Cultures, épisode 22

03/08/2018 Non Par cborne

C’est l’histoire d’un homme dont la vie a été marquée par deux événements. Le premier, il sauve sa sœur d’un chien méchant, il se retrouve avec une balafre au milieu de la figure et la main tellement abîmée que sa carrière de guitariste est foutue. Le second, il fait brûler un haras pour jouer les rebelles. Devenu écrivain plutôt célèbre, il vit dans une vieille bâtisse qu’il retape et c’est ce qu’il raconte au journaliste qui vient l’interroger. Sans ces deux événements, il n’aurait pas eu la même vie. Dans sa maison, il découvre une pièce composée de multiples portes, il en prend une, et se retrouve dans une autre vie, une vie où comme un lâche il aurait laissé sa sœur se faire manger par le chien. Il est devenu une superstar de la chanson, sauf qu’il n’a plus sa femme et son gosse. Si seulement, fait immanquablement penser à l’effet papillon, le film, et la définition, à savoir que si un papillon fait un battement d’ailes quelque part, cela peut se transformer en ouragan. L’idée étant de nous faire réfléchir sur nos choix, mais aussi à apprécier la vie qu’on a actuellement. Excellente bande dessinée en trois tomes, avec un héros pertinent, dans le sens où si dans sa première nouvelle vie, il cède à la panique, il comprend assez rapidement le principe et s’adapte pour retrouver sa vraie vie.

Dans un royaume nordique, une malédiction. A chaque fois qu’on ouvre la salle des fêtes, un monstre géant débarque et fait une véritable boucherie. C’est Beowulf, une espèce de super héros du coin, un peu vantard qui vient s’y coller. Le film, disons plutôt l’anime en 3D, est décomposé en deux parties. La marave du monstre, et Beowulf qui monte sur le trône avec un fond de malédiction. Car, le problème n’était pas tant le monstre qui venait massacrer tout le monde mais leur mère, une espèce de succube qui rend fou les hommes, c’est Angelina Jolie qui prête ses traits. Il n’est dès lors pas bien difficile de trouver la paternité des monstres. Dans la seconde partie, Beowulf prend la place d’Anthony Hopkins sur le trône et alors qu’il avait juré qu’il avait tué la maman, un nouveau monstre arrive. Beowulf va devoir affronter son fils. Le film est daté de 2007, je trouve que les animations n’ont pas mal vieillies. Pour le reste, c’est un film d’action très classique que je trouve plutôt réussi.

Bradley Cooper est un chef cuisinier un poil excessif. Après avoir subi un échec dans son précédent restaurant, il est allé s’exiler dans un trou perdu pour faire pénitence jusqu’à ouvrir un million de moules. Mais ça y est, il est de retour, il va remonter une affaire pour avoir une troisième étoile. Le problème c’est qu’il a besoin d’une équipe, qu’il est totalement fou, qu’après avoir passé des années à picoler, à se droguer, il passe son temps à faire voler les assiettes et hurler sur le personnel. A vif est un excellent film, un film qui ne se focalise pas sur la nourriture mais sur les personnages, la nourriture n’étant que le lien, comme la compétition sportive pour d’autres. Bradley Cooper est totalement fou, exigeant avec lui-même, exigeant avec les autres, c’est un animal solitaire qui va devoir apprendre à travailler en meute. A noter la présence d’Omar Si, dans un second rôle qui a tout de même son importance.

Sandrine Kiberlain est une fan absolue de Laurent Lafitte, un chanteur qui fait rêver le public depuis plus de vingt ans, si on devait chercher un équivalent peut-être Bruel. Elle collectionne tous les objets, ne rate aucun de ses concerts, lui écrit. Lorsqu’une dispute violente, une de plus, éclate avec sa compagne, un mauvais geste, elle trébuche et se retrouve avec une victoire de la musique qui lui brise la nuque. La seule solution que trouve le chanteur pour dissimuler le corps c’est de demander à Kiberlain, qui n’a aucun lien avec lui, qui fera tout pour lui, d’emmener le corps jusqu’en Suisse où sa sœur propriétaire d’un incinérateur fera le nécessaire. Les choses ne se passent malheureusement pas comme prévu, c’est Pascal Demolon un policier pertinent mais dévoré par sa relation amoureuse avec sa compagne et coéquipière qui le trompe en permanence, qui mène l’enquête. Un scénario brillant, de vraies performances d’acteurs, elle l’adore est un excellent film.

Albert Dupontel est cascadeur à cheval, il est très bon dans sa discipline, l’un des meilleurs. Malheureusement lors d’une scène, c’est le drame, son cheval lui brise la moelle épinière, il se retrouve paralysé des membres inférieurs. C’est Cécile de France qui représente l’assurance, l’idée étant de lui donner la somme la plus petite possible. Assez rapidement, elle est fascinée par le personnage, un homme libre, elle ne l’est pas. Mère de famille, mariée à un homme qui vend des voitures, le couple bourgeois a oublié ses rêves, elle avait un grand talent pour le piano. A son contact, elle va prendre conscience que ce n’est pas la vie qu’elle voulait, et va changer son existence. En équilibre est un beau film, même si le côté moralisateur a été trop exploité. On essaie de faire croire qu’on est libre de ses choix, c’est vrai, on peut demain décider de tout plaquer ou de changer de vie. Néanmoins et c’est le reproche que je fais au film, c’est qu’on veut nous montrer que tout est possible. C’est ici que je trouve l’étudiante et monsieur Henri plus pertinent. C’est une étudiante en échec dans ses études, qui se trouve une chambre chez Claude Brasseur, un vieil homme aigri depuis la mort de sa femme. La jeune femme échoue une fois de plus mais a un certain talent pour le piano. Le vieil homme à l’instar d’une Tatie Danielle s’il lui fait faire tout et n’importe quoi pour se débarrasser d’elle, finit par la prendre sous son aile et l’encourager à mener jusqu’au bout sa passion. La subtilité du film, et je vais vous spoiler la fin, c’est qu’elle ne réussit pas le concours final, d’une école de compositeurs en Angleterre, néanmoins elle va persévérer pour réussir.

Il s’agit de ma deuxième lecture de Tony Corso et je dois reconnaître que j’ai trouvé cela plus difficile, plus lourd que la première fois. Si on devait définir en un seul mot Tony Corso ce serait Magnum. D’ailleurs une référence est faite à la série télé, avec un ami qui fait remarquer à Tony qu’avec ses chemises à fleur, il fait penser à Magnum, il le menace de le tuer pour cela. Comme souvent dans la bande dessinée franco-belge, on aime bien salir les mythes américains, c’est encore ici le cas. Tony Corso est un détective privé, qui vit chez un ami plutôt aisé qui tient une galerie d’art à Saint-tropez. Les relations sont assez différentes que celles qu’il peut entretenir avec Higgins, les deux hommes ont le même âge et se sont rencontrés dans une maison pour jeunes délinquants. Comme Magnum, c’est un séducteur et emballe une fille par épisode, pas vraiment comme Magnum, l’homme est cynique, sans humour, règle tous les problèmes par la violence. Jusqu’ici sept tomes, avec des histoires qui tournent autour de la drogue, du sexe, de la politique, des sujets sensibles. Le fil conducteur de la série, sont les origines de Tony, un père dont il ne veut plus parler dissident italien, enfant il s’est évadé avec lui alors que la mère a été abattue dans le salon. Le passé de Corso se délie au fur et à mesure des albums mais n’apporte pas grand chose à la série. Les enquêtes sont toujours menées de la même façon, une intrigue pas toujours claire, pour une révélation en fin d’album. Parfois, à vouloir essayer de trop noyer le poisson pour que l’enquête du lecteur ne soit pas trop évidente, la bd finit par devenir difficile à comprendre, c’est certainement le seul bémol à ce policier très réussi et dans son dessin, et dans la construction des dialogues qui font mouche et dans celle des personnages très bien travaillés.

Thierry Lhermitte est restaurateur, les premiers signes de défaillance se font sentir. Un an plus tard il vit chez sa fille, Alzheimer a fait son œuvre. Il se trouve que c’est un grand jour pour Rayane Bensetti, le petit fils délaissé par ses parents, champion de basket-ball, il doit se rendre à Paris pour la finale. Les choses ne se passant pas comme prévu, les parents le laissant de côté une fois de plus, il se retrouve à devoir garder son grand-père pour ce jour qui pourrait changer sa vie. Il décide alors de faire le voyage jusqu’à Paris, où comme on peut s’en douter les choses ne vont pas se passer comme prévu. Je suis assez partagé sur ce film. L’idée d’avoir fait une comédie sur le sujet, pourquoi pas, le fait de rire de quelqu’un qui ne se rappelle de rien, jouer sur le comique de situation de deux personnes qui ont la maladie et qui se rencontrent à nouveau toutes les deux minutes, c’est un peu lourd. Pour avoir des gens dans mon entourage dont les parents ont la maladie et qui ne reconnaissent plus leurs propres enfants, je ne sais pas si ça fera rire dans toutes les chaumières. Je trouve de façon générale, le film trop à l’américaine, des scènes trop surréalistes, on joue trop dans le pathos. Si Thierry Lhermitte est à l’aise dans le rôle, crédible, je ne sais pas pour ne pas être confronté à un malade, Rayane Bensetti joue sur son physique de jeune premier, il n’est pas vraiment convaincant. Le film fait le job, pas vraiment plus, et si on vivait tous ensemble où un groupe de senior décide de s’installer sous le même toit pour rompre la solitude et s’occuper d’un Pierre Richard qui commence à perdre la tête traitait bien mieux du sujet de la vieillesse.

C’est suffisamment rare pour le remarquer, dans la brume est un film fantastique français avec en plus Romain Duris. Romain Duris a une fille qui a une maladie grave, elle vit dans un caisson hermétique qui la protège du monde extérieur. Si elle sort de son caisson, elle meurt. Avec son épouse, il cherche un remède, sans succès. Un beau jour, la terre tremble, un gaz mortel s’échappe sur toute la planète, Paris est décimée. Il arrive à s’en sortir avec son épouse et ne va avoir d’autre but que de sauver sa gamine. Forcément la situation est complexe, il faut non seulement réussir à trouver des bouteilles d’oxygène pour se déplacer dans Paris mais en plus trouver une combinaison hermétique pour protéger la petite. La première partie du film n’est pas terrible, un peu niaise, et puis la survie qui fait penser aux jeux vidéo du genre est bien pensée. Le final est excellent, totalement inattendu. C’est donc un film qu’il ne faut pas lâcher, il le mérite, il n’y a pas d’effets spéciaux, juste une ambiance, ce qui montre que les français sont capables de faire autre chose que des comédies ou des films intellectuels.