Complément 67 – case départ

21/10/2018 Non Par cborne

Heureux qui comme Cyrille a fait un long voyage.

J’ai donc survécu. Pour mémoire je suis parti pendant deux jours du côté de Castelnaudary pour faire une formation. Je vais utiliser mon devoir de réserve sur les contenus et sur l’accueil, je dirai juste que les salles non chauffées à écouter un enseignant pendant des heures pour se retrouver le soir dans un couloir de 12 chambres avec deux douches et deux toilettes, c’est un retour à l’enfance dont j’ai passé l’âge. Je dirai aussi, ça commence à faire beaucoup pour quelqu’un qui ne dit rien, que du fait de m’auto-former dans tous les thèmes possibles et imaginables, je ne suis certainement pas le meilleur public pour ce genre d’événement. Je ne dois pas être le seul, pour exemple ce garçon de 24 ans titulaire d’un BAC PRO qui a réussi médecine. Ça en dit long sur notre système scolaire, il a appris la chimie sur Youtube, ça en dit long aussi sur l’âge, le fait de vieillir qui décoince parfois pas mal de situations.

De la route, de la fatigue, jeudi matin à mon départ les routes étaient encore coupées, j’ai mis plus d’une heure pour rejoindre Narbonne, l’autoroute, quand en temps normal c’est à peine 20 minutes. Le vendredi après une mauvaise nuit, la chasse d’eau faisait le bruit d’un torrent avec des collègues qui se lèvent toutes les heures pour aller aux toilettes, je rentre à l’état de zombi. Content de ne pas avoir à faire de détour, j’arrive aux environs de 17 heures à Saint-Pierre, l’heure à laquelle arrive ma fille qui n’a plus son plâtre mais qu’on appelle désormais la boiteuse. Je la récupère sur le parking, je sors du parking et je me prends la voiture d’une vieille dame qui allait quand même franchement vite.

Ça on ne se refait pas, c’est du Cyrille tout craché, et c’est le phare qui prend.

A peine un peu de plastique de cassé mais c’est tout le phare qu’il faut changer

C’est un peu ce que j’écris régulièrement, c’est le problème du cumul. Attention je ne cherche pas de justification, mais après une semaine pourrie à manger de la voiture dans des conditions délicates, inondations tout ça, mal dormir, le dernier jour avant les vacances, je fais un détour supplémentaire pour récupérer ma fille que je n’aurai pas fait en temps normal si elle ne boitait pas et c’est le drame. Je pars sur Toulouse dans le courant de la semaine, je ne me lasse pas de cette route, pour préparer une opération de mon épouse qui interviendra au mois de novembre. Je devais faire la révision du véhicule pour le présenter au contrôle technique, je ferai d’une pierre deux coups pour changer le phare. Belle société de consommation, j’ai à peine frotté sur la dame, en tout bien tout honneur, il n’y a que le plastique qui a pris, et c’est pourtant l’intégralité du bloc qu’il faudra changer. L’assurance bris de glace prend en charge, le malus c’est pour ma pomme. Intéressant d’ailleurs que dans les constats ne figurent pas les cases « je roulais au-dessus de la vitesse autorisée », « je m’arrêtais dans le rond-point pour trouver ma direction », « j’étais au téléphone avec ma meilleure amie », « j’ai freiné dans la Clape pour regarder le paysage ».

Je suis donc officiellement en vacances, des vacances où je vais encore courir dans tous les sens, la routine bornienne. Pour l’heure je profite de mon répit pour mettre à jour les ordinateurs de la maison, me voici sous la dernière version d’Ubuntu, Ubuntu 18.10 Cosmic Cuttlefish.

Gnome c’est pas encore ça

J’avais dit dans le précédent billet que j’irai désormais rejoindre le camp des vainqueurs à savoir Gnome. Gnome a ramassé 1 million de dollars dernièrement par un généreux donateur, j’ai donc fait la mise à jour puis j’ai suivi le tutoriel très clair du wiki Ubuntu pour passer d’un environnement à l’autre.

Dans les anomalies que j’ai pu constater dans la mise à jour, pas dans la migration, un truc qui m’a bien gonflé c’est la valeur media.autoplay.default de Firefox qui est passée d’une valeur vrai ou faux à un nombre dans la dernière version. En gros on passait de true à false pour bloquer la lecture automatique des vidéos, désormais on passe de 0 à 1. Bon on n’est pas non plus dans l’effacement des données façon Windows 10 mais ici ou là quelques détails gênent. J’avais écrit que la nouvelle version d’Ubuntu devrait apporter son lot de Giga de RAM occupé, c’est chose faite.

1 Go de RAM à vide, on est directement à 1.7 Go quand on lance Firefox. Bon, je crois que Linux pour les vieilles machines, ou les machines légères à 2 Go de RAM c’est mort. 2 Go de RAM par exemple c’est toute une gamme de produits de type notebook qui sont rendus obsolètes, ils feront certainement de très bons ChromeOS quand le lancement des applications Android ou Linux sera natif dans Cloudready, tremble Linux, tremble, on se comprend.

C’est joli, c’est indéniable, mais à force de vouloir rajouter des effets partout, on en arrive à une certaine lenteur de la machine, pour exemple l’écran des applications.

Environ deux secondes de lag sur ma carte radeon à 2 Go de RAM. Je suppose qu’elle est mal gérée, pourtant elle est ancienne, aucun pilote propriétaire n’est proposé. Il est possible de désactiver les effets visuels en passant par là :

$ gsettings set org.gnome.desktop.interface enable-animations false

Ne croyez pas que c’est pour le plaisir de l’utilisation de la ligne de commande, c’est un problème que j’ai rencontré dans Gnome, la nécessité d’installer des Gnome Tweaks pour avoir accès à certaines parties de l’interface, et le fait qu’il n’est pas possible, en tout cas je n’ai pas trouvé, de supprimer l’ensemble des animations par le menu de configuration très joli, très dense, certainement trop dense.

C’est beau, on dirait du veau

Si on combine donc une certaine lenteur, à une interface où j’ai du mal à retrouver mes petits, la barre qui se trouve sur la gauche est bien faite, c’est juste moi qui suis inadapté, on se doute bien que Gnome n’a pas fait long feu chez moi. Sur mon netbook où je l’ai un petit peu utilisé mais pas trop, le problème de latence s’est moins fait sentir, du fait que le chipset intel est parfaitement géré. Néanmoins j’en arrive toujours à cette problématique du pas parfait et du marteau piqueur pour tuer une mouche, cet appareil ne servait qu’à diffuser de l’information ou mettre un cahier de texte à jour. Je vais certainement tenter une installation d’Android x86, qui par le biais des sauvegardes d’installation en ligne et des synchronisations, ne devrait pas être un problème, notamment en cas de réinstallation.

Xfce c’est mort, les autres sont des perdants, que reste-t-il de nos environnements de bureau ?

Le choix de Lubuntu s’est présenté comme une évidence. LXDE à l’époque de sa sortie, j’étais particulièrement dubitatif parce qu’il jouait exactement dans la même cours que XFCE. Plutôt que de forker à tour de bras, je pense que si les bonnes volontés s’y collaient toutes ensembles, on aurait des produits de meilleure qualité. Néanmoins les gens ont le droit de se disperser comme ils le veulent et de faire des articles dans medium pour expliquer leur échec. Il faut reconnaître que LXDE a évolué de façon très intelligente, selon la technique de Jackie Chan. Jackie Chan à l’époque dans une interview expliquait que Bruce Lee était la star des arts martiaux et qu’il était sérieux en faisant des grands coups de pieds vers le haut. Jackie Chan plutôt que d’entrer en concurrence directe sur ce créneau très bien occupé a préféré jouer la carte des petits coups et de l’humour. L’histoire montre qu’il n’a pas eu tort. On a l’impression que je passe mon temps à raconter n’importe quoi ce qui n’est pas totalement faux, mais je trouve que cette morale est importante. A l’heure actuelle, Mate, Cinnamon, Xfce et je dois en oublier quelques-uns, tournent sur GTK. LXDE qui désormais s’appelle LXQT du fait de sa fusion avec RazorQT tourne sur QT c’est-à-dire qu’il est devenu l’environnement léger de KDE. C’est avec Lubuntu 18.10 que débarque la première version de cet environnement comme mouture officielle.

En termes de légèreté ce n’est pas gagné, on mettra ça sur le compte d’Ubuntu, de toute façon c’est la faute à Ubuntu. À vide on est entre 500 et 600 Mo, ce qui est quasiment moitié moins que Gnome mais quand même important. De toute façon je n’entrerai plus dans ce débat, à partir du moment où on lance un navigateur moderne et 10 onglets c’est 3 Go de RAM qui sautent.

Le passage de GTK à QT n’est pas totalement sans conséquence, j’ai donc décidé de commencer à faire sauter evolution, programme purement GTK. Souvenez-vous, evolution avait un énorme atout, il me permettait de résoudre de façon définitive les soucis de synchronisation de mes contacts avec mon carddav chez o2switch. Dernièrement je lui trouve un énorme inconvénient, son écriture énorme fait qu’il faut utiliser l’ascenseur pour voir l’ensemble des dossiers. Voici les solutions que j’ai tentées :

Trojita qui est un programme léger utilisé par défaut dans Lubuntu est une farce, difficile à paramétrer, ne gère pas le distant, pas de calendrier. Kontact et Kmail, j’ai dû lire une documentation pour rajouter une adresse mail, l’interface est mal foutue, j’ai renoncé. Rainloop pour voir où on en est, la synchronisation avec le serveur DAV ne se fait pas. Retour forcé à Thunderbird, le plugin Sogo ne fonctionne pas et ne récupère pas l’intégralité des plugins, nouvel arrivé TBsync, interface simple, une gestion d’exchange ce qui est suffisamment rare pour être noté, des problèmes d’écritures dans mes contacts, notamment l’adresse mail qui ne fonctionne pas. Retour à CardBook que j’avais abandonné pour des problèmes de crash sur le téléphone android, plus de problème. L’interface est propre, le développeur est français, fait sa veille, il m’avait écrit pour me demander quel était mon souci, c’est donc positif. On en revient aux ténors.

Pour remplacer Shutter, qui désormais possède son PPA suite à des problèmes d’empaquetage, le programme a été retiré des dépôts officiels, le programme ksnip.

Quelques modifications logiciel ici ou là mais rien de bien méchant, il faudra sans aucune ambiguïté compter sur LXQT qui permet enfin d’avoir accès aux applications KDE sans avoir l’environnement si riche derrière.

Une bonne nouvelle et une mauvaise nouvelle, mais ça ne se compense pas vraiment (on va tous mourir)

On commence par la bonne ou par la mauvaise ? La mauvaise bien sûr ! Je crois qu’on est en train de prendre un coup d’accélérateur dans la robotique et dans l’intelligence artificielle. Je lisais cet article sur le travail accompagné par un robot, le Cobot. Sur le principe ça a l’air bien sympathique, mais finalement quand le Cobot n’aura plus besoin de l’homme puisque ce sera bientôt le cas, on dira au-revoir à l’ouvrier. Comme je l’écris de plus en plus régulièrement et pour être en bonne place pour l’observer, on ne va pas avoir dans les 20 prochaines années que des experts en robotique et des développeurs d’IA pour gérer tout ce beau monde. À moins de procéder à de l’eugénisme, un contrôle des naissances accru dans les démocraties, il n’y aura pas de travail pour tous pour demain. Sans surprise l’Aude se lance dans une expérience sur le revenu universel, mais ne va pas assez loin dans la démarche quel que soit le discours de l’homme politique qui fait cette proposition, Hamon le premier. Il s’agit ici d’établir un revenu minimum où on évoque un retour à l’emploi, sauf que la réflexion c’est de se dire qu’il n’y aura bientôt plus d’emploi pour tout le monde, en tout cas pas pour les gens non qualifiés. Retour à l’emploi quand il n’y a pas de travail, pas évident. En effet, lorsqu’une entreprise aura 99% de salariés robotisés pour 1% d’humain, il risque d’y avoir pas mal de questions à se poser. Comment va vivre cette population, de quoi, mais surtout et c’est un peu le serpent qui se mord la queue, comment les entreprises vont vendre leur camelote s’il n’y a plus personne qui a de l’argent pour consommer. Bill Gates disait qu’il fallait taxer les IA et les robots, il n’a certainement pas totalement tort, mais c’est montrer l’hérésie du système. On taxe les entreprises pour récupérer de l’argent qu’on va donner aux gens pour qu’ils puissent acheter les gadgets de l’entreprise et lui rendre l’argent qu’on a pris. Il y a une vraie réflexion de fond qui est à faire, et qu’on va se prendre dans la face dans moins de dix ans, personne n’aura pris conscience de l’ampleur du problème. La diminution du chômage n’est plus le problème, le problème c’est de trouver l’argent et la place des gens dans la société quand il n’y aura plus rien à faire. Quand on voit qu’on bataille pour faire une petite taxe de 3% sur les GAFAM qui n’est toujours pas appliquée, quelque chose me fait dire que ce n’est pas gagné.

une ordure de voleur d’emploi

Dans mon laïus, j’aime à rappeler régulièrement que si les états mettaient un peu plus leur grain de sel, ça serait certainement moins la fête au village pour les grands de ce monde qui font la pluie et le beau temps sans opposition réelle. Parfois il y a un petit semblant de réveil et c’est ce qui semble se produire avec l’Europe qui fait enfin bouger Google. Google vient d’être condamné pour abus de position dominante. Concrètement  cela signifie que pour mettre du Google dans un téléphone, il faudra désormais payer. La presse annonce des tarifs qui peuvent grimper jusqu’à 40 dollars et c’est certainement ici que cela restera dans le domaine de la rigolade. Il y a un lien avec, si j’ai tout compris, la qualité de l’écran. En gros 40 dollars ce sera pour les appareils très haut de gamme où l’on franchit le cap des 1000 €, on va tomber sur une note inférieure à 10 € pour du bas de gamme, peut-être moins. Si la note avait été plus salée, peut-être que les constructeurs auraient pensé à s’affranchir un peu de Google pour proposer par exemple du LineageOS. Certainement pas assez cher, le prix sera répercuté sur le consommateur. Dommage, l’idée était bien là pourtant, on aurait pu voir émerger des alternatives, tant pis.

Dans notre prochain épisode nous verrons comment Cyrille BORNE a installé Android-x86 sur son portable, et se retrouve coincé sur l’écran d’accueil après avoir activé le lock. J’en trépigne d’impatience. Je ne connais pas encore la suite de mon histoire mais ça se terminera certainement sous Linux ou dans le garage.