Complément 47 – ça c’est fait

27/06/2018 Non Par cborne

Comme je vous l’écrivais dans mon billet un peu à l’arrache, j’entame la dernière phase de l’année avec la période de la réunionite aiguë, une catastrophe pour moi. Il fait chaud, on fait le tour de table pour les bilans, les gens regardent leur téléphone portable, tout le monde s’en fout, attend les vacances. L’enseignant c’est un enfant comme les autres et je reste convaincu que si personne n’écoute c’est que ce n’est pas assez captivant. J’avais réunion à 13h30 et j’étais donc au lycée à 8 heures avec ma fille, la présidente du syndicat des enfants en vacances depuis désormais une semaine. L’objectif était de ranger la salle des serveurs, de virer les vieilles unités centrales pour les descendre chez mon revendeur de Coursan qui je vous le rappelle s’est lancé dans le recyclage de déchets informatiques.

Comme vous pouvez le voir à part le saint aspirateur par terre, je n’ai plus rien au milieu, j’ai vidé 30 machines, il m’en reste quelques unes. Il s’agissait de vieux PC à base d’athlon 64, souvenirs, les machines qui chauffaient à 90° pour le processeur, une température de fonctionnement « normale ». On passait notre temps à coller de la pâte thermique. Vous noterez aussi la présence de deux climatisations, c’est l’étonnant concept de la pratique assidue de la loi de Murphy, la clim vient de rendre l’âme alors qu’on commence à avoir des températures caniculaires. Sur les quelques sessions où je vais aller au lycée, il me reste les machines du CDI à changer, le paramétrage est un peu plus complexe du fait d’avoir installé epoptes dessus, le logiciel sous Linux qui permet de gérer les postes élèves par VNC. Je vais aller à l’essentiel en récupérant le disque dur et en le mettant dans une nouvelle machine. Quand on s’interroge sur les qualités de Linux, pas besoin de chercher bien loin. Si je devais faire la migration sous Windows, déjà ça aurait voulu dire que je trouve un Windows qui arrive à démarrer dignement sur un PIV, basculer le disque dur d’un PIV vers un dual core donc une configuration franchement différente, c’est 80% de chances de se prendre un écran bleu au démarrage, enfin si par magie ça démarre, régler le problème de licence. Avec Linux, je prends, je démonte, je remonte, c’est fini. Et si j’ai la flemme, je prends, je clone et c’est fini, même si je pense que c’est plus rapide de démonter remonter. Linux permet une très grande souplesse qu’on ne retrouve pas avec Windows dès qu’il s’agit d’un changement de machine. On pourrait me faire remarquer que c’est un contexte particulier, en lien avec ma structure scolaire, néanmoins si on prend le cas de mon PC, j’ai changé trois fois de machines en conservant la même installation, sans aucune modification du système, mission impossible sous Windows.

A priori la migration vers WordPress s’est plutôt bien déroulée, je dois vous avouer que c’est vraiment, mais vraiment un confort d’utilisation retrouvé. Faire dans le minimalisme, ce n’est pas nécessairement être masochiste. J’écrivais qu’aujourd’hui j’avais la capacité d’utiliser les outils dont j’avais besoin, que j’étais capable d’éviter de tomber dans la boulimie. En gros j’en reviens à ce que j’écrivais, ce serait l’équivalent de se retrouver à table avec 130 desserts différents et ne pas tout manger. A l’heure actuelle, j’utilise avec WordPress le plugin redirection pour éviter d’avoir la panique dans les liens et éviter de se fracasser totalement dans Google, j’essaie d’être raisonnable, Broken Link Checker qui va parser l’intégralité de votre site et vous présenter les liens morts, un gestionnaire de contact par mail, un plugin qui bloque les attaques en brute force.

J’avais pensé mettre un plugin pour les réseaux sociaux, ça n’a finalement pas de sens, il s’agit d’un support supplémentaire qui n’a pas réellement d’importance. J’évoquais donc ma capacité désormais à mieux utiliser les outils, il en est de même pour les réseaux. J’ai compris que distiller ma veille dans twitter n’avait pas de sens, je préfère mieux désormais faire vivre mon forum. A l’heure actuelle, j’ai un tas d’élèves qui s’abonnent à mon compte instagram sur lequel il n’y a qu’une photo qui permet de m’identifier. C’est un réseau sur lequel je ne suis pas à l’aise car il est incompatible avec ma façon d’être. En gros tu prends la photo, c’est l’instant, et il faudrait commenter l’instant avec le clavier du mobile, mission impossible pour moi, je ne suis pas assez à l’aise. Je pense que je ne suis pas le seul, les gens qui postent sur instagram accompagnent peu avec le texte, il est nécessaire d’interpréter, sauf que finalement il n’y a pas de place à l’interprétation. Et force est de constater que c’est assez représentatif de ce qu’est ce réseau. J’ai une élève qui sur ses 150 publications, 130 doivent être des selfies. Une autre qui ne montre que ses soirées avec un verre à la main. Je n’irai pas jeter la pierre sur le narcissisme ou la volonté d’étaler son bonheur, chacun est libre sur internet de donner l’image qu’il a envie de donner, encore faut il qu’elle soit maîtrisée. C’est en traînant sur les réseaux qu’on voit à quel point c’est flagrant, avec trois grands types de profil, ceux qui étalent leur bonheur dans des photos de bonheur avec des enfants, de la bouffe, des amis, ceux qui ne font que relayer des jokes et la dernière grosse catégorie, les révoltés qui se révoltent sur tout. On comprend ici qu’il ne s’agit pas d’outils d’éducation et pourtant il y a de quoi faire. Je regardais cette initiative d’un enseignant d’histoire, où il était question de raconter la vie d’un poilu à travers Twitter.

A une époque, je vous aurais dit que c’est le mal, qu’on utilise un outil d’une société américaine qui s’engraisse sur le dos de nos données pour faire du bénéfice. Aujourd’hui je suis franchement plus mitigé, notamment dans le cas présent. Il s’agit d’un compte fictif dans lequel c’est certainement le prof qui a dû laisser une adresse mail, pas trop de données personnelles ont été tuées dans l’opération pour l’apprentissage certain de la communication et de l’histoire. Il est à noter qu’en parallèle, un blog a été monté, il est sur overblog, on peut regretter qu’il ne soit pas hébergé sur le site de son académie. On est aussi en mesure de s’interroger sur la RGPD et sur ce que ça peut changer dans notre vision du monde propriétaire. A priori, nos données sont moins exploitées, elles ne le sont plus, faut-il pour autant considérer les réseaux sociaux comme des outils comme les autres. Pour moi, le problème est ailleurs, c’est un souci de pérennité, avec l’exode des jeunes en masse de Facebook, on comprend assez facilement qu’on a tout intérêt à les considérer comme des accessoires et se concentrer sur des espaces personnels et maîtrisés. J’évoquais la RGPD plus haut, je viens de faire la page pour le site. Comme à mon habitude j’ai fait dans la drôlerie mais ça a au moins le mérite d’exister.

Vous l’avez compris, je fais propre, je viens de refaire la façade du forum dans la foulée avec une bannière magnifique dont vous me donnerez des nouvelles. J’ai utilisé le service, ce que je pratique de plus en plus, crello. C’est facile, c’est intuitif et pour quelqu’un qui n’a aucun talent, ce n’est pas si moche (oui ce n’est pas si moche).

Voilà où j’en suis pour l’instant, je continue mon grand ménage qu’il soit au boulot ou à la maison, demain c’est surveillance du DNB avec l’épreuve de mathématiques, on verra ce que ça va donner la nouvelle, nouvelle réforme.