Complément 81 : le jour d’après

21/04/2019 Non Par cborne

J’ai donc posé ma démission sur le bureau du chef. Pas de rancœur, pas de malentendu dans un sens ou dans l’autre, il connaît mes faits d’armes, il connaît la complexité de ma vie, il connaît mes raisons. J’ai mis un coup de pression sur mon collègue qui fait un peu d’informatique au lycée pour qu’il dise ce qu’il compte faire ou pas. Dès qu’il se sera positionné je prends contact avec la société de service et je fais un contrat.

Les gens sont au courant, les gens ne s’inquiètent pas, parce que ça ne viendra pas tout de suite, et surtout parce que je suis encore là. Je suis souvent parti dans ma vie, et il faut reconnaître que la situation est pour le moins particulière, je pars en restant. Il faudra alors faire comprendre à l’ensemble du personnel que c’est une partie de moi-même qui a démissionné, pas l’autre. Je pense que ça va pas être facile, qu’il va falloir faire quelques dessins et éventuellement envoyer paître.

Cyrille BORNE se délivrant de ses chaînes

Pour l’heure la situation est à l’assainissement qui continue, la suppression de l’inutile, et les grandes décisions politiques pour l’année prochaine. Alors que je voulais mettre un coup de frein dans cette période tendue, pléonasme, je me retrouve à en faire deux fois plus pour finir. Je dois dire que j’y mets tout mon cœur et j’en viens à me dire que je suis vraiment débile de ne pas avoir pris cette décision avant. Tu apprendras le jeune, que les chaînes qu’on porte, il y a bien plus de chances pour en être à l’origine que ce soit quelqu’un d’autre qui te les mette. Spartacus c’était une autre époque. Je réalise aussi que le passif est lourd, maintenance des salles informatiques, des services, des logiciels, du matériel, des sites internet, cerveau de l’équipe et ce n’est pas anodin, il faudra que le chef sabre, la prestation de service serait trop chère. La notion de cerveau de l’équipe ce n’est pas rien. Dans un billet j’écrivais que je me déplaçais de plus en plus vers le rôle de décideur plutôt que celui de technicien, ce qui signifie qu’il faut que le cerveau fonctionne, savoir où l’on va, ce qu’il faut faire. Ce conseil, ça n’a pas de prix. Je ne me jette pas des fleurs, mais la décision qui consiste à ne pas acheter 400 ipads dans un établissement est peut-être plus importante que de maintenir le parc informatique. La maintenance d’un parc, on peut toujours trouver un troufion pour le faire, savoir ce qu’il faut faire, prendre des décisions des engagements, miser sur l’avenir, c’est bien plus difficile.

Je suis donc particulièrement occupé comme vous pouvez vous en douter, occupé comme toujours, et j’ai trouvé une nouvelle perte de temps avec ceci. Perte de temps au sens propre.

Faut regarder le truc blanc avec les deux ronds bleu.

En termes d’engagement ça fait aller, c’est un produit d’occasion que j’ai payé 40 €. J’ai donné par contre une note maximale au vendeur, j’aurais dû attendre un peu. Le tort du vendeur c’est de ne pas avoir étoffé son annonce, pour le reste c’est une histoire d’obsolescence logiciel et de problème d’internet qui à force d’entasser devient une véritable poubelle. My Book World Edition (Blue Rings) est un vieux produit, je pense qu’il a dix ans. Le premier problème que j’ai rencontré c’est qu’il y a une version une et une version deux, j’ai acheté la version une. Au niveau de la documentation c’est très confus sur le net, j’ai passé un temps de dingue à comprendre, à supposer parce que je ne suis pas totalement sûr encore au moment où j’écris ces lignes, que le produit ne fait pas serveur DLNA, ce qui apparaît comme une certitude sur la version II.

Quand on regarde la documentation, on réalise que c’est un produit mal pensé ou disons que c’est un produit pensé pour Windows. On peut accéder au NAS par le biais d’une passerelle correspondant à l’IP de la machine mais il n’y a pas toutes les options, c’est ballot. Il est assez facile de récupérer le CD d’installation sur le site de Western Digital sauf que c’est là où ça devient franchement rigolo, pas de compatibilité avec Windows 10. Rien ne m’arrête, je virtualise un Windows Vista et j’installe le logiciel, ça passe. Sauf que le problème c’est que le NAS n’est pas repéré dans le réseau par le fameux logiciel. Tant pis pour le serveur DLNA, la prochaine fois je me fendrai de prendre un modèle un peu plus haut de gamme, pour l’heure le disque fait principalement ce que j’attends de lui, le transfert de fichiers à travers le réseau. Il ne me reste plus qu’à m’occuper des sauvegardes de ma femme et ce sera pas mal.

Pour rappel, j’utilise rygel comme serveur DLNA, c’est du Gnome mais ça passe parfaitement avec du KDE, la configuration se fait en moins de dix secondes, le temps de choisir les répertoires qu’on veut diffuser à travers le réseau. On gardera tout de même comme souvenir, comme règle, que l’occasion c’est moins cher, que c’est souvent très bien mais que ça passe aussi par la case investissement en temps. On retiendra enfin que soit tu craches, soit tu mouilles le maillot.

Et je viens d’employer le mot KDE …

playskool

On évoque de plus en plus la mort du bureau Linux, étiez-vous au courant qu’avant-hier est sortie la nouvelle version d’Ubuntu, la 19.04 ? Non et vous aurez bien raison car tout le monde s’en fout. Je suis donc toujours sur Kubuntu, je crois qu’on peut le dire sans trop avoir honte, c’est le truc qui ressemble le plus à un environnement Windows, c’est le truc le mieux foutu, c’est le truc avec quelques killer features, l’exemple typique c’est KDEConnect.

KDEConnect est un logiciel qui permet de communiquer avec son appareil Android à partir du moment où il se trouve dans le même réseau que l’ordinateur. C’est très bien foutu puisqu’on peut par exemple envoyer des SMS ou directement faire du copier coller de fichiers dans un sens ou dans l’autre sans pour autant avoir relié son téléphone à l’USB. Il y a un bug qui traîne depuis un bon moment dans KDEConnect, c’est que lorsque vous répondez à un SMS, il ne ferme pas la fenêtre, même si vous la fermez. Si par la suite vous répondez à votre soixantième SMS, il va vous rouvrir les soixante fenêtres précédentes. C’est pas grave, je réponds de façon très épisodique, j’étais ravi de ne plus passer par le service de Google, tant pis, je fais avec. On imagine qu’une nouvelle version en informatique c’est du plus mieux. J’ai vu dans dolphin, l’explorateur de fichiers de KDE que mon téléphone apparaissait directement et que je pouvais me promener dedans sans faire de bricolage. J’utilise souvent des photos pour illustrer mon blog, j’ai fait un copier coller des photos que j’ai prises et je me rends compte qu’elles font bien les 4 ou 5 Mo mais qu’à l’ouverture c’est gris. C’est aléatoire. Je prends je branche l’USB, ça marche à tous les coups.

La moralité est la même, Linux reste dans son ensemble pour la partie bureau, un grand bricolage qui demande de s’adapter. J’ai réfléchi ces derniers temps à repasser sous Windows 10 mais quand je vois le nombre de régressions que je suis amené à croiser au lycée, je me dis que ce n’est pas forcément mieux. Il suffira peut-être d’attendre le bug de trop pour me faire basculer, VLC qu’il faut tuer en envoyant une ligne de commande parce qu’il ne se ferme pas tout seul commence à particulièrement me chauffer.

Je ne sais pas ce qu’apporte de façon générale cette version, déjà son lot de régressions apparent, la version 5 du noyau, c’est un peu la seule chose que j’ai vue sur les deux pauvres articles qui ont communiqué là-dessus. Si le bureau Linux veut percer, enfin maintenant c’est trop tard, il faut non seulement proposer des applications qui n’existent pas ailleurs, des applications tellement belles qu’on veut absolument les utiliser, et il faut que le fonctionnement de l’ensemble soit irréprochable. J’ai failli mettre KDE sur le poste de ma femme à la place de Xfce, on va quand même attendre, parce que l’explication du KILL à chaque fois qu’elle ferme VLC, je pense que ça ne va pas trop le faire.

oh une licorne et un chauve

Edit Interactive SVG 1.1 vient de sortir, j’avais présenté la version 1.0 à l’époque, et donné un coup de main à l’auteur pour faire remonter quelques bugs sur le principe que tout ce que le borne touche, il le casse. Ce dernier n’est pas un ingrat puisqu’il me cite dans sa news sur Linuxfr en écorchant malheureusement mon prénom en ne mettant qu’un l. C’est un logiciel intéressant puisqu’il s’agit d’un travail à partir d’une unique image. Vous posez une image en svg, vous mettez vos balises et vous vous déplacez dessus en mettant des légendes à l’endroit qui va bien. Un exemple plus concret sur le site de primtux la distribution pour enfant qui est en train de faire son petit bonhomme de chemin. Ce qui tendrait à prouver que tout ceci ne tient qu’à une poignée d’individus, parfois même un seul, et qu’il ne faut pas nécessairement une flopée de développeurs pour que l’ensemble fonctionne. Handylinux où es-tu ?

qu’on traduira par ma maison a pris feu

Comme tout le monde j’ai regardé les images de la cathédrale qui brûle, et comme tout le monde je n’ai pas réagi de la même manière. Je n’étais pas tombé en larmes devant les images, je n’irais pas me réjouir car on ne se réjouit pas de voir brûler une partie de l’histoire de France. Je ne me suis pas senti concerné. Lorsque les tours jumelles sont tombées, à aucun moment je n’ai pensé à l’édifice, mais plutôt à ces gens se suicidant pour éviter de mourir brûler. La comparaison entre les deux événements est judicieuse car elle permet de montrer qu’ils n’ont aucun rapport. Dans le premier cas je me suis dit que ça aurait pu être moi dans ma tour faisant du COBOL qui aurait pu mourir pour une guerre qui n’est pas la mienne, dans l’autre cas c’est un bâtiment historique qui brûle.

Je rejoins Olivier Biscaye qui écrit qu’en France quoi que tu fasses, tu perds à tous les coups, je rejoins l’avis de Didier sur l’insupportable traitement de l’information, et j’irais même rejoindre l’avis de Stéphane Bern (même pas honte), sur le fait de ne pas opposer les causes, les gens sont libres de faire ce qu’ils veulent de leur argent après tout. Je ne peux m’empêcher de poser toutefois un regard humain, scientifique et économique sur la question. Le scientifique c’est le type cartésien qui vit en moi, qui se dit qu’avec la pollution, les espèces qui claquent les unes après les autres, le réchauffement climatique, on va tous mourir. Je me positionnerai davantage dans l’action des américains qui donnent pour le vivant, pour qu’on vive mieux plutôt que de restaurer des vieilles pierres.

L’économiste, c’est le gars qui donne encore raison à Stéphane Bern quand il disait qu’il fallait faire payer l’entrée des cathédrales. La réponse de l’église est cohérente, était cohérente, cela changera peut-être, une église reste un lieu de prière, on ne fait pas payer pour prier. Néanmoins, dans la bible, il n’est pas dit qu’il est nécessaire de faire les monuments les plus hauts, les plus gros, de mettre des icônes dorées pour trouver Dieu. Lorsqu’on voit la masse de touristes dans toutes les églises de France, on se dit qu’il n’est pas question ici d’une recherche de la foi, mais de la visite d’un bout d’histoire de France. Tout comme les visites de certaines cathédrales dans le monde ou certains lieux c’est pour retrouver le tournage de Game Of Thrones, on vient pour visiter un décor, même plus pour le monument et son histoire ce qui est encore plus sordide. Rentabiliser ou faire payer pour préserver ne me choquerait pas, est-ce qu’alors ces monuments seraient si attractifs ? Est-ce que les villes qui les abritent seraient si attractives, est-ce que Paris compterait autant de visiteurs si on faisait payer les lieux de culte. Est-ce qu’alors s’il apparaissait que c’est rentable, les villes, donc l’état ne devraient pas mettre la main à la poche. Je comprendrais qu’on fasse payer, tout comme je comprendrais qu’on ferme les édifices aux touristes, pour que les églises retrouvent leur fonction première, celle de prier. Très difficile question qui ne sera certainement pas débattue, Notre dame étant devenue cause nationale, avec un milliard de débloqué, il s’agit désormais de l’arbre qui cache la forêt.

L’humaniste, l’humain tout simplement, n’ira pas critiquer les gens qui sortent des millions pour un édifice, il regrettera simplement qu’ils ne les sortent pas aussi pour les hommes qui crèvent la faim ou pour lutter contre la maladie. L’argent est arrivé tellement facilement, tellement rapidement, des sommes qui donnent le vertige, on en oublierait presque ces gens qui se qualifient de misérables et qui défilent chaque semaine dans nos rues pour vivre dans un monde meilleur.