Cultures, épisode 21

26/07/2018 Non Par cborne

Dying light fait partie des rares jeux que j’ai désinstallés en poussant des cris de rage. Au niveau du scénario, pas bien compliqué, une ville est prise par un virus qui a transformé tout le monde ou presque en zombi. Vous êtes un agent secret qui travaille pour une grosse boîte en lien avec le virus, vous devez faire le ménage. Dying light est un copier coller de Dead island en tout pourri mais étonnant de tout pourri. Le jeu essaie de faire dans le réalisme mais uniquement sur certains points, l’idée n’est pas mauvaise sur le principe mais très mal réalisée. Le réalisme c’est qu’effectivement on fait avec les moyens du bord, comme dans Dead Island où on prenait des planches de surf pour castagner les zombis. On peut aussi comprendre qu’un couteau s’émousse, qu’une arme finisse par devenir inutilisable, pourquoi pas. On se dit encore qu’en terme de réalisme on va avoir tendance à courir plutôt que de foncer dans le tas pour fracasser tout le monde, logique. Le jeu d’ailleurs inclue une dimension de « parkour » plutôt intéressante avec un personnage moins souple que dans Mirror’s Edge mais qui saute plutôt pas mal. Donc on court, on évite la baston, néanmoins celle-ci est parfois inévitable et c’est ici que cela pose problème. Le jeu est rigoureux avec le joueur, moins avec ses qualités, on se retrouve souvent coincé, le personnage ne s’accroche pas lors d’un saut, c’est franchement pénalisant de ce côté là ce qui fait qu’on a tendance à mourir souvent par inattention ou par erreur. Le problème de la mort c’est qu’elle vous fait perdre des points de survie, ces points sont récupérés lors de réussites de quêtes qui vous permettent de monter dans un des trois arbres de compétence. Passons encore, ce qui m’a réellement insupporté c’est quand vous en êtes au cinquième coup de machette dans un type, pas un zombi, un gars fait de chair et d’os, le type est frais comme un gardon et continue de vous tabasser. Par le fait, la difficulté est complètement déséquilibrée, la seule façon de réussir à survivre c’est de devenir plus costaud, donc de gagner des points. En courant dans tous les sens et en sautant comme un cabri, on monte dans l’arbre d’agilité, en tuant des monstres dans l’arbre de la marave. On devient alors plus résistant aux coups, on gagne des points de vie, les armes s’usent moins vite, en fait, on farme. On fait donc des missions secondaires, on multiplie les acrobaties, on s’arrête pour tuer un zombi ou deux, on tente d’aller faire la mission principale et on tombe sur des gars qui ont des fusils pour se faire massacrer.

La difficulté d’un jeu m’arrête rarement, la stupidité oui. Le jeu avec cette difficulté n’est pas intéressant, comprenez que je n’ai pas envie de passer 150 heures là dessus, pour aller faire une mission lambda qui consiste à tuer un monstre, libérer quelqu’un ou prendre un objet. C’est tellement vu et revu qu’on attend autre chose d’un jeu vidéo, on aurait pu le tolérer si c’était construit autrement, seulement ça ne l’est pas, c’est donc mauvais. J’ai d’autant plus la rage que c’est un jeu qui a été bien noté par la presse informatique, sauf chez Gamekult où on a eu la patience d’attendre les armes à feu. Car, ici on constate encore que c’est du grand n’importe quoi, on peut trouver une machette dans la ville, mais on ne trouve pas un flingue alors qu’on est aux États Unis d’Amérique … C’est un mauvais jeu, passez votre chemin.

Sortilège est une bande dessinée en quatre tomes dessinée par Munuera, d’un point de vue technique c’est assez énorme, on dirait un Disney en bd, la violence, et le gore en plus. L’histoire quant à elle est plutôt classique, assez bien menée, pas forcément passionnante, si j’étais mauvaise langue je dirai comme souvent qu’il s’agit plus d’un ouvrage qu’on regarde qu’on lit. C’est l’histoire d’une princesse qui vit dans le monde du dessus et qui n’a d’autre possibilité que de monter sur le trône. Son père vient d’être assassiné, on comprend assez vite que sa mère est au rang des complotistes et qu’elle risque d’être la prochaine, car c’est son fils bossu qu’elle veut voir prendre le pouvoir. Le prince d’en bas, l’équivalent des enfers, s’ennuie, et tombe amoureux de la princesse. Durant quatre tomes, l’idée principale c’est l’inversion des rôles entre la princesse qui passe de plus en plus du côté obscur de la force pendant que le prince quant à lui, sous la lumière, amoureux transit, va changer de bord. Les nombreux personnages, trop nombreux peut-être sont bien travaillés, et dans le graphique, et dans le caractère même s’ils sont trop classiques. La sorcière amoureuse du prince, l’alchimiste lâche banni du royaume des enfers, le frère bossu qui ne rêve que de pouvoir, la petite sœur du prince des enfers, gamine capricieuse et inconsciente, la liste des clichés est encore longue. L’ensemble est donc très agréable à regarder, un peu moins à lire. Une interview de Munuera à la sortie du troisième tome.

Dans les films sur la prostitution on a peu l’habitude d’avoir le point de vue de la cliente, c’est le pari osé et réussi que fait le film de Josiane Balasko. Nathalie Baye, la cinquantaine est présentatrice d’une émission de télé-achat. Divorcée, sans enfant, elle fait le choix de se payer un professionnel une à deux fois par mois. Elle s’attache à Eric Caravaca ue homme marié d’une trentaine d’année, qui réalise des chantiers au noir et qui n’a pas trouvé d’autres solutions pour arrondir ses fins de mois. Il faut dire que vivant chez sa belle mère, devant payer les traites du salon de coiffure de son épouse Isabelle Carré, la maçonnerie ne paye pas assez. Le film est intelligent, et va dans toutes les directions. La vieillesse, le grand amour, l’argent facile, l’argent tout court et c’est certainement la partie la plus intéressante. Isabelle Carré finit par découvrir que son mari se prostitue, il arrête. Et puis écrasée sous la pression financière, elle réalise que l’argent que ramenait son mari permettait de faire vivre le foyer, elle finit par le pousser à recommencer. Je trouve que c’est pertinent, l’illustration que face aux factures, l’argent n’a pas d’odeur. Le film a plus de dix ans, et n’a pas pris une ride, la vénalité étant un sujet intemporel.

Roschdy Zem est un avocat commis d’office, il enchaîne dossier sur dossier, il défend les petits, parce qu’il faut bien le faire. Il a un peu la sensation d’être urgentiste, il travaille beaucoup pour pas grand chose. Lors d’une plaidoirie, un gros avocat le remarque et lui propose du travail. C’est l’argent facile, la grosse voiture, les costumes, les filles faciles. Si au départ il pensait qu’il avait été embauché pour son talent, il réalise qu’il s’agit en fait d’une sale affaire. Sa ressemblance physique avec un détenu est assez troublante, deux millions d’euros contre une inversion pendant une visite, le prisonnier sort, lui reste. Roschdy Zem fait ce qu’il sait faire de mieux, du Roschdy Zem c’est à dire le gars plutôt sûr de lui, roublard, avec la tchatche, si le film en profite au passage pour écorner très largement le système français, c’est avant tout un thriller très classique et efficace.

Stefan Wul est un auteur de sciences fictions français qui a écrit une dizaine de bouquins. Quelques uns ont été adaptés dans une collection de bande dessinée, je vous en propose quatre. Dans un futur pas très éloigné, pour une raison qu’on n’explique pas, le niveau des eaux se met à monter, les glaciers fondent à une vitesse de fou alors que les nations avaient fait de gros efforts pour réguler le réchauffement climatique. Si on ne fait pas quelque chose, ça va être la catastrophe, pour l’heure c’est la grande peur ! Les militaires découvrent que ce sont des espèces de raies évoluées qui sont à l’origine, la guerre est déclarée, ils veulent tout simplement nous faire la peau. Le postulat que si l’homme descend du singe, pourquoi pas une espèce qui aurait elle aussi évolué dans l’eau est assez intéressant, cela nous change des zombis ou des extra-terrestres pour une guerre où les opposants se partageraient déjà le gâteau. Trois tomes pour cette bande dessinée d’action, réussie, particulièrement classique où j’ai apprécié le fait qu’on ne peut pas sauver tout le monde, notamment dans l’une des premières scènes où le héros s’enfuie littéralement et ne sauve qu’une personne qui, coup de chance, sera l’un des personnages principaux de la bande dessinée.

Plus loin que l’apocalypse, le post-apocalyptique, Niourk. L’enfant noir est le seul enfant noir de sa tribu. Le vieux, qui est un peu le guide spirituel, a annoncé son départ vers le vieux monde où il revient toujours avec des objets de l’ancien temps, il a dit qu’il fallait sacrifier l’enfant noir à son retour. Le gamin a deux options, soit il espère que le vieux ne rentre pas, soit il anticipe et fait ses valises pour suivre le vieux dans la vieille ville. La série est décomposée en trois parties qui correspondent à trois album. Au scénario et au dessin c’est Vatine qui a dessiné la première partie d’Aquablue c’est donc magnifique et maîtrisé sachant qu’il y a pas mal de planches « maritimes ». Dans le premier album, on présente un enfant un peu perdu qui va devenir de plus en plus fort, dans le second, l’enfant noir est dans New York, prononcer Niourk, où il va se confronter aux machines et rencontrer des gens venus de la planète mars, enfin pour le dernier tome, une surprise, je ne peux rien dire sinon ce serait spoiler. Le livre a été publié en 1957, c’est très classique, il est intéressant de voir que l’auteur a anticipé sur les problèmes de pollution qui pourraient mener à l’apocalypse dès cette époque.

Si les deux premiers opus se déroulent sur terre, pour le reste c’est dans le reste de l’univers. Les deux séries ont ceci de commun, le lien avec la sexualité. Dans piège sur Zarkass par exemple les femmes ont fini par prendre le pouvoir, les hommes sont revenus à des tâches plus basiques, le sport, s’occuper des gosses. Dans le temple du passé, le héros est un individu méprisé dans sa société car il est monogame. On invite en effet tout le monde à coucher avec tout le monde. Donc dans la première série, deux femmes qui sont en expédition sur la planète Zarkass, une planète habitée par des primitifs qui est l’enjeu d’un conflit entre la terre et des vaisseaux en forme triangulaire qui jusqu’à maintenant maintiennent les forces terrestres en échec. Les deux exploratrices, une scientifique et une baroudeuse accompagnées d’un groupe d’habitants ont pour mission de récupérer des pièces d’un vaisseau écrasé. Ce n’est pas terrible. L’idée de l’inversion des rôles est particulièrement mal exploitée, c’est un prétexte à un comique de situation qui n’apporte pas grand chose, l’histoire en elle même est sympathique sans plus, pas de gros suspense, certainement trop de description de la planète et de son côté crado, tout aurait pu tenir en un one shot au lieu de trois tomes. J’ai largement plus apprécié le temple du passé, où l’orientation sexuelle des personnages n’est pas sans faire penser à la guerre éternelle où l’on avait résolu les problèmes de surpopulation en incitant les gens à l’homosexualité. L’action se déroule dans un vaisseau spatial, avec notre seul personnage hétérosexuel, un gros crash se produit, le vaisseau finit dans un énorme reptile. Les trois survivants sont des hommes et on peut imaginer les tensions qui vont se créer entre les personnages. C’est bien mené, avec un vrai côté délirant SF où l’on ne sait absolument pas comment ça va finir, puisqu’on passe quand même d’un vaisseau spatial à l’intérieur d’un animal, jusqu’à une terre déserte.