Complément 93

21/07/2019 Non Par cborne

J’ai deux amours, CASIO et TI

Je vais m’écarter un peu des cours de seconde GT qui ont tendance à me faire un peu gerber, j’ai plutôt bien avancé, il faudra que je me fasse les contrôles le mois prochain pour revenir à mon véritable amour, le collège. J’ai un cours qui tient la route, par contre j’ai deux points faibles, l’utilisation de la calculatrice, et la personnalisation du travail chez les élèves. La calculatrice, c’est certainement parce que j’ai tendance à tout faire de tête, la personnalisation du travail, ça va surtout tourner à des séries d’exercices pour les élèves en difficulté, et des fiches pour ceux qui auraient été déscolarisés pendant environ 15 ans. Un exemple simple, les élèves ne savent pas faire un arrondi au dixième, parce que déjà ils ne savent pas faire un arrondi, et qu’ils ne connaissent pas le dixième. Oui je sais vous enviez mon métier, mais c’est dans cet élément que je me sens le plus à l’aise quand on pense qu’on a touché le fond et de réaliser qu’on peut encore aller bien plus loin, traverser les couches les plus profondes et arriver dans le noyau.

Si les fiches personnalisées ne devraient pas trop me poser de problème, je viens de paumer une demi-journée pour trouver des émulateurs CASIO et TI. J’évoquais dans mon dernier billet, que c’était bien fait pour la gueule de CASIO et TI de voir le succès de Numworks et j’ai envie de te dire Numworks, si tu te sens de sortir une calculatrice collège tu es welcome. Pour l’heure la partie se joue entre les deux acteurs, malheureusement, et l’idée c’est d’éviter de raquer.

Chez TI on a fait un bel effort, l’émulateur collège est gratuit, on trouve même une police de caractère TI pour pouvoir réaliser ses cours. Car finalement comme je l’évoquais, il y a quand même des trucs auxquels il faut réfléchir avant de penser à s’engraisser. Je suis prof de maths, je veux réaliser mes cours, si je dois payer pour avoir le logiciel je suis encore plus aigri que d’habitude. Donc, si TI me donne un logiciel plutôt bien foutu, eh bien j’ai envie d’acheter 70 calculatrices pour mes troisièmes et peut-être me dire qu’on devrait commencer dès la quatrième. Pas bien compliquer de flatter un peu les profs, tout le monde est tellement à cran qu’on t’offre un pins parlant et tu commandes deux cents bouquins parce que c’est le plus bel acte de considération qu’on a fait pour toi depuis des années.

J’ai pas mal regardé le site TI planet, qui est intéressant et qui propose de nombreux liens de téléchargements, la faute à pas de chance, les liens qu’ils donnent sont tous morts. J’ai pas mal galéré pour réussir à trouver le lien de téléchargement, c’est ici.

Pour le site de Casio c’est le parcours du combattant, avec un système assez particulier puisque vous bénéficiez d’une clé valable un an, rires dans la salle. Pour accéder à cette clé il faut demander ici : https://www.casio-education.fr/emulateur

N’ont droit qu’à avoir une licence de 1 an les gens qui ont une adresse mail qui va bien, et c’est ici qu’on trépigne de joie d’avoir enfin droit dans le CNEAP à des adresses educagri.fr. Ne sont donc valables que les ac-academie quelque chose et les educagri. Ensuite il faut aller sur la page qui va bien et télécharger l’émulateur.

Vous installez votre logiciel, il vous demande une clé de sécurité, vous avez un jeton, vous obtenez en suivant le lien donné, à partir du jeton, la clé de sécurité qui fonctionne. Il est à noter que Casio se bouge un peu et propose de l’algorithmique dans leur calculatrice collège. Est-ce que c’est un bon pari ? J’ai envie de dire, oui, beaucoup d’enseignants n’ont pas comme moi des salles informatiques à tour de bras, cela permet de contourner donc le problème du manque de matériel pour faire un peu d’algo dans la classe. Néanmoins et je crois que les choix sont désormais très clairs : Python en seconde, Scratch en troisième, il suffit de regarder les sujets pour s’en convaincre.

Au niveau des émulateurs, rien à dire, ils font le job, je ne pense pas les utiliser en classe pour faire la démonstration et me rabattre sur les très nombreuses vidéos disponibles sur le web.

Petit bilan et quelques réflexions

Cela fait maintenant deux mois que je suis passé sous Windows 10, je n’ai eu qu’un seul crash. Pour une raison qui m’échappe, il était impossible de supprimer deux fichiers, j’ai fini par m’énerver et à force de jouer du CTRL ALT SUPPR j’ai fini par tuer l’explorer. À part ça rien à signaler, aucun manque au niveau logiciel. L’univers Linux ne me manque absolument pas. Je pourrai avoir peur de perdre la main, mais j’aurais tendance à vous dire que je m’en contrefous complètement.

Je lisais avec grand intérêt l’article de Denis sur la décision d’une province allemande quant au fait de bouter l’ennemi Microsoft dehors des écoles. J’ai écrit un commentaire dans le forum que je trouve très beau et je vous le reporte plus ou moins ici. À mon sens les solutions libres existent, elles ont même la maturité pour répondre à l’ensemble des besoins. Un Nextcloud par exemple dans une école avec en combinaison une suite libre hébergée peut parfaitement faire l’affaire. Ce qui manque aujourd’hui c’est finalement quatre choses :

  • Un pouvoir décisionnaire qui ferait enfin passer le logiciel libre en priorité. Aux dernières lois que j’approuvais dernièrement pour punir les débiles de l’internet qui confondent liberté d’expression et liberté de raconter n’importe quoi, on m’a fait remarquer que les lois existaient déjà et qu’elles n’étaient tout simplement pas appliquées. Je pense que mes collègues marquent effectivement un point là-dessus quand on voit que les gens quatre ans plus tard sont toujours dans le caca. Pour le logiciel libre une préférence est évoquée, mais rien n’est fait réellement pour une mise en place. Quand on voit par exemple à quelle vitesse il est facile de déployer Scratch dans toutes les écoles de France ou Python, on se dit qu’il ne s’agit que d’une simple volonté, un ordre qui comme toujours ne vient pas de façon franche.
  • Une décision d’en haut mais une adhésion d’en bas, une compréhension surtout. Effectivement la décision d’en haut ça aide, mais ce n’est pas suffisant. Quand je vois l’attitude de mes collègues avec Libreoffice et Microsoft Office 2007, je suis plus inquiet que désespéré. Et c’est certainement ce qui m’amène à mon troisième point.
  • Des évangélistes du logiciel libre positifs et c’est maintenant qu’on en a besoin que tout le monde disparaît. L’arrivée par exemple dans le programme de 2nde générale du STN est une opportunité pour le logiciel libre qui ne sera pas saisie. Quelques exemples des contenus du programme : sécurité et confidentialité, impacts sur les pratiques humaines, les réseaux sociaux, localisation, cartographie, mobilité et j’en passe. Il est fort à parier que les éditeurs de logiciels propriétaires vont se positionner quand il y a un cours complet qui peut se faire à base de libre.
  • Le point le plus important à mon avis, un maillage d’entreprises pour déployer sur le territoire. Si demain on explique aux écoles qu’il faut se passer de Microsoft, ce n’est pas à l’instituteur de poser le service, c’est à une entreprise de le faire. Et le problème, c’est que les entreprises, si les grosses pour faire du Linux ce n’est certainement pas ce qui manque, pour du petit, c’est le désert à part quelques personnes comme Microlinux.

Ce n’est pas une situation simple, et il faudra une sérieuse combinaison des quatre points pour arriver à quelque chose. Je serais vachard, je rajouterai un dernier point, la qualité des programmes, elle y est pour les applications web, tant qu’on n’installe pas un bureau Linux ça passe (applaudissements dans la salle).

J’ai lu avec grand intérêt le billet de Marien Fressinaud, découvert par le biais du jdh. Pas le blog, mais l’article. En fait je suis désabonné de Marien, c’est certainement un de mes mauvais réflexes de ne suivre que des blogs ou des sites qui produisent de façon régulière. J’aime le propos, dégager du temps pour faire d’autres choses, de belles choses, je vois très bien de quoi parle le garçon. Le malheureux quand il aura des gosses, il verra que ce n’est pas travailler moins qui permettra de dégager du temps, c’est créer du temps à l’aide d’une baguette magique. Marien veut lancer un service façon Feedly en plus propre, je lui souhaite bien du plaisir. Je suis à 55 flux désormais, je ne cherche pas à baisser plus, ça baissera tout seul.

Au niveau des réseaux sociaux, pas de regrets non plus pour la seule conservation de mon compte Facebook purgé de ce qui me désintéresse, en gros toutes les conneries que racontent la majorité des gens. J’ai l’information qu’il me faut, l’information locale, ainsi que les contacts qu’il me faut pour des gens qui n’utilisent plus le mail. Je constate à ce propos que ma boîte mail personnelle est de moins en moins utilisée, en tout cas plus pour les échanges, seulement pour l’aspect technique, en lien avec les sites, plus avec les gens.

L’épanouissement dans le monde propriétaire, même pas honte. Reste le problème des données personnelles, les modifications des conditions de service, les fermetures de service, toute cette face immergée de l’iceberg dont j’ai pleinement conscience mais sur laquelle je m’assois pour l’instant, un peu comme tout le monde, en attendant le drame. J’évoquais plus haut la difficulté pour les enseignants, pour monsieur et madame tout le monde de passer à des solutions libres quand il n’y a pas vraiment de prestataire identifié. Je peux même rajouter un critère supplémentaire, le prix.

En ce moment j’aide une ancienne collègue dont le mari médecin a pris sa retraite à gérer un peu leur bordel, c’est un euphémisme. C’est fou comment les gens sont capables d’entasser, y compris en informatique. Dans les difficultés à résoudre faire passer une ligne professionnelle vers une ligne traditionnelle, et mettre un grand coup de rabot dans les abonnements où ils payaient des sommes pharaoniques depuis des années pour rien. Il est apparu qu’elle avait réussi à casser son onedrive personnel, et qu’elle avait besoin d’un cloud. Compte tenu de ses besoins, j’ai vu que Microsoft pour 2 € par mois propose 100 Go de stockage. Chez Zaclys c’est 80 € pour l’année. Il ne s’agit pas de comparer, si quelque part, mais bien de comprendre que ce n’est pas simple pour faire passer du libre tant qu’on aura pas du lourd en prestataire en face

Sinon RED rien à dire, j’étais chez SOSH à 2.5 Mo/s, je suis à 2.2 Mo/s. Quelle que soit l’utilisation de mon PC, ça ne bronche pas sur la télé et réciproquement. Moins cher pour un meilleur service que chez SOSH, que demande le peuple ? Toujours content de mon NAS qui ne sera plus mis à jour, qui n’est plus mis à jour depuis un moment d’ailleurs, s’il venait à lâcher, j’envisagerai certainement un Raspberry Pi allumé H24 avec Openmediavault ou un serveur uniquement Minidlna puisqu’il apparaît que c’est la seule fonctionnalité du NAS que j’utilise avec la sauvegarde bien sûr.

Pas plus, je recommence à profiter de la plage en attendant le retour de la canicule, pas tarder à relancer la PS4.