Cultures, épisode 44

06/10/2019 Non Par cborne

Big game est un film débile comme seul le cinéma américain est capable de le faire, avec tout le sérieux, la gravité en plus, dont sont capables les réalisateurs. Le président des États-Unis Samuel L. Jackson voit Air Force One se faire dézinguer par des terroristes. Il se retrouve perdu en Laponie, avec pour seule aide, un adolescent qui doit faire son rituel de passage en chassant l’ours. Que dire ? Si on fait totalement abstraction de l’impossibilité, de l’improbabilité pour se focaliser sur le divertissement, ça passe.

Julie Gayet annonce à Mathieu Demy son psychiatre, qu’elle met fin à ses séances après trois ans parce qu’elle va mieux. Lui, très mal, est amoureux d’elle, mais il est particulièrement maladroit, austère, il ne sait pas comment la retenir faute de pouvoir la séduire. Il commence à prendre des cours auprès de Lionel Abelanski qui jongle avec trois femmes à la fois, sans succès jusqu’à ce qu’il croise Valérie Donzelli avec qui cela fonctionne en étant naturel. L’art de séduire est une comédie romantique sur le triangle amoureux qui ne révolutionne pas le style avec des situations prévisibles et déjà vues. Le film fait néanmoins le job.

Nicolas Duvauchelle n’a rien pour plaire. Il boit, est violent, s’occupe mal de son fils, est au chômage, est séparé de sa femme Mélanie Thierry qui fait tout pour que les choses aillent mieux face à cet homme odieux. Le film s’appelle je ne suis pas un salaud et pourtant c’est ce qu’est le personnage. Un soir de beuverie, il se fait tabasser avec une violence rare et finit pour plusieurs semaines à l’hôpital. Il accuse un homme sans aucune certitude, trop ivre le soir de l’accident, trop ivre le jour de la reconnaissance au commissariat et envoie un homme en prison alors qu’il est innocent. Cet accident pourtant lui permet de remonter la pente, de retourner dans le domicile conjugal, de retrouver du travail et pourtant … Si l’idée du film c’est de montrer que les personnages autodestructeurs ne s’en sortent jamais, c’est parfaitement réussi, Nicolas Duvauchelle fait partie de ce type d’acteur comme Vincent Cassel qui donnent la sensation de porter ça en eux, d’être méchant, il est parfaitement à la hauteur dans ce drame.

Voilà ça devait arriver, le monde appartient aux vampires. La faute à pas de chance, le vampire est un peu trop gourmand et a fini par un peu trop consommer d’humains. C’est la crise. Il y a deux écoles, celle qui consiste à essayer de trouver les poches d’humain restantes pour nourrir tant bien que mal la population, et celle dont fait partie Ethan Hawke, les scientifiques qui essaient de fabriquer un substitut. La situation devient urgente, les vampires affamés finissent par se muter en monstres, enfin on se comprend, encore plus monstrueux dans le sens où ils se transforment en chauve-souris géante qui attaquent même les vampires. Et pourtant il y aurait une solution encore plus radicale, Willem Dafoe est un ancien vampire devenu humain. Film d’action souvent à la limite de l’horreur, Daybreakers revisite l’univers des vampires de façon pas très originale mais de façon plutôt efficace. À voir.

Le grand méchant loup est une parabole de la fable des trois petits cochons, mais sous un angle un peu différent que la résistance face à l’adversité, à la prévoyance. Le grand méchant loup c’est tout simplement le désir. Fred Testot qui vit dans une maison de paille, Benoît Poelvoorde dans une maison de bois, Kad Merad dans une maison de pierre sont trois frères dans la fin de la trentaine ou le début de la quarantaine, chacun va être confronté à la tentation. Un très gros casting pour une comédie plutôt agréable et pas trop mal menée qui ne vous fera pas réfléchir sur le sens de la vie, juste un simple divertissement pas franchement profond.

Dans les années 80, Sylvester Stallone, Robert De Niro sont des boxeurs ennemis, un match aller, un match retour, un point partout, mais pas de dernier match. Stallone raccroche les gants pour une histoire de femme entre les deux hommes, Kim Basinger. L’un travaille à l’usine, l’autre est concessionnaire de voitures, et alors que la boxe est bien loin derrière eux, le public ne les a pas oubliés. Alors qu’ils devaient participer à un jeu vidéo, les deux hommes se croisent et ça commence à dégénérer. La scène est filmée et le buzz est tellement important, qu’ils finissent par accepter de faire un match retour. Comédie particulièrement réussie, drôle, on appréciera les nombreuses références à Rocky.

Isabelle Huppert travaille dans une usine alimentaire et pourtant elle a connu une autre vie, elle a été Laura, candidate à l’Eurovision, ancienne star de la chanson. Malheureusement, plantée par son manager, elle est tombée dans l’oubli. Un jour dans son train-train, elle rencontre Kevin Azais à l’usine, un intérimaire qui la reconnaît tout de suite. Le jeune homme bercé par ses chansons dans son enfance pas si lointaine tombe amoureux d’elle et projette de relancer sa carrière. Une Isabelle Huppert toujours formidable pour cette histoire d’amour sur la différence d’âge, sur le succès, souvenir est un film agréable à regarder ne serait-ce que pour voir l’actrice chanter.

Dans le futur, la terre a affronté une race extra-terrestre, les doryphores, des espèces de fourmis géantes. Après avoir gagné le premier round, elle se prépare pour le second, et a créé une école composée d’enfants, d’adolescents, gavés aux jeux vidéos pour devenir les décideurs. D’une part les gamins ont des réflexes à tout casser, d’autre part ils sont capables de prendre des décisions sans aucun remord, sans douter, droit au but. Ender (la stratégie) est le troisième enfant d’une famille sur laquelle on fonde de grands espoirs de trouver celui qui remportera la bataille, ses aînés ont échoué. On suit ses aventures dans l’académie, où en grand stratège, il manipule à la perfection les autres enfants pour réussi à se hisser au sommet de la hiérarchie. Film de sciences fictions bien pensé, qui change un peu de ce qu’on peut voir du fait de cet aspect psychologique où finalement la SF n’est qu’un cadre, un prétexte.

Moka est film assez complexe au premier abord, qui nous présente une Emmanuelle Devos qui ne va pas bien, elle parle d’enquête, de police, de détective privé. On finit par comprendre qu’elle est en recherche de la voiture qui a percuté et tué son fils. Elle retrouve cette voiture, elle appartient à Nathalie Baye et son compagnon, une coiffeuse. Devos commence à s’immiscer dans sa vie pour réunir les preuves, et se venger. Le film repose sur la relation entre les deux femmes, admirablement joué des deux côtés, il ne se passe pas grand-chose mais on reste tenu en haleine.

Nous avions laissé Batman avec un joker mort. Nous retrouvons un Batman avec de nouveaux problèmes dans Batman Arkham Knight : l’épouvantail a décidé de balancer un super virus sur l’ensemble de Gotham ce qui fait fuir tout le monde, Batman est contaminé par le sang du Joker ce qui va poser quelques soucis que je ne vous spoilerai pas. Mais Batman a tout de même tous ses gadgets pour l’aider mais surtout et c’est ici la grande nouveauté du jeu Batman a la Batmobile. Pour le joueur, certainement plus un problème qu’une solution.

De Batman un à Batman deux, on commençait à avoir un début de surenchère qui était toutefois cohérent. Dans l’asile Batman, était un peu rigide, l’univers était fermé, passer dans le second opus à la ville de Gotham avec un personnage beaucoup plus souple était fortement appréciable. Toutefois, on commençait à subir le problème d’Assassin’s Creed, répétitivité et défis débiles comme finir l’intégralité des deux cents énigmes de l’homme mystère. Forcément, si on vous met une Batmobile, alors ça veut dire que de la Batmobile mon garçon, tu vas en bouffer jusqu’à plus faim. Trop de Batmobile tue de façon évidente la Batmobile, surtout lorsqu’il s’agit d’un appareil peu maniable. L’aventure principale n’est pas bonne, car fait facilement cinq ou six heures de trop et joue sur l’aspect toujours plus. Le cas typique ce sont les combats avec la Batmobile et le chevalier d’Arkham, qui sera notre grand méchant mystérieux de l’histoire. Au départ on se bat contre des tanks, après encore plus de tanks, après des tanks indestructibles sauf à l’arrière, pour enfin affronter le chevalier d’Arkham qui a un tank quasiment indestructible. Au moment où l’on pense en avoir fini avec le Chevalier, on lui retombe dessus au volant d’une foreuse gigantesque et indestructible, il faut guider la machine jusqu’à des bombes pour qu’elle explose. Avec un engin peu maniable, on s’y reprend un certain nombre de fois, ça gave et ça n’apporte rien. Cette notion de difficulté par le nombre se retrouve tout au long du jeu et n’est pas plaisante. Certains jeux ont montré qu’on peut avoir une difficulté progressive sans nécessairement augmenter la quantité d’ennemi.

Le jeu tire sa force dans les missions annexes où l’on sera amené à croiser l’intégralité des supers méchants : Freeze, le pingouin, double face, l’homme chauve souris et bien d’autres. J’ai fait le jeu jusqu’à la fin, la réalisation est impeccable, avec certaines scènes très originales, extrêmement bien réalisées, on pense au combat contre le chapelier fou ou à la fin dans la tête de Batman, c’est remarquable.

Lorsqu’on a battu l’épouvantail, il n’y a pas de cinématique de fin, et on vous dit qu’il faut arrêter un certain nombre de grands méchants pour déclencher l’opération knightfall et c’est ici encore que je trouve que cette surenchère est insupportable. Il me manque à détruire une bonne partie des mines de la ville, libérer des tours et des portions de route, libérer Catwoman des neuf énigmes de l’homme mystère. Je pense qu’il s’agit des deux derniers méchants pour terminer le jeu. Seulement, savoir qu’il reste encore une trentaine de fois à répéter les mêmes actions, ne me donne absolument pas envie et je vais donc me contenter de cette première fin, j’ai vu la cinématique manquante sur Youtube.

C’est un jeu qui est passionnant mais qui souffre du même défaut que les Assassin’s Creed, à force de vouloir rajouter de façon artificielle des contenus, on finit par lasser le joueur.