Cultures, épisode 35

06/04/2019 Non Par cborne

Pendant des années, on a recherché une femme, une meurtrière, qu’on n’a jamais réussi à capturer. Des dizaines de meurtres, sans cohérence les uns avec les autres, des meurtres violents pour une femme, et aucune piste, aucun indice. Il est apparu qu’il s’agissait d’une technicienne de laboratoire qui avait contaminé des cotons tiges destinés aux enquêtes criminelles et que son ADN apparaissait sur toutes les scènes de crime. On pourrait aussi parler de ce poulet qui a vécu sans tête et qui a fait le tour des États-Unis, ces propriétaires le nourrissant avec une seringue plantée directement dans une aorte. C’est le principe de la bande dessinée axolot, qui est l’un des trucs les plus intéressants que j’ai lu depuis des années et que vous pouvez retrouver aussi sous la forme d’un site internet ou d’une chaîne Youtube. Axolot c’est quatre tomes, écrits par un ensemble de dessinateurs différents sur plusieurs centaines de pages, des anecdotes, des mystères sur la nature, sur l’histoire, sur la guerre, toutes aussi passionnantes les unes que les autres. Je vous recommande chaudement la lecture, et la relecture tellement c’est riche.

Anne Hathaway aimerait devenir journaliste, elle a du talent, c’est une bonne jeune fille. On lui propose l’opportunité de travailler auprès de Meryl Streep la patronne du journal de mode qui fait la mode. Sa patronne est d’une exigence rare, elle harcèle la pauvre fille pour tout et n’importe quoi qui finit par devenir une véritable esclave. Fable moderne sur le travail, sur la solitude de la réussite, sur les valeurs des individus qui explosent face à une paire d’escarpins de luxe, le diable s’habille en Prada est plutôt réussi malgré la caricature.

À deux heures de Paris se trouve le village natal d’Erika Sainte, qu’elle a dû quitter de façon précipitée quinze ans auparavant. Enceinte à 16 ans, ça fait franchement désordre pour la fille du maire qui a préféré exiler son enfant à Paris pour ne pas subir le scandale. Ce retour à la terre, c’est pour trouver le père de sa propre fille. Adolescente libérée à l’époque, elle a multiplié les amants et ne sait pas qui est le géniteur, elle fait donc la tournée de ses anciennes conquêtes pour récupérer une trace d’ADN. Un road movie campagnard franchement plaisant avec un vrai suspense à la clé : mais qui est le père ?

Dans Darksiders numéro 1 on découvrait un War qui était accusé d’avoir anticipé l’apocalypse. Dans Darksiders numéro 2, on incarne son frère Death au même moment, il cherche de son côté à rendre la vie à l’humanité et sauver son frère. De la même manière que j’avais joué au premier, j’avais fait le second, sauf que j’avais très peu de souvenirs de celui-ci et je sais désormais pourquoi, le jeu est lourd. Nous sommes toujours à la croisée des mondes d’un god of war et d’un zelda, c’est le genre de jeu qui devrait se plier en une dizaine d’heures maximum mais donner du souvenir à son joueur, ce combat épique dont on se souvient. Je me souviens dans God Of Wars de batailles contre les titans, je me rappelle avoir arraché des ailes, ce genre de choses. Il faut que ce soit mémorable, sinon le jeu est raté. La durée de vie est prolongée de façon absurde, avec notamment une multiplication régulière des quêtes par trois. Il faut trouver les trois pierres, il faut trouver les trois fantômes et j’en passe. Le jeu finalement ne fait pas de véritable progrès par rapport au premier, la différence principale réside dans la souplesse du personnage qui se doit d’éviter un maximum. La gestion de la caméra est dramatique, il faut appuyer sur R2 pour changer l’angle et combattre un ennemi unique. Ça n’aide absolument pas, ça aide encore d’autant moins quand vous êtes attaqué par des dizaines de monstres en même temps et que vous avez un doigt coincé sur la gâchette vous empêchant de réaliser certaines combinaisons.

Où le jeu est meilleur, c’est certainement dans la gestion de l’inventaire, votre personnage a des armes qui évoluent et dans les pouvoirs avec un arbre à la Diablo. Rarement j’ai vu d’ailleurs un jeu manger à tous les râteliers du jeu vidéo, Shadow of the Collossus, Prince of Persia, et pour les mouvements du personnage et pour un passage où l’on remonte dans le temps, God of War et Zelda, quelques autres. Deux arbres de compétences sont disponibles, vous pouvez monter en sorcier avec l’invocation de créatures ou en guerrier, comme je l’ai fait, avec un pouvoir indispensable qui permet de récupérer de la vie à chaque attaque. Dans le premier, j’évoquais le problème de la multiplication des pouvoirs, ici un effort a été fait, ils sont au nombre de quatre : le flingue, la main qui permet de s’accrocher et de récupérer des objets, la possibilité de se diviser en deux et le téléporteur ce qui donne encore lieu à des casses-têtes.

Pas le jeu du siècle, un jeu sympathique mais pas vraiment plus, j’ai vu que les critiques du numéro trois n’étaient pas bonnes, je l’achèterai peut-être quand il coûtera une misère.

Clint Eastwood, mauvais père de famille, mauvais mari, est une fois de plus dans une mauvaise passe, il perd tout. Plutôt ouvert d’esprit malgré son grand âge de 90 ans, il devient mule (la) pour des trafiquants de drogue mexicains. Avec son air totalement innocent, son grand âge, le fait qu’il soit blanc, mais aussi qu’il s’en foute royalement, il prend des itinéraires déviés, s’arrête pour dépanner des gens alors qu’il a trois cents kilos de cocaïne dans le coffre au grand désespoir de ses employeurs mais aussi de Bradley Cooper. En effet l’agent anti-drogues, essaie de le coincer mais le vieil homme étant totalement imprévisible, ils n’arrivent pas à lui mettre la main dessus. Il est fort ce Clint, il est très très fort. Âgé de 88 ans aujourd’hui, il s’offre un film à sa mesure, un film où le vieux est le héros, un héros pas très glorieux mais un héros quand même. C’est réellement lui qui a tout compris, quand on voit ces acteurs qui vieillissent si mal, et accepter n’importe quel rôle lui à 88 ans réalise ses films. C’est prenant, c’est remarquablement bien joué, on s’étonne toujours de voir tant de sensibilité chez un homme qui prône l’utilisation des armes à feu et qui soutient Trump. On a tous nos petits défauts.

Romain Duris est entrepreneur, son boulot c’est de faire prendre conscience à des femmes qu’elles sont malheureuses en amour et briser leur couple avec l’élu de leur cœur qu’elles sont les seules à idéaliser. Beau gosse, séducteur, il étudie le personnage, puis fait vivre la grande aventure. Endetté jusqu’au cou, il accepte un contrat difficile, séduire Vanessa Paradis une femme qui file le parfait amour avec un type idéal. L’arnacœur est une comédie romantique calquée sur le modèle américain avec la french touch, un humour qui ne serait pas passé aux states. C’est très bien fait, c’est très drôle, et n’a rien à envier aux comédies américaines. À voir.

Benoît Poelvoorde est un sosie obsessionnel de Claude François, il collectionne les objets, les costumes sans modération, jusqu’à l’achat de trop, le téléphone du téléphone pleure, qu’il paye une fortune. Sa femme Julie Depardieu le met au pied du mur, c’est Claude ou elle, il se range pour travailler dans une banque. Cette part de lui a été totalement étouffée, jusqu’à une nuit, où il rêve que Claude François lui dise de reprendre son costume pour gagner l’émission des sosies d’Evelyne Thomas. Podium est un excellent film, Poelvoorde en type possédé, imbu de lui même est vraiment génial. Une idée pour le moins originale, parfaitement menée.

Les jeux vidéo sur l’univers du seigneur des anneaux existent depuis des décennies, et ce sur toutes les plate-formes, je pense avoir joué sur Amiga à un jeu de stratégie. La plupart du temps ce sont des jeux de bonne qualité, en tout cas pour ceux que j’ai pu faire. La Terre du Milieu : L’Ombre du Mordor est un jeu que je n’attendais pas, avec des critiques pas forcément terrible et pourtant c’est un coup de cœur. Le pitch est assez basique. Vous incarnez Talion, un capitaine, vous vous faites joyeusement massacrer par les orcs, notamment la main noire, un des capitaines de Sauron. Alors que votre femme et votre fils sont égorgés sous vos yeux, vous vous faites aussi tuer, sauf que vous revenez à la vie en tant qu’immortel. Vous partagez votre destinée avec un fantôme anonyme au départ, qui peut prendre possession de votre corps et qui subit donc la même malédiction. Il s’agit d’un elfe, si bien que votre personnage sera aussi bien à l’aise avec un arc, une épée, une dague, en mode infiltration.

La Terre du Milieu : L’Ombre du Mordor correspond parfaitement à mon type de jeu du moment, des jeux que je peux prendre à n’importe quel moment sans implication, de la mécanique. Et la mécanique ici, ce n’est pas bien compliqué, c’est un clone complet d’assassin’s Creed en largement mieux. Impossible, et dans les mouvements du personnage, dans les combats, dans l’infiltration de ne pas voir le lien, et c’est plutôt positif car c’est une mécanique qui fonctionne bien. Ce qui est particulièrement positif contrairement à un Assassin’s Creed c’est la durée de vie non artificielle du jeu. J’ai dû passer trente heures pour réaliser la quasi-totalité des quêtes. Exit ici les 100 plumes à ramasser, les objets sont parfaitement définis sur la carte, on n’a jamais l’impression de se faire prendre pour des imbéciles pour accéder à des bonus tellement inaccessibles que même les passionnés abandonnent. De la même manière, pas une centaine d’armes à manipuler, mais trois seulement, pas des dizaines de combinaisons, peu de possibilités qu’il faut bien exploiter, au bon moment. Par exemple vous aurez dans le jeu la possibilité de faire exploser la tête de votre adversaire pour récupérer de la vie, certains personnages ont des boucliers et vous bloqueront. Alors que dans la majorité des jeux on en donne trop, ici on donne juste ce qu’il faut, et on l’utilise pleinement. Les éléments du décor par exemple, on peut faire sauter un feu ou empoisonner un camp, attirer des bêtes sauvages. Infiltration ou foncer dans le tas, telle est souvent la bonne question.

Le jeu est répétitif, c’est ce qui revient de façon régulière dans les critiques de jeu mais la mécanique de jeu est tellement plaisante, comprenez massacrer de l’orc à toutes les sauces que je ne m’en suis pas lassé. On notera enfin quelque chose de particulièrement bien foutu et qui diffère d’Assassin’s Creed, c’est que ce petit monde a une vie. La hiérarchie orque est mouvante, comprenez que les chefs vont évoluer au fur et à mesure de leurs combats, ou tout simplement parce que l’un d’entre vous a réussi à vous tuer. Dans la seconde partie, vous aurez le pouvoir de contrôler les orcs, si bien que vous pourrez influencer les querelles de façon à propulser un de vos propres hommes en haut de la pyramide après l’avoir activé pour qu’il trahisse son capitaine.

Kariba est un jeu de société très simple, vous pouvez même y faire jouer vos enfants. Vous avez « un plateau » avec 8 emplacements disponibles numérotés de 1 à 8, globalement on peut dire que cela symbolise la mare où vont boire les animaux. Vous mettez les cartes que vous avez dans la main à l’emplacement qui va bien, dès que vous avez trois cartes vous prenez les cartes qui sont à un niveau inférieur. Le cas particulier, c’est le 1 qui correspond à la souris, le 8 qui correspond à l’éléphant, la souris chasse l’éléphant. L’idée étant bien sûr de ramasser le maximum de cartes. C’est simple, c’est efficace, il y a aussi une part de stratégie puisqu’on va parfois patienter avec une carte en main avant d’en mettre trois pour ramasser le plus de cartes possibles.