Cultures, épisode 52

17/02/2020 Non Par cborne

God of war souvent copié, jamais égalé et ce n’est pas heavenly sword qui le détrônera. Tout commence dans un japon médiéval où votre clan et vous, êtes poursuivis par une armée de méchants qui veulent s’emparer de l’épée magique, donnant une explication au titre du jeu. Vous devez protéger l’épée, pas vous en servir, mais malheureusement parfois dans la vie il n’y a pas le choix, et quand papa est prisonnier vous dégainez l’arme lourde. Une épée assez étonnante qui peut se manipuler dans deux positions, version épée à deux mains pour faire de gros dégâts et version chaîne façon Kratos. Voyez ici le pompage sans l’ombre d’une honte, c’est plus qu’un hommage à ce niveau-là. Malheureusement, le copier coller est mal transposé, si dans God of War les combats, malgré les hordes d’ennemis affichés à l’écran sont parfaitement maîtrisés, ici on tape dans tous les coins sans vraiment de stratégie.

Comme souvent, on se sent l’obligation quand une console permet quelque chose de nouveau, de l’utiliser, même si cela ne sert à rien et que c’est très mal exploité, c’est le cas du SIXAXIS. En gros avec ta manette PS3, selon la façon dont tu l’inclines, tu peux faire comme avec la Wii. L’utilisation est faite avec le lancer d’objets, de flèches, à la façon du très mauvais film Wanted avec Angelina Jolie, vous pouvez faire dévier la trajectoire en inclinant la manette dans le sens qui va bien, sauf que forcément ça marche très mal. Vous avez certaines scènes avec la petite sœur qui tire à l’arbalète, vous ratez l’intégralité de vos cibles mais passons. Ce qui est plus gênant, je suis au second chapitre et je dois envoyer un bouclier qui doit ricocher sur une statue pour taper dans un gong et m’ouvrir la porte. Sauf que bien, sûr cela ne fonctionne absolument pas et je suis bloqué dans le jeu. Vous vous doutez que je ne vais pas continuer plus longtemps. L’innovation au service de la frustration, très mauvaise idée, je ne m’étonne plus de voir que les consoles n’essaient pas vraiment d’innover dans les concepts quand on voit le four que se prennent ces technologies et je n’ai pas évoqué la VR dans le jeu vidéo.

Les jeux du seigneur des anneaux sont souvent de bonne facture, parfois même des méga-hits, notamment avec la dernière série sur le Mordor. Il faut dire que l’univers est quand même franchement solide et laisse la place à de bonnes grandes scènes de baston. Malheureusement, Le Seigneur des Anneaux : La Guerre du Nord ne fera pas partie de ces jeux qui rentreront dans l’histoire du seigneur des anneaux. Exit, ici comme souvent les personnages connus, pour incarner un elfe avec son arc, une magicienne et un nain dans un hack and slash vu à la tomb raider. Pas trop moche, le jeu a un gros problème de fond, il n’est absolument pas intéressant. Si effectivement on sait que le hack and slash n’est pas le genre de jeu le plus intelligent au monde, on se limite ici à n’appuyer que sur deux boutons sans aucune forme de stratégie. Très rapidement lassant, une IA en bois, pas grand-chose à part un graphisme correct pour le sauver.

Avec sa collection série B, Delcourt propose de façon théorique des bandes dessinées pas trop prise de tête de tête. Je trouve d’ailleurs que l’expression série B est péjorative et à y réfléchir, on ne sort pas de cette collection de titre majeur, les trente deniers fait malheureusement partie du lot. Les trente deniers, c’est l’agent romain donné à Judas pour avoir trahi le Christ. Dans la bande dessinée, les deniers seraient l’objet de toutes les convoitises, chacun possédant un pouvoir, déclencher les tempêtes, prendre le contrôle de quelqu’un d’autre, se téléporter. Le héros de notre aventure, s’appelle Yann Gral, ça ne s’invente pas, ancien militaire, il découvre ce monde quand son ancien patron lui indique une femme qui peut soigner le cancer de sa fille. Elle possède en effet un de ces fameux deniers. Il va se retrouver au milieu de la guerre entre les régents, un club fermé qui possède les deniers. Alors que la bande dessinée démarre en fanfare et que ça canarde partout pour une idée qui fait penser au seigneur des anneaux, on aura même un denier qui les contrôle tous, très rapidement l’histoire s’empêtre dans les détails, dans l’histoire avec un grand H et c’est fortement dommage. Les cinq tomes deviennent alors laborieux à lire et on est soulagé quand on arrive à une fin bâclée qui ne révèle pas l’ensemble de ses mystères.

N’est effectivement pas God Of War qui veut, et d’ailleurs ce Castlevania Lords of The Shadow essaie d’être à la fois Devil May Cry, God Of War, Shadow Of Colossus et quelques autres encore. Le scénario est assez catastrophique et cela fait certainement partie pour moi des grosses faiblesses du titre, vous incarnez tout simplement un homme avec un fouet qui cherche à ressusciter sa femme. Les univers sont variés, ça bourrine sec mais on a beaucoup de mal à adhérer aux très longues cinématiques qui de toute façon ne racontent rien et au découpage façon Devil May Cry qui me pose de nombreux problèmes. Concrètement, le plan est fixe ou presque et le personnage se déplace plus ou moins mal dedans. On rate de nombreux passages, on finit parfois par tourner en rond et ça devient pénible. Dommage, pour le reste l’action est au rendez-vous, le jeu franchement joli, on pouvait faire mieux. Peut-être dans le 2 ?

Dans un monde futuriste qu’on suppose être la terre après une petite guerre thermonucléaire et certainement plus si affinités, c’est la bataille des clans survivants. Et là, on vient de passer à l’étape supérieure, c’est la grosse vengeance, c’est la haine, c’est l’ascension dans la violence. Dans l’un des clans, la mère est tuée sous les yeux de son mari et de ses enfants, la fille a la main coupée alors qu’elle a un incroyable talent. Une réponse au fait d’avoir défiguré une princesse des autres. C’est un vestige du passé, un robot de combat qui pourrait changer la donne, ainsi qu’une balise qui accessoirement pourrait déclencher l’apocalypse. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’extremity ne brille ni par l’originalité de son scénario, ni de son dessin très largement emprunté au manga et à Otomo en particulier. À la fin du livre on a un artwork où la fille s’approche de son appareil qui est exactement la même image à pas grand-chose de celle de Kaneda s’approchant de sa mythique moto rouge. Malgré ce côté déjà vu, la bande dessinée fait parfaitement le job, de l’action avec une violence rare, un dessin qui claque. À lire.

Le premier American Mcgee Alice ne m’a pas laissé un souvenir impérissable, en même temps ça doit faire 20 ans que j’ai lancé le jeu, j’ai surtout souvenir que ça crashait souvent. Le concept du jeu c’est du plateforme action dans un univers qui « salit » le mythe de Alice au pays des merveilles. On mettra ça sur le compte de l’inspiration artistique, la déformation du « sacré » pour en faire un univers trash. Dans Alice retour au pays de la folie, on retrouve Alice qui sort de l’asile après la mort de l’intégralité de sa famille dans un incendie dont elle essaie de trouver l’origine : elle, le chat, quelqu’un d’autre. La description du pays imaginaire, c’est un endroit refuge, avec la jeune femme qui devient folle. Forcément partant de ce postulat, on a un univers complètement déjanté et vraiment superbement fait, c’est particulièrement original.

Le jeu souffre de deux problèmes qui sont importants : une caméra complètement ratée qui gène pendant des combats très dynamiques et nerveux, une répétitivité qui finit par lasser le joueur puisque l’action n’évolue pas, on se contente de reproduire la même chose dans des univers différents en changeant les décors. Je suis arrivé je pense au chapitre 4, c’est le monde de la reine de cœur et j’ai fini par arrêter par lassitude. Le monde précédent, magnifique, nous emmène à la recherche du bombix, dans un univers asiatique où des fourmis se font massacrer par des frelons. C’est assez glauque, on retrouve des cadavres de fourmis tout le long du chemin ou en intervient pour bloquer des scènes de massacre. Il faudra activer des leviers, sauter sur des jarres qui envoie de l’air pour accéder à des passerelles inaccessibles. Pour le premier univers, un univers industriel à la recherche du chapelier fou, c’était pareil sauf qu’il s’agissait de valves. Dommage, la réalisation artistique est une réussite, les scènes de baston plutôt bonnes, mais le jeu traîne trop en longueur et ne passionne plus au bout d’un certain temps.

Pendant la guerre de sécession, trois frères partent à la guerre. Les nouvelles arrivent régulièrement et puis un jour plus rien. Rose et Isabel, les deux sœurs décident de partir chercher leurs frères. La bande dessinée pose les bases d’entrée, sauf qu’on ne s’attend pas à le prendre au pied de la lettre. On présente des amazones, des walkyries, des femmes de combat qui ont marqué l’histoire mais à la limite du divin et c’est ce qui se passe pour les deux sœurs. La bande dessinée ajoute un peu de mystique, mais ce serait spoiler d’en dire plus. Tout ça pour dire que les deux sœurs se lancent à la recherche de leurs frères et qu’elles laissent un bain de sang derrière elles, dans un one shot particulièrement dynamique et dont le dessin m’a fait penser à celui de Pierre Alary ce qui est un compliment. Un bon moment de lecture, avec du suspense, des sentiments, de très bonnes scènes d’action, et une porte ouverte vers une nouvelle série du nom de Cora que je n’ai pas encore lue.

Les jeux décalés ne sont pas légion sur les consoles, parfois certains gars se font plaisir et vont au bout de leur délire, il faut dire que les zombis sont une bonne source d’inspiration notamment pour les comédies comme avec Zombieland. On est donc face à une énorme caricature avec ce Lolipop Chainsaw, dans lequel vous incarnez une cheerleader qui est en fait une tueuse de zombies à la tronçonneuse. Coup de chance, quelqu’un a ouvert une porte du monde des enfers et les élèves sont transformés en zombies. Humour complètement décalé, poses suggestives, barres de pole dance pour tuer des zombies, tous les clichés y passent pour un jeu rigolo mais pas forcément amusant. On est face à un beat them all, mais qui ne nécessite absolument aucune stratégie où l’on appuie comme un foufou sur deux boutons. Le jeu vidéo ne présente aucun défi, ce n’est pas vraiment un jeu vidéo ou du casual, c’est selon.

Avec l’arrivée du chemin de fer, c’est la fin des cowboys qui convoyaient les vaches d’un point à un autre des USA. Jusqu’au dernier nous raconte l’histoire de l’un d’entre eux qui va prendre sa retraite avec son fils adoptif, un garçon un peu attardé et un jeune homme avec qui il a travaillé pendant des années qui lui donnera un coup de main à la ferme. Dans une des villes qu’ils traversent, c’est le drame, le gamin finit par mourir. Le vieux cowboy veut assouvir sa soif de vengeance. Dessin qui claque, atmosphère pesante, pas une histoire où tout est bien qui finit bien sans pour autant être originale. J’ai trouvé les personnages trop caricaturaux, trop de volonté de coller aux films de westerns et aux classiques du genre. Se laisse lire tout de même.

Quand on dit que le monde de la bande dessiné francophone ne va pas fort, il ne faut pas chercher bien loin pour comprendre. À force d’être plus une industrie qu’un art, on finit par des dérives, des auteurs sous-payés, et des bandes dessinées à caractère trop commercial. Vous pensiez qu’on avait tout fait sur Lanfeust, eh bien non, on peut faire pire : Lanfeust Quest. Il s’agit ici d’une transposition de l’univers de Lanfeust de Troy à pas grand-chose car ce n’est pas totalement du copier-coller même si on s’en rapproche, dans un univers manga de façon, à je suppose, draguer un nouveau public. Que Soleil Production cherche à se gaver en essayant de toucher un nouveau public pourquoi pas, reprendre la même histoire quand innover aurait été plus salutaire est tout simplement catastrophique. Pour le reste, la « mangatisation » tient la route, le dessin est plutôt bon dans l’ensemble même si certaines planches sont difficilement lisibles. Si vous voulez initier un jeune à la bd franco-belge, préférez l’original qui reste accessible à tous les publics.

J’ai le souvenir du premier Max Payne tout simplement parce que je pense qu’il est le premier jeu à avoir introduit le ralentissement du temps façon Néo dans Matrix. Pour pitcher très rapidement et d’après mes souvenirs, dans le premier Max Payne notre héros voit sa femme se faire tuer et malgré son statut policier, il décide de se venger en butant tout le monde. Je n’ai pas joué au deux, j’ai lancé le trois. On retrouve Max Payne du côté de Sao Paulo, il n’est plus policier mais bodyguard dans un pays où la police est corrompue. Il est en charge de protéger la femme d’un riche homme d’affaires, elle se fait kidnapper, il va partir la chercher. Le jeu est magnifique et me fait penser techniquement à Uncharted, pas seulement la technique d’ailleurs. Je me suis arrêté au cinquième chapitre car je m’ennuie. Scénarisation à l’extrême, des hordes d’ennemis qu’il faut abattre, ça n’arrête jamais. Le gameplay pas très varié, de nombreux bugs qui n’en font pas un challenge intéressant. Autant regarder un film, en même temps avec la masse de cinématiques, on n’est pas vraiment loin, que de faire ce jeu. Ou mieux, le regarder sur Youtube ou votre petit cousin s’il y joue, voilà une bonne idée.

Alors que plus haut je me plaignais que la série les 30 deniers est trop intellectuelle pour une bd de la série B, Wonderball corrige largement le tir. Dans les années 80, neuf personnes sont tuées dans la rue, avec une telle précision et une telle rapidité qu’on en vient à relancer la théorie de la balle magique qui a tué le président Kennedy. Wonderball, inspecteur de police ultra-violent est chargé de l’enquête, une affaire qui lui tient d’autant plus à cœur qu’il faisait partie de la protection rapprochée du président assassiné. Et c’est ici où je dis que cette bande dessinée finie en cinq tomes fait honneur à la collection, puisque nous aurons affaire à des tueurs supers entraînés à la solde de l’église catholique, qui finissent par péter les plombs. Et pour en rajouter une couche à la légèreté du scénario, on se dit que notre Wonderball est tellement violent qu’il pourrait bien en être. Un traitement à l’américaine dans un contexte des années 80, de l’humour, de la violence, la bd qui comme vous l’aurez compris ne réinvente ni la roue ni ne brille par son originalité fait tout à fait son travail de distraction sans prise de tête.