Cultures, épisode 51 comme le pastis

04/02/2020 Non Par cborne

Donkey Kong Jungle Beat fait partie de ces jeux qui sont sortis à la fois sur la Gamecube et la Wii. Sur la Gamecube, le jeu a eu la particularité de sortir avec des bongos pour jouer. C’est ça :

Il s’agit d’un jeu de plateforme, et lorsque vous allez marave certains monstres ou récupérer des bananes dans un mini-jeu, il faut taper sur les bongos comme un foufou. C’est un appareil qui est entré dans l’histoire des joueurs, au point que certains relèvent régulièrement des défis débiles pour faire des jeux hardcores avec ces bongos. On ne s’étonnera pas par exemple de voir des runs de Dark Souls réalisés intégralement avec. Avec la Wii, du fait d’avoir les deux manettes dans les mains, on « simule » le bongo qui s’apparente plutôt à des baguettes de batterie. Je n’ai pas fait le jeu original sur la Gamecube, sur Wii on a des gens qui crient au blasphème parce qu’un jeu avec des bongos qui se joue sans bongo, c’est tout simplement pas possible.

Je n’ai personnellement pas été choqué par le gameplay, plus par d’autres points. Il s’agit d’un jeu de plateforme classique, assez rapide et efficace, où chaque niveau est décomposé en trois parties, l’ensemble assez nerveux fera penser à la dernière série de Rayman. Les deux premières parties, c’est du plateau dans des univers variés au début pour se rendre compte qu’on revient à des univers marins, à de la glace, avec le traditionnel je nage ou je glisse et je subis l’inertie qui va avec. Le final c’est un combat avec un boss, et comme les niveaux, ils finissent par être répétitifs, les boss sont identiques, à quelques variantes, ils deviennent plus complexes à tuer à chaque fois que vous les recroisez. Si au départ on s’amuse, le jeu finit par devenir très / trop répétitif et la difficulté augmente mais pas de façon intelligente. Comprenez qu’il ne s’agit pas d’une difficulté à contourner avec adresse, mais d’une difficulté à l’ancienne, on vous met un monstre que vous ne pouvez pas éviter alors que vous êtes sur de la glace, rajoutant de la complexité à la complexité. Ce n’est donc plus drôle, ce n’est plus amusant, ce n’est plus intéressant. J’ai fait de nombreux niveaux, je me suis arrêté parce que j’ai perdu l’intérêt du jeu en chemin.

Finalement, la vérité est ailleurs qu’un problème de bongos.

La Delorean est une voiture que toute ma génération connaît bien, non pas pour l’avoir conduite, mais parce qu’elle fait partie des objets cultes de la culture Geek, c’est elle qui permet en effet d’assurer les voyages dans le temps dans retour vers le futur. Ce qu’on connaît moins c’est comment Delorean son créateur a été embarqué dans une histoire de trafic de drogue pour sauver son entreprise. C’est cette histoire qui nous est racontée avec Driven, au travers des yeux d’un petit escroc qui se retrouve voisin de Delorean et qui le met en lien avec des trafiquants de drogue pour payer les dettes de ses usines. À priori tiré d’une histoire vraie, c’est tellement gros que ça ne peut être que vrai, je ne sais pas où est la part romancée, mais l’ensemble passe plutôt bien. À voir.

Vous connaissez le principe de la série à succès, quand une série a du succès, on va prolonger de façon artificielle le nombre d’épisodes, et on va créer un maximum de spin off au détriment de l’intérêt à partir du moment où l’on sait que les gens sont idiots et vont de toute façon regarder ou acheter. La série elfe n’échappe pas à cette dérive commerciale, après elfes, nains, orcs et gobelins voilà qu’arrive la série mage, actuellement en deux tomes. La différence toutefois, c’est que si je trouve que la série elfe est devenue trop longue, s’est perdue en chemin, la série nains est extraordinaire, la série orcs et gobelins très bonne, la série mage fait un excellent départ. L’idée est un peu pompée sur ce qu’on peut voir dans la série de jeux Dragon Age, à savoir que les mages sont sous contrôle. Le postulat part du mage qui est à l’origine du massacre des elfes rouges, et qui a donc créé les problèmes d’armées de zombis. Pour éviter que les mages soient trop puissants, indépendants, ils sont forcés de se soumettre à un roi. Un ordre veille à ce qu’aucun mage ne se rebelle ou prenne la clé des champs.

Le premier tome c’est l’histoire d’une petite fille et d’un géant amnésique qui pour protéger leur village déclenchent une magie puissante. Ni l’un ni l’autre ne sait qui en est l’auteur, mais la magie utilisée est celle d’un magicien porté disparu après avoir tué son roi. Ce premier tome intrigue mais ne brille pas particulièrement, contrairement au second. Une équipée débarque dans un monastère façon le nom de la rose, de mystérieux crimes sont perpétués et tout le monde se suspecte. L’enquête d’un côté, des personnages extrêmement charismatiques qui essaient tous de rendre meilleur un apprenti en magie au mauvais caractère et fainéant. Pour l’heure, et comme l’ensemble de cet univers, un véritable renouveau de l’héroic fantasy.

Sin and Punishment 2 : Successor of the Skies est un jeu japonisant et je pense qu’il est utile de le préciser, parce qu’à la façon d’un Bayonetta on retrouve toutes les couleurs de l’arc-en-ciel dans un scénario qui ne veut absolument rien dire, on ne s’attachera donc pas à l’histoire. C’est un shoot. Et comme dans Bayonnetta, c’est de la démesure à tous les étages. Le jeu me fait penser à space harrier, un jeu qui n’évoquera certainement aucun souvenir puisqu’il date de 1985. En gros, votre personnage est très souvent vu de dos, il peut voler donc occuper toute la zone et il tire sur tout ce qu’il y a devant lui. Des nuées de monstres, des boss gigantesques, une bonne maniabilité, on s’amuse bien jusqu’à ce qu’on croise une fille avec un sabre dans un combat aérien et là c’est le drame. Plus vraiment de contrôle, pas vraiment de réflexe, la fille ne peut se tuer qu’au contact, on perd, on perd encore et on ne progresse pas ce qui est un problème de fond dans un jeu. C’est dommage, particulièrement joli pour un jeu Wii, un bon défouloir, j’aurais bien voulu poursuivre mais c’est une perte de temps.

C’est, c’était la période du festival d’Angoulême, j’ai vu passer de très nombreux articles sur le sujet, avec trois thèmes principaux : les nouvelles technologies dans la bande dessinée, les auteurs qui crèvent de faim et bien sûr Macron qui reçoit son T-shirt LBD pour une nouvelle polémique qui cache quand même le principal problème : les auteurs crèvent de faim.

J’ai envie de dire que le problème est similaire aux profs, aux flics, à l’hôpital, à tout de façon générale. Si essayer de vivre de sa passion c’est prendre le risque de se retrouver dans la tranche des 80% des personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté, alors il faut faire autre chose. Et c’est un constat d’autant plus paradoxal, enfin pas du tout paradoxal dans le monde capitaliste dans lequel nous vivons, alors que les gars qui ont du talent crèvent la dalle, la bande dessinée rapporte au point que Glénat et Ubisoft signent un partenariat pour sortir des héros de JV en bd. Je trépigne d’impatience, on va certainement tenir les chefs d’œuvres de la bande dessinée grâce à cette union. Dans une société pour laquelle on va avoir de plus en plus de mal à s’insérer parce que les robots ou l’intelligence artificielle seront capable de faire le gros œuvre, l’état devrait se débrouiller pour valoriser la création artistique.

Il y a quelques années j’aurais tenu un discours certainement à l’opposé, un bon truc de droite façon marche ou crève, mais que restera-t-il à l’homme face aux machines si ce n’est sa capacité à dessiner, à composer de la musique, à rêver ? Un peu comme dans tous les domaines, notre société est à la ramasse parce qu’on fait le calcul de savoir comment certains vont pouvoir engranger un maximum sans se poser la véritable question : que mettre en œuvre pour arriver au bonheur de nos populations ? Nous n’aurons certainement pas le temps, à la vitesse où vont les choses (apocalypse inside), de trouver la réponse, dommage.

Qu’est ce qu’on rigole !

Le concept de Majin and the forsaken kingdom est plutôt plaisant. Dans un monde rongé par le mal, vous êtes un voleur qui délivre le Majin, un monstre costaud qui a perdu le gros de ses pouvoirs et qui a d’ailleurs perdu la bataille cent ans plus tôt. On se doute que pour assurer une progression dans le jeu, on va finir par récupérer les pouvoirs du monstre, cela se traduit en effet par des gros fruits qui redonnent la patate à notre compagnon. L’interface est assez intuitive, vous déplacez votre voleur qui peut castagner les monstres à l’aide de son arme, en appuyant sur R2, il devient possible d’utiliser les capacités de Majin.

Le problème de ce type de jeu c’est qu’il vous met, à la façon d’un Zelda dans l’obligation de réaliser telle combinaison à tel moment, si bien qu’en termes de liberté d’action, ce n’est pas folichon. Je viens de m’arrêter quelque temps après avoir tué le premier boss, une araignée géante, originalité quand tu nous tiens, parce que l’action devient très répétitive. La porte est bloquée, il faut accéder à un levier pour débloquer la porte, formidable. Si parfois c’est évident, le jeu tourne à certains moments au casse-tête. On finit par passer un temps conséquent pour trouver la façon d’avancer, ce qui casse totalement l’action. Je trouve que c’est dommage, le character design est intéressant, le jeu franchement sympa, mais la difficulté qui n’en est pas une, finit par imposer l’ennui.

En Amérique du Sud, réchauffement climatique oblige, il fait de plus en plus chaud, si bien qu’il y a de plus en plus de moustiques. Ces moustiques finissent par contaminer les hommes d’un virus mortel et forcément c’est le drame. Les gens sont forcés de sortir en scaphandrier quand ils peuvent sortir, vivre enfermés le reste du temps. La situation est déjà assez complexe, mais un nouveau problème se rajoute, ceux qui survivent à la maladie finissent par se transformer en homme moustique géant, la nouvelle espèce est en marche. Dengue est un one shot particulièrement efficace, bien mené même si le sujet est tout sauf original, un dessin agréable avec de belles couleurs.

Dans une petite ville, deux choses étranges, l’absence totale d’adultes dont on attend le retour, des meurtres à répétition entre les adolescents. L’absence des adultes n’est pas sans faire penser à seuls, à la différence c’est qu’ici on dit que les adultes sont partis. Je m’étonne d’avoir lu un cœur pur en entier, c’est une bande dessinée qui ne fait pas partie de mes habitudes, loin de là. Plus de 300 pages en noir et blanc, dans lesquelles il ne se passe rien ou pas grand-chose. On suit les aventures des adolescents livrés à eux-mêmes qui passent leur temps à boire, à faire l’amour, à écouter de la musique et regarder la télé. Alors que l’univers interpelle, on restera sur sa faim et pourtant il m’a été impossible de fermer le bouquin tant il est accrocheur. Peut-être une suite ?

Dans le japon des années 90, l’histoire d’une femme européenne qui vit depuis des années dans le pays, une expat’, comme on dit. Introvertie, elle a sur les épaules un passé qu’elle a voulu fuir et ce monde lui convient plutôt bien. Elle se fait aborder par un homme, c’est la passion amoureuse qui démarre, jusqu’à ce qu’une deuxième femme entre dans la place. Triangle amoureux, thriller, le mélange des genres est franchement réussi, le cadre des étrangers au Japon original, à voir. Le titre s’appelle l’oiseau tempête, à part une remarque dans le film, je n’ai pas trouvé le rapport.