Complément 91

06/07/2019 Non Par cborne

Vous vous doutez bien qu’en cette première journée de vacances, il aurait été trop facile de ne rien faire, je vais essayer d’abattre les gros dossiers et gérer l’imprévu. Sacré imprévu.

J’ai ramené la Livebox en point relais, à la maison aucun problème d’internet, aucun problème de télé. J’ai envie de dire que c’est un peu comme Windows, on crache beaucoup dessus mais ça marche très bien, les mois s’écoulent sans rencontrer le moindre incident. Pas forcément le cas pour Ubuntu.

Un problème de Xulrunner

Une collègue m’a donné son ordinateur portable, et me dit qu’il y a un problème depuis une mise à jour, que la mise à jour est restée bloquée. Surprise, j’allume le poste c’est une Xubuntu. Tu vois public, je ne voudrais pas que tu croies que je perds la main. Premier réflexe, apt-get update && apt-get dist-upgrade, je me fais pourrir sur un bug Xulrunner. Je tente du dpkg, je tente du apt-get remove, rien ne passe, un peu d’investigation et je tombe sur ce blog Linuxien que je ne connaissais pas et qui donne la solution. Il faut éditer le fichier /var/lib/dpkg/info/xulrunner-1.9.2.prerm en ligne de commande et faire le ménage à l’intérieur, à partir de ce moment là on peut faire une purge sur le paquet et relancer l’installation normalement. Il apparaît qu’il s’agit d’un Xubuntu 18.04, comme je suis jeune et fou je lance une mise à jour. Surprise.

Si vous arrivez à lire sur ma photo prise à l’arrache, vous verrez qu’il est impossible de passer de la version 18.04 à la version 18.10 à cause d’un problème d’architecture i386. La commande lscpu me retourne ceci :

Je vois du 64 bits, je me dis qu’en plus c’est du vista donc ça doit être vraiment du 64 bits, je fais une vérification sur la fiche du processeur et c’est bien un processeur mono-core 64 bits, donc un veau. La personne qui a installé cette machine à l’origine a dû faire comme beaucoup de nous à cette époque et respecter la règle qui dit qu’il est inutile pour un vieux bousin d’installer du 64 bits. Sauf que la personne n’avait pas prévu l’abandon de l’architecture 32 bits par Canonical. Moralité son PC est bloqué dans une version 18.04 et ne pourra se débloquer qu’avec une réinstallation complète d’une version 64 bits, ce que je ne ferai pas. Je ne le ferai pas, parce que je n’ai pas envie de le faire, ce n’est pas intéressant, je ne le ferai pas parce que je pense qu’Ubuntu est trop gourmand pour la machine.

Ce problème de mise à jour qui crashe et qui impose à l’utilisateur de passer par la ligne de commande, ce n’est pas la première fois que je le rencontre. Ce qu’il faut comprendre c’est qu’Ubuntu malgré son pouvoir de simplification, ne garantit pas l’autonomie à 100% des utilisateurs débutants. Vous me direz que Windows qui crashe ça existe, je vous dirai que si je n’étais pas un utilisateur Linux expérimenté, je n’aurais pas pu lui arranger son PC, c’est donc un coup de bol quelque part, que j’ai pu faire quelque chose.

Un problème de sèche-linge

Mercredi il a commencé à faire un temps un peu dégueu, et j’ai craint l’orage méditerranéen. J’ai tout mis au sèche-linge. Un horrible bruit de succion, et pas de remontée de l’eau dans le bac de condensation. J’en déduis grâce à mon incroyable expérience que la pompe de relevage est morte. Jeudi DNB toute la journée, donc pas le temps, vendredi matin, on attaque.

La première chose à faire c’est de démonter la porte qui se trouve du côté de la pompe, pas bien difficile, il suffit de regarder à quel endroit se trouve le bac d’évacuation. L’idée c’est de faire l’intégralité du circuit et de vérifier que rien n’est bouché, il faut donc retirer les tuyaux noirs jusqu’à la pompe, et faire passer de l’eau dedans.

J’ai simplement fait passer de l’eau dans l’ensemble des tuyaux puis j’ai remis.

Pour vérifier si la pompe de levage est morte, ce n’est pas compliqué, quelques explications à partir du schéma.

Si vous regardez le réservoir bien dégueulasse que j’ai commencé à nettoyer c’est à cet endroit que se dépose l’eau condensée, la pompe la remonte. Les morceaux noirs c’est de la poussière qui a pris l’eau, c’est typiquement le genre de choses qui peut vous bloquer une pompe ou les tuyaux. Donc pour vérifier si la pompe est morte, pas bien compliqué, vous remplissez manuellement le réservoir avec de l’eau. Vous relancez le système et vous profitez que votre machine est ouverte pour vérifier si c’est la fontaine ou pas.

théoriquement, c’est la fontaine.

Pour ma part, c’est la fontaine, pas de souci, et à y réfléchir, l’explication est particulièrement simple. Avec la période de canicule, le sèche-linge n’a pas tourné depuis longtemps, le réservoir était donc complètement sec, même pas un fond d’eau. On peut donc supposer que le linge que j’avais rentré n’était pas assez humide pour remplir le niveau jusqu’au flotteur et expliquer éventuellement le bruit bizarre. Si la pompe était morte j’aurais pu la retrouver pour une cinquantaine d’euros. C’est d’ailleurs une page qui est assez intéressante, car elle permet d’avoir un peu les tarifs sans tenir compte de la main d’œuvre. 50 € la pompe, c’est le cinquième du prix de l’appareil, on est donc dans le domaine du raisonnable sachant que la pompe est facilement accessible. Quand on voit le moteur à 180 €, et qu’on imagine que ça doit être beaucoup plus sportif à changer, pour un sèche-linge à 250 €, on sait que ça finira à la casse.

Je vous informe qu’il s’agira de mon dernier sèche-linge, c’est la discussion qu’on avait avec mon épouse s’il venait à lâcher. J’ai vu qu’on vendait des étendoirs qui pouvaient s’étirer de façon à passer des draps dans le garage. La possibilité de tendre des fils dans le garage pour l’hiver, j’ai regardé, mais le problème c’est que ça me ferait percer dans les parpaings que je suppose creux et en termes de disposition sur la largeur ce n’est pas ce qui m’arrange. Une solution plus économique, plus écologique, un appareil de moins dans la maison, il faudra certainement être plus attentif à la météo, le problème étant parfois de longues périodes d’humidité, sachant que chez moi à la mer, c’est quand même très humide. Pour l’heure le sèche-linge fonctionne, nous allons toutefois commencer à en diminuer l’utilisation.

Éducation : perdu d’avance

À la lecture des conditions de notation, des pressions réalisées sur les enseignants, des notes bidons, on peut être en droit de se poser des tas de questions. Si on est honnête, la première, c’est est-ce qu’un enseignant parce qu’il est en désaccord avec une réforme aussi néfaste soit-elle, a-t-il le droit de prendre des gamins en otage ? Pour moi la réponse est clairement non. Est-ce qu’un ministre parce qu’il veut faire passer sa réforme, veut montrer qu’il est le patron, a-t-il le droit d’user de tous les moyens ? Pour moi la réponse est clairement non. Il paraît évident que la fameuse école de confiance est quand même franchement mal barrée, néanmoins le problème est ailleurs. La bataille n’aura pas lieu, parce qu’aujourd’hui la réponse n’est plus le combat, la réponse c’est l’abandon. Chez moi dans l’agricole sur un concours de maths, je pense que c’est l’interne, deux places de proposées, un seul candidat se présente. De la même manière, une collègue vient de partir dans l’éducation nationale, une seule personne a demandé sa mutation sur son poste, alors qu’on est un bahut intéressant dans l’agricole. Il y a dix ans c’est vingt demandes de mutation qui seraient arrivées. On ne va pas se mentir, Nicolas Sarkozy avec le passage au master est certainement à l’origine du déclin du nombre d’enseignants. Des gens avec une qualification supérieure préférant tenter leur chance dans le privé que d’être payé 1500 € pour se faire malmener. Le quotidien, le manque de soutien de la hiérarchie, des parents, l’absence de reconnaissance, les réformes successives, auront fini d’achever la profession.

Un prof, c’est comme un gamin. À force d’entendre rabâcher que tout est sa faute, on finit par ne plus écouter, ça ne rentre plus. Ceux qui sont trop vieux pour trouver un autre métier, continueront d’enseigner sans conviction, appliquant plus ou moins mollement la nouvelle nouvelle réforme pour changer la réforme qui date de six mois, et feront comme tout le monde, attendre la révolution.

Je suis très pessimiste pour l’avenir de la profession, pour l’avenir tout court. On aura beau m’expliquer que le bitcoin c’est formidable, moi je vois un truc qui pompe autant d’énergie que la Suisse. Sans rentrer dans les considérations des consommations électriques, est-ce qu’on a vraiment besoin de ça pour vivre à une époque où l’on estime que la canicule fera perdre 80 millions d’emplois d’ici 2030, sans compter les centaines de millions d’autres postes bouffés par les IA. En évoquant les pertes d’emploi, je lisais la disparition de 1900 postes chez Conforama. L’accroche est juste : « Moins de clients, moins d’argent, moins de magasins ». L’analyse qui est faite dans l’article est la bonne, on ne peut pas accuser toujours les autres, quand une enseigne vend des meubles de mauvaise qualité, n’innove pas, il n’est pas étonnant que le client tourne le dos. Par extension, par ce biais de compétitivité, on pourrait alors légitimer la fermeture de 400 écoles rurales en France et pourtant j’ai envie de dire que c’est différent.

Il est certain qu’un enseignant pour dix élèves, ce n’est pas rentable. On peut comprendre les regroupements d’écoles, autant de regroupements qui vont obliger les gens à sortir leur voiture, vous savez cet outil de loisir qu’on préfère taxer plutôt que le travail. On peut comprendre aussi, toujours dans nos campagnes, la fermeture du service public, parce qu’une poste pour 1500 habitants ce n’est pas rentable. Malheureusement c’est encore un calcul de parisien, un calcul qui oublie que ce n’est pas dans nos villes qu’on produit la nourriture. En même temps et vous n’aurez pas tort, nos états sont devenus tellement dépendants de la bouffe des pays étrangers, qu’on peut aussi considérer que ce n’est plus dans nos campagnes. Si pour un magasin de meubles qui n’a pas été assez compétitif, c’est la sanction commerciale immédiate, pour le service public, il faudrait peut-être faire d’autres calculs, la souveraineté alimentaire.

Quelques liens avant de se quitter