Cultures, épisode 15

25/04/2018 Non Par cborne

Cela faisait un moment que je n’avais pas réussi à me trouver un jeu à ma hauteur, j’ai profité d’une promotion pour acheter Styx : Shards of Darkness à 14.99 €. J’avais beaucoup aimé le premier Styx que j’avais réalisé à l’époque sur PC. J’avais gardé trois souvenirs très précis :

  • le gameplay était intéressant du fait d’avoir un personnage qui ne fait pas le poids, on était forcé de jouer la carte de la discrétion avec l’impossibilité de foncer dans le tas. Comprenez que dans un Assassin’s Creed qui est théoriquement construit sur ce schéma, vous pouvez enchaîner douze adversaires à la chaîne sans perdre une barre de vie, ce qui fait que lorsque la lassitude devient trop forte, on y va. Là, force est de constater que c’est la boucherie si vous tentez quoi que ce soit.
  • le fait qu’on utilise la quasi totalité des pouvoirs et je trouve que c’est super. La plupart du temps dans les jeux, on se rend compte qu’on utilise que 10% des fonctionnalités qui sont proposées. Ce n’est ici absolument pas le cas. Que ce soit le clone qu’on va utiliser à notre place pour l’envoyer se faire exploser sur un ennemi, l’alchimie qui permet de fabriquer des objets comme les potions ou les pièges, tout est utile.
  • une maniabilité catastrophique, sauter c’était une fois sur deux finir dans le vide.

Ce nouvel opus n’a pas le culot de s’appeler numéro 2 et on peut le comprendre, c’est au mieux une version 1.2. Il y a le passage sur les consoles de nouvelle génération et j’aimerai commencer par ce point. La maniabilité de Styx a progressé mais ce n’est pas encore ça, si bien qu’on tombe souvent. Le niveau de difficulté se maintient, c’est inutile de se mettre en mode hardcore, j’ai fini le jeu en simple débutant, il n’y a pas d’intérêt à gonfler la difficulté de façon artificielle avec des ennemis qui ont des oreilles de chien. En effet, on se retrouve souvent à débouler par une fenêtre, pas de chance un ennemi est à côté, il vous marave. Donc on meurt souvent, on est sur PS4 et on a des temps de chargement de 14 secondes en moyenne ce qui pour ma part n’est tout simplement pas acceptable, et irrite un peu, beaucoup.

Au niveau du gameplay comme vous l’avez compris, on est au degré zéro de l’évolution, le jeu n’a pas changé à part une amélioration des graphismes. Il faut dire que le jeu est développé par Cyanide, qui fait des jeux de pauvres, un studio français qui donc ne fait pas des jeux qui sont forcément extraordinaires mais ne fait pas des jeux de basse qualité non plus, c’est l’intermédiaire du jeu vidéo. Sans me tromper, je pense qu’il a été vendu une cinquantaine d’euros à sa sortie, quand on voit que le nouveau God Of War qui est annoncé comme la claque de l’année se trouve à 40 €, on peut quand même s’interroger sur ce qu’on est en droit d’attendre. On retrouve notre personnage Styx aux prises en ce début du jeu avec une milice qui massacre les gobelins. Il va passer un accord avec la chef de cette milice pour récupérer un sceptre et un cristal de pouvoir. Le malheureux gobelin va se retrouver au beau milieu d’une secte d’elfes fous qui veulent capturer tous les gobelins dans un but mystérieux.

Le personnage reste toujours aussi sympa, c’est drôle, la narration est intéressante, j’ai toutefois subi la lassitude très rapidement. Quand on voit les notes très élevées en moyenne sur les différents sites de jeux-vidéo, je reste dubitatif. Je dirai que ces notes sont méritées si on n’a pas fait le premier, le second manquant cruellement de surprise et de renouvellement.

Le tueur est une série de 13 tomes qui a démarré en 1998 et qui s’est achevée en 2014. Elle raconte comme on peut l’imaginer l’histoire d’un tueur, mais très loin des clichés. Les meurtres s’ils sont nombreux ne sont en fait que le prétexte pour philosopher sur la vie et forcément sur la mort. Le tueur se raconte régulièrement, il décrit l’absurdité de la vie médiocre, métro, boulot, dodo, il explique que s’il a choisi cette profession c’est pour l’argent, pour les voyages et pour l’action. La bande dessinée est très documentée, pioche dans l’histoire ou dans l’actualité, le tueur nous fait part de ses nombreuses réflexions comme l’absurdité de dépêcher des secours dans des pays où les gens crèvent de faim, on les sauve des tremblements de terre pour les laisser mourir de faim le lendemain. Dans le premier cycle, le tueur tombe sur un mauvais contrat, en lien avec la drogue. Malheureusement il tue la mauvaise personne et se retrouve à devoir travailler pour un cartel afin de payer sa dette. La bande dessinée doit s’étaler sur une quinzaine d’année, le tueur va se trouver une compagne, avoir un gosse et va finir par changer sa vision de la vie, ne plus raisonner comme un animal solitaire. Une des plus grandes réussites de la bande dessinée francophone, une histoire captivante, un dessin magnifique.

Addidas est une gamine qui vit seule avec son père, un ramoneur. Elle l’aide en passant dans des galeries trop fines pour lui. La vie n’est pas simple, d’autant plus qu’Addidas souffre d’une étrange maladie, elle tombe dans le coma (Koma) pendant de longues périodes, d’un coup, n’importe où, dans une galerie ou au milieu de la rue. Les spécialistes ne savent pas ce qu’elle a et demandent beaucoup d’argent pour investiguer. Alors qu’elle travaille dans une galerie, elle rencontre un monstre étrange, en pleurs, il lui explique que sa machine est cassée. Lorsqu’elle lui demande son nom, le monstre répond qu’il s’appelle Addidas, elle prend alors conscience que la machine cassée, c’est la machine qui correspond à sa vie. Addidas est une anomalie, lorsque la machine est cassée, on est mort, sauf qu’Addidas se porte parfaitement. Il se trouve que ce monde parallèle, ce monde étroitement lié au notre, les autorités sont à la recherche pour prendre le contrôle des machines et dominer le monde. Koma, bande dessinée finie en six tomes, un dessin magnifique de Peeters qui jusqu’à maintenant faisait tout en noir et blanc pour un scénario pour le moins particulier. L’histoire est vraiment délirante, comprenez que ça va très loin, jusqu’à la création des mondes et pourtant le scénariste Pierre Wazem réalise la performance de ne pas trop laisser la place à l’imagination. Comprenez que lorsque dans une histoire, ça délire gravement, on reste souvent dans le questionnement, sur l’interprétation, alors qu’ici et pourtant ça délire vraiment gravement, on a une histoire qui tient la route, bien foutue, captivante.

Michel Jonasz est un artiste complet, comédie, chanson. Il est dernièrement remonté sur scène avec des reprises de ses chansons en version jazzy, on retrouve d’ailleurs Manu Katché le batteur qui s’est davantage fait connaître pour sa présence à la nouvelle star que pour sa carrière, c’est un peu vachard quand même. Michel Jonasz a un nombre de chansons connues assez impressionnant à son actif, la boîte de jazz principalement, mais j’aimerai partager avec vous, le boléro. Sur Youtube, on trouve peu de versions live de cette chanson, voici une version très récente, avec ce fameux quartet.

Je n’apprécie pas vraiment cette version, le chanteur a quelque chose de dérangeant dans le timbre de la voix, l’âge peut être, il a désormais 71 ans au compteur, comme Sardou qui vient de prendre sa retraite. J’ai trouvé cette reprise que je trouve finalement plus réussie que l’originale, par Ajda Ahu Giray, une chanteuse turque qui a l’air de s’éclater à reprendre les classiques de la chanson française, et qui a donné des concerts un peu partout dans son pays mais aussi chez nous. L’interprétation très sobre avec une instrumentation très simple, piano, guitare, violent, déchire autant que Moth Into Flame de Metallica. On a beau dire que Youtube c’est le mal, c’est certainement vrai, mais c’est l’occasion pour des artistes de talent de se faire découvrir et nous d’apprécier.