Cultures, épisode 40 : animation

04/10/2019 Non Par cborne

En 1882, Sacha une petite aristocrate Russe qui vit avec une cuillère en argent dans la bouche, est fascinée par les aventures de son grand-père, un explorateur de renom. Malheureusement celui-ci ne rentre pas de sa dernière expédition. Et pourtant elle est persuadée que quand bien même son grand-père est mort, son bateau insubmersible est là, toujours quelque part. Forcément quand tu as 15 ans, personne te prend au sérieux, Sacha frustrée quitte son domicile à la recherche du Davaï. Joli dessin animé, bien réalisé, pas trop moraliste, tout en haut du monde est à voir.

Sir Lionel Frost est un aventurier, décidément, qui voue sa vie à la recherche des créatures extraordinaires. Il ne rêve bien sûr que de gloire et de reconnaissance comme tous les aventuriers. Un jour, il est contacté par un individu mystérieux qui lui donne des pistes pour traquer le Sasquatch ou le bigfoot. Il apparaît que le bigfoot qui se fait appeler monsieur Link est un être cultivé qui vit seul, sans membre de son espèce. L’individu qui a mandaté sa propre recherche n’est autre que lui-même, il veut que Sir Lionel Frost l’emmène retrouver ses cousins les yétis pour ne plus jamais se sentir seul. Techniquement convenable, comprenez que malgré l’imitation des classiques américains avec tout de même un style assez propre dans le dessin avec des traits anguleux, on est jamais transporté par la magnificence de la réalisation, l’histoire est originale et bien menée.

Chaque année dans une espèce de trou mexicain a lieu la fête des morts. Il suffit de prier le mort qui va bien, de lui mettre son plat favori et il apparaît pour venir passer une soirée en famille. Dans la famille du petit Miguel, tout le monde est invité sauf le père de Coco l’arrière-grand-mère dont on a même déchiré la photo. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il a abandonné sa famille pour vivre de sa musique. Pas que l’aïeul donc qui est proscrit mais la musique. Malheureusement Miguel ne l’entend pas de cette oreille et veut devenir mariachi (me gusta tocar la guitara !). Comme personne ne l’écoute, il décide de prendre le chemin inverse et d’aller rencontrer son ancêtre la star des mariachis pour avoir un peu de réconfort. Seulement aller dans le monde des morts n’est pas sans conséquence, et si le garçon n’en repart pas rapidement, il risque d’y laisser sa vie. Une véritable réussite si on omet les chansons et encore ça passe, original, bien pensé, à voir.

Voilà ça devait arriver la terre est envahie par les extra-terrestres. Pas l’apocalypse comme dans les classiques, les BOOVS avec leur technologie regroupent l’intégralité de l’humanité en Australie. Les choses pourraient s’arrêter là mais un BOOV un peu crétin envoie une invitation à l’ensemble de l’univers pour pendre la crémaillère chez lui. Le problème c’est que dans l’univers, résident les ennemis jurés des BOOVS, les GORGS et qu’ils vont recevoir l’invitation du crétin. Trop de bêtises à son actif il s’évade en compagnie d’une petite fille qui avait échappé aux BOOVS. C’est rigolo, c’est particulièrement bien fait, un peu énervé parfois mais en route ! est un très bon anime.

Justice Smith qui n’est pas un des nombreux enfants de Will Smith et qui va certainement flinguer sa tentative de carrière après Pokémon Détective Pikachu, apprend la mort de son père qu’il n’a pas vu depuis des années. Son père serait mort dans un accident, il menait une enquête délicate dans le monde des Pokemons. Le seul indice c’est un Pikachu amnésique qui a la faculté de communiquer avec Justice Smith. Les deux nouveaux amis vont mener l’enquête. Ce film qui mélange images de synthèse est pour le moins étonnant, si on fait totalement abstraction du scénario totalement insipide et pour le moins inexistant, c’est franchement bien foutu. Je ne suis pas du tout fan de l’univers des Pokemons, j’ai pourtant accroché à l’anime / film, j’ose à peine imaginer l’état des fans.

On n’a pas forcément l’habitude de voir du dessin animé chinois, pourtant on se dit qu’avec des gars qui peuvent se lancer dans des projets de fous avec un bon million de dessinateurs, on devrait en voir plus souvent. Monkey King : Hero Is Back raconte l’histoire du roi singe qui s’est fait punir parce qu’il a un peu explosé le royaume des cieux. Il est congelé pendant cinq cents ans dans une caverne jusqu’à ce qu’un gamin le délivre. Le gosse en question est un orphelin, ses parents se sont fait tuer par des monstres verts franchement moches, il essaie de convaincre le roi singe de lui donner un coup de main pour kidnapper des petites filles qui vont être offertes en sacrifice à un super méchant. Il faut reconnaître que c’est franchement bien fait, avec un combat final qui n’a rien à envier à un dragon ball, et que si la narration n’est pas forcément originale avec un roi singe qui se bonifie dans le temps et qui se laisse attendrir par le gamin, la technique est remarquable. Une curiosité à découvrir.

C’est l’histoire de deux extra-terrestres qui s’écrasent bébé sur terre, façon Sangoku. Le premier chez les riches, le second en prison. Le premier possède des supers pouvoirs et devient la star de son école, quand le second, Megamind peine à se faire aimer. Et puis un jour il en a sa claque, si bien que voyant qu’il n’arrive pas à se faire de relation, il fait ce pour quoi il semble être fait, devenir un génie du mal. Alors que pour une énième fois il kidnappe la journaliste façon Vicki Vale ou Lois Lane, il réussit à tuer son ennemi de toujours à sa plus grande surprise. Plutôt déstabilisé de voir que le mal a gagné, il cherche à se fabriquer un nouvel ennemi. Megamind est une véritable réussite technique avec des effets spéciaux qui claquent vraiment. L’univers est réussi, les musiques rock, la caricature de ce qu’on attend des méchants, et des gentils, des gens de façon générale ce qui nous donne la morale évidente : on est conditionné pour remplir un rôle, alors qu’il suffit de vouloir être qui on veut.

Numéro 9 est une poupée animée qui se réveille dans un monde futuriste, un monde dévasté, sans humain, faisant penser un peu à un univers à la Fallout. Assez rapidement il trouve d’autres poupées comme lui qui vivent dans la peur des machines. Curieux, un peu rebelle, il bouleverse l’ordre établi par numéro 1 pour changer le monde. Très loin du monde de Disney, un univers sombre, apocalyptique qui livre ses secrets au fur et à mesure de l’anime. Une réussite.

Aladdin est un garçon des rues, qui vole pour vivre. Un jour sur le marché, il croise la princesse Jasmine qui enfermée dans son palais prend le frais en faisant des sorties incognito. Elle sature de voir se succéder des prétendants pour une demande en mariage qu’elle refuse. C’est l’amour au premier regard, mais elle est une princesse et lui un vagabond. Par une série d’événements Aladdin finit par mettre la main sur la lampe magique et son génie avec pour premier vœu, devenir un prince pour être digne de Jasmine. Disney de 1992 et gros carton au point que toute ma génération connaisse par cœur « ce rêve bleu », c’est un bon anime avec pour principal reproche, les références du génie. Le génie se transforme, le génie, prend la forme d’animateurs de télé, de stars du cinéma et alors que je suis de cette génération, je n’en reconnais que peu, pour ainsi dire aucun à part Jack Nicholson. Dès lors, pour un gamin de 2019 qui regarderait le dessin animé, se trouverait dans la même situation qu’un jeune qui lirait un vieil Astérix, des références pas simples à saisir qui peuvent casser la dynamique rigolote et une animation qui a plutôt mal vieilli.

Forcément chez Disney, à l’instar d’autres productions américaines, on fait le calcul qu’Aladdin a quasiment 30 ans, que c’est ma génération qui l’a vu plus jeune et comme c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, on sort Aladdin en version réelle avec Will Smith pour le rôle du génie. Le choix du « vrai », je pense, permet de faire croire à une nouveauté et embobiner les parents qui auraient vu l’anime enfant pour les faire franchir la porte d’une salle de cinéma et de ne pas avoir la sensation de revoir une version qui aurait été restaurée mais trop connue. On a donc un film qui tient la route, notamment au niveau des effets spéciaux, un Jaffar particulièrement convainquant, et qui corrige les erreurs du passé, celles que je signalais plus haut. Les actions comiques du génie ne sont que des références communes à toutes les peuplades et plus des références purement américaines, une erreur impardonnable en 2019 qui devait certainement correspondre au plaisir des réalisateurs de l’époque. La place de Jasmine est renforcée puisqu’elle se présente comme la future gouvernante du royaume.

Un énorme dépoussiérage donc, et j’ai envie de dire un dépoussiérage réussi, plus actuel qui devrait ravir tout le monde, ceux qui ont connu l’anime et ceux qui verront le film. Je mets toutefois un énorme bémol sur ce que symbolise tout de même ce film, la panne intellectuelle d’Hollywood qui ne sait plus produire de la nouveauté et qui est resté coincé dans une sacrée boucle temporelle. Néanmoins, on ne peut ignorer le succès commercial de ce type de film, au point de voir ressortir le roi lion, tant que la sanction commerciale ne tombe pas, il n’y a pas de raison pour que cela ne continue pas.

Quand les humains ont la tête tournée, les jouets s’animent et font leur vie, c’est le concept de Toy Story. Chez Andy, c’est Woody le cowboy qui est la star depuis des années, et lorsque Buzz l’éclair arrive pour son anniversaire, c’est le drame, le nouveau jouet avec plein de gadgets devient la vedette. La rivalité entre les deux jouets les conduit à finir chez le voisin Sid, le gamin qui détruit tous les jouets. Ce qui est intéressant dans ce premier épisode, à part les bases d’un univers solide, c’est que souvent quand on fait un dessin animé, on mise avant tout sur les effets spéciaux, sur la possibilité de réaliser ce faux ce qu’on ne peut pas faire en vrai. Ici ce n’est pas le cas, c’est une cohérence avec le fait d’animer des jouets. L’anime fait donc autre chose qu’en mettre plein la vue en jouant à fond la carte des références et de l’humour et c’est particulièrement réussi. Le personnage de Buzz l’éclair qui au début est persuadé d’être réellement Buzz l’éclair, l’agent intergalactique assure le show avec la cultissime phrase, vers l’infini et au-delà !

Dans le second opus, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, Woody, Buzz et ses amis vivent des aventures extraordinaires avec Andy. Malheureusement, un bout de bras de Woody est arraché et il est délaissé par son propriétaire. Par un mauvais concours de circonstances, Woody se fait voler par un homme. Il apparaît que Woody est un personnage de dessin animé très connu et qu’il était l’objet manquant de la collection destinée à être vendue au Japon. Buzz et les autres jouets vont tout faire pour sauver Woody. Dans cet épisode, toujours aussi réussi, on insiste davantage sur le destin des jouets mis au rebut avec le changement des enfants, d’envie pour le premier, pour l’âge dans le second.

Andy finit par grandir et ce qui devait se produire arriva, les jouets restent dans les cartons. À 17 ans Andy finit par partir à l’université, sa mère lui demande de faire ses cartons et de vider ce qui ne sert plus à rien. Nos jouets finissent par se retrouver dans une garderie, une espèce de paradis des jouets puisqu’il y a des tas de gosses pour jouer avec eux. Malheureusement, ils réalisent que les gosses sont fous furieux et que les jouets déjà dans la place, ne sont pas aussi bienveillants qu’ils en ont l’air. Si Sid était un méchant débile et humain parfaitement identifié dans le premier épisode, dans le second on avait un jouet qui était devenu méchant par adversité mais qui ne faisait pas office de super méchant, dans ce troisième épisode on a pour la première fois de vrais jouets méchants. La série réussit à passer le cap des années avec intelligence. Certains passages sont vraiment très drôles, je pense notamment à Buzz réinitialisé en espagnol ou encore les scènes entre Ken et Barbie. C’est aussi la première fois qu’on a vraiment du grand spectacle ce qui n’avait pas été forcément le cas dans les épisodes précédents.

Les jouets ont fini chez une petite fille, qui va entrer pour la première fois à la maternelle. Si au départ c’est un drame, elle est ravie parce qu’elle réalise un jouet avec une fourchette en plastique. La fourchette refuse de rester et essaie de se jeter dans une poubelle de façon systématique (gros message écolo), Woody finit toujours par la récupérer sauf un soir où ils perdent les autres. Ils vont vivre de tas de nouvelles aventures, avec un magasin d’antiquités dans lequel il y a des pantins psychopathes, mais aussi les jouets abandonnés, sans enfant, qui n’ont pas l’air bien malheureux. Ce sera l’occasion pour eux de retrouver la bergère en personnage principal (gros message féministe), bien devant Buzz l’éclair qui a un rôle mineur dans l’anime. Techniquement toujours aussi réussi, beaucoup, beaucoup, moins drôle, et surtout décousu dans un scénario pas très intéressant, pour moi, le moins bon de la série.

Note : le décalage dans le numéro de billet vient du fait que j’ai mis un certain temps à écrire cet article.