Complément 26 : s’agripper

13/02/2018 Non Par cborne

Ce qui est intéressant dans cette série de billets, le complément, c’est qu’effectivement c’est le complément du billet dernier et des précédents, un jeu qu’on peut répéter à l’infini quand on a ma vie. J’aime ce côté tableau où à chaque fois je rajoute une petite touche supplémentaire pour compléter l’œuvre moi l’artiste maudit. Nous avions laissé notre héros avec son partner, son liquide de refroidissement, un bon litre de perdu dans le week-end pour à peine 80 km de roulage. Je remets à niveau hier soir, je suis prêt à partir ce matin, je fais un tour aux toilettes et en tirant la chasse je trouve le niveau anormalement haut.

Dans la vie tu as deux types d’individus, ceux qui refusent l’évidence, en pensant qu’ignorer c’est repousser ou exorciser la fatalité, et les autres qui sautent dans la merde à pieds joints, et c’est le cas de le dire. Ma femme me dit que ça peut attendre et que je devrais m’occuper de la voiture, mais Cyrille BORNE peut tout faire, se jeter dans le caca et amener un partner qui pisse le liquide de refroidissement au garage à 50 km avec l’autoroute au milieu. J’ouvre mon regard, il est plein, et je me rends compte que j’ai bien changé de papier toilette, celui-ci se mélange franchement mieux ce qui donne un côté encore plus dégueulasse. Alors je sais vous allez me dire que je suis sale, mais non, on y passe tous, le caca c’est comme le crépi, le caca c’est la vie. En fait la situation n’est pas si dramatique, elle est juste problématique, je vous fais un schéma.

C’est plutôt une bonne chose que je n’ai qu’à lever la jambe pour passer chez mon voisin car sinon ça serait vraiment difficile. Le blocage ne se fait pas chez moi mais chez lui. Comme vous pouvez le voir sur mon magnifique schéma au choix des couleurs très judicieux, j’ai une accumulation en sortie de mon évacuation. Une fois que je mets un coup de jet d’eau sur cette accumulation, ça passe, on dirait un volcan qui s’écoule. La question que je me pose forcément, c’est de savoir pourquoi pendant quatre ans passés nous n’avons pas eu de problème d’évacuation pour que depuis le mois de décembre maudit, j’ai ce problème. Je pourrais effectivement positiver en me disant qu’une fois par mois, il me suffit d’aller à la fontaine à caca et mettre un coup, seulement ça reste quand même franchement médiocre. Mes voisins ne seront certainement pas jouasse mais à part passer l’œil de Moscou à travers la conduite, je ne vois pas trop de solution. Je vois bien une racine ou un truc du genre qui retiendrait tout vers la sortie.

Donc public, tu vois ton Cyrille BORNE le tuyau à la main avant de partir, vérifiant avec fierté qu’il n’a aucune déjection sur lui, sauter dans sa voiture et rouler. On aurait dit Dalida mais avec un strabisme un peu différent, un œil sur la route, un œil sur la température. Je ne dépasse pas les 120 sur l’autoroute, je maudis chaque camion qui m’oblige à le dépasser, en lui souhaitant de passer une de mes journées, j’arrive au garage. Je n’ai pas perdu une goutte de liquide de refroidissement. La plupart du temps, les techniciens ne vous croient pas mais il se trouve que quand ils voient les vieux de Pézenas cracher en passant devant moi, les chats noirs me contourner et les échelles s’écarter, ils savent que si je dis qu’il y a un problème, c’est qu’il y a un problème. Mon collègue de sport le DJ CASSOU, vient me récupérer, j’arrive au lycée et je suis bien sûr agressé par des hordes de furies qui ont des problèmes informatiques.

Il est 10 heures, mon rendez-vous arrive, c’est Yves Saboret, membre d’Emmabuntus. Comme je vous l’ai expliqué, il va organiser une conférence sur l’obsolescence programmée. Yves partage la même vision que moi, une vision pragmatique, une vision où l’important c’est quand même d’aider son voisin. On parle de libre, je suis régulièrement interrompu par des collègues qui me demandent des trucs, ça avance doucement, mais ça avance. L’idée c’est d’arriver à Emmabuntus, au recyclage, au reconditionnement mais en essayant d’accrocher le jeune. Le problème du jeune c’est que l’informatique pour lui ne veut plus dire grand chose, l’ordinateur c’est le synonyme de travail quand le smartphone c’est lui qui lâche la dopamine. La présentation va donc commencer sur le smartphone, la course au nouveau modèle, et finir sur la problématique du recyclage. Votre Android au bout d’un certain temps il est rendu obsolète par son système d’exploitation, à l’heure actuelle on ne peut rien y faire. C’est ici qu’on peut faire la passerelle avec l’ordinateur qui grâce à Linux est « immortel », Yves comme moi tourne avec un ordinateur portable qui a 10 ans d’âge et qui pourtant est toujours à jour.

d’après le site anbei-bobo

Montrer l’Afrique, montrer que des gens codent avec rien, montrer comment ça se passe ailleurs, qu’on n’a pas besoin d’avoir un PC gamer à 2000 € pour faire quelque chose ni le dernier Samsung. L’idée ici n’est pas de faire la promotion du logiciel libre mais plutôt d’accentuer sur l’idée qu’on peut donner une seconde vie aux objets. Je vous donne un exemple que j’ai vécu cette semaine. Une de mes élèves m’a demandé de jeter un coup d’œil à un iphone 4 dont le poussoir était resté bloqué, l’écran cassé. Elle avait voulu dévisser par elle même, tellement fort qu’elle a bousillé la vis. Il aurait fallu casser un peu plus pour faire quelque chose. Je lui ai dit de mettre sur le bon coin, elle pensait le jeter, elle a gagné 10 € et rendu un informaticien heureux. L’idée de recycler n’était pas arrivée à son cerveau, et c’est ici qu’il faut jouer un rôle éducatif. Linux, le logiciel libre, ça sera pour une autre fois et puis je trouve que c’est trop pagaille, trop ambigu en ce moment pour dire que le libre c’est bien.

J’évoquais ma déception quant au positionnement de Miniflux qui devenait moins accessible, mon passage à Selfoss, le fait que je ne trouvais pas l’ensemble terrible et que si ça commençait à me gonfler j’irai voir du côté de Feedly. Arnaud a écrit un théorème Bornien qui dit en gros que quand Cyrille BORNE écrit un truc qu’il va faire, il y a de bonnes chances pour que ce soit déjà fait.

Pour les utilisateurs de Feedly vous serez ravis de savoir que j’ai levé la protection que j’avais mise dans mon htaccess, je l’ai fait aussi pour inoreader. En même temps comme mon flux RSS est tronqué, je n’aurai pas de duplicate content, ça permet juste de savoir quand j’ai écrit un article. L’opinion que j’ai sur Feedly est la même que celle que j’avais avant, Feedly se fait de l’argent sur les écrits des autres, s’il n’y a pas de blogs, de sites, Feedly n’existe pas. La politique de Feedly qui consiste à diffuser le contenu de façon publique et générer du duplicate content est misérable, c’est faire du tort aux gens dont il utilise les écrits. Par contre, ce qui est certain c’est que Feedly c’est le top d’un point de vue applicatif. C’est propre, c’est rapide, c’est intuitif, cela fonctionne aussi bien sur ordinateur que sur smartphone, en bref, Feedly est un très bon programme qui me convient, d’autant plus qu’aujourd’hui j’ai largement moins de 100 flux.

Je ne referai pas le discours de la dernière fois, je vais me contenter de le synthétiser. Le logiciel libre pour se monétiser fait le choix de s’aligner sur le propriétaire, le code source disponible en plus. S’il faut payer pour avoir un service, si on ne tient pas compte de l’éthique, on entre alors en toute logique dans le principe de la concurrence. Il n’est pas anormal alors de mettre dans la balance tous les arguments dont l’efficacité. A ce jeu là, le libre n’est pas toujours dans la position du gagnant.

Est-ce qu’il est nécessaire que tout soit monétisé ? Est-ce que le bénévole qui distribue des repas aux restos du cœur attend un chèque à la fin du mois ? Je ne porte pas de jugement sur les gens qui veulent gagner de l’argent avec leur code, je constate juste à mon niveau d’utilisateur final et relativement qualifié que de plus en plus de programmes deviennent difficiles à installer, qu’on me pousse vers une offre de service.

C’est compliqué. Si les gens font du service c’est que le don ne fonctionne pas assez, mais si les gens font du service c’est qu’ils cherchent à gagner de l’argent à tout prix et c’est certainement ici que je suis le plus gêné. C’est compliqué car on peut mettre dans la balance le « travail », les efforts de ceux qui distribuent, mais pourtant j’ai le souvenir d’une époque où des gens mettaient à disposition gratuitement, librement, des programmes pour le simple plaisir du partage. Cette époque devient révolue, le libre donne la sensation d’être un tremplin, l’occasion de fédérer des gens autour d’un projet, des gens qui feront de la publicité, des gens qui remonteront des anomalies pour lorsque tout est prêt proposer le service qui va bien.

Je vois dans le logiciel libre désormais une appellation commerciale. Comprenez que l’agriculteur qui fait du bio a certainement une éthique, des valeurs, mais j’ai aussi la sensation que si on rajoute aujourd’hui sur certains produits, bio, local, made in France, on est dans un créneau porteur. A l’instar d’un cozy cloud qui veut libérer les données mais aussi vendre des abonnements, je ne dis pas qu’il n’y a là qu’argument commercial mais j’y vois le positionnement avantageux de celui qui veut se démarquer du troupeau en misant sur l’honnêteté et la protection des données.

Comprenez pourquoi je ne veux pas parler de logiciel libre aux élèves, car nous vivons en ce moment une mutation dans le modèle économique, et il devient désormais difficile de déterminer qui fait du libre par conviction de qui fait du libre par tendance. Si je trouve la situation de plus en plus ambiguë, je ne me vois pas tenter de la communiquer à d’autres. Je préfère donc rester sur de la reconversion, de la lutte contre l’obsolescence, de l’écologie avec pour partenaires des gens qui ont pour réel objectif la prolongation de la durée de vie et pas de surfer sur une idéologie qui devient bankable.

Avec donc ces difficultés d’installer des logiciels sur mon mutualisé, j’écrivais que j’en avais trop pour moi tout seul. Là théoriquement vous vous dites que j’ai changé d’hébergeur et ce n’est pas le cas même si je le reconnais j’ai cherché. En fait, les autres offres sont à peine moins cher et pas intéressantes, des limites sur la bande passante, sur des bricoles qui pourraient me poser problème, il n’est donc pas judicieux pour moi de quitter o2switch dont la qualité, le service n’est plus à prouver. Alors que je cherchais à me faire héberger, c’est finalement l’inverse qui se produit. Jean-Marie, lecteur de ce blog, possède son propre espace o2switch mais c’est trop pour lui. J’ai donc activé le système d’univers au niveau de mon cpanel. Voici ce qu’on peut lire sur le site de l’hébergeur, il faut faire une demande par mail pour avoir accès à l’univers.

On est donc dans un partage de ressources, qu’on peut réaliser entre cinq personnes. L’intérêt ici c’est que chacun est réellement chez soi, si je peux accéder au cpanel de Jean-Marie avec mon identifiant, supprimer son compter etc … il n’y a aucune interférence entre nos noms de domaines, nos sites etc … Jean-Marie y trouve son compte car il a de très petits besoins, j’y trouve le mien car il participe financièrement à l’hébergement, je lui a fait faire une donation par le biais de ma page Tipeee. D’ailleurs vous devriez me donner des fortunes. Pour être sûr qu’il conserve son indépendance, je lui ai fait déplacer son ndd chez Gandi, dans la perspective où je me retrouverai écrasé par un 38 tonnes, il peut accéder à sa sauvegarde et conserver son ndd. Il me reste trois lunes, si vous voulez en être vous pouvez me contacter.

J’ai récupéré mon partner en fin d’après-midi, ramené toujours par DJ CASSOU mon chauffeur. Après l’avoir mis sous pression, il semblerait qu’un collier était mal serré, un goutte à goutte a été détecté. Ils ont rajouté un additif, j’en ai lu plutôt du bien sur le net, qui permet de boucher les micro-fissures. Le patron m’a dit de le tenir au courant et de contrôler le niveau régulièrement, je n’ai rien payé, j’aime mon garagiste.

Il est quasiment 22 heures au moment où j’écris ces lignes, vous pouvez constater que comme toujours c’est la merde, on ne se refait pas. Mon épouse ne plie pas le genou correctement, nous avons rendez-vous dans deux semaines avec le chirurgien. Le moral reste bon, de toute façon il n’y a pas le choix, lever la tête et avancer.

j’arrête d’arrêter, j’abandonne l’abandon si je dois finir quelque chose … Tiens d’ailleurs si je dois finir quelque chose je ne sais même pas par où commencer. Plaisanterie mise à part, je vous conseille comment c’est loin d’Orelsan et de Gringe, notamment inachevés avec un super sample au piano et des paroles vraiment profondes sur la vie, sur la volonté, sur la fuite, la passivité et le fait qu’à un moment faut bien finir par lever la tête.