Cultures, épisode 19

04/07/2018 Non Par cborne

Neuf personnages se sont retrouvés un soir à proximité d’une aire de repos, la maison Dieu, ils en sont sortis radicalement différents, avec des supers pouvoirs. La question est donc simple, qu’est-ce qu’ils vont bien pouvoir faire avec, sont-ils une menace pour la société ? Les états n’ont pas trop envie de se poser la question, ils vont essayer de les dégommer sur les cinq albums de la série. La bande dessinée est particulièrement bien construite, elle fonctionne sur trois points : la présentation des personnages au fur et à mesure des albums, on finira par tous les connaître au tome 4, qu’a-t-il bien pu se produire ce fameux soir, et la traque, vont-ils réussir à s’en sortir ? C’est plutôt réussi sur l’ensemble, la fin de la bande dessinée par contre est assez mauvaise, après tous les efforts pourtant réalisés au cours des cinq tomes pour tenir le lecteur en haleine on aurait voulu quelque chose de bien plus original. Les films de boxe nous présentent dans la quasi-totalité des cas, un champion, un champion en devenir ou une légende. Le film sparring s’attache aux perdants à travers Mathieu Kassovitz, bientôt 50 combats, beaucoup de défaites. La boxe rapporte un peu, pas beaucoup, il a promis à son épouse qu’il ne franchirait pas la frontière des 50 combats, il cherche une manière de gagner de l’argent pour payer un piano à sa fille, une opportunité se produit en devenant l’un des sparring partner d’un grand champion. C’est un excellent film, de la boxe bien sûr mais c’est plus profond que cela, c’est un film sur la défaite, sur la victoire, sur les apparences. Un perdant n’est pas nécessairement un looser, un grand boxeur pas forcément un grand homme.

Magika est un bouquin dessiné par Tacito, je regardais sa biographie sur Wikipedia, c’est un peu le type qui dessine en boucle la même histoire, celle de l’apocalypse. Imaginez tous les plus grands méchants de l’humanité, Hitler bien sûr, prisonniers dans un univers parallèle, un labyrinthe où ils dorment pour l’éternité, et bien c’est ça le pouvoir de la magika. Des gardiennes dotées d’un grand pouvoir passent donc les journées à surveiller tout le monde et on comprend qu’elles doivent trouver le temps long. L’une d’entre elle à trouver pour loisir de s’empaler, désolé mais c’est de circonstance, sur Vlad Tepes alias Dracula mais aussi Vlad l’empaleur. Il se trouve que pendant l’accouplement, Vlad se réveille, il n’est pas content, tue toutes les sœurs sauf une et s’évade dans le New York moderne. Le personnage central de l’histoire est une policière belle et très rebelle qui va hériter d’une partie du pouvoir de la Magika. Bande dessinée particulièrement violente, délirante, et qui fait penser forcément à 666 dessinée par Tacito où on déclenchait l’apocalypse, avec un plus gros festival tout de même. J’avais trouvé la première lecture très réussie, je suis plus perplexe sur la seconde, je trouve que c’est quand même franchement vulgaire et provocant, un peu gratuitement.

Far Cry Primal comme son nom l’indique est un Far Cry, c’est à dire un FPS très très répétitif. L’originalité du concept ici c’est que l’action se déroule à la préhistoire. N’allez pas chercher un réalisme à outrance, les développeurs se sont faits plaisir, vas y que je chevauche le mammouth, que je dresse les animaux sauvages, que ma chouette balance des bombes et j’en passe. On incarne le rôle de Takkar, un gars qui voit se faire tuer le peu de tribu qu’il possède. Il va rapidement rencontrer une jeune femme, et de façon très platonique vont monter un village. Vous enchaînez les missions où vous maravez tout sur votre passage. Vous découvrez de nouveaux personnages qui vous permettent de grimper dans l’arbre de compétence, et on continue comme ça jusqu’à devenir un super guerrier. Les personnages sont très haut en couleur et pour certains ont des comptes à régler, vous allez les aider. On notera deux grandes factions ennemies, les rouges qui vivent dans le froid dirigés par un gros barbare cannibale, les bleus dirigés par une folle qui se livre à des sacrifices humains. Malgré le côté très répétitif, c’est vraiment très plaisant, l’époque aidant certainement, ça nous change des gros guns et des îles paradisiaques. Le jeu est sympa dans son action avec de nombreuses armes, des pièges, quelques moments épiques comme la tuerie des gros animaux, ou l’ambiance générale, vous voyez les meutes de loups courir après les chèvres pour les bouffer. Un bon moment de jeu.

J’ai regardé Westworld, environ une saison et demi, si la première saison est intéressante, la seconde devient lassante assez rapidement. Le concept est le suivant, imaginez un parc d’attraction façon Disney, sauf que ce si vous croisez la reine des neiges vous pouvez la tuer, la violenter, laisser parler toutes vos pulsions. Ce parc à thème se situe dans le monde des cowboys, et propose donc à chaque visiteur de devenir un pistolero. Les hôtes sont des robots très perfectionnés, quasiment identiques aux être humains qu’il est nécessaire après chaque aventure d’arranger. Il apparaît toutefois un dysfonctionnement, certains robots commencent à avoir des sentiments, des souvenirs, ils s’humanisent. C’est assez prenant, notamment la quête de Ed Harris qui décidément aura fait tous les western ces dernières années, il s’agit d’un « joueur » qui est persuadé qu’il y a une quête ultime appelée le labyrinthe. Malgré le côté pas toujours carré qu’on trouve chez HBO, comprenez le côté mystérieux, énigmatique qu’on connaît dans les séries de la chaîne, c’est suffisamment cohérent pour être accrocheur jusqu’à la saison deux avec la rébellion des machines. En effet, la série devient très opaque, encore plus violente et ne correspond plus qu’à une succession de massacres. C’est dommage, quelques rebondissements intéressants, un fond de philosophie à la croisée des chemins entre Matrix et le mythe de la caverne qui finit par s’enliser. Ange comme son nom ne l’indique pas, n’est pas un ange, il sort de prison après 20 ans. La brute épaisse qu’il était à la solde d’un cartel n’est plus, il a pratiqué la méditation pendant toutes ces années pour évacuer sa colère. A sa sortie de prison, il est attendu par pas mal de monde, il se trouve qu’il avait dérobé 2 millions de dollars. Alors qu’il n’a plus de préoccupations matériel, il se voit dans l’obligation de reprendre du service quand il découvre qu’il a une fille, et qu’il est urgent de la mettre à l’abri. Karma Salsa est une bande dessinée en trois tomes, un dessin de qualité, une histoire qui tient la route même si les quelques idées sur la méditation, la colère, font franchement philosophie de comptoir.

Le casse est une série en six volumes, indépendants où dans chaque album, on a un personnage qui va dire c’est le « casse du siècle » et c’est un peu le cas. L’idée comme on l’aura compris c’est de présenter un gros coup, mais pas nécessairement le braquage de banque classique, c’est bien plus subtil. Si le premier album est un traditionnel vol de bijoux dans une mine de diamants, le second album présente une autre forme de casse, celui que Marie-Madeleine monte pour récupérer un Jésus qu’on ferait croire mort sur la croix avec la complicité de Longinus. Tout aussi original, le troisième album se déroule dans une prison où un jeune homme issu de la mafia essaie de récupérer 20 millions de dollars qu’aurait caché un tueur fou de soul. Le quatrième tome se déroule dans les années 70 en Angleterre, c’est un album particulièrement mauvais du fait du découpage de son histoire à la pulp fiction. On se retrouve dans le milieu de la drogue, avec les groupes punks de l’époque. Le déroulement est tellement confus qu’on finit par ne rien comprendre. Le tome cinq, plus classique, époque western, c’est le vol de la plus grande pépite d’or jamais trouvée avec une présentation des personnages façon sept mercenaires, assez efficace. Enfin le dernier tome se situe pendant l’ascension du régime nazi en 36, avec un agent secret Allemand qui enchaîne une série d’actions qui pourrait faire penser à de la traîtrise mais qui dissimule un but plus personnel. Le personnage est charismatique, la narration passionnante comme l’intrigue. Même si les six tomes sont inégaux, la thématique autour du vol est originale, une série plaisante à lire.

Nills est un gars tout ce qu’il y a de plus gentil, discret, timide, qui vient passer une semaine dans une maison abandonnée par les parents d’Anaëlle, son contraire. La jeune femme est caractérielle, déterminée et ne veut pas s’engager avec le pauvre Nills qui ne demande que ça. Le soir même, une porte dimensionnelle s’ouvre dans la cheminée et des dragons viennent kidnapper Anaëlle qui se débrouille d’ailleurs plutôt pas trop mal à la marave. Nills réussit à passer le portail et la transformation s’amorce en lui, de simple garçon timide il se transforme en bête sanguinaire qui veut tuer tout le monde, avec pour seul but, récupérer sa copine qui n’est autre que la princesse du royaume. Elle doit épouser son père pour prendre les clés du royaume, dirigeant tyrannique , le peuple voyant dans la percée de l’humain qui casse tout, l’opportunité d’avoir enfin la démocratie, va en profiter pour mener sa révolution. Trois tomes avec un dessin que j’ai apprécié, assez inspiré de donjon et du travail de Sfar, une efficacité remarquable, de l’humour, et un déroulement pour le moins surprenant, Kairos est une excellente bande dessinée. Les bandes dessinées sur l’univers carcéral sont courantes, la plupart du temps elles sont orientées vers les conditions de détention. Haute sécurité a ceci d’original c’est qu’elle prend la prison pour cadre mais finalement ne dénonce rien, c’est un simple support. Il s’agit d’une bande dessinée en six tomes, décomposée en diptyque, le premier pose le décor avec la présentation des personnages, c’est peut-être ici la seule dénonciation, tous les personnages sont plus ou moins chèvres. Du plus ancien qui perd sa femme et devient dépressif, la psychologue qui voit des fous partout, la fille sexy nymphomane, le psychorigide qui veut faire régner l’ordre, le chef qui a trempé dans les magouilles et le petit dernier qui porte un passé plutôt lourd qu’on découvrira dans le dernier diptyque. C’est très américain dans la démarche, les personnages sont bien travaillés mais sont vraiment des stéréotypes, on ne fait vraiment rien dans la dentelle. A la sortie, une bonne série, dans un cadre assez original, d’un point de vue original du fait qu’il se place du côté des gardiens, à lire.