Complément 30

05/04/2018 Non Par cborne

J’ai donc repris le chemin de l’école après huit jours de maladie, et le moins qu’on puisse dire c’est que huit jours de plus n’auraient pas été du luxe. Conduire, ce que je n’avais pas fait depuis le début, m’a demandé un effort considérable, à croire qu’on s’était donné le mot entre la météo vent et pluie, les conducteurs très engagés surtout sur ma voie pour me couper la priorité. J’ai enseigné trois heures, petite journée, j’ai fait des photocopieurs comme prévu, j’avais mon rendez-vous avec les gens qui vont monter la ressourcerie de Pézenas qui a été décalé à ce vendredi, ce n’est pas plus mal, ces malheureux auraient pensé que j’étais drogué. Nous sommes mercredi au moment où j’écris ces lignes, écrire me demande un effort, tout encore me demande un effort. C’était donc certainement la grippe ou sa proche cousine que j’ai contractée pour un état franchement pourri que je vais certainement avoir jusqu’aux vacances.

On m’a déjà fait la remarque, rapide d’ailleurs pour ceux qui s’en sont rendus compte, j’ai supprimé mon compte Twitter.

Ce n’est que la troisième fois, je pense par contre que ce coup-ci sera la dernière. Rien à signaler sur ce réseau quand on apprend à faire le tri dans les fils qu’on suit, quelques informations intéressantes mais pas assez pour la masse de temps engagée dessus. Dans le cumul de défauts que je peux avoir, je suis atteint de ce qu’on appelle le « fear of missing out ». C’est un phénomène qui a trouvé son nom avec l’arrivée des réseaux sociaux mais que j’avais déjà, dès que j’ai mis mes pieds sur l’internet. Du fait d’avoir de très nombreuses heures sans internet, quand je suis en cours je ne consulte pas les tweets, je me retrouve à midi ou le soir à reprendre tout ce que j’ai pu rater, comme si j’avais peur d’avoir raté quelque chose. C’est une grande perte de temps pour une information qui est franchement redondante, 95% de l’information qui passe, je la trouve dans mes flux RSS. deux caractéristiques tout de même que j’ai trouvées notables :

  • quelques uns de mes élèves dans ma timeline, et ce que je constate c’est deux écoles. Ceux qui sont spectateurs, pas un seul tweet, ceux qui arrosent la toile avec finalement peu de contenus personnels mais beaucoup de RT. Ils me font penser au réseau il y a quelques années, certainement une raison pour laquelle je l’avais quitté à l’époque, le fait d’avoir des gens qui n’ont aucune personnalité, qui font penser à des bots. A cette époque, un blogueur dont je tairais le nom retwittait l’intégralité de Maître Eolas. Le réseau s’est d’ailleurs franchement calmé de ce côté là, avec des comptes vraiment uniques, des individus qui ne font que de la citation, d’autres qui font du culturel en moins de 280 caractères et dont la seule vocation c’est le partage d’une information culturelle ou insolite. Je vais un peu tricher pour récupérer le flux RSS de certains, dommage qu’ils n’ont pas monté de site internet et qu’ils se focalisent uniquement sur les réseaux sociaux.
  • d’un point de vue pédagogique, on a la sensation d’être sur Yammer. Concrètement dès qu’on suit quelques personnalités pédagogiques, c’est la course à celui qui aura la plus grosse, d’activité pédagogique. Je ne dis pas que c’est mal, si ces gens là le font parce qu’ils ont envie de le faire, que c’est porteur, mais voir défiler les modes me gêne. Oh le magnifique Escape Game que je viens de monter avec mes élèves, j’ai passé soixante heures de boulot pour une séance d’une heure qui sera mémorable, regardez les photos surtout, oui le prof au milieu avec les enfants qui pleurent de bonheur, c’est moi, mais prenez les sur mon compte insta, avec les filtres je passe mieux qu’au naturel. Il s’agit certainement d’un point de vue qu’on qualifiera d’aigri ou de jaloux, mais la gamification à tout prix, la présentation à tout prix, me fait penser en permanence à un grand jeu de culpabilisation des autres collègues.

J’avais trouvé une occasion avec Twitter de délester un peu ma veille, j’essaierai de mettre ce qui me paraît le plus pertinent dans le forum ou de monter de véritables billets de blogs.

Il y a une actu sur laquelle j’aimerai revenir et qui illustre un peu mon propos du dernier billet, à savoir que c’est bien sympa de faire croire au libre encore faut-il leur apporter des solutions pérennes. Steam n’aura pas beaucoup échoué mais s’il y avait un échec qui était largement prévisible c’était celui des Steam Machine. La Steam Machine c’est un PC survitaminé qui devait répondre à un ensemble de critères, notamment d’embarquer Steam OS, une distribution Linux développée par Steam et qui aurait dû révolutionner le jeu en permettant aux joueurs de s’affranchir de Windows. Valve reconnaît un bide, il ne fait pas disparaître la page des machines, il la dissimule tout simplement. A l’époque de sa sortie, les optimistes expliquaient que si Valve met de l’argent sur la table, cela va tirer le marché, les gens prendront alors le temps de développer une version Linux. Les plus pessimistes dont je faisais partie écrivaient qu’acheter une machine à plus de 1000 € pour faire tourner 25% du catalogue dont très peu de blockbusters, c’est une véritable hérésie, au même prix on a un PC qui embarque Windows, qui en fait plus, qui fait tourner l’intégralité du catalogue. Il faut arrêter de croire au père Noël, Linux n’est pas fait pour jouer, même si certains illuminés vous raconteront les parties endiablées qu’ils font à Supertux Kart.

je joue à Supertux Kart, je peux enfin arrêter de vivre.

Nous sommes en 2018 et ma femme qui est sous Xubuntu m’a posé la question suivante. Comment imprimer une image en lui faisant prendre toute la page. J’imprime peu, je n’imprime jamais des images en dehors d’un document si bien qu’il s’agit d’un problème que je ne rencontre pas. Mon épouse va prendre une image sur internet, modifier avec Kolourpaint trois bricoles puis lancer l’impression sauf qu’il n’y a pas d’options quand n’importe quel logiciel de base sous Windows, paint pour en citer un, Photofiltre pour en citer un autre le propose sans aucun problème. L’astuce donc c’est de modifier l’image avec Kolourpaint, rouvrir l’image avec Openoffice Draw par exemple, agrandir l’image pour qu’elle prenne la totalité de la page puis lancer l’impression. Pour le faire en un coup, il faudrait utiliser The Gimp, mais on va arrêter de plaisanter. On souhaite amener les gens en masse au libre, mais est-ce qu’on a vraiment les moyens de le faire ? Certainement pas. Oui on peut parfaitement trouver son compte avec le logiciel libre, mais pas tout le monde, et certainement pas sans support. Il serait injuste de charger la mule plus que cela, mon épouse fonctionne dans son quotidien sous Linux sans aucun problème, ce qui montre que dans l’état actuel des choses, pour une utilisation basique c’est plutôt pas mal à condition de revoir quelques exigences à la baisse.

Un gentil lecteur m’a donné trois appareils de ce type :

Il s’agit de tablettes sous Windows XP, type EM200, 1 giga de RAM, 160 Gigas de disque dur, un processeur Atom. Il s’agit d’appareils qui ont été utilisés pour faire terminal point de vente. Qui dit terminal point de vente, dit magasin école. Je vous rappelle qu’au niveau de mon lycée, on a un magasin école à base de produits alimentaires et non alimentaires on y vend des produits bios ou des produits qui proviennent de notre ferme, des oeufs ou de la viande par exemple. Pour l’instant ma collègue utilise une solution pourrie le temps que pastèque arrive et soit fonctionnel. Si vous avez suivi mes aventures, j’avais un peu documenté l’installation d’un serveur pastèque pour du mutualisé, beaucoup de bugs et du fait d’avoir les nouvelles lois sur la RGPD, le logiciel devait être recodé, je suis dans l’attente de la sortie de cette nouvelle version pour repartir de zéro et avoir une solution qui je l’espère sera durable. Comme vous me connaissez et que vous savez que je suis joueur, j’ai regardé si on pouvait installer Linux dessus. Compte tenu des caractéristiques de la machine, ça se charge en tout cas, je suppose donc que ça doit fonctionner. Du fait d’avoir trois appareils, j’ai dit à ma collègue que j’en réservais deux pour le lycée, je vais en conserver un pour moi et voir ce qu’on peut faire avec en terme d’interface tactile. Je vais essayer de refaire une passe sur les solutions existantes, j’avais démarré par Pastèque que j’avais trouvé en premier, sans chercher plus loin, ce sera peut-être l’occasion de trouver une autre solution sans nécessairement passer par l’intermédiaire d’un serveur.

Voilà un peu les points que je voulais aborder, il me tarde désormais d’arriver aux vacances pour me reposer. Alors que j’avais la patate jusqu’à maintenant, la maladie m’a vraiment rétamé, je n’ai pas l’habitude de me retrouver dans un état pareil aussi longtemps, sans réussir à remonter la pente. Une fois que j’aurai fini de faire le grand ménage dans les objets et dans les services, il va falloir redevenir un peu productif, parce qu’en ce moment à part être un légume, ce n’est pas vraiment brillant.