Cultures, épisode 34

07/03/2019 Non Par cborne

Voilà ça devait arriver, on a brisé les sceaux de l’apocalypse. Les anges et les démons se marave avec comme terrain central la terre. Qui dit apocalypse dit cavalier et c’est tout naturellement que guerre débarque pour faire la fête à tout le monde. Seulement le hic, c’est qu’un des sceaux n’a pas été détruit si bien que ce n’est pas l’apocalypse, on profite de l’arrivée de guerre pour lui faire porter le chapeau. Guerre se fait donc coincer par le conseil, il demande à mener l’enquête et dans la foulée tuer tout le monde. Darksiders est un jeu sorti en 2010 auquel j’ai joué à l’époque sur PC. J’en avais gardé un bon souvenir et je cherchais un jeu demandant peu d’investissement ces derniers temps, je l’ai acheté à pas cher sur le playstation store, puisqu’une version remastarisée a été adaptée pour nos grosses résolutions. Preuve une fois de plus qu’on croule sous l’originalité et la nouveauté dans le monde vidéoludique. Si on devait essayer de synthétiser Darskisers, de le caricaturer, on dirait qu’on est à la croisée de God of War et de Zelda. Le jeu se déroulant dans une terre ravagée par la guerre entre les enfers et les cieux, on passe son temps à arracher des ailes d’anges ou faire exploser des démons, on est dans un registre particulièrement gore. En ce qui concerne l’aspect Zelda, guerre va récupérer des objets qui vont lui donner de nouvelles possibilités, un grappin par exemple pour atteindre des endroits inaccessibles ou ce gant de fer qui permet de casser les gros blocs de glace qui freinaient notre progression. On se doute alors que la récolte de ces objets sera un prétexte pour refaire la carte et gonfler artificiellement le temps de jeu. La première partie est excellente, il faut récupérer quatre cœurs de monstres et les donner au démon Samael pour qu’il puisse nous permettre d’accéder à une tour. Et là c’est le drame, il y a un énorme passage à vide dans le jeu où l’un des artefacts permet d’activer des portails de téléportation comme dans le jeu portal de valve. Cette phase de jeu est assez insipide puisque le jeu d’action devient casse-tête. À part ça c’est plaisant, on castagne dur, on fait sauter des têtes, on plie le boss de fin du premier coup en se disant que ces longues heures passées à jouer à Dark Souls vous ont franchement rendu meilleur.

Edwin est un auteur à succès sauf qu’il est victime du syndrome de la page blanche. Sa fille Tara, adolescente, est triste d’avoir un père qui passe ses journées enfermé à essayer d’écrire. Et puis un jour c’est le miracle, Edwin sort avec un livre réalisé en quelques jours, son meilleur roman. Tara est ravie, elle retrouve le père aimant qu’elle a connu et puis c’est le drame, Edwin tombe dans un coma que personne ne comprend et ne peut guérir. Sa fille voit sur sa peau des marques, comme des runes et découvre dans les affaires de son père un voile magique, un talisman. Bande dessinée en trois tomes, à destination d’un public adolescent et plus, c’est pour moi l’un des plus jolis dessins que j’ai eu l’occasion de voir, même si l’inspiration Loisel est indéniable tout comme l’univers très inspiré de Miyazaki. L’histoire est assez déroutante, on ne sait pas trop où l’on va, ce qui est certain c’est que c’est réussi, des retours dans le passé, des secrets de famille, des interrogations sur la vérité, on est tenu par le suspense jusqu’à la fin.

Au XIX° siècle, une expédition découvre une momie enchaînée avec un parchemin le genre de momies qu’on se dit qu’il faudrait éviter de détacher. Et curieusement, les participants la détachent. S’ensuit un classique, une malédiction s’échappe. De nos jours un homme mène l’enquête, il cherche à coincer un tueur en série du nom de Freddy. Freddy parce qu’il a tendance à dépecer un peu fort ses victimes. Comme tout est lié, il se trouve que Freddy n’est qu’un homme qui a récupéré la malédiction antique, une malédiction qui transforme les hommes en loup garou. Corbeyran, auteur trop prolifique de la bande dessinée francophone ne s’est pas vraiment fendu avec le syndrome de Hyde. Sur trois tomes, on a les clichés de la malédiction de la momie qui se transmet à la dernière personne vivante aux alentours mixée avec le mythe du loup garou. Plutôt facile, plutôt prévisible, l’homme aux cinquante bandes dessinées en même temps est suffisamment bon pour nous garder jusqu’à l’épilogue.

Dans Lanfeust des étoiles, désolé pour le spoil, on découvrait que Troy était une expérience. On réunissait en effet des êtres qui présentaient des pouvoirs paranormaux pour les réunir sur une même planète. C’est ce que raconte la série les conquérants de Troy, sur quatre tomes actuellement, série qui si je ne me trompe pas ne sera pas achevée. En effet, cela fait quelques années qu’on attend la suite, une intégrale vient de sortir pour les quatre premiers tomes, intégrale qui ne correspond à rien puisqu’on reste sur un cliffhanger et qu’en 2015, Arleston dans une interview dit que le cinq devrait être le dernier … Alors que le héros principal de l’aventure dans Lanfeust est un homme, ici c’est une jeune femme accompagnée de son frère à la recherche de leurs parents, des scientifiques disparus. Ils croiseront Eckmül le bûcheron qui donnera son nom à la ville, le Magohamoth, on découvrira l’origine des premiers sages et des trolls. Pas inintéressant, s’inscrit bien dans l’univers, on aimerait bien lire la fin.

Dans un futur proche, les nations unies délèguent certaines missions à des compagnies privées. L’idée est simple, maintenir la paix mondiale est trop cher, les compagnies privées prennent l’intégralité des opérations à leur charge. Comme il faut bien gagner sa vie, on diffuse les combats en temps réel, une émission de télé réalité où les héros sont les soldats recrutés, les cyclopes, du fait de porter un troisième œil, emplacement de la caméra. Assez rapidement se distingue Douglas, qui va devenir le héros de cette série. Les choses comme on peut s’en douter ne sont pas si roses, et notre héros, un garçon plutôt intelligent, ne veut pas être une simple marionnette. Il cherche à comprendre certains événements, certaines missions, certains accords qui ont permis à la société qui l’emploie de décrocher le marché. Nouvelle série des auteurs du tueur, qui portait déjà un regard critique sur notre société, cyclopes condamne les médias, la télé réalité avec cette émission extrême où l’on filme en direct des gens se faire tuer. La maîtrise au niveau de l’histoire et du scénario sont impeccables, les codes notamment, mais je dirais trop. Dans le tueur, la série trouvait son originalité dans ce personnage atypique, ce jeune homme normal qui s’était découvert une vocation pour le meurtre, ce type cultivé qui pendant ses missions nous apportait son point de vue sur la société. Ici les sponsors, l’audimat, l’obligation pour le héros de boire une boisson alcoolisée pour paraître plus viril, ces relations avec sa femme qui sont filmées, la scénarisation à outrance de sa vie, sont autant de clichés qu’on a déjà vu dans de nombreuses œuvres. La bande dessinée reste plaisante mais n’est pas du niveau du tueur et en termes de profondeur scénaristique, et au niveau du dessin dont le découpage est lui aussi bien plus classique.

C’est l’histoire de trois enfants qui grandissent en Pologne, Max, Hannah et Werner. Les bases du triangle amoureux. Les enfants sont passionnés par l’aviation et rêvent de devenir pilote. Le problème pour Max c’est qu’il est juif et que grandir en Pologne avec la guerre de 39-45 qui se prépare, c’est compliqué. On retrouve Max des années plus tard, aux commandes d’un avion mais du côté américain. Alors qu’il est plutôt du côté des héros, il se fait arrêter par les services secrets américains, ces derniers pensent qu’il est un espion du régime nazi. Les services ont en effet trouvé une photo de Werner accompagnant Hannah quand elle est enfant et la ressemblance entre les deux garçons leur paraît troublante. Max réussit à persuader les Américains qu’il n’est pas un espion, il doit pourtant accomplir une mission quasiment suicide, retourner dans l’Allemagne nazie en fin de guerre pour assassiner Hannah devenue la plus grande pilote du pays. Dent d’ours est une bande dessinée en six tomes, assez réussie au départ avec les allers-retours entre le passé des trois amis et leur vie d’adulte. On découpe la bande dessinée en deux cycles ce que je trouve est impropre, la fin du troisième tome ne peut pas constituer une fin véritable. Le récit est prenant, le dessin de grande qualité, néanmoins aux environs du tome cinq, l’histoire s’essouffle fortement pour une fin tirée par les cheveux. Dommage.

Dans un futur proche le monde a été dévasté par un virus, les gens vivent dans les sous-sols. Il y a quelques pistes sur les origines de la catastrophe, elle proviendrait de l’armée des douze singes. Bruce Willis, à l’époque où il ne faisait pas des navets, c’est moche de vieillir, est un prisonnier, il accepte de repartir dans le passé pour mener l’enquête. L’armée des douze singes est une énième variation des boucles temporelles mais version grande classe, réalisée par Terry Gilliam. Il n’y a pas d’effets spéciaux, ça dure plus de deux heures, on prend le temps, c’est franchement bien foutu et ça n’a pas pris une ride parce que déjà à l’époque c’était rétro kitch. À noter la présence de Brad Pitt qui n’avait pas le succès qu’on lui connaît aujourd’hui, enfin qu’on lui a connu, parce que c’est moche de vieillir, qui s’offre le luxe de jouer au dingue, loin de l’image de beau gosse qu’il a pu afficher pendant quinze ans. Un classique du cinéma à voir.

C’est une soirée entre amis comme il en existe des tonnes et puis soudain l’un d’entre eux lance un jeu (le). Il s’agit de poser son téléphone sur la table et d’écouter, de lire, de converser en public. L’idée sous-jacente c’est de savoir si les uns et les autres dissimulent quelque chose. Comme on peut s’en douter, les amitiés, les couples explosent au gré des révélations. Un huis-clos particulièrement réussi, on est captivé par le jeu des acteurs, même si les personnages sont plutôt caricaturaux, l’emmerdeur, le looser de la bande, le bof de service, la femme qui picole, on y croit. Un bon film à voir, qui en dit long tout de même sur nos vies, nos secrets, notre malheur, seul et souvent mal accompagné malgré les apparences, l’ensemble accentué par le téléphone portable.

Mass Effect 2 a été pour moi une révélation puisque je pense que c’est ma découverte des jeux à la bioware. J’ai enchaîné par la suite Mass Effect I, Dragon Age Origin I et II, et les Star Wars Kotor. Ce qui est introduit dans Mass Effect 2 est la notion de choix, un choix qui va déterminer la suite du jeu. La première fois pour moi que dans un jeu vidéo, j’ai eu la sensation que mes actes entraînaient certaines actions. J’ai exploré le jeu plusieurs fois, tenté des choix différents, on est toujours surpris. La quête passionnante, j’ai souvenir d’être resté coincé devant mon PC pendant trois jours d’affilée. Mass Effect 3 a été particulièrement critiqué, j’en ai un très faible souvenir parce que je l’ai fini trop rapidement sans volonté d’y revenir. Il manquait un petit quelque chose, j’avais de plus mis un mode de facilité trop bas rendant les combats qui font partie pleinement du jeu anecdotique. Nous quittons Shepard, le bourrin de base pour nous retrouver avec Rider, garçon ou fille. Au moment des événements de Mass Effect, des humains et des aliens partent coloniser l’univers Andromède, ils se retrouvent 600 ans plus tard à la sortie de leur stase. Vous êtes un humain, un path finder, et votre rôle et d’explorer les planètes pour vérifier si elles sont habitables, ce qui devait être théoriquement le cas sur le papier. Grosse déception, la première planète est invivable, et les aliens qu’on y croise ouvre le feu en premier.

Assez rapidement on va se rendre compte que la galaxie est sous le joug de très méchants extra-terrestres, qui sont à la recherche d’une technologie très ancienne qui permet entre autre de rendre les planètes habitables. Dans ce Mass Effect Andromeda, il faudra donc marave les méchants, coloniser des planètes et faire copain, copain avec la race existante. Plutôt que d’écrire plus, je vous invite à lire le test de Gamekult, intitulé 50 heures avec Mass Effect Andromeda. Le gars est sans aucun doute fan de la série, et a très bien cerné l’ensemble des problèmes. Je pense que j’ai dû faire les cinquante heures aussi, du fait d’avoir quasiment fait toutes les quêtes sauf les plus débiles du genre trouver cinquante caisses disséminées sur la planète. Comme le dit justement le testeur, nous sommes face à un Mass Effect au rabais, et pas forcément sur les problèmes techniques même s’il faut le reconnaître sont nombreux. Manque de charisme des personnages, à aucun moment la sensation qu’une action va changer le cours du jeu, et ces fameuses quêtes dites Fedex en référence à la société de livraison, où l’on vous fait cavaler d’une planète à l’autre sans possibilité de zapper les cinématiques.

Alors oui c’est vrai, c’est moyen, c’est décevant, mais pour ma part la mayonnaise a pris de suite, quand au bout d’une heure j’avais envie de mourir sur le dernier Witcher si bien noté. Parcourir la planète avec le nomade, s’arrêter, défoncer un monstre, voir les planètes un petit peu évoluer, c’est sympa, on aurait pu attendre tellement plus qu’on est forcément déçu quand on est un vrai fan de la série.