Complément 25 : tenir bon

11/02/2018 Non Par cborne

Notre histoire commence vendredi soir et je suis sur les rotules. La semaine a été raide. 23 heures de cours, il est certain que pour le cadre c’est risible, je vous invite toutefois à partager 23 heures de cours avec des adolescents. La fin de mon concours à courir après tous les gamins pour finaliser, je n’y reviendrai pas, et en bonus, une sortie à Vaillant pour aller étudier le parcours de l’eau. Vaillant c’est un village de l’Hérault à proximité de Roujan qui fait beaucoup de choses pour les gosses, ma collègue de physique a eu la bonne idée de nous inscrire pour une rando au mois de janvier quand il faisait plus de quinze degrés, pour réaliser cette semaine que nous étions dans la période la plus froide de l’année. 4 degrés, un vent glacial qui vous pénètre, des gamins qui vous font bien sentir qu’ils n’ont pas envie d’être là et qui vous punissent en étant encore plus lourds que d’habitude.

Un rasta blanc sans cheveux qui se caille au fin fond de la campagne Héraultaise.

Je finis le vendredi frigorifié au garage pour aller contrôler le niveau d’huile de mon partner. Il apparaît en fait que l’huile continuait de pisser au niveau des injecteurs, sauf que ce n’était pas les joints, mais les boulons par lesquels remontait l’huile. Le garagiste est ravi car il a plusieurs clients qui sont dans le même cas, me dit d’aller payer la facture le temps que la voiture refroidisse afin de mettre à niveau pour l’huile. J’y vais, je reviens, je ne le vois pas,  je demande à son collègue s’il a fait le nécessaire, il me dit qu’il va faire le niveau, il ouvre le capot pour me dire que le niveau de liquide de refroidissement est bas. Encore heureux que je ne suis pas dépressif car ça commence à devenir lourd. Ils me remettent du liquide et me disent que c’est à surveiller, je sais pour ma part que du fait d’avoir ma maison bâtie sur le cimetière indien de Saint-Pierre la Mer je suis maudit, si bien que sans surprise quand je fais les cinquante kilomètres qui me séparent de mon domicile, je ne suis pas étonné de voir que j’ai perdu du liquide. La fuite a l’air relativement franche, dans le sens où j’ai perdu en goutte et que je vois des traces, ce qui à priori éliminerait le problème de joint de culasse ou de culasse directement. Enfin ça on verra mardi, comme je le disais dans le précédent billet, j’ai un week-end de trois jours où j’ai passé pour l’heure pas mal de temps à dormir pour récupérer.

Nécessairement quand vous me voyez cumuler les problèmes de voiture et payer la piscine de mon garagiste, il n’est pas anormal de se dire qu’il serait temps d’achever les chevaux, 6 en l’occurrence, et d’envisager l’achat d’un nouveau véhicule. Pas si simple. Déjà le Partner n’a que 166.000 km ce qui pour un Diesel n’est pas excessif. D’autre part ce n’est pas la période avec le changement de contrôle technique pour changer de voiture, sauf pour acheter du neuf. En effet, des tas de gens se ruent sur le contrôle technique avant réforme pour repartir pour deux ans, pour des voitures qui présentent des anomalies qui ne seront pas acceptées. Si on prend mon cas par exemple, alors que la voiture pissait l’huile, j’ai passé le contrôle technique sans problème, je pense qu’avec la même défaillance, le partner aurait été immobilisé. Reste donc l’achat du neuf, ce qui ne me motive pas franchement, le neuf c’est cher. En choix de véhicule, je suis quelqu’un de très simple, ma prochaine voiture sera à nouveau un utilitaire cinq places, Kangoo, Partner, Berlingo, vous voyez le genre. J’ai tout fait avec, jusqu’à jeter des tonnes de cailloux de mon arrière cours, l’expérience m’a appris qu’on n’a jamais un coffre assez gros. L’intérêt de ce type de voiture c’est le fait qu’elles sont suffisamment courtes pour se garer, la contrepartie c’est la prise au vent, le fait qu’en terme de confort et de bruit c’est médiocre. Ce n’est pas grave, on voyage avec toute la maison dans le coffre, on peut charger des dizaines d’UC et des cailloux, c’est le top.

Dans mon budget mais aussi dans l’esprit le dokker de Dacia.

dokker plus que de la virtualisation, une voiture qui transporte des poneys

Reconnaissez que rien que pour le nom ça peut être sympa. Vendu aux environs de 14000 € c’est une voiture qui se vend assez mal je pense parce qu’elle n’a pas un prix assez Dacia. 4000 € d’écart avec le partner ou le kangoo, ça fait réfléchir le consommateur. Je pense que ça se vend mal car on en croise très peu. Si ça se vend mal, pas forcément pour des problèmes de qualité, cela veut dire une complexité supplémentaire sur les retours, sachant qu’en terme de voiture, internet est devenu une évidence, tout le monde est ravi de pouvoir croiser sa panne avec quelqu’un d’autre. Ce qui m’intéresse ici c’est le peu d’équipements électroniques qui sont tous en option. Quand on voit déjà les soucis qu’on rencontre en mécanique, j’ose à peine imaginer les caméras de recul et autres gadgets de James Bond totalement inutiles devenir défaillant. Pour l’heure, on va continuer à réparer, on en saura donc plus mardi pour une semaine qui devrait être un peu plus calme.

Cette semaine donc, à part sauver ma voiture et son moteur de la fusion, j’ai rendez vous avec Yves Saboret de l’association Emmabuntus pour préparer un exposé sur l’obsolescence, le recyclage, ce genre de choses et vendredi avec le commercial de la calculatrice Numworks. Pour l’exposé on y reviendra quand il aura été fait, pour la calculatrice Numworks même si les vacances vont être un peu tendues, j’aurai certainement le temps de jouer un peu avec et de rédiger. Mardi après-midi enfin, rendez-vous avec le technicien pour résoudre les « derniers » problèmes informatiques, alors que nous ne sommes qu’au mois de février, je n’aurai pas fait semblant pour le lycée. Vendredi aussi, on va imaginer une refonte du site internet avec mon collègue qui ressemble trop à un blog. Jeudi je dois donner un coup de main à un ancien élève qui passe le concours de pompier.

Il est toujours difficile pour moi de reprendre le fil de ma vie, et sans être alarmiste j’ai l’impression que c’est un peu plus profond que ça. La situation de ma femme n’aide pas, la guérison est assez médiocre, elle ne plie pas correctement le genou. Les progrès sont tout de même présents, elle marche de plus en plus, mais le genou n’est pas assez fort pour se passer complètement de l’attelle, il faudra du temps. Ce temps qu’il lui faut, c’est moi qui dois le prendre pour faire tout ce qu’elle assumait, c’est la part loisir qui a pris cher et c’est presque sans regret. Le temps que je vais finir par récupérer car l’emmerdement ne sera pas éternel, je n’ouvrirai pas les paris quand même, mon épouse va retrouver son autonomie, je vais arrêter de courir les garages et les médecins, ce temps j’ai envie de le consacrer autrement, dans le concret, de l’aide personnalisée, se rendre utile. Pour les autres, mais aussi pour moi, prendre le temps de vivre, arrêter de vivre dans la pression permanente, même si le corps continue de suivre pour l’instant, je vais finir par avoir un problème, et quand ça va tomber, ça ne sera certainement pas à moitié. On finit toujours par payer ce qu’on sème.

De cette période particulièrement lourdingue qui dure désormais depuis le mois de décembre avec les problèmes de caca, je dois dire que j’ai appris à revoir mes priorités, mais aussi reconsidérer l’utilité des choses, apprendre à renoncer. L’an dernier à une époque où j’avais encore du temps, j’avais voulu installer GLPI et un gestionnaire de tickets d’incidents. Comprenez que lorsqu’on veut faire les choses bien dans une structure, tout incident doit être signalé par un ticket, établir une procédure d’intervention, répondre, planifier l’intervention, enfin bref comme un pro. Il apparaît en fait que c’est impossible à appliquer dans mon cadre scolaire. C’est ce qu’il faudrait faire, et pourtant je ne le ferai pas, car j’obtiendrai au mieux de mes collègues un mail. Une discussion que vous pouvez suivre ici avec mes collègues plus structurés que moi, qui gèrent plus de PC, plus de profs et qui ont posé des limites, nous vivons les mêmes choses, les mêmes difficultés de réussir à faire sortir les gens de l’urgence, de la transmission entre deux portes. A une époque, j’aurais contraint, j’aurais forcé, j’aurais fait barrage, et puis finalement je m’adapte, un peu. La dernière fois j’ai envoyé par mail une demande pour pointer les vidéos projecteurs qui dysfonctionnaient et les problèmes qui allaient avec, tout le monde a joué le jeu. C’était obscur, souvent cela ne voulait rien dire, le fameux « ça ne marche pas », et pourtant jamais on a autant avancé alors que nous avons un outil pour signaler les pannes. 43 ans bientôt, j’apprends à me résigner, à perdre certaines illusions, passer de ce qu’il faut faire à comment on peut faire.

J’ai lu avec beaucoup d’amusement le billet comment automatiser quand… on n’a pas le temps d’automatiser qui correspond pleinement à une problématique bien connue, sortir de nos mauvaises habitudes pour prendre le temps de poser les bonnes manières. Si je devais appliquer à mon cas, je devrais cesser de faire mes backups à la main pour prendre le temps de bosser la synchronisation, ne plus me préoccuper de mes sauvegardes. C’est mon vrai problème de fond, je sais que je fais certaines choses de la mauvaise façon, mais je n’arrive pas à trouver le temps de me poser pour les faire correctement. Comme je l’ai écrit plus haut, je revois mes priorités, quand j’aurai ramené les priorités à la substantifique moelle, alors je prendrai le temps de me perfectionner, d’être meilleur. On ne peut pas être bon partout, il faut cesser de se disperser pour se concentrer sur l’essentiel et le faire de la meilleure manière possible.

Dans mon dernier billet j’évoquais le passage de Miniflux 1 à Minuflux 2, Miniflux 1 étant archivé au profit de Miniflux 2, Miniflux 2 étant en langage de programmation GO ne s’hébergeant pas à ma connaissance sur un hébergement mutualisé. C’est une tendance que je trouve de plus en plus lourde dans le domaine du logiciel libre, la perte du kiss (Keep It Simple Stupid). Avant c’était un drag and drop dans un ftp, maintenant c’est autre chose. Il est certainement prématuré de considérer que le programme dans sa version 1 est mort, néanmoins il y a fort à parier qu’avec les évolutions de php on se retrouve un beau matin avec Miniflux de planté. Ce qui se produit avec Miniflux nous rappelle qu’à l’instar d’une société qui produit du code propriétaire qui peut faire faillite ou changer les tarifs de sa prestation, il n’y a pas plus de garantie dans le logiciel libre même si son ouverture de code pourrait permettre à d’autres de reprendre le code de la version 1. J’ai remercié dans le github le développeur pour les services rendus, il a exprimé dans son interview sur le site nextinpact qu’il ne prenait plus de plaisir dans le langage php, c’est donc parfaitement son droit de faire ce qu’il veut même si cela n’arrange pas mes affaires.

A une époque on avait une pléthore de logiciels agrégeant du RSS en ligne. Kriss Feed que j’ai utilisé pendant un bon moment mais que j’ai abandonné pour des problèmes de comportement dans la version mobile. Leed qui a été mis à jour il y a 5 mois, le problème semble donc encore actif mais j’avais rencontré de trop nombreux bugs. FreshRSS qui est désormais la référence, j’ai fait le test, et je rencontre quelques problèmes. Un truc idiot comme le blocage de contrôle des flux sur une durée. Par exemple si j’ai envie de rafraîchir mon flux cinq fois de suite, j’estime que c’est mon problème, le logiciel me bloque avec à minima 20 minutes d’intervalle. J’ai voulu installer l’extension pour rendre l’interface mobile, sans succès, elle n’est pas détectée. Je me suis rabattu par dépit sur Selfoss.

Selfoss est réalisé par un vieux de la vieille (ou de la veille) dans le domaine de l’agrégation RSS, il était l’auteur à l’époque de RSSlounge, le premier logiciel qui m’a permis de m’affranchir de Google Reader, voyez que ça date. Au niveau de l’interface dans la version web pas grand chose à dire, c’est propre c’est simple mais trop complexe par rapport à Miniflux. Par exemple, faire clic droit ouvrir dans un nouvel onglet n’est pas possible, il faut que je décrypte dans les cinquante raccourcis claviers pour trouver celui qui l’ouvre en arrière plan. Au niveau du mobile, c’est médiocre, pas de gestion des gestes, gestion des gestes pas terrible comme phrase mais je n’ai pas mieux, si bien qu’il est nécessaire de passer par une application tierce. Deux applications, la première qui sort est obsolète, pas de mise à jour depuis 2014, ne fonctionne pas, on se rabattra sur celle-ci. C’est médiocre, cela signifie que non seulement il faut espérer que le développeur continue de développer son logiciel qu’il n’a semble-t-il pas prévu pour que ce soit tactile sur les mobiles, mais aussi d’espérer que le développeur qui fait l’application mobile continue de développer. A mon avis Selfoss ne va pas durer longtemps.

Aujourd’hui ma réflexion est la suivante, le jour où j’en ai marre de ne pas trouver d’agrégateur RSS qui va bien, je commence à regarder du côté de Feedly. Dans sa version gratuite on est à 100 flux, il ne m’en reste que 46, 3 catégories, coup de bol j’ai trois catégories.

Poussons le raisonnement jusqu’au bout. L’orientation du libre est devenue très claire, on vous leurre avec un code source libre. Le mensonge n’est pas là où on le pense, le code source est en effet ouvert, vous pouvez le modifier à votre aise, le redistribuer mais il faut désormais être développeur qualifié pour se débrouiller quand à l’époque l’idée était de rendre accessible l’utilisation. L’auto-hébergement devient réservée à une élite, et je m’interroge désormais quant à l’utilité d’avoir un hébergement chez un pro pour du mutualisé puisque de toute façon je ne peux plus installer grand chose. Revenons à mon histoire de leurre. Tout est accessible mais trop difficile pour y accéder, si bien qu’il devient plus facile de vous faire une offre de service. La frontière désormais entre le libre et le propriétaire est claire mais bien plus mince. Avant le libre garantissait l’indépendance, aujourd’hui le libre ne garantit plus que la transparence et une certaine forme d’honnêteté.

Quels sont désormais les services que j’utilise, que j’héberge ?

  • un petit CMS bludit qui ne pèse rien et sans base de données
  • un pluxml sans bdd qui ne pèse pas grand chose
  • un forum Vanilla avec une bdd
  • un bozon d’un ami.
  • des mails

Et pour le reste c’est en gros tout quand à une époque j’avais de nombreux services, services que je supprime car je ne peux plus les héberger ou n’ont plus de raison d’être. 72 € pour si peu c’est devenu trop, et je pose donc la question suivante ? Qui m’héberge en fin 2018 ou qui partage son hébergement avec moi ? Nous sommes nombreux à avoir un hébergement chez O2witch, désormais ce dernier propose de créer des sous hébergements, c’est à dire que les sous hébergés peuvent bénéficier d’un cpanel indépendant du reste. Je suis prêt à payer 30 € pour l’année, avec le reste, je commencerai à prendre des services payants, cozycloud par exemple ou autre chose pour ne citer que lui.

La réflexion est lancée, n’hésitez pas à me contacter si vous avez quelque chose à me proposer.