Cultures, épisode 24

30/08/2018 Non Par cborne

J’ai revu le film Case départ avec et de Fabrice Eboué et Thomas Ngijol. C’est l’histoire de deux demi-frères qui vont aux Antilles, leur père est agonisant. Le premier a poussé l’intégration à son paroxysme, il rigole des blagues racistes de monsieur le maire pour se faire bien voir. Le second sort de prison, c’est la caricature de la racaille. Alors qu’ils pensent hériter d’un trésor, ils découvrent que c’est l’acte d’affranchissement de leurs aïeux. Déçus, ils déchirent le document et se retrouvent dans le passé, avant la révolution française où ils sont esclaves. L’humour se situe au niveau du décalage entre ces deux hommes du vingt-et-unième siècle et le contexte de l’esclavage. C’est assez amusant, j’ai beaucoup d’affection pour les deux acteurs qui sont naturellement drôles même s’ils en font toujours trop. Ce qui est le plus frappant c’est ce qu’ils ont réussi à faire passer en 2011, à une époque où l’on ne peut rien dire, ne plus rire de rien, des plaisanteries racistes, antisémites, homophobes, tout y passe. Et le plus fort, c’est que compte tenu de l’époque, c’est plausible. L’ensemble fonctionne plutôt bien, arrive à faire la performance de tenir plus d’une heure trente sur tous les clichés qu’on peut imaginer. Il faut saluer l’originalité, l’audace, je trouve, si les sauts dans le passé, le moyen-âge particulièrement, sont monnaie courante, l’esclavage c’est beaucoup plus rare

Voilà on en a trop fait et c’est la fin du monde, la seule solution c’est de construire une cité souterraine. Les choses ont été plutôt bien faites, on avait même prévu une boîte pour avertir du jour où l’on pourrait enfin retourner à la surface. Malheureusement cette boîte a été oubliée, si bien qu’on a continué à vivre dans la cité de l’ombre bien après la date limite. La lumière s’arrête parfois, les quantités de nourriture diminuent, et ça n’a l’air d’affoler personne, en tout cas en apparence sauf deux enfants un peu plus déterminés. Ils vont se lancer dans l’aventure à la recherche d’un monde meilleur. La cité de l’ombre est un film intéressant à bien des niveaux, son casting principalement avec Bill Murray. On a un univers plutôt réaliste, drôle, d’une bande d’éternels optimistes qui chantent en attendant le naufrage du Titanic. Amusant, bien mené, c’est un bon film familial, où dire qu’il y aura un happy end n’est pas spoiler tant c’est prévisible.

J’avais joué à Rayman Origins, je l’avais même fini, et le souvenir que j’en conserve c’est d’avoir franchement sué. Les scènes d’arcades au millimètre près, ce n’est pas du tout mon genre de jeu mais j’avais tenu jusqu’au bout. J’avais lancé Rayman Legends et je n’avais pas accroché c’est un copier coller du premier opus. Le principe est simple, vous faites un niveau, le but est de libérer des « petit zetres » dans des décors variés à un rythme effréné pour débloquer d’autres niveaux qui finiront par vous conduire à un boss. C’est difficile, il faut de sacrés réflexes, certaines phases de jeux ont été rajoutées pour rajouter à cette complexité comme des parcours à réaliser en moins de 40 secondes où on saute de partout comme un cabri. J’ai vu que mon fils avait lancé une partie sur Wii U et j’ai donné un coup de main en second joueur. Le jeu pouvant se faire à 4, le jeu à plusieurs apporte une autre dimension, il facilite sacrément la tâche. En effet lorsqu’un joueur meurt, l’autre peut le ressusciter, si bien que cela permet d’avancer dans un jeu particulièrement hardcore au point de le rendre moins difficile. A deux, ce qui paraissait mission impossible devient franchement sympa. La collaboration dans certaines phases où un des joueurs prend le tactile pour déplacer les objets afin de faire passer l’autre est réussie, ce n’est pas vrai partout, l’action est parfois tellement confuse qu’il faut apprendre à mourir pour laisser passer le joueur le plus à l’aise. En terme de réalisation rien à dire, malgré le côté enfantin du jeu, c’est coloré, ça bouge dans tous les sens, ça claque. A jouer, mais certainement pas seul.

Faire une saga d’héroic fantasy ce n’est pas aisé en bande dessinée et pour au moins les deux raisons qui suivent : beaucoup de choses ont été écrites, il faut avoir la capacité d’innover sans trop s’éloigner des classiques. Il est impératif d’avoir un dessin qui claque. On ne va pas se mentir, les brumes d’Asceltis ne remplit pas ces deux conditions. Voici le pitch. Il y a 8000 ans a eu lieu une grande bataille qui a mené quatre races à se dresser contre la cinquième, une histoire de dieu rebelle qui se dresse face aux autres au travers des mortels. Malheureusement ce genre d’histoire on la connait, le Dieu battu finit par se réveiller et vouloir marave tout le monde. C’est Elya la sylve, comprendre l’équivalent de l’elfe, qui a été élue par un des quatre dieux pour assassiner le grand méchant. On se doute qu’elle sera aidée par des représentants d’autres races dont un nain et un équivalent d’un hobbit. Pas très original, même si on essaie d’innover dans le bestiaire fantasy, sans trop y arriver, pas toujours formidable non plus au niveau du dessin. Il est d’ailleurs étonnant pour ma part, que cette série qui n’a rien de bien extraordinaire a vu apparaître deux spin off et un second cycle. Pour ce second cycle, je trouve que le changement de dessinateur est très positif, avec un dessin très dynamique que je trouve mieux maîtrisé, moins hésitant, par contre pour le scénario, la fin est confuse, on s’enlise dans l’histoire qui continue avec les descendants des héros. Je n’ai pas particulièrement apprécié cette série et je vous la déconseille, d’autres séries ont réussi à se démarquer de par l’histoire ou par le dessin. 

Keira Knightley est la petite amie de Adam Levine qui à ses heures perdues est le chanteur de Maroon 5. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard, New York Melody est un film « musical ». Donc Keira Knightley est la petite amie de Adam Levine, ils forment un couple d’artistes heureux. Malheureusement le succès arrive pour Levine et forcément c’est le drame, il a une aventure avec une personne de la tournée. Mark Ruffalo quant à lui est un producteur has been qui a eu son heure de gloire, il entend chanter Keira Knightley avant son départ pour Londres et il sait que c’est la chanteuse qu’il attendait. Comédie romantique sans trop de romantisme, puisque la relation entre Ruffalo et Knightley est purement professionnelle, comédie musicale avec une musique omniprésente mais pas au point de couper le rythme du film, c’est un film sur la vie, sur l’art délicat de rebondir. Si on sent quand même que l’idée est de faire chanter Keira Knightley qui le fait bien dans son rôle de fille désabusée et meurtrie, le film repose sur les épaules de Mark Ruffalo qui véhicule une joie de vivre communicative. 

C’est l’histoire d’une femme qui attend la sortie de prison de son mari, un délit d’initié qui a mal tourné. Comme ça ne va pas très fort, elle se bourre de cachets. Ces cachets ont semble-t-il des effets secondaires, assez forts pour qu’elle finisse par foncer dans un mur puis tuer le dit mari à coups de couteau. Jude Law médecin de renom s’interroge alors sur les effets des médicaments et sur la culpabilité de sa patiente. Très bon film, de très bons acteurs, une excellente intrigue. 

J’ai joué à Thief premier du nom en 1998 sa date de sortie, ce qui nous rajeunit franchement. Après un long passage à vide la série a connu un reboot avec un épisode descendu par la critique au point que jv.com mette une note de 10. Vendu à prix dérisoire sur le playstation store, j’ai pris le risque. Les principaux reproches qui sont faits au jeu c’est son moteur poussif qui ne serait pas digne d’une console next gen, et le côté dirigiste des niveaux. Thief comme son nom l’indique c’est voleur, et à l’instar d’un Styx qui a largement pompé sur son ainé, notre personnage doit se fondre dans l’obscurité plutôt que d’aller au contact où il ne fait pas réellement le poids par rapport aux hommes en armes. C’est assez incompréhensible, le jeu est joli, est fluide, est passionnant, est franchement bien pensé. Ce que j’ai apprécié dans le jeu, c’est que tout est accessible dès le début. Concrètement, on n’est pas dans ce genre de jeux où vous allez franchir chaque niveau puis récupérer un nouveau pouvoir. Vous voulez de nouvelles armes, vous voulez de nouveaux pouvoirs, il faut voler pour récupérer de l’or. On va donc voler, voler beaucoup, et c’est une dimension qui est réaliste, le jeu vous impose de prendre le temps. Prendre le temps de regarder derrière les tableaux, ouvrir les coffres, faire les missions secondaires. L’immersion est complète, l’histoire plutôt accrocheuse. Garrett monte un casse avec une gamine qu’il a formée, ils finissent par tomber dans une cérémonie religieuse qui se finit mal. Il réapparait au bout d’un an, c’est le trou noir, la fille a disparu. A son retour, il est différent, il a un troisième œil qui va vous permettre de détecter l’or, les lumières, enfin tout ce qui vous intéresse et a des visions qui vont le pousser à mener l’enquête. J’ai plié le jeu en 15 heures en prenant le temps, je me suis vraiment amusé. Mention spéciale pour le chapitre cinq dans l’asile psychiatrique flippant à souhait. Le seul défaut, qui est encore discutable, c’est que par exemple le marchand d’arme et la dame qui permet d’augmenter les compétences, ne se trouvent pas à la porte à côté, il n’y a aucun déplacement rapide. Cet aspect va donner un côté pénible parce que les gardes respawn, mais de l’autre ça rajoute à l’immersion. Et c’est ici, où je rejoins la critique, les temps de chargement pour passer d’une zone à l’autre sont importants si bien que ça donne encore moins envie d’aller se promener.