Cultures, épisode 13

24/03/2018 Non Par cborne

Un jour il viendra frapper à ta porte c’est l’histoire de Julien, bientôt père, qui va à la recherche de ses origines. Avant d’aller plus loin, il faut savoir que c’est un bouquin autobiographique, et je m’interroge sérieusement sur les relations familiales après un livre pareil, l’auteur n’ayant aucune retenue, c’est franchement destructeur même si comme on peut le comprendre, il n’y a pas grand grand chose de construit. Donc Julien cherche son père, il sait qu’il est journaliste pour France 3, un père qu’il n’a jamais rencontré. A l’improviste il se pointe à son travail, le père reconnaît le fils tout de suite. C’est assez délicat comme on peut l’imaginer, c’est quelque part cracher sa propre existence à la gueule de l’autre. Le père explique de façon très froide qu’il n’avait pas voulu d’enfant, qu’il a donc laissé filer. Julien interroge son père sur son passé et cette fois-ci c’est le père qui crache à la gueule du fils une sinistre histoire de famille. Le grand-père en s’évadant du ghetto de Varsovie avec femme et bébé, se retrouve dans un tunnel, le bébé se met à hurler à la mort, il décide de l’étouffer pour ne pas mettre le groupe en danger. Julien va faire de cette révélation une obsession et partir à la recherche de ses origines jusqu’en Israël. C’est très prenant, c’est tout à fait le type de bande dessinée qui se lit d’un trait, l’enquête est passionnante. Le seul regret qu’on peut avoir c’est le ton de la bande dessinée. Au début c’est plutôt rigolo, avec des effets graphiques, des mises en scènes, la suite est largement plus sérieuse à partir du moment où Julien est en Israël. A part ce détail, c’est un parcours sans faute.

Toujours dans les romans autobiographiques, Amazigh – Itinéraire d’hommes libres raconte l’histoire d’un jeune homme qui quitte le Maroc en clandestin pour arriver en Europe. La bande dessinée s’attache à décrire au plus proche ce que peuvent vivre les clandestins, la peur de la mort pendant l’embarquement, la peur d’être attrapé par la police et d’être renvoyé dans son pays, la peur de l’échec tout simplement. Un témoignage sous une autre forme des récits qu’on peut avoir vu ou lu ailleurs, un véritable documentaire qu’on peut exploiter avec les élèves si on veut parler des migrants. L’orignal c’est comme un gros élan d’Amérique du nord, un animal qui va jouer un rôle déterminant dans cette bande dessinée. Il s’agit d’un gamin plutôt sympa, plutôt rêveur qui se fait tabasser par un gosse de son collège qui lui voue une haine totale qu’on ne comprendra qu’à la fin de l’ouvrage. Ce qui est assez gênant c’est que l’ensemble du système scolaire a l’air de comprendre le malaise, de voir les problèmes du garçon, personne ne fait rien. Il va se produire un événement qui va changer la donne et qui va mêler comme on peut s’en douter l’orignal. Une bande dessinée plutôt agréable à lire même si quelques clichés dérangent, notamment celui qui voudrait que tout le système scolaire soit au courant, que les camarades soient au courant et que personne ne fasse rien.

Kad Merad est violoniste, ou disons la caricature du violoniste. Le problème parfois de certains comiques c’est d’essayer de se racheter du sérieux au point d’en tomber dans l’excès. Crâne rasé, pas souriant pour deux sous, froid. En manque de boulot, il accepte d’aller dans un quartier difficile pour enseigner le violon à des gosses qui sont la caricature des gosses de banlieue à grand coup de ta mère et de wesh, wesh. Dire que la mélodie est un mauvais film serait injuste, le jeu de Kad Merad est juste, les gamins font le job, c’est un film qui se regarde. Ce qui est largement plus gênant, c’est d’avoir vu ce genre de films douze millions de fois. La musique, la littérature, la culture qui change tout, rayer la mention inutile, l’enseignant qui va réussir à faire découvrir un talent extraordinaire qu’on n’attendait pas, la différence des milieux, tous les clichés sont réunis, aucun n’y échappe. Le premier film d’Alain Chabat c’est Didier, enfin je pense et il se mettait dans la peau d’un homme qui devenait un chien face à un Jean-Pierre Bacri qui faisait avec sans trop être surpris. L’humour reposait intégralement sur l’absurdité de la situation, sur cet homme au comportement de chien totalement décalé. A regarder ce Santa & Cie, on se dit que le père Chabat, en l’occurrence ici le père Noël, ne s’est quand même pas trop fendu d’un point de vue scénario. Le père Noël a bien des problèmes, l’intégralité de ses elfes vient de tomber raide à quelques jours de la distribution des cadeaux. La seule solution c’est de trouver de la vitamine C. Seulement le père Noël ne sait rien des gens, ne sait rien des enfants, puisqu’il ne se rend sur terre qu’une fois par an pendant que tout le monde dort. Il va tomber sur  Pio Marmai un avocat qui à l’instar d’un Bacri ne va pas trop se poser de question et accueillir le père Noël chez lui pour lui donner un coup de main et trouver la fameuse vitamine C. Le parallèle entre les deux films me parait évident, on joue sur des situations absurdes, une simple transposition d’ailleurs, c’est comme passer du coq à l’âne, enfin du chien au père Noël. Si ceux qui ont vu Didier trouveront indéniablement des ressemblances, cela reste une très bonne comédie familiale, avec des gosses qui jouent particulièrement bien, un Chabat très convainquant, le bémol est pour Pio Marmaï qui je trouve surjoue le papa enjoué.

Karine Viard est professeur de français dans un lycée prestigieux, divorcée, active woman, elle partage sa vie avec sa fille qui est à un tournant de son existence. Dix huit ans, elle postule pour un prestigieux concours de danse classique. alors que la situation devrait réjouir la mère, c’est le contraire qui se produit. Elle ne supporte pas la jeunesse, la beauté, qu’elle soit amoureuse, la réussite de sa fille, mais pas seulement, elle devient jalouse de tout et de tout le monde. Le film va loin, un peu comme le film papa ou maman, mais à la différence c’est que crédible, qu’on n’est pas dans la caricature. On pourrait très bien imaginer cette situation plausible, celle d’une femme qui rongée par la jalousie passe à l’acte. Très bon film porté par Karin Viard, facile dans ce rôle comme toujours.