Complément 74 – nettoyage de printemps

17/02/2019 Non Par cborne

Quand j’évoquais le fait que l’un des enjeux de la presse et du journalisme c’est d’aller à la reconquête de son public, je pense qu’il y a quand même franchement du boulot à faire. Je tombais là-dessus :

L’auteur aurait voulu jouer la carte culturelle aurait pu tenter un Paris sous la bombe, même pas. Déjà Midi Libre qui commente un non-événement de la région parisienne, c’est une faute professionnelle à deux niveaux, du parisien quand tu t’appelles Midi Libre, une information qui n’en est pas une quand tu es journaliste. Je suis souvent à deux doigts de supprimer ce type de sites de mes flux RSS, cette presse gratuite qui parfois propose un article de qualité au milieu du fumier. Il faut bien vivre me direz-vous. Si à la rigueur, je pourrais envisager de me passer de certains titres nationaux, le midi libre est l’un des rares sites qui va aborder l’actualité de ma région, il faut donc continuer à subir pour s’informer. L’idéal serait de pouvoir suivre l’actualité locale uniquement depuis Facebook, néanmoins ce n’est pas assez précis, le filtrage que réalise Facebook n’est pas toujours pertinent, on peut rater une information, est-ce pour autant une information indispensable ? Il faudrait que je fasse l’essai.

Il faut dire que du côté des réseaux sociaux, je ne subis pas vraiment, c’est du monologue, une position que j’adopte un peu partout sur l’internet. Mes seuls espaces de communication à proprement parler sont le mail et mon forum. Pour les réseaux, lassé de ne rien voir d’intéressant, de ne rien apprendre, j’ai fait le grand ménage au point de ne suivre quasiment personne. Je suis principalement les sites institutionnels. Je crois pouvoir dire que j’ai fait le gros du ménage dans le domaine du virtuel, pour les réseaux, pour les flux RSS, pour les sites que je fréquente. Dernièrement j’ai fait une crise en supprimant de nombreux sites anglo-saxons sur le libre et Linux. Si au départ j’avais peur de ne plus avoir d’informations sur le domaine, car force est de constater que toute forme d’article de vulgarisation a disparu de la toile française, on ne présente plus les sorties logiciels, les nouveautés, j’en ai fait mon deuil. Si on peut saluer les anglo-saxons pour réussir à publier de façon très régulière, montrant leur maîtrise des codes, publier souvent pour exister, la limite c’est la répétition, les dix meilleurs lecteurs RSS, les dix meilleurs logiciels de dessin, et ça en boucle. Mon deuil est plus profond, j’ai fait simplement le deuil de la nouveauté pour me contenter de ce qui m’intéresse. Il y a quelques années je vous aurais expliqué que cesser de s’informer c’est mourir, c’est perdre de la compétence, aujourd’hui c’est simplement cesser de s’éparpiller. Ne pas être sur le coup sur le dernier logiciel qui vient de sortir ou sur le dernier correctif, cela n’a aucune importance.

Je continue de m’amuser avec ce qui m’intéresse, le matériel d’occasion. Courte vidéo de Toughbook, le portable indestructible qui peut vous servir de bouclier. Vendu à 120 € dans la boutique, le grand frère en i5 est à 200 € avec 4 Go de RAM et un SSD de 240 Go, il faut que je fasse la fiche caractéristique.

L’informatique comme pour beaucoup, n’est plus une préoccupation, n’est plus le but mais seulement un moyen. Je ne m’impose que quelques bricoles.

Être au courant des grandes tendances générales. Par exemple, je suis ravi de savoir que j’ai misé sur le cheval gagnant avec WordPress qui domine encore un peu plus chaque jour le monde. Je vais me fendre d’une communication auprès de mes collègues pour qu’ils abandonnent enfin Office 2007, je peux donner du poids à mon argumentation car je sais que Microsoft pousse ses utilisateurs à l’adoption d’office365 au détriment des Microsoft Office. Une solution qui ne m’intéresse pas car elle boufferait davantage de bande passante au niveau de l’établissement mais je peux enfin proposer Libreoffice 6.2 qui a adopté une présentation sous forme d’onglets, une présentation rassurante pour ma fanbase de Office 2007. Être capable de changer de monture quand je fais le choix délibéré de miser sur le perdant. On apprend ici que Firefox n’y arrive toujours pas. Je ne le pense pas, car je ne me fais pas vraiment de souci pour Firefox, mais si un jour se produisait un drame, je serais à même de rebondir sur un autre navigateur. C’est donc mon positionnement informatique, être au courant, être capable mais pas trop.

À l’heure actuelle mes préoccupations sont ailleurs, un exemple, mon tiroir à T-shirts.

J’ai découvert la méthode Marie Kondo, avant de supprimer définitivement mon blog de vos favoris, quelques précisions. Marie Kondo est une japonaise qui a défini des méthodes. Très en vogue sur de nombreux sites, en lien avec le minimalisme, il y a quand même quelques bricoles dans son approche qui sont assez pénibles. Le délire autour des objets qui ont une âme et qu’elle remercie à chaque fois qu’elle jette à la poubelle, c’est du folklore, c’est un folklore d’autant plus stupide qu’elle fait fi de toute considération écologique. Au lieu de tout jeter, elle ferait mieux de donner ou de recycler. Marie Kondo c’est avant tout une affaire qui tourne, 8 millions de bouquins vendus à travers le monde, une télé réalité sur Netflix où elle explique à des américains comment ranger leurs affaires. C’est encore une démarche qui me gêne, quand on a découvert la dernière fois Fumio Sasaki qui vivait son minimalisme pour vivre mieux en se privant d’un maximum d’objets, trop certainement, quand on croise Marie Kondo sur n’importe quelle photo, elle a une tenue différente, c’est à se demander si charité bien ordonnée ne devrait pas commencer par soi-même.

Comme pour Fumio Sasaki, tout n’est pas bon à prendre, et c’est ici la base de l’intelligence que d’avoir la capacité d’adapter les techniques pour ne prendre que ce qui nous intéresse. Vous ne me verrez donc pas en train de prier devant ma poubelle si je jette quelque chose. Ce que j’ai retenu principalement c’est effectivement de ne conserver que ce qu’on utilise réellement. Le vrai problème c’est de lutter contre la tendance du « au cas où » du bon père de famille qui nous pousserait à tout conserver, au cas où. Du fait d’avoir un garage qui n’est pas situé à proximité immédiate mais à 50 mètres, je fais, car c’est un travail de longue haleine quand vous vivez à quatre, un premier tri dans les objets, en éloignant ceux que nous n’utilisons pas de façon quotidienne. Le second point c’est sa méthode de pliage vertical, si vous survivez au délire de la communication avec l’objet, la méthode est pertinente, j’ai libéré un tiroir complet.

Je suis donc en train de faire le grand ménage dans la maison et ça prend du temps. Ça prend d’autant plus de temps que tu vis à quatre et que la majorité ne partage pas forcément. En même temps comme je le fais ni vu ni connu et qu’il apparaît que ces objets sont de seconde zone, je n’ai pas reçu de plaintes. C’est une méthode qu’on applique souvent en informatique, on coupe, on attend de voir si ça râle, si personne ne vient hurler c’est qu’on pouvait couper. J’ai transposé ce rangement global à l’alimentation où je change encore mes habitudes. J’ai fait partie de cette génération où l’on a vu arriver les premiers hypermarchés, des parents qui travaillaient six jours sur sept jusqu’à parfois 20 heures, si bien que les courses c’était une fois par semaine avec le caddie plein. Je suis du genre à revenir avec 50 rouleaux de papier toilette, parce qu’on n’est jamais trop prudent, la caricature des vieux qui achètent du sucre et de la farine dès qu’il y a le moindre mouvement social c’est moi. Au final, je me retrouve avec des placards plein à craquer de nourriture, parfois on découvre qu’on a tel produit mais il est trop tard. Je prends donc pour habitude de faire mes courses plus souvent, de multiplier les magasins pour varier les produits, de cuisiner un maximum bien sûr.

C’est par contre une perte de temps assez colossale, cette semaine avec mes troisièmes en stage je n’avais que trois heures de cours, je n’ai eu pour ainsi dire le temps de rien faire. Il faut que je progresse encore dans ma gestion du temps. Avec le retour du printemps et toujours dans une optique de rangement et de propreté, on a fait les terrasses avec le fils qui ressemblaient à l’Amazonie.

Je pense que si je devais faire une psychanalyse, le thérapeute à part m’enfermer dirait que j’ai ce besoin de contrôle, de rangement, de diminution pour compenser toutes les trop nombreuses périodes où ça part en cacahuète. L’accomplissement de travaux aussi simples qu’une terrasse nettoyée, le repas de fait, la pile de linge tombée, c’est un soulagement, de ce qui est fait qui n’est plus à faire. La diminution du nombre d’objets accompagne cette démarche, si on se restreint au niveau informatique par exemple, autant d’ordinateurs en moins, c’est autant de mises à jours en moins à faire, d’entretien à faire.

La prochaine étape, je n’y suis pas encore, c’est de voir comment je peux réduire ma production de déchets, mieux trier, mieux recycler, éviter d’acheter des aliments avec trop d’emballage. Si pour les fruits et les légumes c’est facile en prenant tout chez le légumier, le vrac ne se trouve pas nécessairement à côté de chez moi pour le reste. Il me faut certainement cuisiner davantage, partant du principe que les produits les moins naturels, sont souvent les plus emballés.

Sur ces bonnes considérations, nous sommes à une semaine des vacances, un parfum de printemps et pas de catastrophes, pourvu que ça dure !