Cultures, épisode 38

28/06/2019 Non Par cborne

Jacques Gamblin est facteur, c’est un homme taciturne, qui parle peu et qui fait des tournées de plusieurs dizaines de kilomètres par jour. Il vient d’enterrer sa femme, il n’a pas le mode d’emploi pour élever son fils qu’il abandonne. Au XIX° siècle ce n’est pas vraiment étonnant. Il rencontre Laetitia Casta lors d’une de ses tournées, c’est le coup de foudre. De leur union naîtra une petite fille, pour qui il va construire un palais (pour de vrai). L’incroyable histoire du facteur cheval est certainement le film le plus triste que j’ai vu ces dernières années, le mot triste est certainement trop faible pour décrire l’envie de mourir qu’on a à la fin du film. De façon concrète et sans trop spoiler, il enterre tout le monde, et conserve la patate pour construire son palais. Indéniablement c’est le film où les acteurs tentent l’oscar, un peu trop à mon goût.

Sixième tome de la série Orc dans l‘univers d’elfes, nains, ce dernier opus ne brille pas vraiment par son originalité. Il s’agit de 8 orcs, on n’était pas loin des sept mercenaires ou des douze salopards dont c’est totalement l’esprit qui partent en mission pour récupérer le fils d’un roi gobelin maintenu en otage. Capturé par les elfes, la mission aurait dû être une routine, sauf que sur l’île, une puissante mauvaise et mystérieuse réside. Bien sûr la bande dessinée fait parfaitement le job, utilise la totalité des codes de ce type d’aventure avec les orcs qui se font tuer un par un, le dessin est parfaitement maîtrisé. Trop classique, c’est mon point de vue, pas de renouvellement, pas de fantaisie, aucune prise de risque, une histoire comme on a pu en voir des dizaines de fois, simplement déclinée au pays des orcs.

Nicolas Bedos est un coureur invétéré, Ludivine Sagnier une artiste rangée, sérieuse, qui va se marier. Ils rentrent tous les deux de New-York, destination la France, et se retrouvent assis, côte à côte dans l’avion. Ils se sont aimés, ils se sont mêmes aimés à la folie et puis séparés. Ils racontent leur histoire aux passagers de l’avion. Amour et turbulences est une comédie romantique classique, mais elle est jouée par Nicolas Bedos et je suis fan de Nicolas Bedos, même s’il joue toujours le même rôle, celui du type trop assuré, le salaud de base. Film évidemment facile mais qui fait le job, à voir.

Jake Gyllenhaal est un homme d’affaires, c’est sa femme qui conduit et c’est l’accident. Il en sort totalement indemne, sa femme meurt sur le coup. Alors qu’on attendrait de lui, les différentes étapes du deuil, il revient le lendemain au travail, comme si de rien n’était. Et pourtant son comportement montre qu’il ne va pas bien, il devient obsédé par la démolition, disséquer les objets, comprendre les mécanismes. Peut-être parce qu’il n’a personne à qui parler, le soir de l’accident de sa femme, à l’hôpital, le distributeur de bonbons ne fonctionne pas, il commence alors à envoyer de longues lettres de réclamations dans lesquelles il raconte sa vie. Ces courriers ne tombent pas dans n’importe quelles mains, celle de Naomi Watts, maman célibataire d’un gamin étrange qui se cherche. Passionnant, parfaitement bien joué, on ne sait absolument pas vers quoi on nous entraîne, un beau film à voir.

Une part d’ombre est un film français, belge, suisse, ce qui explique qu’il est joué par d’illustres inconnus du côté de notre frontière. C’est d’ailleurs ici qu’on réalise qu’il n’est pas nécessaire d’avoir un casting de dingue pour faire un grand film, si le scénario tient la route. C’est l’histoire d’un prof qui fait son jogging, une vie bien rangée, la femme, deux enfants, des collègues, des amis. Au moment donc de son jogging, une femme est assassinée, il se trouve qu’il est le seul gars qui traînait dans les parages, il devient par le fait le suspect idéal. On pourrait imaginer que sans mobile, avec la vie du Français, Belge, Suisse moyen, notre professeur devrait être disculpé dans la minute. Malheureusement l’enquête révèle une part d’ombre pour notre personnage principal. Meurtrier ou pas, telle est la question pour une réponse à la fin du film. Ce qui est intéressant à part l’enquête, c’est l’aspect psychologique que décrit le film, à savoir comment l’ami de tout le monde, le bon prof, le bon père, est vu du jour au lendemain comme un meurtrier. Présomption d’innocence ?

Keanu Reeves qui joue trop (@Gilles, oui il joue trop), est un scientifique dans un futur relativement proche. Il travaille pour une société privée qui vise à envoyer le contenu du cerveau d’individus morts dans des robots. Cela ne se passe pas très bien, et il a une pression de fou sur les épaules. Un soir alors qu’il a toute la famille avec lui dans la voiture, c’est l’accident et tout le monde meurt sauf lui. En bon scientifique, il contacte son collègue pour faire le mix de deux technologies, la sienne, et celle de son confrère qui permet de réaliser des clones biologiques, de façon à obtenir de véritables répliques (replicas). La première partie du film est excellente, car le scientifique est soumis à plusieurs dilemmes que je ne vous donnerai pas sous peine de spoiler trop sévèrement le film. La seconde partie trop classique, explique certainement pourquoi replicas est sorti directement en DVD. Pour moi, le film fait le job de distraction, à voir.

Miniville est un jeu de cartes et de dé qui est plutôt sympa, qui pioche des éléments dans le monopoly et simcity. Je vais essayer d’expliquer. Voici l’objectif.

Le but c’est de retourner toutes les cartes, l’aéroport, le port, la gare etc … Chacune de ces cartes coûtant bien sûr des sous, chacune de ces cartes donnant des possibilités au joueur. Dans les exemples typiques, une des cartes permet de jouer avec deux dés, une autre permet de relancer si on fait un double, etc …

On est donc sur un système où il faut gagner des sous, et cela se fait en achetant des cartes. Je lance les dés, et si je tombe sur 5, je lis ce que font mes cartes 5 et je gagne autant d’argent en conséquence. Par contre ça va dans les deux sens comme je vais l’expliquer ci-après, il y a des cartes offensives, ce qui fait que si je tombe sur 5 je peux aussi perdre de l’argent si mon adversaire à une carte qui fait perdre de l’argent quand on est sur le 5. On comprend dès lors qu’il y a différentes stratégies pour faire ce jeu, essayer de gagner un maximum d’argent avec des cartes « positives », essayer de faire perdre un maximum d’argent à son adversaire en le récupérant avec des cartes « négatives ».

Il y a différents types de cartes :

  • Les cartes vertes qui rapportent des sous pendant votre tour.
  • Les cartes bleues qui rapportent des sous pendant votre tour mais aussi pendant le tour de l’adversaire.
  • Les cartes rouges qui sont des cartes qui font perdre de l’argent à l’adversaire.
  • Les cartes violettes qui sont agressives et qui pénalisent l’adversaire. Par exemple, si l’adversaire tombe sur la valeur de la carte, s’il a plus de dix pièces, il doit vous en donner la moitié.

Voici à quoi ressemble le jeu quand on a avancé un peu.

C’est un jeu de stratégie mais aussi de hasard, je dirais surtout, puisqu’il ne faut pas oublier que si on ne sort pas le bon nombre, ça ne passe pas. J’adopte pour ma part une stratégie particulièrement agressive, en multipliant les cartes rouges. L’adversaire est forcé de passer à la caisse de façon systématique, ça lui pose problème pour cumuler par exemple les 30 pièces de la carte qui coûte le plus cher. À côté de ça, j’utilise une carte qui va me donner 2 ou 3 pièces par carte rouge, si bien que si je sors le 12 ou le 13, je fais carton plein à plus de quarante pièces. Franchement bien, selon certaines cartes, notamment les violettes on peut assister à de véritables retournements de situation ce qui peut faire rager, mais c’est ce qui fait aussi le charme du jeu.

Le premier épisode de la série des Batman nouvelle génération, Batman Arkham Asylum est sorti il y a maintenant 10 ans ce qui ne nous rajeunit pas. J’ai profité d’une offre à pas cher sur le PSN pour acheter les trois premiers en version HD pour la PS4. On pourrait me faire remarquer que c’est un peu pathétique de refaire des jeux qu’on a déjà finis, néanmoins j’ai gardé un bon souvenir, et d’autre part au moment où j’ai racheté ces jeux (mon dieu ils sont tellement forts, ils nous font racheter un truc qu’on a déjà), à part relancer une nouvelle partie de Dark Souls, je n’avais pas grand-chose à ronger. Il faut dire que cette série est assez exceptionnelle et ce pour au moins deux bonnes raisons. La première c’est que techniquement c’est particulièrement maîtrisé, puisqu’à pas grand chose, pas vraiment sur ce premier épisode mais sur les autres, on a l’impression de jouer à Assassin’s Creed. La seconde, c’est qu’il s’agit tout simplement de l’univers de Batman, non seulement on a droit à toute la panoplie mais la mise en scène est formidable en vous faisant combattre les supers vilains qui se présentent au fur et à mesure du jeu.

Le point de départ, c’est l’asile d’Arkham dans lequel on accompagne le Joker. Il apparaît que ce dernier s’est laissé capturer un peu trop facilement. Batman se retrouve donc pris au piège avec toute une batterie de super vilains à taper et le joker qui projette d’utiliser un virus mutant pour transformer les gens en monstres.

L’ambiance est véritablement parfaite, avec des passages pour le moins surprenant. Batman se fait piquer par l’épouvantail et se retrouve à délirer. Il passe alors dans des mondes oniriques où il doit éviter le regard de l’épouvantail. Pour le reste, c’est du classique, avec une panoplie de Batgadgets qu’on récupère et qui nous permettent de repasser par des endroits qui étaient inaccessibles. Il est à noter qu’avec Poison Ivy qui pète les plombs, même si on reste dans le même endroit, il est totalement bouleversé par les plantes qui sortent par tous les coins. Le seul regret c’est la raideur du personnage, pas très souple Batman dans cet épisode, ça s’arrange après.