Complément 19 : le calme avant la tempête

13/01/2018 Non Par cborne

Le dernier billet date d’il y a un moment, je n’ai un peu que le temps de la vie réelle à l’heure actuelle ce qui est déjà beaucoup. La semaine prochaine, mon épouse se fait opérer du genou. Elle aurait pu être une aventurière comme moi mais elle a pris une flèche dans … (Private joke pour les millions de joueurs de skyrim). Je prépare donc au maximum la pagaille à venir : mes cours, mes contrôles, mes corrections, le travail des gosses, le rangement de la maison etc … Elle sera hospitalisée à Montpellier ce qui n’est pas la porte à côté pour moi, elle sera globalement absente la semaine, là encore c’est pareil on navigue à vue, et à son retour elle ne pourra pas faire grand chose. Je vais donc devoir vivre ma vie habituelle que j’espère la plus normale possible, comprenez sans partner qui gicle de l’huile ou à la recherche du regard à caca perdu avec mes deux adolescents qui sont totalement égaux à eux mêmes. Ce message s’adresse à ceux qui ne sont pas encore parents. Tu penses que l’adolescent qui est plus grand que toi physiquement est capable d’éprouver un instant de compassion quand ta situation devient particulièrement lourdingue, tu te trompes, l’adolescent n’arrive jamais à sortir de son nombril. J’ai informé mes enfants que la semaine qu’ils allaient passer seuls avec moi serait certainement difficile mais profitable, en fin de semaine, la discipline martiale que j’aurai instaurée sera telle qu’ils finiront par faire mes lacets avant que je parte à l’école. Plaisanterie mise à part, la situation une fois de plus repose sur mes épaules, il faut donc à la fois ménager la chèvre et le chou, sachant que je suis certainement la chèvre et qu’avec 50% de la masse parentale qui ne pourra pas faire grand chose, il faut que j’arrive aussi à me préserver.

Ce fut donc mon retour à l’école avec son lot d’apocalypse, nous continuons d’avancer au lycée sur différents fronts dont celui du réseau. Cela devient tellement la pagaille qu’en ce samedi où je commence à écrire, je ne sais même pas si je finirai mon billet aujourd’hui ou demain, je viens d’écrire six pages de documentation. Il y a un vieux proverbe maya qui dit que lorsqu’on verra des poulets avoir des dents c’est que Cyrille BORNE écrira de la doc, je crois qu’on y est. Dans mes grandes résolutions de 2018, ne rien faire de nouveau c’est important et consolider complètement ce qui a été démarré. A l’heure actuelle l’écriture et du rangement de matériel, comme je vous l’expliquais la dernière fois, je finis d’arranger les PC avec mon fils que Bernardo le stagiaire avait diagnostiqué comme mort. Ce qui est pénible ici, ce n’est pas tant le diagnostique à la maison, mais charger décharger les ordinateurs dans la voiture entre le lycée et la maison, du fait d’avoir le retour de cheveux, je pense qu’il va se faire les muscles en me chargeant des PC dans le partner. Les anomalies vont de l’alimentation qui a claqué au disque dur qui n’apparaît plus dans le bios, facile pour celui qui sait faire mais c’est encore du temps à consacrer.

les délégués d’une classe de BAC PRO SEN

Comme vous le savez, j’aime bien me rajouter des trucs de peur de m’ennuyer et cette semaine j’ai réalisé ma première aide de « parrain linux » plus ou moins sous couvert de Montpel-libre. Montpel-libre pour ceux qui auraient raté un épisode, c’est en gros le GUL de Montpellier. Je suis un membre un peu particulier puisqu’un jour Pascal son responsable m’a inscrit si bien que je vois les mails passer. Dernièrement, et je ne sais pas pourquoi, on voit dans les mails des gens qui demandent de passer pour les ateliers qui sont réalisés. Une dame était bloquée avec son ordinateur sous Ubuntu j’ai choppé son mail pour répondre voir si je ne pouvais pas la dépanner à distance.

Le monde étant minuscule, la dame vit à Pézenas. Elle m’a donc apporté son ordinateur ce vendredi. Sa démarche c’était celle de l’apprentissage, mais du fait d’avoir un timing serré, elle n’est disponible que le week-end, et moi le week-end, je suis face à la mer au royaume des chats. Son parcours est intéressant. Pendant des années elle a été utilisatrice de MAC, son compagnon de l’époque versé dans l’informatique lui a installé Ubuntu. Le compagnon est parti, Linux reste, elle a réussi à trouver une fois tous les deux ans quelqu’un pour lui mettre l’ordinateur à jour. Il se trouve qu’à la dernière mise à jour ça a craqué. Cela fait donc quatre mois qu’elle essaie de joindre Montpel-libre sans succès, elle est allée dans un fablab où on lui a expliqué que ce n’était pas le bon endroit, elle a même essayé de joindre le GUL de Nîmes mais sans succès. Elle m’a expliqué qu’elle a essayé le forum ubuntu-fr, sans succès en disant que c’est du chinois.

La dernière fois j’écrivais qu’il fallait apprendre de nos erreurs et je sous entendais qu’on n’était pas bon, on est encore plus mauvais que ce qu’on peut imaginer. Attendez je ressors mon image, elle est bien celle-là et quelque chose me fait dire que je vais la sortir souvent.

L’idée n’est pas d’enfoncer les institutions de ma région. Montpellibre est partout, organise beaucoup de choses, et va bientôt remettre le site internet au goût du jour avec un forum où vous me retrouverez. J’ai même demandé à adhérer pour l’année et tenter d’aider dans mon coin entre Saint-Pierre et Pézenas. Ce qui est important de comprendre c’est qu’entre nous et le commun des mortels, le fossé est énorme, qu’il y a vraiment un travail d’accueil, de facilitation, quand on me dit que le forum d’ubuntu-fr c’est difficile alors que la prise en charge est quand même bien faite, c’est qu’on est encore loin des attentes de l’utilisateur lambda.

D’un point de vue purement technique, je me suis retrouvé face à une machine où on peut discuter des choix d’installation ce qui est quand même assez étonnant. Comprenez que lorsque je vois une machine Windows, je peux dire en moins de vingt secondes si elle est pourrie par un crapware et gérée par un incompétent, on n’imagine pas trouver de cas similaire sur Linux, on imagine qu’on travaille tous de la même façon et ce n’est pas le cas. Plusieurs navigateurs, des dépôts propriétaires rajoutés, et une machine qui a crashé suite à une tentative ratée de mise à jour. La dame a réussi à se débloquer suite à la ligne de commande que j’avais donnée, un simple update && dist-upgrade. Je découvre donc une machine sous Trusty c’est à dire la LTS en version 14. L’installateur graphique est mort et c’est une leçon pour tous, une machine sous Linux peut crasher et sous Ubuntu la ligne de commande n’intervient pas de façon théorique. Je débloque entre les apt-get -f install et les apt-get dist-upgrade jusqu’à ce que je sois au niveau maximum de mise à jour. A la main j’ai édité le sources.list pour le basculer en xenial de mémoire et faire monter la machine en version 16. Une fois qu’elle est passée en 16, que j’ai modifié pour ne plus avoir les mises à jour pour le LTS, la machine est passée jusqu’en 17.10 c’est à dire la version actuelle. J’ai fait le ménage, j’ai basculé la machine sous Xubuntu du fait de l’arrêt de la gestion de Unity, j’ai envoyé par mail un rapport complet de ce que j’avais fait sur la machine, et installé teamviewer car il y aura certainement d’autres choses à faire derrière. Je viens donc de faire mon premier acte bénévole dans un cadre associatif et je suis plutôt content de moi.

Qu’est ce que je retiens :

  • on ne peut pas inviter des gens sous Linux sans assurer un peu derrière.
  • il est impératif de se rapprocher des associations si on veut être efficace.
  • on est tellement dans notre bulle de power user qu’on n’arrive pas à se mettre au niveau du commun des mortels.
  • vous imaginez que ça fait quand même réfléchir quant à l’agitation des gars sur internet qui ne pensent qu’à se marave et qui globalement ne servent absolument à rien quand la voisine n’arrive plus à booter son poste sous Ubuntu.

En terme de proximité, je continue de vendre les trucs inutilisés de mon garage faute d’être inutiles. Je pense que je vais arrêter de passer des annonces sur le boncoin, ou continuer par habitude, par nostalgie. Sur trois objets mis en vente, deux viennent de partir en utilisant Facebook dont mon fameux cuiseur vapeur qui a une histoire étonnante. Sur leboncoin rien, sur facebook la folie, 10 demandes. On retrouve les mêmes problèmes entre les deux sites. Un monsieur me dit qu’il me le prendra pour le dimanche, une semaine à l’avance, il devait passer le prendre demain, au moment où j’écris ce billet. Après avoir eu pas mal de « déceptions » sur leboncoin, j’ai fait ce que disait quelqu’un sur twitter, de la sur-réservation. Un rendez vous mercredi avec quelqu’un d’intéressé, qui me laisse son numéro de portable et qui ne vient pas. J’ai laissé un message, rien, pas une excuse, pas un signe, pas un désolé. L’herbe n’est donc pas plus verte chez Facebook que sur leboncoin, je réussis à vendre mon appareil vendredi après-midi à la sortie du lycée sur le parking de Quick face au Cinéma de Villeneuve pour les connaisseurs. Une maman ravie, tant mieux, ça fait des heureux. Comme je suis courtois, j’avertis le monsieur que j’ai vendu le bien, il m’engueule car il comptait bien le récupérer dimanche. Je me suis excusé en expliquant que la notion de réservation sur leboncoin ou sur le marketplace c’était un peu risqué. Facebook s’il veut tirer son épingle du jeu, s’il veut persister dans ce service fort utile sera obligé à mon avis de donner une dimension sociale comme le fait ebay avec les vendeurs et les acheteurs. Les gens se moquent complètement de se comporter comme des porcs alors qu’ils interviennent pourtant en leur nom dans des zones où nous pourrions interagir. Comprenez que sans avoir regardé le profil de cette dame je pourrai par hasard être le professeur de ses enfants ou avoir affaire à un service qu’elle propose, imaginez la rencontre. Si on pouvait imaginer que l’anonymat que garantit le boncoin permet de tout oser, ça me paraissait plus difficile avec Facebook et c’est pourtant le cas. On ne va certainement pas vers le mieux, vers le monde des bisounours quand quelque part on se comporte mal publiquement et qu’on s’en fout complètement.

J’ai un peu aidé sur la toile cette semaine sur un projet qui s’appelle Edit Interactive SVG. Il s’agit d’un logiciel entièrement basé sur des technologies web ce qui est intéressant et qui permet de faire un peu ce que fait sozi, vous pouvez voir une démo ici. Dans l’éducation on aime bien changer et rendre obsolète toute technologie pour vite en utiliser une nouvelle. On a ringardisé dernièrement les présentations de la forme powerpoint pour trouver mieux, sozi et Edit Interactive SVG sont dans cette nouvelle tendance. Plutôt que d’avoir un déroulement linéaire, on prend une image unique au format svg et on exécute des transitions sur celle-ci. Ici c’est plutôt le principe de Sozi, pour l’instant Edit Interactive SVG ne permet pas de faire des allers retours ou de se déplacer, le principe est un peu différent, je vous le montre en image.

J’ai donc une image avec des numéros dessus

Je clique sur le numéro qui va bien, automatiquement j’ai la description associée dans laquelle je peux mettre du texte et une image.

L’utilisation est pour le moins basique, je place le numéro que je veux et le degré de zoom. L’auteur est réceptif, en attente de proposition d’évolution, le logiciel s’autohéberge au local ou à distance (fait chez o2switch), s’ouvre avec Firefox. Au niveau éducatif pour les profs de bio, d’histoire, c’est intéressant, à l’instar de Sozi, c’est un fichier html qui est produit.

Voilà j’ai fait un peu le tour, comme vous pouvez le voir je ne m’ennuie pas, j’essaie d’aller au plus efficace ces jours-ci en me préparant à ce qui va suivre. Si je ne suis actuellement pas très actif sur le blog, je suis largement présent sur twitter et sur le forum, merci au troisième tipeur qui vient de s’ajouter aux deux réguliers suivants, n’hésitez pas à me donner plein de sous !