Cultures, épisode 37

20/05/2019 Non Par cborne

Assassin’s Creed a fait une pause bien méritée pendant deux ans je pense, parce que ça partait sévèrement en sucette. Pour avoir fait l’intégralité de la série, je crois qu’on peut noter deux problèmes notables. Un scénario catastrophique alors que ça partait plutôt bien, une surenchère à chaque épisode qui n’apportait rien. L’idée de l’animus où l’on joue à travers les vies passées des assassins pour retrouver des objets de pouvoir dans la lutte avec les templiers, pourquoi pas, sauf que ça a été mené n’importe comment. La surenchère c’est le fait d’avoir six cents quêtes différentes, le contrôle d’assassins supplémentaires, la conquête des quartiers, un rajout à la complexité qui n’apporte rien à l’aventure.

Je pense que les auteurs n’assumant pas vraiment d’être enfermés dans un système qui pousse à passer à l’époque suivante ce qui nous aurait donné un truc plutôt sympa avec la lutte contre Hiltler par exemple, on a préféré faire un Assassin’s Creed Origin qui porte très bien son nom et au moins pour deux raisons : les origines des assassins, un jeu appauvri de ce superflu que je décrivais plus haut et pourtant le jeu reste une daube reproduisant exactement les mêmes erreurs. On se retrouve très vite propulsé dans l’aventure, trop vite, aux commandes de Bayek, on comprend pas trop vite qu’il s’agit d’un protecteur des populations dont le fils vient d’être assassiné. Il se lance à la recherche des assassins et va donc comme toujours marave tout le monde. Ce qu’il y a de très positif dans le jeu c’est qu’on a viré tout ce qui entravait la liberté. Open world, toutes les zones sont accessibles dès le départ, finies les impositions de réaliser les missions les yeux bandés en sautant deux pas en avant et trois en arrière, fini les chronomètres. Fini la gestion inutile, tout est centré sur le personnage qui a un arbre de compétences, le choix des armes, un système de combat bien plus complexe que de cliquer sur le bouton qui va bien au bon moment, l’aigle qui vous permet de localiser les points d’intérêts. J’ose le dire, la mécanique du jeu est parfaite, c’est un régal, on se promène dans toute l’Égypte, on castagne et on prend du level. Et c’est bien ici qu’est le problème, ce jeu n’est qu’une mécanique, pas un véritable jeu. Il est nécessaire de faire les quêtes annexes pour progresser dans le niveau du personnage parce que parfois trois niveaux d’écart et vous réalisez que vous vous contentez de griffer votre adversaire quand lui vous défonce d’un seul coup. Ces quêtes sont limitées à délivrer, porter des gens qu’on a sauvés dans tout le pays, si bien qu’on ne lit même plus. J’ai fait le jeu en étant malade avec une crève pas croyable, si bien que je n’avais pas la patience, ni l’intérêt de lire, je me suis contenté de zapper les scènes cinématiques trop longues, dans lesquelles on ne peut même pas accélérer les dialogues.

D’un formidable effort de compréhension de ce qu’attendaient les joueurs, un jeu épuré qui va à l’essentiel, Ubisoft reproduit la même erreur que dans les épisodes précédents, faire trop au lieu de faire mieux, privilégier la quantité à la qualité. Je préfère mieux faire un Dark Souls ou un God Of Wars plus court mais intense qu’un jeu répétitif qui entraîne le joueur dans l’écœurement. On notera enfin que le mode je me promène sans ennemi pour m’éduquer est pour moi une plaisanterie, je serais curieux de savoir combien de joueurs ont fait la démarche. Lorsque les équipes d’Ubisoft arrêteront de proposer des contenus encore plus mauvais que la pire quête secondaire de Skyrim pour ne proposer que de l’intense, la série Assassin’s Creed redeviendra intéressante. J’ai payé le jeu 23 €, ce sera mon dernier assassin’s creed qui dépasse la barre des 15.

Kahuna est un jeu de stratégie pour deux joueurs dont le principe est particulièrement simple, contrôler le maximum d’îles. Pour contrôler une île il faut avoir la majorité des liens qui sont indiqués sur la carte. Je vous montre la carte avant après

Pour pouvoir poser des liens, on récupère des cartes qui correspondent aux îles.

L’intérêt réside dans l’opposition et dans l’interaction. Imaginons qu’un joueur prenne le contrôle d’une île en ayant la majorité des liens, il fait sauter alors les liens de l’adversaire vers cette île qui peut éventuellement perdre le contrôle s’il n’a plus la majorité. Vous avez le droit d’avoir cinq cartes en main au maximum et c’est ici qu’il y a à mon sens deux stratégies. Soit vous posez toutes vos cartes le plus rapidement possible en essayant quand l’opportunité se présente de faire sauter les îles de l’adversaire, soit vous lâchez tout et vous tentez de prendre l’adversaire par surprise. Des parties rapides qui font entre 10 et 15 minutes, un jeu facile mais qui reste quand même stratégique.

En 1887, Chimère (chimère(s) 1887) débarque à la capitale dans un bordel, elle a été vendue par sa famille d’accueil suite à l’annonce de sa mort qui payait chaque mois. Alors qu’on pense qu’à 13 ans la jeune fille va être traumatisée, c’est loin d’être le cas, elle va commencer à mener la danse. Elle se retrouve impliquée dans une affaire politique importante puisqu’elle est photographiée en compagnie du constructeur du canal de Panama, qu’on souhaite faire chanter pour qu’il cède le chantier aux Américains. Six albums pour une série finie, qui me laisse perplexe. Un dessin de qualité, une histoire où l’on s’est fait violence pour faire rentrer l’Histoire, dans le sens où l’on apprendra par exemple que Chimère est la fille d’un peintre hollandais du nom de Vincent qu’elle n’aura cesse de retrouver, elle croise Charcot, va à l’exposition universelle, Maupassant, les débuts du cinéma et j’en passe. Et pourtant dans le fond, on a quand même la sensation d’une grande broderie pour réussir justement à faire rentrer l’histoire, comme un prétexte, comme un Astérix en fait où l’on multiplie les clins d’œil mais en pas drôle. La bande dessinée reste un agréable moment de lecture et fait le job.

Il y avait avec incassable quelque chose de rafraîchissant dans l’univers des super-héros, souvenez-vous. Samuel L. Jackson est persuadé que Bruce Willis est un super-héros, il veut le faire sortir de sa zone de confort, jusqu’à provoquer un accident de train pour qu’il se révèle. Le film a cette intelligence d’éviter tous les clichés des effets spéciaux de folie, l’action, pour proposer un film psychologique. Avec split, on est dans le même univers même si les deux films sont totalement indépendants l’un de l’autre, notre héros est James McAvoy cette fois-ci, un type atteint d’un trouble profond de la personnalité, et pour cause, il a 23 personnes en lui, il attend la dernière, la bête, qui doit massacrer des écolières impures. On retrouve tout ce beau monde dans Glass. Notre super-héros et ses deux super-méchants se font coincer et placés dans un asile psychiatrique où la psychiatre leur explique qu’ils sont juste complètement fêlés et que les super-héros ça n’existe pas. M. Night Shyamalan ne produit pas le film du siècle du fait de jouer exactement sur le même niveau que ses deux précédents films, l’interrogation quant au fait que tout le monde est cinglé ou si effectivement ils ont des super-pouvoirs. C’est plaisant, on prend plaisir à retrouver les personnages connus, une bonne conclusion.

Charles Berling est flic, un flic qui va partir à la retraite. Pas une carrière extraordinaire, pas une vie extraordinaire, il n’en reste pas moins un homme cultivé, intelligent. Il est interloqué lorsqu’il découvre qu’un voleur depuis un bon moment a réussi à prendre pour des centaines de milliers d’euros de toile, chez des particuliers sans que personne ne fasse le lien entre les affaires. Il faut dire que l’homme Swann Arlaud est rusé, un côté gagne petit, il ne vole que des toiles à tarif intermédiaire pour ne pas se faire remarquer. Le jeu du chat et de la souris est lancé. Il est pas mal ce policier, un côté vieille époque comme on en fait plus, va-t-il l’attraper ou non ? Un beau voyou se laisse regarder.

Camille Chamoux et Jonathan Cohen viennent de se rencontrer sur tinder et c’est plus ou moins le coup de foudre, alors qu’ils ne se connaissent que depuis deux jours ils vont passer leurs premières vacances. lui est pantouflard, elle aventurière et nécessairement quand ils prennent en Bulgarie un airbnb dans un endroit pourri où tout se passe mal, le couple est mis à l’épreuve. Que de folles aventures en perspectives, que de clichés surtout sur le couple et ses différences. Pas un mauvais film, pas un bon non plus, Cohen qui est si puissant d’habitude est l’ombre de lui-même dans cette comédie romantique dispensable.

Dans un collège, un enseignant saute par la fenêtre. Laurent Lafitte est son remplaçant et constate que la classe de troisième dans laquelle il doit intervenir, n’est pas réellement comme les autres. À pas grand-chose, on peut qualifier le groupe d’élèves de surdoués. Assez rapidement il se rend compte que les enfants préparent quelque chose, la fin du monde, un attentat, il ne sait pas trop. L’heure de la sortie est un film captivant pour une bonne partie, plus de la moitié, par la suite on se rend compte que ça n’avance pas vraiment, mais on reste quand même pour savoir ce qu’il va se passer.

J’ai été joueur de Magic un peu après les débuts, et il faut reconnaître que le jeu qui a été reconnu le plus difficile au monde, c’était plutôt pas mal. J’ai lâché à l’époque, l’âge certainement mais aussi l’aspect commercial. Les cartes qui coûtent une fortune, les gens qui ont le plus d’argent qui s’achètent des decks de fou, les extensions à répétitions plus ou moins réussies. Pas mal de clones sont sortis sans connaître le succès du jeu de cartes, et je trouve regrettable de ne pas avoir de jeu d’opposition en version simplifiée.

La vallée des marchands s’y essaie un peu, de loin, mais pas assez à mon goût. Le but du jeu est d’aligner des tas de cartes de 1 à 8, je vous montre ce que donne le résultat en fin de partie.

Sur la droite on peut voir qu’il s’agit de ma première carte, le 1 en toute logique, et à côté sur la droite, il faut arriver à faire le 2, 3 etc … sachant que la valeur maximale de la carte est de 4. On comprend dès lors qu’il faut additionner des cartes pour réussir à monter à 8 pour la dernière pile.

Donc pour avoir les cartes qui vont bien, on a des cartes à la base, et forcément ces cartes qui ont toutes une valeur numérique vont nous permettre d’acheter d’autres cartes sur le marché.

le marché

Et c’est ici que vous avez un peu cette notion de Magic mais pas assez à mon goût. Les cartes ont donc une valeur pour acheter d’autres cartes mais elles ont aussi un pouvoir qui vous permet d’aller plus vite, de pénaliser l’adversaire ou de chambouler le jeu comme en retirant toutes les cartes du marché, déstabilisant l’adversaire qui devait avoir une stratégie d’achat de carte. Si l’idée sur le principe est bonne, j’aime bien les jeux de carte, il apparaît que les fameux pouvoirs des cartes sont sous utilisés. Concrètement, c’est une histoire de course de vitesse à celui qui arrivera à faire ses tas de cartes jusqu’à huit le plus rapidement. Dommage, le jeu est joli, les parties sont rythmées mais l’ensemble est mal équilibré ou nous n’avons pas encore développé les bonnes stratégies.