien sûr comme les films TF1 doivent être bourrés de clichés, une jeune femme qui vient de Paris c’est compliqué. Elle va devoir surmonter de très nombreux obstacles pour changer le regard des gens. C’est gentil, ça se laisse regarder quand on est confiné.

Lambert Wilson est éditeur, un éditeur tyrannique, mégalomane, un vrai connard. Il a la chance d’éditer celui qui fut son professeur de lettres à l’époque, un livre au succès complètement fou qui lui rapporte un paquet d’argent. Il reçoit les traducteurs du roman dans des conditions quasiment militaires, il les coupe du monde de façon à être certain que la fin du roman ne sera pas dévoilée. Et pourtant le drame se produit, des pages du manuscrit ont été volées et seront diffusées sur la toile si une forte rançon n’est pas payée. Le film malgré de très nombreuses incohérences, bizarreries, n’importe quoi, brouillon, se laisse regarder, ne serait-ce que pour trouver qui est le coupable dans le groupe.

Dans les années 1930 en Louisiane, l’amitié impossible entre un jeune garçon noir particulièrement intelligent et le fils d’un patron plutôt idiot, mais qui a au moins deux qualités : savoir que son ami est plus intelligent que lui, ne pas être raciste. L’amour est une haine comme les autres change un peu des histoires d’amour impossible entre un homme et une femme de couleur différente, néanmoins, à part l’amitié, on trouve tous les clichés habituels sur la différence, à la limite du Roméo et Juliette platonique. Le récit reste quand même prenant, avec certainement ce jeune patron qui a conscience de ses limites intellectuelles qui est le plus réussi, le plus original et le plus attachant.

Les fables scientifiques de Darryl Cunningham est un ouvrage qui utilise la bande dessinée pour faire un grand réquisitoire contre pas mal de « pseudos sciences » ou de croyances populaires. Je mets pseudo-sciences entre guillemets parce que le bonhomme attaque sa bd par l’homéopathie et ça fait très très mal. Comprenez que si par exemple sa conclusion quant à l’homme sur la lune qui consiste à dire en gros que payer des milliards pour faire croire qu’on est allé sur la lune ça fait trop cher pour ne pas vraiment y envoyer quelqu’un fera certainement l’unanimité ou presque, pour certains qui sont convaincus que l’homéopathie fonctionne, c’est plus compliqué. C’est très complet, c’est bien illustré, le démontage du réchauffement climatique avec les lobbies américains qui payent des études contradictoires est vraiment passionnant. Parfois compliqué, c’est dommage que le niveau de vulgarisation ne soit pas plus bas, il aurait pu être mis dans plus de mains, les plus jeunes en particulier. C’est un véritable reproche que je fais, car il faut un certain niveau de culture pour appréhender l’ouvrage si bien que ce livre s’adresse quelque part, à ceux qui savent déjà. Une façon comme une autre de limiter la confrontation.

Duke Nukem Forever fait partie de ces jeux qu’on attendait plus, et qui du fait d’avoir traîné dans la durée ont un côté vieillot technique, trop de temps écoulé entre le début de la création et la sortie du jeu. Pour ceux qui n’auraient pas de culture vidéo ludique, globalement les premiers FPS, first personnal shooter, en gros les jeux qui ont donné Counter Strike et Call of c’est Quake et Duke Nukem. L’esprit des Duke Nukem c’est la drôlerie avec la caricature de l’américain de base qui tire sur tout ce qui bouge. On retrouve donc notre héros une dizaine d’années plus tard après avoir exterminé la vermine extra-terrestre, devenu une star interplanétaire. Les aliens reviennent, Duke va tous nous sauver et tous les tuer. Il s’agit comme on peut s’en douter d’un shoot bien vulgos, et en 2011 à l’époque, à fortiori 2020 aujourd’hui, ça ne passe plus. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’avec un Bioshock paru en 2007, avec un univers flippant, original, scénarisé, on a pris l’habitude de voir autre chose. Alors oui c’est sûr que parfois ça fait sourire, mais détruire des armées de monstres lâchés dans les couloirs, ça marchait mieux avant. J’ai dû jouer trois bonnes heures avant de me lasser.

Innover dans les concepts du jeu vidéo, on pourrait penser que c’est une obligation, présenter de nouveaux concepts aux joueurs, une nécessité pour éviter de créer la lassitude. Et pourtant, il apparaît souvent que les nouveautés ne sont pas synonymes de réussite. J’évoquais le sixaxis de la PS3 qui était mal exploité car il s’agissait d’une innovation technologique de la console et les développeurs se sont certainement sentis dans l’obligation de l’utiliser. Parfois les développeurs arrivent à se tirer tout seul une balle dans le pied, c’est le cas avec ce Never Dead auquel je n’ai pas réussi à passer le cap des trente minutes. Il s’agit d’un jeu vu à la troisième personne comme je les aime, dans lequel vous incarnez un chasseur de monstre, un monstre immortel. Vous devez faire attention à votre partenaire, une jolie blonde qui quant à elle peut perdre la vie. Vous êtes un zombi et vous perdez vos membres dans les combats … Et là c’est le drame. À cloche-pied pour récupérer son autre jambe, en train de courir pour aller chercher son bras à l’autre bout de la pièce, ou à faire rouler sa tête pour récupérer l’intégralité de son corps. Les monstres affluent dans tous les coins, si bien que vous avez pour premier objectif de reconstituer votre corps particulièrement fragile qui se décompose dans tous les sens et flinguer tout ce qui bouge.

C’est donc mauvais, extrêmement mauvais et c’est dommage car le graphisme, le character design, la musique et l’ambiance sont réussis, mais le jeu est tellement brouillon avec cette volonté d’être original qu’il en devient très vite lassant et injouable. Comme quoi même si les systèmes sont parfois les mêmes, avec des mécanismes éculés, un gameplay simple, maîtrisé dans une bonne histoire fonctionne mieux qu’un concept innovant qui n’apporte rien.

C’est une curieuse bd cette guerre des orcs, car on la croirait tout droit sortie de orcs, la série de l’univers elfes, qui raconterait l’histoire d’un orc intelligent. L’histoire démarre sur un champ de bataille avec le seul survivant. Ce dernier arrive dans l’un des derniers bastions du peuple, les orcs sont des bêtes traquées par l’association des elfes, des humains et des nains. Cet orc n’est pas comme les autres, c’est un stratège, il va appliquer des méthodes de combats qui font honte à la peuplade mais qui ont l’intérêt de fonctionner : poison, embuscade et j’en passe, l’art de la guerre bien loin du je rentre dedans traditionnel de la peuplade. Il est nécessaire de spoiler pour comprendre la suite, notre orc a fait du chemin, il est devenu roi, a tué l’impératrice des elfes et le roi des humains. Il ne règne pas en despote, il laisse tout le monde vivre en paix, ce qui déplaît encore à sa tribu. La peuplade va devoir reprendre le chemin de la guerre face à une menace zombie qui n’est pas sans faire penser encore à la série elfe. Diptyque réussi qui aurait pu s’inscrire parfaitement dans l’univers des orcs, à croire que ces deux uniques tomes pour ce qui aurait pu être une série complète a dû s’arrêter prématurément pour ne pas faire doublon.

Un jeune homme les jours de pluie, en profite pour faire péter les cours, il va dans un parc public et dessine des chaussures. Son plus grand rêve, c’est de devenir créateur. Une jeune femme aux environs de la trentaine a tendance à faire de même. On sent qu’elle est meurtrie, elle boit de la bière, elle est à moitié ivre. Les deux individus, nouent une étrange amitié et finissent par espérer les jours de pluie pour se retrouver. The garden of words est un anime d’une quarantaine de minutes sur la solitude, l’amour entre les âges. Une jolie histoire qui aura tout de même du mal à passer quand on découvre que la jeune femme a 27 ans, qu’il en a 15 et qu’elle est professeur dans son lycée. Même s’il est difficile de faire abstraction de la situation, c’est bien fait, la musique, le dessin, c’est réussi.

Dans un univers steampunk, deux voleurs mettent la main sur des films de snuff movies destinés à « amuser » l’intégralité de la bourgeoisie locale. Ils ont la mauvaise idée de vouloir faire chanter un baron qui contrôle la production. La faute à pas de chance, ils vont se retrouver avec toute la police dessus, qui est bien sûr de connivence, et devoir sauver une prostituée qui va participer au tournage bien malgré elle. Le réseau bombyce ça démarre plutôt bien, un univers intéressant, des personnages attachants et puis ça commence à partir complètement en sucette quand le passé des protagonistes entre en jeu. Ça donne l’impression de démarrer sur une histoire, d’enchaîner sur une autre, à ce moment le scénario devient confus, et c’est dommage. La bande dessinée aurait mérité de s’arrêter plus tôt.

Chantal Lauby est une chanteuse très célèbre dans un marché de niche, puisqu’elle fait de la chanson pour tango. De renommée internationale elle vit depuis des années en Amérique du Sud. Avec l’âge, elle se dit qu’elle n’a plus de temps à perdre, et va à la rencontre de son petit-fils qu’elle ne connaît pas. Son fils est mort dans un accident de voiture, elle s’était fâchée avec lui parce qu’il l’avait quittée pour une autre, Camille Chamoux qui élève en maman solo le gamin. Traductrice complètement psychorigide, Chantal Lauby sur la base d’un quiproquo n’ose pas lui révéler son identité et devient sa locataire, une locataire envahissante et délurée. Le personnage de Chantal Lauby dans Sol est intéressant car on n’a pas la grand-mère complètement surexcitée mais plutôt la bonne femme nonchalante qui prend tout avec placidité. De la même manière Camille Chamoux n’est pas dans l’excès. Tout ça finalement sonne très juste, le tout sur une superbe bande originale latine.

Sienna Miller est une femme américaine (American Woman), de la classe très moyenne, au début du film, elle vit avec sa fille, en face de chez sa sœur. Sa fille vient d’avoir un enfant alors qu’elle est plus ou moins sortie de l’adolescence, quant à elle, elle se cherche un gars. Elle fréquente un homme marié, elle a bien sûr l’espoir qu’il quitte sa femme. Sa fille disparaît un jour, et elle se retrouve seule à élever son petit fils. On va suivre l’itinéraire de cette femme qui va évoluer de façon positive tout au long de sa vie. Performance d’actrice comme vous pouvez le voir sur l’affiche, un très bon film à Oscar.