Cultures, épisode 56

17/04/2020 Non Par cborne

Le principe de Skyjo est assez élémentaire :

  • vous avez douze cartes cachées sur la table
  • les cartes ont des numéros qui vont de -2 à 12
  • on commence le jeu en découvrant deux cartes
  • le but du jeu est d’avoir le score le plus faible
  • on pioche une carte, si on est content, c’est-à-dire que la carte a un numéro plus faible, on la remplace, sinon on retourne une carte de son jeu.
  • la partie est finie quand la dernière carte est retournée.

Pas très subtil dans le sens où il n’y a pas réellement de stratégie. La seule variable pour mettre un peu de piquant, c’est si on a une colonne composée par les mêmes nombres, alors la colonne est retirée du jeu. Si par exemple, on a deux douze, on peut être dans l’attente d’un troisième douze plutôt que de trouver des cartes inférieures pour les deux cartes à changer. Le jeu en famille reste amusant, rapide et facile à maîtriser.

La série des maîtres inquisiteurs qui fait largement penser à la série Elfes, nains et j’en passe, reste une des bandes dessinées les plus efficaces du moment. Dans ce tome 13, Iliann, est un jeune inquisiteur qui a la particularité de se transformer en loup-garou. Il mène l’enquête sur la transformation d’un des leurs qui pour une raison inexpliquée est devenue une énorme bête sauvage qui massacre tout sur son chemin. Gore à souhait, classique mais toujours efficace, à lire.

L’œil du STO est une bande dessinée assez originale puisqu’elle traite de la guerre de 39-45 pas du côté guerre, pas du côté occupation, pas les camps de concentration, mais des Français qui sont partis travailler dans les camps en Allemagne. C’est l’histoire d’un garçon de café qui se retrouve dans l’obligation d’aller travailler pour l’Allemagne nazie qui a nécessairement besoin de main d’œuvre pour fabriquer les armes ou le matériel. C’est assez intéressant parce que c’est une histoire qu’on n’évoque pas, le sentiment de malaise est bien retranscrit par le personnage central qu’on retrouve de l’enfance jusqu’à l’âge de la retraite. Un sentiment de culpabilité, comme d’avoir collaboré avec l’ennemi, alors que les conditions de travail étaient particulièrement horribles et sans laisser d’autre choix que d’exécuter les tâches. Une bande dessinée passionnante et qui lève le voile sur une période historique certainement trop honteuse pour qu’on l’évoque.

Dans un village de campagne, type trou perdu, à cause d’une suite d’événements, un drame se produit, un gamin de douze ans tue par accident son petit camarade. Au lieu de tout révéler à la police, le garçon cache le corps dans la forêt. L’action se déroulant dans la fin des années 90, le film utilise la tempête qui a soufflé le nord pour faire stopper les recherches. On retrouve notre meurtrier 15 ans plus tard, venu assister au départ en retraite du médecin du village, lui-même étant devenu médecin. Comme on peut s’en douter, il va être largement rattrapé par son passé. Trois jours et une vie porte parfaitement son nom, bien plus que le poids du secret, le film montre comment un homme est capable de se mettre ses propres chaînes sur trois jours pour une vie complète. Excellent film qui fait pourtant deux heures et qui vous tient en haleine.

Braagam est un vieil orc qui attend la mort. Légende encore vivante des campagnes orcs, il se remémore son passé avec ses vieux camarades. Devant ses yeux, une injustice qui commence à lui peser de plus en plus, deux jumeaux sont maltraités par leur oncle, la fille est harcelée par le fils du chef du village. Il finit par intervenir et forme le garçon pour qu’il puisse protéger sa sœur. Novateur dans le positionnement, puisque le héros de ce tome 7 de orcs et gobelins, est un vieillard. Toujours aussi bien dessiné, toujours aussi prenant, on continue avec le tome 8, renifleur qui se déroule cette fois-ci chez les gobelins. Renifleur, c’est un gobelin qui est capturé quand il est enfant par des humains, un cadeau pour l’un des princes. Traité comme un chien, d’où son surnom de renifleur, il est utilisé comme tel par le prince qui le tient en laisse pendant ses chasses. L’homme et le gobelin finissent par se lier d’amitié, le gobelin se révélant un précieux allié quand le roi est assassiné. Du très bon, même si on s’attendait au final, la série ne déçoit toujours pas. On doit à Jérémie Moreau, La Saga de Grimr primé à Angoulême, c’est donc un gars qu’on attend forcément au tournant. On passe des vikings aux hommes des cavernes avec Penss (et les plis du monde), un homme préhistorique fasciné par la contemplation de la nature, au point de se faire rejeter par son clan lui et sa mère. Il finit par arriver dans une plaine où il se lance dans la culture des fruits. Passionnant, original, poétique, c’est pas far cry primal.

Nier est un jeu sorti en 2010, c’est un jeu Square Enix et c’est un action RPG qui se rapproche d’ailleurs plus de l’action que du RPG. À partir du moment où tu écris Square Enix et RPG Japonais, les fans sortent des cierges et se mettent à prier en cœur. Je n’ai jamais été un grand fan de Final Fantasy, des jeux que je trouve très niais, avec des combinaisons toujours bizarres pour te faire comprendre que les japonais ne pensent pas comme toi. L’action démarre à notre époque avec une introduction qui prendra son sens à la fin du jeu, un homme essaie de protéger sa fille malade de monstres qu’on appelle les ombres. On se retrouve 1500 ans après dans une situation totalement similaire, avec notre bon père de famille, un guerrier qui essaie de trouver un remède pour guérir sa fille alors que les ombres sont de plus en plus nombreuses et se rapprochent du village.

L’action est orientée beat them all 3D, ça bastonne dans tous les sens, parfois de façon un peu confuse. Votre héros marave bien évidemment à l’épée et va trouver un livre qui est capable d’exécuter des pouvoirs magiques. C’est ici que je dis que c’est plus action que RPG, parce que l’inventaire ne sert à rien à part pour les potions de vie, l’évolution des armes n’apporte rien, j’ai fait l’intégralité du jeu avec seulement deux sorts, toute la panoplie que vous récupérez ne sert absolument à rien, sachant qu’on a tendance à aller à l’efficace face à des hordes de monstres. C’est globalement un bon jeu, disons que l’histoire m’a accroché même si j’ai failli arrêté plusieurs fois, le jeu tombant dans une facilité honteuse qui en 2010 n’aurait pas dû exister et qui fait jeu de pauvre. Vous allez devoir refaire certains donjons trois fois, et quand on sait que les donjons en question sont des labyrinthes, ça ne donne vraiment, mais vraiment pas envie.

La mise en scène est prodigieuse avec certains combats contre des monstres géants particulièrement épiques, et c’est d’ailleurs ce qui contraste entre certaines parties comme évoqué plus haut qui font vraiment pauvre et certaines scènes magnifiques. L’un des points fort du jeu c’est sa bande originale, vous le verrez mentionné de partout et c’est vrai, c’est audacieux, ça chante, c’est beau, c’est tellement beau qu’ils en ont même fait une représentation en concert qui s’appelle le Nier Orchestra. C’est certainement ici que tu te dis que si les Japonais font des jeux qui sont parfois franchement pénibles et longs, ils ont toutefois compris bien avant tout le monde que le jeu vidéo est un art, quand en Europe on méprise, eux font des concerts, ils sont forts ces Japonais.

J’ai donc tenu pour l’ambiance, et parce que finalement ce n’est pas prise de tête. Les gens qui s’extasient à filer des 20/20 sur jeuvideo.com me font très très peur, certainement des fans inconditionnels de Square Enix, la note de 16 donnée par le testeur est déjà largement bien payée.

Dans le pouvoir de la force numéro 2, vous incarnez un clone d’un Jedi. Comme la vie est plutôt mal faite, Dark Vador n’arrive pas à vous faire obéir si bien que vous vous évadez avec perte et fracas. Les premières minutes de jeu sont assez magiques, nous sommes en 2010 et on incarne un Jedi à deux sabres dans un univers franchement bien foutu. Pas du Jedi de pacotille, du Jedi qui sabre tout le monde, qui envoie des éclairs qui fait déplacer de gros objets, rien à dire l’univers de Star Wars est parfaitement respecté. Si c’est sympa au début, le jeu montre rapidement quelques faiblesses, la maniabilité du personnage pour le moins catastrophique. Et puis, la répétitivité, dans les décors, dans l’action, c’est très répétitif. La palme du pénible revient certainement à la fin dans le combat contre Vador, où il faut sauter de plateforme en plateforme pour atteindre le sommet avec un personnage qui a plus la souplesse de l’éléphant que du cabri. Se battre contre Dark Vador c’est sympa bien sûr, sauf qu’une fois encore la répétition est très lourde, ça n’avance pas. Dommage, il y a quelques scènes qui sont assez mémorables, je pense notamment à la scène de baston géante contre un monstre gigantesque qui finit en combat dans les airs.

Un divan à Tunis c’est l’histoire d’une jeune femme qui rentre au pays après plus de 25 ans pour monter un cabinet de psychanalyse dans la banlieue tunisienne. Très rapidement, dans un pays où on ne parle pas, les gens affluent pour se livrer. Seulement, Tunis n’est pas la France, la complexité administrative, le fait d’être une femme, la psychanalyse tout simplement, tout devient très compliqué. Difficile de porter un regard autre que celui qui ne connaît pas. Comprenez qu’il est possible que ce soit particulièrement caricatural, car on dépeint quand même le pays de façon tendre certes mais franchement sévère quant aux moyens, la compétence et j’en passe. En tant que simple spectateur, un bon divertissement, amusant.

Tom Hanks part en Arabie Saoudite pour vendre une technologie au roi, c’est un peu le tout pour le tout pour cet homme d’affaires en plein milieu de la crise. Rapidement il prend conscience que les choses vont être compliquées, les traditions, le roi qui n’est pas rentré depuis un an et demi, et puis la maladie, une tumeur lui apparaît dans le dos. Pas désagréable malgré un manque de rythme évident. Un hologramme pour le roi insiste largement sur le non-dit dans un pays où tout le monde s’espionne pour respecter les préceptes religieux mais dans la grande hypocrisie avec les étrangers qui font des fêtes avec cocaïne, alcool et sexe à volonté. Engagé mais pas trop, ça se laisse regarder.

Selfie est un film divisé en sketches comme parfois on peut le voir dans le cinéma avec quelques liens entre les différents protagonistes. L’idée de base c’est l’utilisation irrationnelle des réseaux sociaux et des téléphones portables, une satyre de la vie actuelle. Le film va assez loin avec comme fil rouge une famille dont l’un des enfants est atteint par un cancer et qui filment les événements de sa vie jusqu’au jour du drame, le gamin est guéri, la vie devient alors moins intéressante. C’est typiquement l’esprit du film qui en fait certainement trop, et pourtant malgré les exagérations, le fond de vérité est bien là. Ça se regarde.