Complément 59 – finitions

30/08/2018 Non Par cborne

Nous sommes jeudi et en cette veille de rentrée où j’ai reçu 250000 mails de collègues qui prennent conscience qu’un événement se produit et que l’ordinateur a un problème, le Borne cet équilibriste de la vie aime prendre des risques jusqu’au bout. 

Ça c’est fait

Alors que je prenais une douche (le Borne a une hygiène exemplaire), ma femme reçoit un appel étrange robotisé pour dire que le colis est arrivé au point relais. Bien sûr, il serait trop simple d’imaginer recevoir un SMS ou même plus fort encore, que dans le lien de suivi de commande apparaisse une confirmation de réception au Vival de Gruissan. Mais vous le savez puisqu’on est jeune et fou, on saute dans la voiture, comme ça on peut faire des courses en prime à Gruissan, le bonheur de faire des courses n’a pas de prix.

Je récupère bien ma Livebox V4 presque surpris, que j’ai branchée, je vous montre quelques bricoles. Vue d’ensemble de la V4, elle est trop chouki avec ses petites icônes rouges.

Le branchement de la livebox ne pose aucun problème par rapport à une play alias V3, seul léger problème le téléphone n’a pas fonctionné. J’ai commencé à regarder un peu s’il y avait des problèmes de compatibilité, aucun, en fait il est désormais possible de gérer la technologie DECT directement par le biais de la Livebox, très peu d’appareils sont capables de le faire, le branchement à l’ancienne ne pose aucun problème. J’ai installé l’application maLivebox pour lancer les diagnostics, j’ai fini directement avec un conseiller Orange en tchat, comme quoi ça se propage, qui a résolu le problème, lui ou le hasard. J’ai pu voir des gens dans le forum communautaire qui se plaignaient de la baisse de débit, je n’ai rien constaté de plus, enfin de moins. Il est à noter que l’intégralité de ma configuration a été récupérée si bien que je n’ai pas eu besoin de changer le SSID ou les adresses IP des appareils.

D’un point de vue matériel ce qui fait au moins la différence entre le play et la V4 c’est l’apparition d’un port SATA qui permet de brancher un disque dur en 2.5 pouces. 

Uniquement avec cette photo on comprend qu’il y a anguille sous roche. En effet, le capot qui reste ouvert, la galère pour insérer le disque dur encore plus importante pour le retirer où j’ai dû sortir le disque dur brulant à la pince, on découvre ici ceci : 

On voit clairement le gars le rentrer avec un chariot qui n’est pas fourni avec la Livebox. Il s’agit bien sûr d’une offre payante où l’on vous fournit un disque dur de 1 To et le chariot magique qui va bien. J’ai regardé, à partir du disque dur, on donne du DLNA à l’ensemble de la maison ce qui est quand même plutôt sympa sur le principe. A partir du moment où j’utilise rygel, je ne me pose pas de question. En effet, l’ouverture permanente pour un nid à poussière, je ne pense pas que ce soit une idée judicieuse de le faire sans le fameux chariot qui ferme. 

La moralité c’est donc qu’en apparence cette nouvelle Livebox ne m’apporte rien, elle me permettra toutefois d’accueillir la fibre quand elle se présentera et je vous le dis en toute franchise, j’espère le plus tard possible y souscrire. L’explication est simple. Je me fous de la 4K, je n’ai pas de Netflix, le tarif c’est 10 € plus cher, je crains le matin où le technicien va nous proposer de la placer à un endroit franchement dégueulasse où il se contentera de faire une goulotte pour la faire venir à un endroit qui ne m’arrange pas dans la maison. Avec l’arrêt de la traditionnelle ligne fixe,  un beau matin on ira m’expliquer qu’il faut impérativement souscrire à la fibre, j’en trépigne d’impatience. 

Ce qui est relativement plus intéressant c’est le panneau de contrôle même s’il faut bien le reconnaître, l’innovation n’est pas non plus à pousser des hourras sur la plage de Saint-Pierre. 

Comme vous pouvez le voir alors que j’ai le disque dur dans le trou trou, les services ne me sont pas proposés. Je suppose qu’il doit y avoir un petit quelque chose, comme le fait d’avoir payé, qui dégrise le service. 
assez classique finalement
Et c’est confirmé par le panneau de configuration. qui ressemble à s’y méprendre à une play. Dans les services d’ailleurs de type DynDNS on trouve encore DtDNS qui est désormais mort.

C’est dans la partie téléphonie où je suis gagnant perdant. Du fait d’avoir bloqué les appels vers les mobiles, il m’est impossible de faire du renvoi d’appel vers ma ligne personnelle ce qui était un de mes sports favoris pour me faire doublement spammer. Ce qui est en outre intéressant c’est que dans le panneau de configuration, on peut récupérer le journal d’appel. 

La science a donc avancé, il ne me manque plus qu’à attendre la résiliation du contrat mobile pour avoir la certitude que le contrat à 29.99 € correspondant à la box + offre mobile disparaisse. 

Ce n’est pas parce qu’un jeu est unanimement reconnu qu’il est fait pour vous

Si vous avez le courage de lire mes articles culturels, vous avez pu lire que cet été j’ai terminé Thief et Horizon Zero Dawn. Comme je l’ai écrit dans mon dernier billet, cette année est placée sous le signe du désengagement et du chauffage de la maison à la PS4. Régulièrement proposé à bas prix j’ai acheté The Witcher III. The Witcher j’aime beaucoup, mais principalement les livres. Et d’ailleurs de mémoire, j’avais déjà lu les livres avant de faire le jeu vidéo. Le premier opus m’avait paru bon mais ne m’avait pas laissé un souvenir extraordinaire, le second épisode avait été une horreur à terminer, tellement je m’étais ennuyé, j’ai tenu deux heures sur le dernier opus ce qui fait de moi un extra-terrestre ou presque.

Je vous assure j’ai culpabilisé, parce que tous les sites de jeu sont unanimes, c’est le messie. Et puis on finit par trouver des gens qui ont le courage de ne pas penser dans le sens du vent comme par exemple avec cet article. Je pense que le jeu m’a fait très peur, notamment d’un point de vue temporel et d’une certaine forme de complexité. Géralt a deux épées, une pour les démons, une pour les humains. Géralt sait faire de l’alchimie, parer, éviter les attaques, faire de la magie, jeter des objets, et jouer aux cartes. Chaque dialogue prend une éternité, et quand on commence l’aventure, il y en a tellement qu’on croirait avoir débarqué dans un jeu japonais de la fin du XX° siècle où il fallait regarder 20 minutes d’introduction. J’ai eu très très peur face à une quantité de temps gigantesque à passer dessus, proportionnelle à la taille de mon ennui à venir. C’est le sentiment partagé dans les quelques billets que j’ai pu lire.

Le problème ne vient pas du jeu, il vient de moi, j’en ai bien conscience. Si on réfléchit par exemple à un jeu comme Dark Souls, les possibilités restent finalement limitées, l’inventaire ne fait pas douze mètres mais on s’amuse comme un petit fou à défoncer les monstres. Je crois que c’est une notion qui n’est pas forcément toujours présente dans le jeu, je vous assure que j’ai eu des envies de retrogaming, des envies de simplicité poussées à l’extrême. On va dire que j’ai perdu 12 €, peut-être que mon fils y jouera un de ces quatre, mais je tenais à revenir sur cet épisode. Dorénavant avant l’achat, je taperai la combinaison « nom du jeu » + « ennuyeux », on n’est pas à l’abri de quelques surprises.

j’ai vu quelqu’un qui avait fait le mauvais jeu de mot « the watcher », c’est parfois l’impression qu’on a, regarder.

Il y a quelques promotions sur le playstore comme chaque mois, je vais regarder dans les jeux bien bourrins, je suis un peu court en temps ces jours-ci, j’ai lancé Metal Gear Solid 5, j’en suis à l’introduction qui sera gravée dans ma mémoire comme la plus ridicule de l’histoire du jeu vidéo, on en reparlera dans le billet culturel qui va bien.

Une histoire

C’est l’histoire d’un gars qui un matin se met à la pêche à la truite. Il s’investit, se démène, se passionne et finit par diffuser ses exploits de pêche à la truite sur Youtube. Adulé, il est suivi par des millions de personnes. Et puis un matin, il se rend compte que la pêche à la truite ça coûte quand même un bras, que personne ne lui donne de conseil, ne corrige sa technique, ne lui donne des bons coins pour aller pêcher ou même du matériel de pêche. Un matin, un jeudi certainement, il se met à cracher à la face du monde que cette situation n’est plus tenable et qu’il arrête tout. 

L’histoire nous paraîtrait certainement aberrante car personne n’a demandé à Jean-Pierre de se lancer dans la pêche à la truite. Et si demain il ne veut plus aller pêcher à la truite, et bien c’est principalement son problème, tant pis pour les fans. 

Transposons cette histoire dans un autre contexte. 

C’est l’histoire de Jean-Marc qui un beau matin se met à coder un logiciel libre pour son besoin. Il s’investit, se démène, se passionne et finit par diffuser son code source sur Github. Son logiciel est téléchargé des millions de fois. Et puis un matin, un jeudi certainement, il réalise que personne ne lui fait de remontées d’anomalies, de patchs, ne lui donne de codes, de traduction ou même un euro cinquante. Alors, il se met à cracher à la face du monde, que le bénévolat ça va bien cinq minutes et arrête de se mettre à coder pour aller faire du didgeridoo. 

Et cette fois-ci à contrario, la situation ne paraît pas aberrante, bien au contraire, on commence à s’affoler, à se mobiliser, à donner du fric et des messages d’amour. Malheureusement comme il n’y a pas de modèle économique, ça ne dure que quinze jours. 

Si pourtant on y réfléchit, qui a poussé Jean-Marc à coder ? Personne. On aurait tendance à oublier que coder, qu’écrire pour certains, ce n’est pas forcément du taf. On oublie aussi parfois que le bénévole qui va au restaurant du cœur un soir de Noël (bonus de 120000 points de pathos), trouve seulement son réconfort dans l’action qu’il mène, n’attend pas de la gratitude, la fierté du devoir accompli. 

A force de voir des licornes lever des millions, des entreprises libres prospères, on en vient à oublier que certaines choses se vivent par passion. A force de distribuer son code librement, on en vient à oublier que si un jour on a commencé à faire quelque chose, un projet, c’est avant tout pour soi. Si demain une situation qui vous est propre, que vous avez initiée, ne vous est plus supportable, ne la supportez plus, arrêtez tout et passez à autre chose, les danses de salon par exemple. 

C’est sur cette histoire que je vous laisse, je vais faire à manger, une obligation de père de famille à laquelle il m’est difficile de me soustraire. Bonne rentrée à tous les enseignants, nous nous retrouvons très vite.