Complément 90

24/06/2019 Non Par cborne

Tu vois public, j’écrivais il y a peu que ces fins d’années étaient insupportables comme j’aime à le répéter chaque année parce que tu vis dans l’imprévu. Ma femme a beaucoup de mal à comprendre que je ne prévoie rien à plus de 24 heures à l’avance, car tout simplement ça ne sert à rien, même la canicule s’y met. Le bon ministre de l’éducation nationale a décidé de décaler le DNB de deux jours, pour le passer à lundi et mardi. Personnellement nous on s’en foutait un peu chez nous on a des salles climatisées qui pourraient faire vivre des ours polaires. Nous avions une organisation, nous avions des réunions positionnées et tout part en fumée (c’est de circonstances), normal. Ce qui bien sûr est plus rigolo c’est de se dire que votre serviteur était convoqué pour la correction des copies le mardi et le mercredi. On peut donc supposer que les corrections vont être repoussées au jeudi et vendredi, dernier jour de l’année où tous les bahuts organisent leur réunion de fin d’année avant le mais oui mais l’école est fini.

J’ai toujours le sourire quand je pense à la grande préoccupation des gouvernements qui se succèdent de nous faire bosser pendant l’été. Si cela devait être le cas, le recrutement qui est déjà catastrophique deviendrait inexistant, et on aurait une explosion du marché de la clim, du travail pour les vingt prochaines années. C’est ça la France, beaucoup d’ambitions mais pas de véritable volonté derrière. Les écoles à proximité de chez moi n’ont pas la clim, dix salles de classe et c’est 20000 € de budget pour le maire, vous vous doutez bien que nos enfants vont continuer d’avoir chaud, très chaud.

Je n’aborde ici que mon petit point de vue d’enseignant qui de toute façon sait que jusqu’au cinq juillet inclus, je suis au service de la patrie et que ce n’est pas la peine d’envisager autre chose. Imaginez par contre, les parents qui ont pris la réservation pour le lundi, attendant avec impatience que Kevin ait fini ses épreuves pour tailler vers le sud, profiter de la plage dans un appartement de 20 mètres carrés réservé depuis des mois. La session de septembre sera bien remplie, avec comme motif exceptionnel « papa et maman avaient payé les vacances et on pouvait pas annuler le Airbnb ».

Du rififi dans le RSS

Je viens de faire sauter le flux du Huffpost, vous me ferez remarquer que ce n’est pas une grande perte et pourtant il aura duré chez moi un certain temps avant que je ne craque.

Quand tu lis que Donald Trump aurait pu lâcher la bombe mais que finalement il ne l’a pas fait, on réalise qu’on est face à la lie de l’information, celle qui consiste à raconter un truc qui aurait pu se produire mais que ça c’est pas fait. Attention, il aurait pu le faire, soyons sérieux, mais ça ne s’est pas produit.

Spéculations, titres avec le mot surprenant qui devrait être banni du vocabulaire français avec une annotation dans le dico. Surprenant : mot trop utilisé par la presse gratuite pour faire cliquer. Oui, bien sûr, il faut comprendre, la presse gratuite doit bien vivre, et toutes les pratiques sont bonnes, mais personnellement je sature. Alors dans la foulée j’ai aussi viré Google Actu dont le principe est tout de même intéressant puisqu’il regroupe en un seul lien l’ensemble des liens qui traitent le même sujet. On pourrait penser en effet que sur le principe, on évite la redondance, et pourtant j’ai deux problèmes avec lui : d’une part il fait remonter parfois des choses qu’on n’aimerait vraiment pas voir, comme du gala, public, et j’en passe, souvent on revoit passer les mêmes articles. Je tourne désormais sur deux sites d’actu, 20 minutes que je mets à l’essai et franceinfo, que je complète avec les décodeurs et checknews de libération, des sites qui analysent de façon plus approfondie l’information. Je crois qu’on peut dire sans trop se tromper qu’on y est presque, Internet = télévision. À pas grand-chose lire certains sites ou regarder BFM TV c’est du pareil au même. Il va certainement falloir s’orienter vers une formule premium ou s’informer à minima. Si je vois trop de redondance entre mes deux sites d’actualités généralistes, je ferai sauter.

L’actualité d’ailleurs me donne raison, le traitement de la canicule en France est alarmiste, BFM TV en tête comme toujours, qui n’est plus un site d’information mais de manipulation de l’information pour la rendre la plus anxiogène possible. Lorsque j’aurais du temps, il faudra que je trouve quelques nouvelles sources à rajouter à mon agrégateur, je suis tombé désormais à 55 sites et je n’ai pas l’impression de rater quelque chose.

Arrêt de la production de tablette pour Google

J’ai mis du mal à comprendre la nouvelle et je m’explique :

Pour comprendre mon problème, il faut remonter à une actualité de 2018, je vous mets un lien parmi d’autres : Google va-t-il abandonner les tablettes Android ? Tout ceci est à confirmer mais à l’époque j’ai effectivement souvenir que Google annonçait qu’il ne lancerait plus de tablette sous Android mais se consacrait uniquement à des tablettes sous ChromeOS. Avec ce positionnement, c’est l’arrêt des tablettes ChromeOS et par ricochet avec l’annonce de l’an dernier l’arrêt complet des tablettes. Je ne reviendrai pas sur ce qu’a pu dire Pierre, parce que je l’ai suffisamment répété, ceux qui nous ont bien bourré le mou à l’époque pour nous expliquer la fin du marché du PC, sont certainement les mêmes qui doivent nous expliquer qu’il nous faut des slips connectés. Finalement ce n’est pas si loin de ma première partie, au niveau de l’actualité, on joue sur le catastrophisme, sur l’urgence, sans aucun recul pour se rendre compte que c’est tout sauf une révolution et encore moins une urgence.

Les articles ne creusent pas plus, et vous annoncent que Google se concentre vers le marché du Chromebook. Je n’ai pas de chiffres, on dit que ça fait un carton du côté des états-unis de façon régulière, les utilisateurs français qui évoquent leur Chromebook ont l’air satisfait et pourtant je ne suis pas si convaincu. Pour ma part ces appareils sont trop limités, trop dans l’écosystème Google, pas assez prêts. Le jour où par contre et de façon simple, où les applications Android sont gérées, les logiciels Linux, ça pourra se discuter.

ChromeOS est donc à surveiller, mais pour l’heure je n’irai pas miser un euro cinquante dessus, Google change trop souvent d’avis, tue trop souvent ses produits pour assurer la pérennité de ses appareils ou de ses systèmes d’exploitation. Il y a de plus un point à ne pas négliger, Google maintient pour l’instant deux systèmes d’exploitation, Android et ChromeOS, je n’évoque pas Fushia qui restera dans les cartons, c’est certainement un OS de trop. J’attends pour ma part avec impatience le retour de la revanche de Microsoft sur le terrain de la mobilité, en gardant espoir de revoir un jour un smartphone Windows, sachant que l’écosystème Android me gave.

Quitter Ubuntu pour utiliser Steam. Tremble Canonical

Comme de nombreuses distributions Canonical abandonne le support du matériel 32 bits. Dans la logique populaire, on peut se dire que 32 bits a fait son temps, que cela correspond à des machines de type PIV et encore. Malheureusement ce n’est pas totalement vrai, on a toute une batterie de petits ordinateurs portables qui ont utilisé des processeurs 32 bits tout pourri. On va donc mettre à la poubelle, de nombreuses machines qui auraient pu donner satisfaction, tant pis. On comprend donc que le positionnement de Canonical n’est pas de faire tourner de vieux PC mais d’offrir à l’utilisateur une alternative à Windows, ce qui signifie qu’il faut envisager une machine relativement puissante. Linux pour les vieux PC c’est terminé et il va falloir que ça sorte de l’inconscient ou du conscient collectif.

En faisant sauter le 32 bits ce n’est pas que la distribution qui passe à la trappe mais l’architecture complète. Que celui qui n’a jamais fait un dpkg –add-architecture i386 me jette la première pierre, notamment pour installer une imprimante, ou éventuellement Steam.

Le jeu des deux erreurs. Sauras-tu retrouver ce bureau abandonné et cette plateforme de jeux que tu ne verras bientôt plus ?

La moralité c’est que Steam informe le public qu’il ne supportera plus la distribution Ubuntu et que si tu veux utiliser Steam, il va falloir changer de distribution.

Alors que Steam en changeant de stratégie, c’est à dire comprenant qu’on n’aurait pas de jeux AAA natifs sur Linux, et donc en passant par Wine, a fait exploser le catalogue de jeux vidéos disponible, Ubuntu qui reste la distribution grand public la plus utilisée tire une petite balle dans le pied de Linux. Petite balle, car il faut tout de même se dire que le joueur, le vrai, s’il n’a pas trop honte de l’avouer publiquement et se faire crucifier par les gardiens du temple, a une partition Windows ou une console de jeux.

S’il est compréhensible et même logique d’arrêter de supporter tout et n’importe quoi, l’arrêt du 32 bits aurait mérité une réflexion un peu plus aboutie. Ce qui est triste, c’est qu’on continuera de proposer 40 spins d’une même distribution sans avoir le courage d’arrêter son choix sur un environnement de bureau unique, mais qu’on va fermer la porte à la possibilité de voir émerger un peu de jeu sous Linux. Dommage, comme d’habitude.

Remarque : on pourrait aussi faire remarquer que Steam pourrait se faire violence pour le développement d’un programme en 64 bits, pas sûr par contre que ça fasse tourner les vieux jeux. Je ferai aussi remarquer que SteamOS existe et que c’est peut-être une distribution qui va prendre du sens si ça commence à bloquer sur l’ensemble des distributions.

Edit : rétropédalage de Canonical qui en sortira grandi en montrant une capacité à écouter la communauté.