Cultures, épisode 47

21/11/2019 Non Par cborne

Anna est le dernier film de Luc Besson, un film au scénario pour le moins étonnant. Une jeune femme alcoolique, droguée, battue par son compagnon devient super agent du KGB avec pour couverture un job dans le mannequinat. Voyez qu’avec 20 ans de décalage on a quasiment le scénario de Nikita. Pas très inspiré Luc Besson avec une héroïne mannequin, qui a été vraiment mannequin à l’âge de 14 ans. Une découverte de plus à la Besson comme s’il ne savait rien faire d’autre que de faire tourner de jolies femmes pour les mettre en rôle de Wonder Woman. Si on fait abstraction du passif du réalisateur, pour se concentrer sur le film, ça fait le job, de la grosse action, un bon moment de distraction, un super final.

Kery James est un rappeur de talent et de métier, vous pouvez par exemple le trouver dans cette version de for my people avec Kool Shen et Sinik. Rapper avec Kool Shen et Sinik, je trouve que c’est quand même quelque chose. Malheureusement lorsque un rappeur passe à la caméra, devant, derrière ou même de côté, il faut forcément tomber dans la banlieue, la drogue et la violence. Son film s’appelle donc curieusement banlieusards et traite de la vie de trois frères. Le grand frère qui est trafiquant, le second qui va devenir avocat, le petit dernier qui cherche sa voie entre ses deux aînés. Il serait facile de dire qu’on accumule tous les clichés sur la banlieue jusqu’à la relation amoureuse entre la petite bourgeoise blonde aux yeux bleus et l’un des frères, ou une réalité que décrit l’auteur qui la connaît bien ou qui l’a bien connue. Je ne tomberai pas dans cette facilité, je me contenterai de dire qu’il est dommage que cet homme qui je suis sûr a des tas de choses à raconter, se contente de poser une pierre de plus dans un édifice où l’on n’apprend plus rien. Le film est laborieux à regarder, je vous le déconseille.

Arthur Dupont est un homme heureux, il va monter son salon de coiffure, devenir son propre patron avec un ami coiffeur. Malheureusement celui-ci décède dans un accident de moto et il se retrouve sur le carreau. Il n’a d’autre choix que de retrouver un nouveau partenaire, il va convaincre Alice Belaïdi ancienne camarade de promotion et ancienne aventure de s’associer à lui. Victor et Célia joue comme on peut l’imaginer sur l’intrigue amoureuse mais c’est plutôt une toile de fond. L’idée principale et c’est réussi reste la difficulté d’entreprendre en France. La mairie, la banque, les petites lignes dans les contrats, si le film se veut joyeux, Pierre Jolivet vous coupera sévèrement la chique si vous aviez l’idée de vous lancer.

La 2DS ou la 3DS est une console que je trouve particulièrement plaisante. Non seulement elle se hacke de façon relativement facile, mais elle permet d’émuler des consoles comme la DS ou la GBA. L’application TwilightMenu-updater, est un fichier CIA qui peut être facilement installé par FBI, oui ils ont de l’humour chez les hackeurs.

Il est donc possible de jouer à l’intégralité des jeux de la DS ou de la GBA sur votre console modifiée, sachant qu’il y a quand même quelques jeux pertinents, je pense à mon fils qui voulait se faire l’intégrale des pokemons. Pour faire un test j’ai lancé brave, ou rebelle, le jeu de Disney, je dois dire que je me suis laissé prendre malgré la grande simplicité du concept. Le jeu est franchement moche, c’est peut-être parce qu’il est moche de base, néanmoins c’est peut-être la DS qui a mal vieilli, on y reviendra avec d’autres jeux. Vous incarnez donc Rebelle, vous allez parcourir des mondes franchement moches et avec votre arc et votre épée casser tous les monstres que vous croisez. On se contente donc d’appuyer comme un bourrin pour tuer tous les monstres. Comme il paraissait nécessaire d’utiliser le tactile, on va trouver des « pouvoirs », un bien grand mot, feu, glace, etc … certains monstres ne pouvant être tués que par le pouvoir qui va bien, il faut donc jongler rapidement avec le tactile selon la vague qui se présente. Un jeu simple, fini en à peine trois heures, suffisant pour passer un moment.

Vous avez pu voir que j’ai plié l’ensemble de la trilogie Batman sur PS4, j’ai été particulièrement surpris de voir dans le même univers, un jeu Batman. Batman Arkham Origins Blackgate, se déroule dans la prison de Black Gate et va utiliser les mêmes mécanismes que les jeux Batman sur console. Concrètement, vous allez devoir trouver les bat-gadgets pour pouvoir progresser. La liberté de départ est faussée, si en effet vous pouvez attaquer par n’importe lequel des trois bâtiments, vous allez vous retrouver bloqué parce qu’il vous manque le gadget qui va bien comme la griffe ou le gel explosif. Le jeu n’est pas très joli, il faut certainement y voir les limitations de la console, même si sur certains tests on dit qu’il est moche ce qui laisse supposer qu’on pouvait faire mieux. Je trouve pour ma part que les graphismes, que l’univers, sont cohérents avec les jeux PS4, y compris au niveau du gameplay ce qui je trouve est une performance. En effet, on a réussi à transposer un open world dans un univers en 2D/3D. Certains combats, contre Killer Croc par exemple sont particulièrement réussis et permettent d’utiliser de façon astucieuse les armes du jeu.

Je ne l’ai pas fini, le jeu souffre de deux problèmes qui sont pénibles. Le gameplay pose des soucis, avec un Batman qui ne réagit pas toujours de la façon dont on l’entend. Si ce défaut est surmontable, ce ne sera pas le dernier jeu avec un gameplay approximatif (Darksiders III ?), c’est le problème des allers-retours entre les différentes sections du jeu qui est particulièrement pénible. La carte n’est pas du tout simple, on finit par se perdre et cela finit par devenir franchement pénible. Dommage, le système de jeu est plaisant, mais perdre le joueur pour augmenter de façon artificielle la durée de vie du jeu (je suppose), est une très mauvaise idée.

La série des Epic Mickey, c’est Mickey et son pinceau qui permet de créer des objets pour avancer. On a vu une génération de jeux de ce type avec l’arrivée du tactile, je pense notamment à Max et le marqueur magique. Sur 3DS, Epic Mickey Power of Illusion exploite le concept, de la plus mauvaise façon qu’il soit. Mickey se retrouve dans le château des illusions où la méchante sorcière a kidnappé les toons. Il va donc devoir parcourir des mondes de Disney, pour récupérer l’ensemble des toons disparus. Comme à l’époque de la sortie du jeu on était quand même en 2012, il fallait étoffer le concept de jeu de plateforme de base. Ainsi, Mickey va pouvoir utiliser son pinceau magique pour créer des objets comme des plateformes, des canons, ou en faire disparaître pour avancer dans l’aventure.

Le jeu est horriblement répétitif, et la cassure entre le jeu de plateforme de base et le fait de devoir repasser sur des contours au stylet, est particulièrement désagréable. Le rythme est en effet coupé. Pour essayer d’apporter une dimension de plus au jeu, les toons que vous avez libéré se retrouvent dans une partie du château, vous pouvez alors remplir des missions pour eux comme trouver un objet ou embellir leur chambre. Vous vous doutez bien que cela n’apporte absolument rien. Pas terrible ce Mickey, vous pouvez passer votre tour.

La production cinématographique n’a jamais été aussi importante et forcément avec elle, la quantité de déchets. Il faut dire que Netflix pour se faire un catalogue ne rechigne pas à la tâche en produisant du bon et du franchement moins bon. Je pense que je peux rajouter à cela, l’âge, la sensation d’avoir tout vu, de ne rien voir d’original. Il faut dire que lorsqu’on est en train de rebooter des films qui ont moins de dix ans, et qu’on a franchi les quatre fois dix ans, on a souvent rebooté. Alors parfois quand un film sort de l’ordinaire, même si tout n’est pas parfait, on apprécie. Il faut dire qu’un film emprunté à la bande dessinée c’est souvent gage d’originalité pour des histoires différentes. Raoul Taburin, est un imposteur. Réparateur de vélo de génie, il n’a jamais su faire de vélo et pourtant toutes les circonstances de sa vie ont fait croire qu’il était un véritable cascadeur. Film basé sur un autre rythme qui fait penser à du Pagnol, avec des acteurs qui font un peu ce qu’ils font d’habitude mais avec plus de retenue. Poelvoorde en personnage torturé, Baer en parisien, c’est original, drôle, bien pensé, c’est du Sempé.

Avec un film des frères Dardenne, on sait qu’on ne tient pas la comédie de l’année et c’est effectivement le cas avec le jeune Ahmed. Ahmed a 13 ans et s’est tourné vers la foi de façon très radicale, excessive au point de tenter de tuer une enseignante qu’il juge impure. Il est donc arrêté, mais compte tenu de son jeune âge ce n’est pas la prison mais le centre pour jeune. Ce qui est assez intéressant avec le film, c’est qu’alors qu’on pourrait penser qu’il va suivre le classique chemin de la rédemption, le jeune garçon garde encore en tête l’idée d’assassiner l’enseignante. Il y aura toutefois un gros obstacle, une jolie petite blonde dans la ferme où il fait des travaux. Et c’est certainement ici que ça pose problème, le manque de subtilité, les grosses ficelles, pour un final décevant. Dans l’ensemble, on reste captivé, le gamin est extraordinaire et porte le film sur ses épaules.

Il faut se méfier des comédies de l’année, Roxane fait partie de ces films dont on a dit trop de bien. Guillaume De Tonquédec est agriculteur, il produit des œufs bios. La centrale d’achat qui prenait l’ensemble des œufs des petits producteurs, ne prendra que ceux de la grosse exploitation du coin. Pour faire le buzz, Guillaume De Tonquédec va se mettre sur Youtube et faire du Cyrano de Bergerac ou du Molière avec ses poules. A-t-on le droit de se moquer de la situation des agriculteurs où l’on n’arrête pas de recenser les suicides, Lionel Abelanski rate le sien en début de film, on a donc bien conscience de la misère du monde agricole. Néanmoins, si on peut rire effectivement de tout, je suis gêné par la façon de faire, trop caricaturale du monde agricole. Les joues rouges de Guillaume De Tonquédec ou Lionel Abelanski qui boivent un coup dès que l’occasion se présente, l’alcoolisme sous-jacent en permanence, la beaufitude du monde rural, autant de clichés qu’on n’aimerait plus voir. Le film fait le job, avec le suspense de fond, l’exploitation sera-t-elle sauvée ou non ?

Keanu Reeves est tout de même un acteur à part dans le cinéma américain. Néo dans Matrix, qui est quand même à pas grand-chose l’équivalent de Luke Skywalker, des rôles que même Nicolas Cage n’oserait pas tourner, des apparitions en guest star avec une énorme auto-dérision et maintenant la saga John Wick qui à mon sens n’est pas si loin du niveau de Matrix dans un autre style. La trilogie John Wick démarre avec un homme dépressif qui vient de perdre sa femme d’une longue maladie. Le gars pathétique qui passe son temps à pleurer, c’est presque trop. Et puis, il se fait voler sa voiture et on tue son petit chien que lui avait envoyé son épouse après sa mort et en fait on découvre qu’il est John Wick, le plus gros tueur au monde qui avait pris sa retraite. On a donc un film très inspiré du cinéma chinois dans les combats où un gars va tuer des centaines de types pour son chien et sa voiture.

L’intelligence du film c’est de créer un univers très solide, notamment avec le concept de la table qui dirige l’ensemble du crime organisé à travers le monde et les hôtels, dans lesquels on est dans un territoire neutre, ce qui n’est pas sans faire penser aux églises dans Highlander. Dans le second épisode, on vient demander à John d’honorer une dette, c’est encore de la grosse boucherie, beaucoup d’humour, des chorégraphies réglées au millimètre. Et quand on découvre Laurence Fishburne dans les personnages de cet opus, Morpheus de Matrix, on ne peut s’empêcher de sourire en se disant que le réalisateur du film, Chad Stahelski a vraiment poussé jusqu’au bout son délire. Il se passe un acte en fin de ce second film que je ne vous spoilerai pas, mais dans le dernier épisode sorti au moment où j’écris ces lignes, John Wick est poursuivi par l’ensemble des tueurs au monde. Encore une fois des scènes totalement surréalistes avec Mark Dacascos qui a pris un sacré coup de vieux en assassin fan du tueur de légende.

À part peut-être une durée de film trop longues pour des scènes de combat qui parfois m’ont paru interminables, notamment dans le deux, John Wick est une série à part, avec un Keanu Reeves au sommet de son art, on ne s’étonnera pas de voir débarquer un numéro quatre sur nos écrans.