Complément 46 – On s’occupe

22/06/2018 Non Par cborne

Je suis donc dans une période de calme avant la tempête, c’est-à-dire que je suis à la maison avant de cavaler comme un foufou pour finir l’année. C’est la seule journée où je n’ai pas pris la voiture, j’ai cavalé ces derniers jours tout de même à gauche à droite pour faire des courses, parce que j’ai la passion des courses. Un peu de peinture, des machines à laver, du nettoyage, un peu de tri dans les fichiers, dans le matériel aussi. Je tente par exemple de réparer un ordinateur portable en changeant son clavier pour 40 €, c’est cher pour tenter sa chance, néanmoins la machine est côtée à 300 € et je ne l’ai pas payée. J’ai fait aussi un test qui me tenait à cœur depuis un moment, l’installation de cloudready sur un ordinateur. Cloudready c’est tout simplement Chrome OS ou plutôt Chromium OS que vous pouvez installer sur n’importe quel ordinateur. ChromeOS a le vent en poupe en ce moment et pour cause, on calcule que c’est l’OS qui va remplacer Android sur les tablettes. L’installation se fait de manière triviale sur la clé USB en faisant un sudo dd if=cloudready-free-66.3.16-64-bit.bin of=/dev/sdx bs=4M, en bas à droite vous avez une icône qui vous permet de lancer l’installation, elle efface tout sur son passage. Bien évidemment c’est particulièrement limité, on se retrouve avec Chromium et rien d’autre. L’idée c’est donc quelqu’un qui travaille beaucoup avec les services Google, en attendant la compatibilité avec Android qui est prévue. Pour l’instant, l’intérêt est quand même franchement limité même si on sait que de nombreux étudiants américains l’utilisent, la réactivité de la machine en outre est particulièrement bonne. Quelques écrans.

On notera la présence de Virtualbox dans la possibilité d’installation, une façon de profiter de Linux et de Windows même si c’est quand même franchement médiocre quand on sait que l’idée sous-jacente c’est de redonner un peu de peps à une vieille machine. C’est donc un projet à suivre, lorsque les applications Android seront compatibles, il y aura matière à le considérer sérieusement comme une alternative. Rappelons-nous que Chrome contrairement à Android, n’est pas forcément conçu pour le tactile si bien qu’on n’est pas dans le même délire qu’Androidx86 qui marche à moitié et qui attend votre doigt, en tout bien tout honneur.

Je me suis lancé dans des fiches de maths pour ma fille qui vient de finir sa cinquième. C’est assez beau de la voir faire, elle y met toute la bonne volonté du monde sans y arriver. Elle a passé une année plutôt difficile avec un enseignant obsédé par le calcul mental. Ce qu’il demande n’est pas bien sorcier mais pour quelqu’un qui ne maîtrise pas ses tables de multiplication, c’est un problème. Il y a plusieurs façons de voir les choses :

  • c’est le problème de ma fille, le calcul mental demandé ne devrait pas poser de problèmes.
  • c’est la responsabilité de l’enseignant qui ne devrait pas faire que des contrôles sans calculatrice car il n’évalue finalement pas pleinement la leçon qu’il fait. Ma gosse par exemple est parasitée par le calcul mental ce qui la ralentit dans ce qui est évalué.

Après je ne me fais pas d’illusion quand je regarde ses contrôles, sans être dyscalculique elle se tape quand même de sacrés bons délires sur ses copies qui traduisent un manque de logique flagrant. Elle correspond à mon profil d’élève, je vais la faire travailler pendant les vacances sur les fondamentaux comme le calcul de fraction ou l’utilisation du produit en croix pour tout faire. Je mettrai l’ensemble en ligne quand j’aurai un peu structuré.

En dur je n’ai jamais trouvé de logiciel pour faire les graphiques que je trouve satisfaisant. Geogebra par exemple, c’est galère pour réussir à avoir des axes à la bonne échelle. Les années passent et les complexes avec, à une époque je vous aurais dit, jamais tu ne dois utiliser de service car à n’importe quel moment il peut disparaître. Quand aujourd’hui tu réalises que c’est vrai pour le logiciel libre que tu utilises, tu te dis que finalement, il n’y a pas de mal à se faire du bien. J’utilise désormais le service Desmos pour réaliser mes courbes, c’est plutôt propre.

L’idée c’est de montrer que lorsqu’on a une droite qui passe par zéro c’est une situation de proportionnalité. Le service permet de faire un export en png dans différents formats, j’ai vu qu’il y en avait quelques autres sur la toile du même type. C’est encore l’un de mes drames, se rendre compte que les services web sont bien plus intuitifs que les lourds logiciels disponibles en dur. L’avenir est indéniablement par là-bas, il faudra que je fasse une liste, une liste de tout d’ailleurs, ce sera certainement l’objet d’un prochain billet.

Je viens de me créer un compte instagram. Je ne sais pas comment je vais l’utiliser mais l’idée est un peu la même que pour la réouverture de facebook. Une élève me contacte pour me demander si c’est moi sur instagram ce qui n’est pas le cas. J’étais au courant que mes élèves avaient monté une page délirante avec toutes les photos qu’ils avaient trouvé sur le web, un délire messianique mélangé à un trip extra-terrestre pour dire que j’avais traversé la galaxie pour éduquer les gosses. Rien de bien méchant, mais si dans la tête d’une gamine de 16 ou 17 ans il peut y avoir ambiguïté, je ne prends pas de risque. C’est un réseau que je ne connaissais pas, et on comprend son succès. C’est simple, c’est basé sur la photo, si bien qu’il y a encore moins d’effort à faire par rapport à un facebook qui peut devenir textuel. Et c’est encore plus ancré dans le réseau par le fait qu’il ne fonctionne qu’avec un appareil mobile, avec l’application. La moralité c’est qu’un partage construit depuis un ordinateur n’est pas possible, il faut passer par le smartphone, on se doute qu’on ne trouvera pas du Zola pour le texte. Instagram est donc bien adapté aux jeunes, dégainer le smartphone pour prendre une photo, peu écrire, c’est l’idéal. Néanmoins même si le réseau vient de franchir le milliard d’utilisateurs, je me dis qu’on aura toujours besoin d’un réseau dédié à l’écriture, jusqu’à ce que la vidéo la supplante complètement.

J’évoquais ici l’insécurité du logiciel libre face au service, et pourtant c’est vrai. Si dans trente ans je suis encore en vie, que j’ai envie d’écrire, y aura-t-il un logiciel libre pour me permettre de continuer mon loisir ? Rien n’est moins sûr. D’une part le logiciel, mais aussi les hébergeurs, qui peut imaginer ce que sera l’informatique de demain ? Sans vivre au jour le jour, la seule projection qui me paraît valable c’est d’avoir le moins de données possibles, d’être le moins investi pour pouvoir se mouvoir le plus rapidement possible. L’informatique, c’est avant tout voyager léger.