Complément 41 – gestion de la colère mène par 2 à 0 contre crise de nerfs

23/05/2018 Non Par cborne

Forcément vous vous dites, lundi, il a sorti une hache et il a découpé sa collègue en rondelles, c’est étonnant on en n’a pas parlé à la télé. Oui c’est son genre, il vous fait le plan du Dalaï-lama mais on sait que c’est un grand psychopathe. J’ai essayé. Je l’ai vue, je faisais une gueule de douze mètres, une gueule que j’ai travaillée pendant des années, une gueule que j’ai héritée de mon père, elle est arrivée, m’a fait un grand sourire, elle était contente, m’a posé des questions, j’ai répondu à tout sans rien dire. Comme je vous l’expliquais dans le précédent billet, je pense qu’elle n’aurait pas compris. Alors vous vous dites, il avait une deuxième chance d’être odieux, faire brûler des PIV, monter des pyramides avec, danser nu dessus en chantant des malédictions dans une langue ancienne, même pas. Mon interlocutrice m’a appelé, elle m’a dit qu’elle présentait ses excuses pour le coup d’avant, qu’elle était fatiguée, elle a dû sentir au niveau de mon mail qu’il y avait quelque chose à faire. Cela dit comme je vous l’expliquais la fois d’avant, c’est une véritable remise en question, j’ai donc confirmé ce que j’ai dit à l’écrit. J’ai globalement donné 20 postes, on va en rester là pour l’instant et attendre les retours. S’il apparaissait que le PIV n’est vraiment pas viable, ça part directement à la recyclerie. La recyclerie ce n’est pas le mal, il y aura récupération des composants, les cochonneries seront traitées, et j’en passe.

Je crois que cette expérience est importante, elle l’est pour moi comme pour vous. Nous sommes des bonhommes, même les femmes qui lisent ce blog sont des bonhommes, parfois on a un peu de mal, trop de distance avec les gens et toutes les expériences qui nous permettent de nous confronter à la réalité, c’est toujours ça de pris. Je crois que mettre un coup de crampon dans l’utopie c’est toujours bon à prendre, ça permet de remettre les choses dans leur contexte. On imagine qu’on va sauver le monde, qu’on va sauver tous les PC, l’arrêt du 32bits ce n’est finalement pas une mauvaise chose, désormais l’informatique commence pour moi au double cœur. Jusqu’à maintenant je vous donnais comme critère, en dessous de 1 Go de RAM c’est Debian, au dessus c’est Xubuntu, désormais le nouveau critère, c’est : en dessous de 1 Go de RAM, du double cœur, ça n’existe pas, avec un SSD c’est Xubuntu, sans SSD c’est Debian. L’utilité de ces ordinateurs, les PIV, la dernière, c’est d’en faire des clients légers, je regrette d’ailleurs que personne ne se soit vraiment posé la question d’une distribution réellement utile qui permettrait de transformer ce type d’appareils en machine efficace. Il faut que je lorgne encore du côté de Slitaz pour voir si ça progresse, pour voir si ça évolue. La réflexion du client léger peut encore se réfléchir de façon plus approfondie, un PIV avec une alimentation qui pompe comme ce n’est pas permis, finalement est-ce qu’il ne vaut pas mieux mettre des pi à la place même si l’investissement de base est un peu plus important. J’ai donc facile 50 PC de type PIV à venir et à venir chercher, si quelqu’un en a une utilité, qu’il n’hésite pas c’est cadeau.

Le nouveau Cyrille BORNE

On rigole, on rigole mais c’est bientôt la fin de l’année. A partir du 6 juin, j’ai mes premiers élèves qui partent en stage, je vais donc avoir du flottement jusqu’au 6 juillet même si vous savez que je sais comment m’occuper. Du fait d’être dans l’enseignement professionnel pour la grande majorité d’entre eux, mes élèves ne se retrouveront pas du côté de parcours sup, étant donné qu’ils seront certainement sur le marché de l’emploi. J’ai du mal à m’y intéresser, je demanderai quand même à mes élèves de BAC STAV si tout s’est bien passé pour eux, néanmoins je suis étonné que la situation n’interpelle pas vraiment plus que ça. J’ai du mal à m’y intéresser mais j’ai aussi du mal à m’en émouvoir. Un taux de réussite en première année d’université catastrophique, on évoque 60% d’échec à la FAC pour 80% de réussite au BAC. Il serait peut-être bon de se poser les bonnes questions, revoir la copie, en arrêtant de donner le BAC, en arrêtant d’ailleurs de tout donner pour éviter la catastrophe qu’on vit à l’heure actuelle. Combien de gamins vont être titulaires d’un BAC général qui ne leur servira à rien, un BAC obtenu de façon trop médiocre, pour des études supérieures qu’ils n’ont pas la capacité de suivre ? Je suis toutefois confronté à l’orientation en tant que parent, Main Innocente passe son DNB et grimpe en classe de seconde, ce sera un BAC PRO.

Quand je dis qu’on a quand même un problème avec l’école, ce n’est pas pour rien. Pour ceux qui ne connaîtraient pas totalement mon histoire, Main Innocente et sa sœur la présidente du syndicat des enfants sont adoptés. Main Innocente a très rapidement compris qu’il était arrivé dans la bonne famille, des écrans de partout et de la bouffe, et des gens avec qui il n’avait pas besoin de faire d’effort particulier pour se faire comprendre pour que l’assiette se remplisse. Il n’a jamais fait d’efforts véritables pour se mettre au français. Et c’est ici tout le paradoxe de l’école, cette école qui ment aux parents. Cela fait des années que je lui explique que s’il ne lit pas, s’il ne se fait pas violence pour s’y mettre un peu, il va y avoir un problème. Les problèmes on les retrouve cette année, 7 de moyenne en anglais, 6 en espagnol, entre 8 et 10 en français qui en vaut 4 dans mon monde à moi. Comme l’école ment, qu’elle fait tout cadeau, alors qu’il a un niveau déplorable en français, à fortiori dans les autres matières littéraires, avec des enseignants des autres matières trop bienveillants et qui ne notent que le contenu sans tenir compte de l’emballage, il arrive sans forcer à 13 de moyenne pour cette année de troisième, et même des encouragements. A 13 de moyenne, des encouragements, le parent normal, comprenez le parent qui n’est pas dans le milieu scolaire, se dit que son gamin peut prétendre à la classe générale, la suite logique. Or, quand on fait passer la fiche liaison de troisième, il apparaît que sur le vœu de générale, l’équipe pédagogique note un avis réservé. Étonnant qu’un gosse se retrouve à 13 de moyenne, des encouragements et finalement l’équipe qui lui donne ces notes ne croit pas vraiment en lui, et l’exprime par la fiche de liaison. J’enseigne en seconde générale, le nouveau pallier de difficulté, avant c’était la sixième, le collège c’est désormais non pas two fingers in the noise mais une main dans chaque narine, je sais que mon gamin n’a absolument aucune chance et il l’a bien compris. Il vaut mieux faire un bon BAC PRO, essayer de trouver le patron pendant les trois années à venir que de se casser les dents sur un BAC général qui ne mènera à rien.

Finalement, on se pose beaucoup de questions sur le système scolaire, on s’insurge, alors que la solution ne tient que dans cette phrase : arrêter de mentir et faire le niveau attendu sans concession. Quand on tombera à 50% de réussite au BAC la première année, peut-être moins, ça fera mal, mais ça aura le mérite de remettre les choses dans leur contexte. Et puis vous verrez que ça bouchonnera largement moins à l’entrée des universités. L’état français avec la complicité de tout le système éducatif se contente de repousser les échéances au lieu de faire monter le niveau d’exigence, au ras des pâquerettes aujourd’hui, phrase toute trouvée pour enchaîner sur cette image.

Il s’agit d’une partie du verger au lycée. Vous le savez, dans mes cours étranges à majorité des mathématiques, je participe à un module de vente. Il s’agit d’une de mes récréations, et si je pense que les choses doivent bouger l’an prochain, on y reviendra quand ce sera l’heure, je ferai le nécessaire pour conserver ce module. Je bosse avec une femme que j’apprécie, qui est compétente, et qui me met toujours au défi de faire des nouveaux trucs, c’est comme ça que vous m’avez vu m’intéresser à Pastèque, woocommerce, des tablettes Windows XP pour faire un point de vente, faire tenir un WordPress à des élèves, j’apprends toujours des trucs. Nous avons travaillé avec les élèves sur le commerce équitable. C’est plutôt sympa, une association s’est déplacée, ça permet de faire réaliser aux enfants les conditions de travail dans le reste du monde, la qualité des produits, ce genre de choses. Pour finir l’année, on fait venir une classe de CP / CE1, nos troisièmes vont devoir les prendre en charge, leur montrer l’exploitation, leur expliquer la notion d’équitable mais aussi de local. Pour préparer, on est allé faire un tour avec un groupe de troisième sur l’exploitation, c’est le côté sympa de l’enseignement agricole, on tombe sur un collègue qui travaille aux champs avec d’autres gosses et qui prend le temps de vous expliquer un truc. Tu peux difficilement faire ça dans l’éducation nationale, passer la porte de ton collègue avec tes élèves, ici tout est possible. J’ai appris un truc, et c’est ici que tu te rends compte de ton inculture dans des tas de domaines. Avec un gamin on se fait la réflexion que c’est assez mal taillé, avec des herbes de partout, on imaginait arriver sur un green de golf. Le collègue m’explique que les herbes qui sont au sol, qui donnent le côté sale c’est pour que les sauterelles les mangent parce que si les sauterelles n’avaient pas ça à manger, elles attaqueraient les arbres … Bon sang, la nature c’est quand même franchement bien fait. Les ados sont plutôt réceptifs au projet, ils ont la pression de se mettre à la place des professeurs, un très vaste programme.

Je pourrais vous en raconter un peu plus, évoquer la sortie de l’édition remastered de Dark Souls, que je n’ai pas encore achetée mais ça viendra, je pourrais vous raconter comment Saint-Pierre renaît de ses cendres chaque année avec la saison qui démarre fort, il y a tant de choses à dire. Je me contenterai de dédicacer ce billet à deux personnes. La première c’est Greg qui m’a envoyé un mail chaleureux suite à mon billet sur la gestion de la colère et qui voyait un appel au secours. Il sera rassuré de savoir que dans le premier cas j’ai bien agi en ne disant rien, dans le second cas en étant juste, sans me sentir insulté, et en reconsidérant les faits, rien que les faits, comme sur Arte. La prochaine étape dans mon développement personnel c’est d’arrêter d’avoir envie de répondre au premier réflexe, d’avoir l’attitude positive et dégagée. Ça va pas être gagné, mais on va y travailler. La seconde dédicace, c’est quelqu’un qui se reconnaîtra. J’aimerai te dire que je me contrefous de savoir par combien de personnes sera lu ce billet, même si vous serez nombreux car je suis un guide, je le sais, car l’important c’est que j’ai réussi à satisfaire mon lecteur le plus fidèle, le seul, celui qui a le plus d’importance pour moi :