Cultures, épisode 41

11/08/2019 Non Par cborne

Tout partait d’une bonne intention, on a trouvé un vaccin pour guérir le cancer. Malheureusement, un effet secondaire imprévu, ceux qui ne sont pas morts sont devenus des zombis mangeurs de chair humaine. Will Smith un scientifique, est resté seul sur les lieux du drame en compagnie de son chien. Son quotidien est fait de solitude et d’expériences sur les monstres qu’il attrape afin de tester un antidote. Adaptation particulièrement libre du livre éponyme, je suis une légende, a délaissé totalement l’aspect psychologique pour en faire un film d’action pur jus avec Will Smith. En effet dans le bouquin, il apparaît que les zombis ne sont pas des caricatures de zombis mais développent une véritable intelligence, le héros restant le dernier humain existant sur terre. Si on fait totalement abstraction de l’hollywoodisation du bouquin, on a un excellent film du genre avec un Will Smith plutôt convainquant dans ce rôle d’homme rongé par la peur et la solitude.

Leïla Bekhti vit dans l’ombre de sa sœur, Zita Hanrot, une actrice connue. Elle enchaîne les castings sans aucun succès. Sa sœur lui demande de venir lui donner un coup de main, elle est en train d’exploser en vol. Trop sollicitée, elle néglige son compagnon et son fils. C’est donc Leïla Bekhti qui la prend en charge, lui faisant répéter ses textes, s’occupant de son fils. Et puis un jour, parce que la pression est trop forte Zita Hanrot disparaît. Carnivores est un classique du genre sur les relations entre sœurs ou entre frères, la jalousie, la réussite pas toujours méritée, les besogneux et j’en passe. J’ai beaucoup aimé, joué juste, avec une véritable tension notamment quand Zita Hanrot disparaît, car il y a toujours la possibilité qu’elle revienne. À voir.

Virginie Efira a des problèmes dans sa carrière, elle travaille pour un magasine de mode. Femme de 40 ans divorcée, qui élève seule sa fille, sérieuse, trop austère, son rédacteur en chef trouve qu’elle manque d’imagination. Par un quiproquo, on croit qu’elle a une relation avec Pierre Niney qui a 20 ans d’écart avec elle. Plutôt que de dissiper le malentendu, elle va au contraire l’entretenir. la situation qui la fait passer pour une cougar, joue pour elle. On la croit désormais plus folle, plus créative, plus à même de tenir sa place dans le journal. Bien entendu les choses ne se passent jamais comme prévu. Comédie romantique particulièrement réussie, le tandem des acteurs fonctionne très bien, on ne s’interrogera pas trop sur la morale du film dénonçant principalement les relations superficielles basées sur les apparences.

Asimov en a inspiré plus d’un et pour la peine je vous en propose deux. Il faut reconnaître que le bonhomme qui a plus ou moins posé les lois de la robotique dans les années 1940, était un sacré précurseur. I Robot est un film avec Will Smith un flic aigri qui déteste les robots dans un monde d’anticipation dans lequel les robots sont au service de la population, en masse, la faute à pas de chance. Alors qu’on annonce le lancement d’une nouvelle génération encore plus performante que les autres, l’inventeur de la robotique finit au bas de l’immeuble après un vol plané de plusieurs centaines de mètres. Will Smith qui connaissait le bonhomme ne croit pas à un suicide mais au premier assassinat de l’histoire de la robotique par une machine. Très orienté blockbuster, sans nuance, à grand renfort d’effets spéciaux et de scènes d’actions, I Robot a pourtant quelques longueurs. Je trouve le film parfois ennuyeux, on aurait pu faire sauter trente minutes facilement, le job est fait toutefois.

Dans un univers équivalent mais largement plus sombre, pollution, ambiance fin du monde et grosse déprime, Antonio Banderas est inspecteur en assurance pour une grosse société de robots. Les années passent pourtant les bonnes vieilles arnaques à l’assurance demeurent. On essaie par exemple de faire croire que le robot est défaillant et qu’il est responsable de la mort du chien. Au travers de ses enquêtes, Antonio Banderas se rend compte que certains robots ont évolué, ils s’améliorent, se réparent. Si au départ il est persuadé qu’il s’agit d’un individu qui est derrière tout cela, il prend conscience que les robots pourraient avoir gagné en autonomie. Contrairement à I Robot où le monde est futuriste, moderne, un monde qui va bien, l’univers d’automata c’est un monde qui s’effondre. On insiste bien sur la pollution, les pluies acides, etc … L’idée sous-jacente c’est le robot qui serait l’avenir de l’homme, mais sans l’homme. Plus lent, beaucoup moins rythmé, prenant sur la première partie du film, largement moins sur la fin, automata fait lui aussi le job.

Sur l’île de Jersey, un trou perdu, une fille aux cheveux roux est pour le moins malheureuse, et pas forcément parce qu’elle a les cheveux roux. Une mère tyrannique, un père malade, une sœur à qui tout réussit et qui tombe enceinte, elle subit. Elle subit jusqu’au jour où elle rencontre l’amour en la présence d’un jeune homme un peu sauvage qui vit de petits travaux, et de chasse. C’est un amour parfait, brutal, animal, de deux individus en mal d’amour. Néanmoins sur l’île de Jersey (affair), tout n’est pas si tranquille, des jeunes filles sont massacrées, et notre amoureux ferait un bon coupable. Ce film est tout simplement excellent, car rien n’est lisse. Les personnages principaux sont des écorchés vifs, pas franchement beaux, pas franchement sympas, pas franchement épanouis, c’est une histoire bien sale, avec la question que nécessairement on se pose, est-ce bien lui le coupable ?

Le personnage d’Aldous Snow interprété par Russell Brand apparaît pour la première fois dans le film sans Sarah rien ne va, une mauvaise comédie romantique. Aldous Snow c’est l’incarnation du chanteur débile qui passe son temps à boire, à se droguer et qui étale une philosophie complètement idiote. Dans American Trip, ce personnage a droit à son film ce qui est assez original comme spin off et suffisamment rare pour être remarqué. Aldous Snow a fait donc un dernier album catastrophique, il cherche à relancer sa carrière. C’est Jonah Hill qui tient l’idée, refaire un concert événement en mémoire des dix ans d’un concert qui a eu énormément de succès. De l’Angleterre aux États-unis, une débauche d’alcool, de drogue, de sexe et de Rock. De l’humour comme on peut l’imaginer qui ne fait absolument pas dans la dentelle, très pipi caca, ça se laisse regarder.

De star de la chanson à milliardaire il n’y a qu’un pas à franchir. C’est ainsi qu’on retrouve Russell Brand dans le rôle de Arthur un (amour de) milliardaire, riche héritier totalement irresponsable qui fait n’importe quoi. La meilleure illustration c’est certainement le début du film où habillé en Batman avec une véritable Batmobile, il essaie de semer les forces de l’ordre. Sa mère, la patronne, est forcément désespérée par son comportement puéril, à chaque bêtise c’est l’action du groupe qui tombe, décide de le mettre au pied du mur. Soit il épouse Jennifer Garner une femme d’affaires très riche, soit elle lui coupe les vivres. Il se retrouve avec un choix cornélien, tirer un trait sur son héritage ou sur la jeune guide touristique qu’il vient de rencontrer et dont il vient de tomber amoureux. Les excès de Russell Brand sont assez surprenants, franchement marrants, une comédie agréable.

Mickey Rourke découvre qu’il ne lui reste que deux mois à vivre. Pas vraiment une fatalité pour un homme qui a tué des dizaines de personnes au service de l’État. Du fait de ne plus être capable de conduire, il se fait promener par son jeune voisin, un gamin introverti, intelligent, qui rêve de devenir footballeur (américain) mais qui ne trouve pas le courage d’aller se confronter aux gros bourrins de l’équipe. Ashby (Mickey Rourke), va en faire un homme durant leurs excursions, excursions qui ont pour but de tuer ses anciens patrons … Les personnages sont intéressants, Ashby qui dit la vérité sans détour à tout le monde, la mère qui est prête à faire n’importe quoi pour essayer de garder un homme, même si l’ensemble reste classique, on regarde avec grand plaisir.

Vincent Lindon vient à l’hôpital depuis cinq ans dans l’unité de cancérologie, sa femme est malade. Il fait la rencontre d’Emmanuelle Devos qui vient d’apprendre la maladie de son conjoint. Quand le premier est rodé, la seconde explose complètement, c’est son monde qui s’effondre. Ils vont trouver l’un auprès de l’autre un réconfort inattendu. Ceux qui restent est un film qui sonne plutôt juste et qui met en avant le sacerdoce, la culpabilité, la honte, la peur, des gens qui vivent à côté des malades. On sent que l’histoire d’amour entre les deux personnages n’est finalement qu’un prétexte pour évoquer tout le reste.

Tout part comme une mauvaise plaisanterie, Fabrice Eboué lors d’une réunion explique qu’il peut remplir l’Olympia avec n’importe quel imbécile venu. Le problème c’est que sa patronne le prend au mot et il se demande bien qui pourra faire l’affaire. C’est à la suite d’une soirée déguisée et particulièrement animée que lui vient l’idée : monter un groupe avec un rabbin, un prêtre et un curé. Coexister c’est du film 100% Eboué, irrévérencieux au possible. Tous les clichés y passent, les plaisanteries sur les prêtres et les gosses, les camps de concentration, les terroristes, et le pire c’est que ça passe. Gros casting, avec Ramzy Bedia en faux imam, qui nous livre une imitation plutôt réussie de Rachid Taha je pense. Jonathan Cohen en rabbin traumatisé suite à une circoncision ratée et Guillaume De Tonquédec en prêtre amoureux d’Audrey Lamy. Un film qui ne fera pas rire tout le monde, moi ça me fait marrer.

Sandrine Kiberlain est magistrate, une bosseuse, elle attend une promotion. Malheureusement le soir du réveillon, elle est dans l’obligation de s’amuser comme tout le monde et elle picole. Picoler est un euphémisme, elle se met complètement minable. Et lorsqu’on a bu, on a tendance à faire n’importe quoi, si bien qu’elle finit enceinte d’un père totalement inconnu, sauf des services de police. Albert Dupontel, incarcéré pour avoir mangé les yeux d’un homme et l’avoir découpé. La juge mène l’enquête, la double, comment est-elle tombée enceinte de cet homme pas si terrible, et surtout comment un simple cambrioleur aurait pu se transformer en cannibale. Film très drôle, de, et avec Albert Dupontel, tout à fait dans la folie du bonhomme, 9 mois ferme est à voir.

Je suis un grand fan de Will Ferrel, tous les films ne sont pas bons, mais il faut reconnaître qu’il fait toujours dans l’excès, dans le n’importe quoi, et qu’il va toujours très loin. Avec les rois du patin, c’est au domaine du patinage artistique qu’il s’attaque. Deux champions que tout oppose, finissent premiers tous les deux, malheureusement comme ils ne se supportent pas, ils finissent par se taper dessus devant les caméras du monde entier. Exclus de toute compétition à vie, il y a pourtant une coquille dans la sanction, ils peuvent patiner en couple. C’est donc ensemble qu’ils vont partir à l’assaut des championnats du monde. Complètement débile, très lourd, vulgaire à souhait, totalement assumé, c’est très bon pour ceux qui aiment le genre. À noter la présence de Will Arnett le magicien d’arrested development qui lui aussi ne fait pas semblant dans les rôles idiots.

Mélanie Laurent et Guillaume Canet se sont aimés, ils ont eu un fils. Celui-ci, un enfant de sept ans, disparaît dans un camp dans la montagne, très rapidement on en déduit qu’il s’agit d’un enlèvement. Guillaume Canet père absent, qui a préféré son travail à son enfant, mène l’enquête. Mon garçon fait le job dans la première partie du film, jusqu’au moment où l’on se rend compte que Guillaume Canet pète régulièrement les plombs, qu’il est capable de torturer des bonshommes et de se transformer en tortue ninja alors qu’il est archéologue. Ce qui est intéressant dans l’enquête que mène le père dans la façon dont elle est menée, c’est que les pistes sont multiples : le beau-père qui voit l’enfant comme un obstacle à son bonheur, le travail de Canet qui va dans des pays dangereux etc … Malheureusement les ficelles employées sont de très grosses cordes, le final s’il est captivant n’en demeure pas moins surréaliste et décevant.