Cultures, épisode 46

10/11/2019 Non Par cborne

Pourquoi Albert Dupontel, patron d’une société de pub, marié deux enfants, tout pour être heureux, se transforme en véritable salopard du jour au lendemain ? Odieux avec sa femme, odieux avec ses enfants, avec ses amis, sa démarche est de se fâcher avec tout le monde et il y réussit. 1h20 de deux jours à tuer pour comprendre. Dupontel porte le film sur ses épaules, on est forcément intrigué, on cherche à comprendre, c’est très bon.

Preuve en est que le cinéma d’ailleurs ce n’est pas que du blockbuster. Dupontel nous tient en haleine dans un film relativement classique, dans le sens où ça bouge un peu, ça change de décor, qu’il y a quelques acteurs pour donner le change, mais on peut faire encore mieux. Avec the guilty, je ne vous donnerai pas le nom de l’acteur qui joue quasiment seul ou presque, il est danois, on se situe dans un centre d’appel téléphonique des urgences policières, l’homme prend les appels. Au bout du fil, une femme qui lui explique qu’elle a été enlevée, il n’a que son téléphone pour la retrouver. On le suit donc envoyer des patrouilles de police au domicile de la victime, essayer de guider les collègues sur la route, entrer en contact avec l’agresseur. Le film n’est pas sans faire penser à Locke, avec Tom Hardy, filmé tout seul au volant de sa voiture qui part pour une urgence, rejoindre une femme qui n’est pas la sienne et qui va accoucher. Gérer sa propre épouse, un chantier de forage très important, le tout en Bluetooth. Dans les deux cas, les performances des acteurs sont telles qu’on reste scotché devant son écran. On ne peut certainement pas reproduire ce type de film à l’infini, néanmoins de temps en temps un peu d’originalité, c’est fortement appréciable.

Manu Payet avait pourtant tout pour être heureux. Une femme, Audrey Lamy, magistrate qui tient la culotte, deux petites filles. Son métier, sa passion, la production de disque. Ancien batteur, il a eu son moment de gloire, aujourd’hui il mise tout sur une jeune artiste qu’il a dénichée. Malheureusement l’homme est trop égoïste, assume mal la quarantaine, et finit par plaquer sa femme. Pendant une quinzaine de jours et après quelques épreuves il va se rendre compte que c’était mieux avant et tenter de récupérer sa vie. Particulièrement classique, mais juste, ce qui change des comédies traditionnelles sur le sujet où l’on ferait croire que tout peut être arrangé d’un coup de baguette magique.

Dans un futur proche, les gens s’abrutissent dans un jeu vidéo pour échapper à leur quotidien. À l’instar des jeux en ligne actuels, tout est possible, le gars de base peut vivre des aventures fantastiques, ce qui explique le succès du jeu. Un succès qui s’explique aussi par l’easter egg qu’a laissé son créateur décédé : celui qui trouvera les trois clés deviendra propriétaire de l’immense fortune du propriétaire et du jeu. Ready player one est un film de Steven Spielberg, et c’est totalement énorme. Les effets spéciaux, les références, c’est tout simplement énorme, de la fièvre du samedi soir à Street Fighter en passant par Gundam, le géant de fer, rien qu’en droit le film a dû coûter une véritable blinde. C’est magnifique, c’est prenant, c’est très au-dessus des blockbusters qu’on a l’habitude de voir, c’est énorme.

Fabrice Luchini est professeur de français, lassé par la médiocrité de ses copies, jusqu’à ce qu’il lise celle d’Ernst Umhauer. Le garçon raconte dans sa rédaction comment il est entré dans la maison de son camarade. C’est ici qu’on a toute la subtilité du film, on ne sait pas si c’est une fiction ou une réalité. Le garçon raconte-t-il réellement son expérience voyeuriste ou il invente sur la demande de son professeur. Avec Kristin Scott Thomas son épouse, ils deviennent les spectateurs, un peu les acteurs, mais principalement les victimes de ce récit passionnant. Excellent film, troublant, bien joué, un hommage au récit, à la littérature de façon générale soutenu par d’excellents acteurs

Gérard Lanvin est viticulteur, au bord de la faillite, il a perdu le feu sacré. Jalil Lespert quant à lui, a quitté la famille depuis bien longtemps, parisien, il juge les vins pour un guide très connu. Son père doit soit vendre ses terres, soit trouver un administrateur de confiance qui sera son fils même si cela ne l’enchante pas. La trahison d’avoir quitté le domaine n’est jamais passée. Jalil Lespert va donc faire ses premiers crus, avec des méthodes diamétralement opposées à son père, à l’ancienne. C’est un bon film, je trouve que Gérard Lanvin joue juste, en type abattu, dépassé par la situation, en conflit avec son fils qui veut faire la révolution. Un bon film sur les conflits de génération.

John Favreau est #chef dans un restaurant que tient Dustin Hoffman, un patron qui étouffe son originalité. La bouffe, c’est sa passion, et malgré sa volonté de vouloir innover, rien n’y fait. Un soir débarque un blogueur critique culinaire célèbre et c’est un massacre, la critique est acerbe, le couperet tombe. John Favreau découvre les réseaux sociaux, twitter, et s’en prend directement au blogueur ce qui fait le buzz. Tout ceci va entraîner une suite d’événements jusqu’à sa démission pour monter un food truck. Un film joyeux, joué et réalisé par John Favreau, on sent l’amour de la bonne cuisine, c’est dynamique, soutenu par une excellente bande originale latina, c’est drôle, c’est bien.

Dans un village un peu perdu du sud des états-unis qui cumule tous les clichés possibles, Frances McDormand loue trois panneaux publicitaires (3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance) sur une route pommée pour dénoncer Woody Harrelson, le shérif du coin en phase terminale, qui piétine dans l’enquête sur le viol et le meurtre de sa fille. Ces panneaux vont déclencher des événements totalement imprévus, d’une rare violence. Excellent film qui n’a pas volé ses oscars, c’est joué de façon prodigieuse, c’est original, on ne sait pas où ça va, magnifique !

Jean Dujardin a tout pour plaire, de l’humour, une excellente situation financière, il est capable de faire rêver toutes les femmes, son seul problème c’est qu’il mesure 1m36. Alors forcément lorsque Virginie Efira le rencontre pour la première fois c’est la surprise, mais elle finit par tomber sous le charme, tant l’homme est plein de ressources. Un homme à la hauteur n’est pas la comédie du siècle, on joue sur de grosses ficelles très prévisibles, sur des situations entendues sur la différence, l’amour impossible, la comédie même si elle est facile fait le job.

George Clooney qui n’est finalement que le Jean Dujardin américain a bien des problèmes. Son épouse va mourir, un accident de bateau, elle est dans le coma et ne se réveillera pas. Il est propriétaire de milliers d’hectares d’Hawaï et il doit prendre la décision de vendre ou de ne pas vendre. Il fait partie des descendants (the) d’une famille de colons qui a hérité des terres. Il découvre que sa femme avait un amant, et qu’elle comptait le quitter. Avec sa fille de 17 ans en pleine crise de rébellion, son copain bizarre, et sa fille de 10 ans qui devient de plus en plus agressive et grossière, il part à la recherche de son amant. George Clooney tout en sobriété, un film qui casse tous les clichés et qui ne fait pas le choix de la facilité.

Il y a des films qui prennent aux tripes, extrêmement fort et incroyablement près en fait partie, pourtant sur un sujet qui ne nous touche pas directement, les attentats du 11 septembre. Thomas Horn est un gamin brillant, autiste, qui a lié des liens très forts avec son père Tom Hanks. L’homme intelligent et attentionné, pour casser les peurs de son fils a transformé la vie en énigmes, en défis. À son décès le vide laissé est immense, le gamin trouve une enveloppe avec noté Black dessus, et une clé. Il se lance dans la quête de rencontrer tous les Black de la ville et la serrure qu’ouvre la clé. Incontestablement on joue sur le pathos, on finira par lâcher une larme, mais qu’est-ce que c’est bien foutu. L’enquête est passionnante, Thomas Horn qui n’aura fait que ce film ou presque est bluffant, il s’agit pour ma part d’un des films les plus intelligents du cinéma américain.

Il y a 25 ans, un monstre gigantesque est apparu sur Séoul et depuis plus rien. 25 ans plus tard, Anne Hathaway se fait mettre à la porte par son copain, elle boit trop, a perdu son travail et passe son temps à dormir sur le canapé. Elle n’a d’autre choix que de retourner dans la ville de son enfance, dans la maison abandonnée de ses parents. Curieusement, avec son retour, le monstre réapparaît, elle est le monstre. Lorsqu’elle va dans un parc, elle fait apparaître le monstre à l’autre bout du monde. Colossal est un film qui mélange les genres de façon originale et particulièrement réussie.

La saga des X-Men compte une tripotée de films, particulièrement réussis, une véritable suite d’épisodes, de gros effets spéciaux, un univers franchement cohérent que je trouve douloureux, ce qu’on n’a pas forcément l’habitude de voir dans ce type de film, notamment les derniers. Dead Pool pour ne citer que lui ou l’énième reboot de Spiderman en adolescent survolté. Avec un Magneto victime des camps de concentration la messe est dite, la saga des X-Men joue sur la différence, sur la peur de la différence, sur le rejet, la mutation est vue comme une tare. Même si de nombreuses libertés sont prises par rapport à la bande dessinée, on retrouve le même état d’esprit, les univers parallèles ou encore la persécution. Dark Phoenix a pris de sales notes dans les critiques que ce soit presse ou public. Justifié ou non ? Les événements se situent après le précédent, c’est un détail qui est à noter du fait que la série comme dit précédemment joue sur les univers parallèles ou sur les événements qui auraient pu ou non se produire. C’est donc le quatrième épisode de la saga dans la suite logique après le retour de Wolverine dans les années 70. on retrouve les X-Men qui accomplissent de nombreuses missions pour le gouvernement. L’une d’elle se déroule mal, Jean Grey se retrouve dans une explosion solaire et revient sur terre transformée. Mutante déjà très puissante, elle revient encore plus puissante et a du mal à gérer son pouvoir. Personnage schizophrénique, Xavier avait su bloquer sa part maléfique, les événements ont réveillé la bad girl en elle. Et comme si les choses n’étaient déjà pas assez compliquées, voilà que débarque une race extra-terrestre … Je m’attendais à un mauvais film, ce n’est pas le cas, je l’ai trouvé par contre beaucoup plus lourd que les autres, plus classique aussi, dans une lutte courue d’avance pour faire gagner la bonne personnalité face à la mauvaise. Pour ma part et même si c’est loin d’être le meilleur de la série, les X-Men restent pour moi largement au-dessus de ce qu’on peut faire dans le film de comics au cinéma.

Après un Zelda breath of the wild qu’on pourra qualifier de très bon jeu mais pas de meilleur jeu de l’année, je me suis lancé dans Zelda link between worlds sur 3DS. La 3DS c’est mon gros kif vidéoludique du moment, peu d’engagement et quelques très bons jeux. Le pitch est le suivant : tout droit débarqué d’un univers parallèle, un méchant transforme les sages du royaume en peinture. Link essaie de s’interposer et finit par se retrouver en graffiti sur un mur, moins classe qu’un tableau. Néanmoins, un curieux lapin lui a donné un bracelet qui lui permet de résister au pouvoir du méchant et de passer en 2D, une idée qu’on a déjà vu plus ou moins dans paper mario. La différence c’est que la globalité du jeu est en 3D, on va donc jongler entre 2D et 3D, pour pouvoir accéder à des passages cachés.

Le jeu a la particularité d’être un véritable open world du fait que Link peut se rendre dans n’importe quel lieu du jeu dès le départ, à part le monde parallèle qui sera accessible par la suite. Bien sûr, comme dans tout Zelda qui se respecte, vous aurez droit à une panoplie d’objets qui vont vous permettre d’avancer dans le jeu. Ce qui est un peu mesquin au départ c’est que ces objets sont loués par le lapin, si bien qu’à chaque fois que vous vous faites tuer, ils sont récupérés et il faudra payer à nouveau. Le jeu est difficile, vraiment, j’ai dû m’y reprendre plusieurs fois pour tuer certains boss. Alors que je décrivais une certaine forme de lassitude pour le sur Wii U, celui-ci est vraiment passionnant, avec une bonne dose de réflexion, à l’ancienne.