Complément 29 : sans titre

29/03/2018 Non Par cborne

Pas d’inspiration pour le chapeau, pas d’inspiration pour le titre, j’aurais peut-être dû appeler ce billet complément 29, sans inspiration.

Alors que la terre entière s’acharne de façon ridicule sur Facebook, j’en veux largement plus à Microsoft. Ridicule, je l’ai déjà expliqué, quand on sait qu’Orange fait de la collecte d’informations qui doivent être certainement plus pertinentes comme le nombre de pornos que vous regardez chaque mois, vos aspirations religieuses, politiques, les sites sur lesquels vous avez consommé, ce que vous avez consommé et j’en passe, il y a certainement plus préoccupant que le réseau mondial américain. Ne pensez pas que j’ai une tendresse particulière pour Facebook, je pense qu’il est juste important de recontextualiser surtout quand le hashtag visant à faire sauter facebook provient d’un site qui lui aussi utilise les données personnelles.

Les sites informatiques, se sont contentés d’expliquer comment faire sauter son compte et utiliser quelques paramètres de sécurité, quasiment aucun site n’a précisé que quel que soit le réseau social que vous allez utiliser, si c’est pour reproduire les mêmes erreurs c’est que vous n’avez rien compris. Supprimer son compte facebook pour en balancer quatre fois plus sur snapshat ou sur instagram c’est ici le fond du problème. En gros, reportez vous aux cours bien moralisateurs que nous faisons en troisième à nos élèves : « oh la la attention, méfie toi des pedobears, ne donne pas d’informations trop privées, n’insulte pas les gens et réfléchis bien avant de poster un message ». Caricatural pas tant que ça, on tenait déjà ce discours depuis l’époque des skyblogs, j’étais dans le Cantal, vous voyez que cela ne nous rajeunit pas, les outils changent, les problématiques sont les mêmes, elles ne dépendent pas des outils mais des hommes.

Ce qui dépend beaucoup des outils, mais aussi des hommes on y viendra plus loin, c’est l’obsoléscence. C’est François Aubriot qui a retweeté cet article : VDI : Windows Server 2019 abandonne le rôle hôte de session de poste de travail à distance. Attention, tout ce qui va suivre est à prendre avec des pincettes car d’une part l’article n’annonce pas ceci comme une certitude, d’autre part je n’ai pas le niveau technique suffisant je pense pour en avoir compris tous les tenants et les aboutissants. Si j’ai tout compris, n’hésitez pas à venir me contrarier dans le forum ou par mail si j’étais dans le faux, ce serait la fin de ce qu’on appelle TSE dans mon lycée. Souvenez vous, j’ai une petite centaine de postes sous Linux, les élèves ne travaillent pas dessus en direct mais se connectent à un serveur qui a plus de 60 Go de RAM pour travailler. Si j’ai donc tout compris, cette possibilité serait retirée de Windows Serveur et il faudrait un poste en Windows 10 multi-utilisateurs. Il est donc possible que je raconte n’importe quoi, mais j’y vois ici une poussée à la consommation et l’impossibilité d’utiliser des clients légers d’ancienne génération ou tout simplement des postes Linux. François Aubriot avec sa société Dot River est bien placé pour en parler puisqu’il propose l’équivalent mais sous Linux.

Sans évoquer Linux, cela fait 15 ans que j’enseigne, cela fait donc 15 ans que j’utilise Openoffice puis Libreoffice pour faire mes cours. Alors effectivement on pourrait me faire remarquer que l’exemple n’est peut-être pas le plus judicieux avec le schisme qui a créé le fork, au contraire, il est intéressant de montrer que lorsqu’une société propriétaire débarque ça finit toujours par partir en cacahouète s’il n’y a pas de rentrée financière. La comparaison avec le monde de Microsoft est simple, j’ai démarré le métier en 2003 si j’avais voulu me mettre à la page : Office 2003, Office 2007, Office 2010, Office 2013, Office 2016. Cinq versions que j’aurai dû payer ou pas, entre les promos qu’on peut avoir aujourd’hui quand on est prof (ou avec le site de clés qui va bien) ou le piratage. Et de la même manière il aurait fallu que je paye la licence de Vista, Seven et Windows 10. Mes collègues utilisent Word 2007, c’est un combat perdu d’avance quand je leur explique qu’ils utilisent un logiciel vieux de plus de 10 ans alors que Libreoffice date de la semaine dernière. Les habitudes et les préjugés ont la peau dure, dans l’enseignement encore plus.

Quand on évoque l’obsolescence programmée, pour certains c’est du conspirationnisme, au même titre que les soucoupes volantes, la zone 51. Imaginer que des entreprises saborderaient leur produit de façon consciente pour en vendre des nouveaux, relèverait du délire. Ne parlons pas d’obsolescence programmée, et mettons nous à un niveau plus raisonnable, à savoir que reprocher à un fabriquant de machines à laver de ne pas fournir la courroie pour un modèle vendu il y a 35 ans et qui ne doit quasiment plus exister, c’est discutable. Prenons le problème dans l’autre sens, en posant simplement la question suivante : comment sortir du cercle infernal de la nouvelle version ? Deux possibilités, passer au logiciel libre comme je le préconise, rester sur l’ancienne version. Comme évoqué plus haut, mes collègues utilisent une version 2007 du pack office de Microsoft et ils en sont contents. Pourquoi changer ? Parce qu’à terme ils n’auront pas le choix, Microsoft se débrouille toujours d’une manière ou d’une autre pour bloquer ses anciens programmes et pousser à passer à la suite. Plutôt que de subir en permanence la loi de Redmond, pourquoi ne pas sauter le pas et passer au libre ?

Nous sommes nombreux à connaître la réponse, les freins sont multiples, les pédagos, les « techniciens », les utilisateurs, ces gens qui sont des crevards de la nouveauté, et qui n’imagineraient même pas une stabilité sur 15 ans pour un logiciel. Avec des logiciels qui deviennent de plus en plus pénibles, des abonnements à la place de logiciels en dur, une prise de conscience du logiciel libre qui finira bien par arriver pour les économies que cela représente, il suffit d’attendre.

Nous faisons chacun notre chemin face à l’informatique, si certains sont plus avancés que d’autres, certains n’ont pas emprunté la voie, n’ont pas vu le panneau, ne se pose même pas la question d’un autre chemin. Pour ma part, je ne bataille plus pour l’utilisation de Linux car c’est trop complexe pour des utilisateurs qui ne s’y intéressent pas, si par contre on arrivait à faire basculer tout le monde de Microsoft Office à Libreoffice, faire payer un peu tout le monde pour le développement de Libreoffice, on aurait un premier pas de fait. Je continue mon chemin et en 2018 où nous finissons déjà les trois premiers mois de l’année, c’est sous le signe du grand nettoyage. Je devais vendre la PS3 cette semaine à un gars faisant le déplacement de Monptellier pour venir jusqu’à Pézenas, du fait d’être malade ce sera la semaine prochaine. Un gadget de moins dans la maison, je n’ai plus le temps de jouer, plus vraiment la patience non plus, j’achèterai certainement le dernier Styx à pas cher sur la PS4 mais ce sera tout. Depuis ce début d’année je n’ai cessé de vendre, je n’ai pas acheté un seul gadget débile et c’est aucun regret. Il apparaît même en fait que c’est la tendance inverse, plus on vide, plus on cherche à vider, plus on prend de plaisir à vider, plus on réfléchit sur ses usages et sur ce qu’on pourrait être amené à vider.

Si j’avais su, j’aurais fait certainement les choses différemment, avec le recul, mais est-ce que je pouvais faire autrement ? Comprenez que chez moi, si on a toujours eu à manger, tout n’a pas été toujours rose financièrement. L’accès aux premières payes pour mon épouse et moi-même, c’était comme fêter son anniversaire chaque début de mois. C’était il y a 20 ans, tout est différent, tu as de l’expérience, tu as du recul, tu as de la maturité, et tu cherches autre chose dans la vie que de posséder la plus grande collection de bande dessinées du monde ou avoir des statues des Chevaliers du Zodiaque que tu n’emporteras pas dans ta tombe. J’en ai jeté de l’argent par les fenêtres, j’aurai pu faire autre chose avec, tant pis, c’était mon chemin, il fallait certainement en passer par là. A cette époque de consumérisme absolu, j’essaie d’expliquer à mes enfants que la consommation ce n’est pas une fin en soi, qu’il y a d’autres choses à faire que d’écumer les grandes surfaces et de dépenser de l’argent, qu’il faut apprendre à faire des choix et les bons. C’est tout sauf gagné, ce sera l’objet d’un prochain billet.