Cultures, épisode 25

13/09/2018 Non Par cborne

Vincent Elbaz fait partie des gens qui ont certainement l’une des plus belles voix du cinéma français et c’est donc un rôle sur mesure qui lui est confié avec je compte sur vous.  Escroc depuis sa plus tendre enfance, l’homme se lance un jour dans un gros coup. Il arrive à faire croire à une patronne d’une petite agence bancaire qu’elle est missionnée par les services secrets français pour aider dans la lutte contre le terrorisme. On verra durant le film qu’il ne va pas se limiter à ce premier « casse », mais c’est cette première partie qui est la plus passionnante. Le gros de l’intrigue se déroule au téléphone, on voit le face à face réalisé entre Elbaz et sa victime. L’acteur est tellement fort, la réalisation prenante, qu’on est pris dans la torture psychologique qu’il inflige à cette pauvre employée de banque. Un excellent film, original et bien joué.

Marvin Bijou cela ne s’invente pas est un enfant qui grandit dans une famille caricaturale du nord de la France. Des gens du peuple, la bière, le racisme, la violence. C’est un garçon différent, il ne le comprend pas encore quand il est gamin, mais il est homosexuel. On suit son parcours de l’enfance jusqu’à la scène où il va finir par remporter un certain succès avec Isabelle Huppert qui joue son propre rôle dans le film. Le film fait du yoyo entre la jeunesse de l’homme et l’âge adulte, on suit les différentes étapes de sa vie, l’éveil à la sexualité, la découverte du théâtre, la découverte de sa propre homosexualité. Je lisais la critique de télérama, qui présente une critique double, une positive, une négative. Je trouve étrange la perception des choses, d’un individu à l’autre. Alors que l’auteur de la critique négative voit une caricature complète, la famille de prolétaires, le milieu gay, j’ai pour ma part totalement zappé cet aspect pour me concentrer sur le jeu des acteurs que je trouve juste, pour un film que je trouve pertinent. Je vous invite à regarder ce « Marvin ou la belle éducation » pour vous faire votre propre opinion.  On notera que Finnegan Oldfield a été nommé aux César pour le meilleur espoir masculin, preuve qu’il doit faire une performance plus qu’honorable.

Dans le futur, on a trouvé une solution pour se débarrasser des prisonniers les plus dangereux, on les envoie dans une station spatiale et on les cryogénise. Il se trouve que la cryogénisation aurait des effets secondaires, certains lorsqu’ils sortent du sommeil perdent complètement la boule. La fille du président des États-Unis, rien que ça, fait partie d’une commission visant à vérifier que ces effets secondaires n’existent pas. Lors d’un interrogatoire, un prisonnier réussit à voler une arme et libère tous les criminels de la station. Guy Pierce un agent spécial accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis, se voit proposé une mission suicide, la cryogénisation ou sauver la fille du président. Lockout est un film bourrin au possible, Guy Pierce dans son rôle d’anti-héros abruti qui tire sur tout le monde est parfait, à regarder la cervelle posée sur une armoire. 

C’est l’histoire d’une malédiction. L’aîné de la famille décède à 33 ans depuis qu’un ancêtre a découvert une statue précolombienne. Voici le pitch de la lignée, une bande dessinée en quatre tomes, où l’on va suivre sur chaque épisode, le descendant du précédent album qui comme on peut s’en douter n’aura pas survécu à son album. Je ne vais pas vous spoiler la fin, un peu quand même, ce que je trouve intéressant dans l’album, c’est la réflexion suivante. Si vous saviez que vous alliez mourir le jour de vos 33 ans, est-ce que vous n’oseriez pas des choses un peu folles, au point de précipiter le destin. Une bonne série qui utilise astucieusement l’actualité comme décor, de la guerre Espagnole, aux débuts de l’abbé Pierre en passant par la découverte des Ramones pour finir par le conflit Rwandais.

L’intrigue se déroule dans les années 60. Fabrice Luchini est un bourgeois, il travaille dans l’univers de la banque. Il est marié avec Sandrine Kiberlain qui ne travaille pas, qui s’occupe entre les œuvres de charité et les parties de cartes, une vie rangée, égoïste, monotone. A cette époque, les femmes de chambre sont espagnoles, elles vivent au dernier étage, font la fête, partagent, alors qu’elles se contentent de partager un lavabo et un lieu de vie presque insalubre. Luchini s’ennuie profondément dans sa vie, et ses femmes heureuses de vivre malgré des conditions difficiles, lui redonne l’envie. Les femmes du 6ème étage est une excellente comédie, qui ne s’arrête pas à son cadre qui n’est qu’un prétexte. Si la description des années 60 a l’air fidèle, les préjugés, les gosses en pension qui ne rentrent que pour les vacances, l’histoire quant à elle est intemporelle. Celle d’un homme qui a envie d’autre chose, la quête du bonheur.

A l’instar de la bande dessinée elfes ou nains, les maîtres inquisiteurs suit le même modèle, à un tel point que j’ai pensé qu’il s’agissait du même univers. Il s’agit en effet d’une bande dessinée réalisée à plusieurs mains dans un univers fantasy, un rythme de production rapide, un dessin qui claque pour des tomes qui pourraient presque être pris de façon indépendante. Très loin d’être originale la bande dessinée est taillée pour faire un hit, et je dois dire que c’est le cas. Le contexte est le suivant, on sort d’une très grande guerre qui a opposé deux royaumes, et ce sont les mages qui ont réussi à y mettre fin. Ils ont créé un ordre, les maîtres inquisiteurs, qui résolvent les problèmes du royaume. Chaque maître inquisiteur est accompagné d’un elfe immortel, chaque album présente un maître, une enquête, et les conclusions convergent, on cherche à déclencher une nouvelle guerre. L’une des rares originalités des maîtres, c’est la magie. Plus c’est l’entropie, plus la magie est puissante, en arrivant à établir la paix, les maîtres ont perdu une partie de leur pouvoir, on suppose que certains magiciens ont tout intérêt à ce que la guerre reprenne. Quand j’écris plus haut que c’est taillé pour faire un hit, c’est une évidence. Oberon le premier mage a le pouvoir de créer un double de lui-même, on assistera à une belle scène qui ne sera pas sans faire penser à Matrix, que dire des pouvoirs de chaque maître qui font penser aux X-Men. Un premier cycle de six tomes qui apporte une conclusion, la suite, avec de nouveaux maîtres. Facile mais très bon, de ces récentes bandes dessinées qui réinventent l’héroic fantasy.

J’ai eu entre les mains 94 dessins pour ne plus faire de fautes d’orthographe, qui comme vous l’avez compris va utiliser des moyens mnémotechniques en lien avec l’image pour distinguer l’orthographe des mots.  Je vous montre un exemple que j’ai trouvé pertinent pour vous faire comprendre le principe.

Tous droits réservés Sandrine Campese

Tout n’est pas bon à prendre dans ce livre qui a été écrit par une amoureuse de la langue française. Pour chaque mot, une introduction, un trait d’esprit et c’est certainement ce qui me gêne, mais c’est mon côté prof en LEP. Comprenez que le niveau des textes qui accompagnent les dessins, certains mots qu’on ne va pas non plus écrire tous les matins, sont tellement complexes, qu’on imagine que la personne qui fait la démarche de lire ce livre sait déjà les écrire. Quand certains élèves ne veulent pas apprendre l’histoire parce que les gens sont morts, ou la géographie parce qu’ils n’iront jamais dans ces pays, vous comprenez bien qu’un mot compliqué n’est pas très vendeur. La moralité c’est que je trouve le concept excellent, qu’il y a ici quelque chose d’intéressant à exploiter pour des élèves qui ont la mémoire visuelle, qui n’est pas sans faire penser à la méthode Borel Maisonny qui croise le geste et le son. Peut-être que mes collègues d’art plastique vont tenter quelque chose cette année sur ce principe.

Mon épouse a toujours aimé les jeux de société, et elle en achète depuis des années. Vous vous doutez bien que pour ma part ça me gonfle complètement du fait que face au jeu vidéo cela ne fait pas le poids. Le jeu de société est devenu un phénomène de mode en ce moment, je pense qu’on peut y voir le croisement d’une certainement forme de nostalgie des parties heureuses en famille loin des écrans qui séparent, mais aussi d’un véritable renouvellement du style avec des gens qui se sont inspirés du jeu de rôle plateau, du jeu vidéo et bien évidemment de Magic et des Pokemons.

Mister Jack, n’est pas son plus mauvais jeu avec un principe relativement simple. La partie se fait à deux joueurs, un fait l’enquêteur, l’autre fait Jack. Au début du jeu, Jack tire une carte parmi les huit personnages du jeu, le but est de réussir à le faire s’évader. Chacun des huit personnages a un pouvoir qui va pouvoir modifier la carte, placer des immeubles par exemple pour bloquer, des bouches de métro pour se téléporter, ou influencer le déplacement des joueurs, inverser deux pions par exemple ou prendre le contrôle du joueur. Jack doit prendre une des sorties de la carte ou un bateau pour gagner, l’enquêteur doit démasquer Jack. Pour se faire, c’est le principe de visible ou invisible. Si Jack est à côté d’un personnage ou d’un lampadaire, il est visible, sinon il est invisible. Il suffit alors de procéder par élimination mais aussi de regarder le comportement de l’adversaire, si vous voyez un pion qui s’approche de la sortie, c’est soit une stratégie pour le faire fuir, soit vous faire croire qu’il veut fuir et par le fait jouer la montre. Vrai jeu de stratégie, plutôt réussi, il n’en reste pas moins à mon sens un jeu de hasard qui est le défaut principal que je fais au jeu de société dans l’ensemble. Alors que dans Dark Souls c’est votre aptitude à maîtriser le pattern de l’ennemi ou sa façon de jouer, ici selon les cartes qui sont tirées, vous pouvez perdre ou gagner. Le jeu reste intéressant.