Cultures, épisode 48

08/12/2019 Non Par cborne

Les films sur l’école sont souvent décevants, trop enfantins, trop clichés. Premier de la classe est une agréable surprise, même si ce n’est pas très original, ça passe plutôt bien. Dans une famille d’origine africaine, Pascal NZonzi fait régner la terreur sur ses quatre fils. Le plus jeune est un véritable escroc et se débrouille pour falsifier son bulletin scolaire. Il passe à la vitesse supérieure en organisant une fausse réunion parents-professeurs en embauchant de faux profs. Tout pourrait continuer ainsi, mais on le sait, la vie n’est pas un long fleuve tranquille et flirter avec la fille de la prof de technologie peut avoir quelques conséquences. Un bon divertissement, bien pour les gamins, à qui l’on pardonnera aisément le côté trop manichéen.

Henri Pick (le mystère), sera un auteur qui aura marqué la carrière de Fabrice Luchini. Critique littéraire dans une émission de télévision, il découvre ce livre, un chef-d’œuvre qui aurait été retrouvé dans une bibliothèque des livres non publiés au fin fond de la Bretagne. Plus fort encore, son auteur serait un pizzaïolo décédé qu’on n’aurait jamais vu lire et encore moins écrire. Luchini alors qu’il y a l’épouse du défunt sur le plateau, son éditrice, met les pieds dans le plat et dénonce l’imposture. Cette sortie va lui coûter son job et sa femme. Au chômage donc, il décide de mener l’enquête et de dévoiler l’imposture. Agréable de voir qu’il s’agit d’un film de Rémi Bezançon, qui montre qu’il est capable de faire autre chose que des films sur les hommes et la nostalgie de l’adolescence perdue (je caricature). Mené comme une enquête policière, le film est vraiment très bon mais fait une énorme faute, vous trouverez qui est réellement Henri Pick dans les premières minutes de film.

Je regardais sur Wikipedia, la série Gunnm est parue entre 1995 et 1998 ce qui veut dire que j’avais environ 20 ans, c’était Glénat qui avait lancé ça. On était dans les balbutiements du manga en France, comprenez qu’on avait sorti Akira, les Dragon Ball mais pas franchement plus. Le choix donc de Gunnm adapté en film en Alita Battle Angel n’était certainement pas anodin, une valeur sûre. C’est l’histoire d’un bout d’androïde récupéré dans une cité dépotoir, Alita. Au départ particulièrement innocente, elle développe rapidement des facultés de combat très impressionnantes. L’idée du film qui sera en plusieurs parties, au moins deux, c’est qu’Alita est une guerrière qui a participé aux guerres martiennes il y a trois cents ans et qui doit marave la cité de Zalem, la cité suspendue. Film de Robert Rodriguez à qui l’on doit entre autres les Sin City, un gage d’esthétisme, Alita battle angel est vraiment extrêmement bien foutu, techniquement au top, et fait passer de façon très réussie les émotions du robot. Le film est fidèle au manga, rien à dire, je regarderai la suite avec beaucoup de plaisir.

Faire un Men In Black sans Will Smith et Tommy Lee Jones, n’est pas forcément évident, et c’est le défi que tente de relever Men In Black International. Sans surprise, féminisme oblige, c’est Tessa Thompson, une femme qui va tenir le premier rôle, avec Chris Hemsworth en partenaire, un gars qui a tendance à ne pas suivre les règles quand elle est très sérieuse. La débutante et le beau gosse vont être confrontés à une nouvelle menace, la ruche, qui cherche à détruire la terre. L’humour, les effets spéciaux, l’univers, rien à dire tout y est. Néanmoins, et c’est peut-être vraiment le problème, trop de ressemblances, pas assez de renouvellement dans la série qui aurait pu profiter de ce changement de casting complet pour faire autrement. Cela reste toutefois un bon divertissement.

La fille de Vercingétorix est le dernier album d’Astérix, c’est le quatrième album réalisé par Ferri et Convard, avec le fantôme de Goscinny bien sûr qui plane. En toute honnêteté, je n’attends pas grand-chose, ni le chef-d’œuvre, ni le bide, je ne suis pas en embuscade pour montrer du doigt un ratage, mais je ne me fais pas d’illusion non plus. Astérix c’est désormais plus qu’une bande dessinée, c’est un business, il n’y aura pas de prise de risque, pas d’engagement, pas de politique, pas de dénonciation comme on pouvait le voir à la grande époque, où l’on condamnait l’argent ou la vie parisienne. On joue donc la sécurité, j’ai presque envie de dire le politiquement correct, en mettant au centre de l’aventure une adolescente, un Astérix un peu girly, c’est tendance, pour un sujet qu’on a déjà vu avec Astérix chez les Normands, ou en Hispanie avec Goudurix et Pépé. La fille de Vercingétorix est donc placée dans le petit village Gaulois avant son exil, on l’éduque pour qu’elle prenne la relève de son père mais elle n’est pas intéressée, elle rêve de partir, et de s’occuper des gosses malheureux. On retrouve sans surprise les difficultés de l’adolescence, au travers de la jeune fille qui ne pense qu’à fuguer mais aussi au travers des autres gamins de son âge avec qui elle se lie, le fils du poissonnier et du forgeron. Ce n’est pas mauvais, ce n’est pas formidable non plus, le but de la manœuvre semble-t-il, est de placer le maximum de jeux de mots à la page, si c’est bien l’objectif, il est atteint. Sans avoir perdu son âme, Astérix c’est comme souvent, c’était mieux avant.

En vieillissant les jeux de plateforme ça devient compliqué, il me manque des réflexes. De façon générale, je ne suis pas bon, les jeux au millimètre, ça m’écœure, je n’y vois pas la même rigueur que le timing d’un Dark Souls, plus une perversion. J’ai lancé le Super Mario Galaxy car il est reconnu comme étant l’un des meilleurs jeux de la Wii. Le scénario on va éviter, Peach se fait curieusement kidnapper par Bowser, et Mario va tout aussi curieusement devoir la sauver. Le gameplay est assez particulier puisque Mario se déplace de petites planètes en petites planètes comme dans Dragon Ball au bout de la queue du dragon sur la petite planète minuscule. Dès lors, on a un gameplay particulièrement nerveux puisque Mario va passer une partie de son temps la tête en bas, il faudra assez régulièrement gérer les problèmes de gravité, la 3D prend vraiment son sens. Ce jeu est réellement brillant, les univers sont extrêmement bien travaillés, variés, parfois difficiles mais jamais bloquants. La liste des possibilités est très longue, ça va de la transformation de Mario en abeille pour voler, la possibilité de geler l’eau et de faire du patin à glace, de jeter des boules de feu, de voler en fin de jeu, c’est d’une richesse rare. Les niveaux sont courts, ce qui est très positif, cela permet de partir et de revenir. S’il est nécessaire d’avoir 60 étoiles pour le combat final, il est possible d’en trouver le double. Le seul bémol c’est parfois la précision de la manette où l’on peste souvent parce qu’on n’est mort pour une mauvaise réaction du personnage. Celle-ci est toutefois parfaitement utilisée compte tenu des particularités de la Wii, il faut secouer la manette pour attaquer, ou encore utiliser le pointeur pour tirer des étoiles sur les ennemis.

Voilà je viens de regarder le dernier concert de NTM et je dois dire qu’il était temps que le groupe arrête. Il y a certainement deux raisons à cela. La première c’est l’âge de façon évidente, si Kool Shen avec un RAP moins énergique à la base, même s’il bougeait et bouge encore pas mal sur certains titres, s’en sort très bien, et n’accuse pas le poids des années, pour Joey Starr je trouve qu’il a pris un sacré coup de vieux et qu’il est à la limite du ridicule. S’il y a 30 ans jouer les sauvageons pouvait avoir du sens, à 50 piges passées ça ne passe pas. De plus, même s’il a encore une sacrée patate que je me souhaite à son âge, il donne un aspect fatigué sur scène. La seconde raison, c’est que le groupe n’a rien sorti depuis 1998, il y a un peu plus de 20 ans. Si l’on peut effectivement apprécier du RAP à l’ancienne, si on peut effectivement se dire que pas grand-chose n’a changé dans les vingt dernières années, pour les deux hommes tout a changé. Alors quand on regarde, quand on a beaucoup regardé dans les vingt-cinq dernières années, on finit par se dire que le show est bien rodé, le show effectivement, pour un joli cachet, mais où est passée l’âme ?

Il serait mentir d’écrire que je n’ai pas apprécié, voir un Busta Flex face à une bande de gamins chanter j’fais mon job à plein temps, ou voir Raggasonic c’est plaisant, mais c’est un peu comme tout dans la vie, il faut savoir s’arrêter, et c’est avec la sagesse des hommes de leur âge qu’ils vont éviter le concert de trop pour se contenter de rester dans la légende.