Complément 117

29/11/2020 Non Par cborne

En ce moment je reviens de façon récurrente sur l’état catastrophique de nos jeunes, et je vais encore en remettre une couche. Le nouvel obs titre : Comment la réforme du lycée a eu la peau des maths. On peut lire dans l’article :

les élèves de terminale (générale) ne sont plus que 58 % à étudier les maths en terminale. Là où ils étaient 92 % l’année dernière.

L’article

Cette diminution est logique, les mathématiques c’est compliqué, et c’était prévisible, encore plus avec la réforme qui a très largement complexifié le niveau de mathématiques en première. Je vous épargnerai mes commentaires sur le rédhibitoire Python dès la seconde. Attention, je ne crache pas sur Python, mais c’est juste histoire de remettre les choses dans leur contexte. Quand nos élèves aujourd’hui ne connaissent pas leurs tables, ne savent pas placer des points dans un repère et donnent l’impression de n’être jamais allés en troisième, l’ajout d’un langage de programmation qui mêle syntaxe, logique, anglais et mathématiques, c’est une difficulté de plus, un découragement de plus.

Bien évidemment, ça va se payer à plusieurs niveaux. La désertification des filières mathématiques fait qu’on aura une perte de scientifiques encore plus importante en France, et il faut donc comprendre que c’est autant d’informaticiens, de statisticiens, de chercheurs qu’on n’aura pas. On pourrait prendre le problème à l’envers en se disant qu’après tout, forcer un élève de littéraire à faire des maths ce n’est pas une riche idée, c’est possible. Comme on peut considérer que ce n’est pas une riche idée de maintenir des mathématiques dans des filières professionnelles où il faudrait accentuer peut-être encore plus les pratiques professionnelles. Que de toute façon ces gens ne seront pas amenés à faire de mathématiques dans leur vie donc c’est inutile. Je pense qu’on oublie qu’il est nécessaire de maintenir un certain niveau culturel, même si en mathématiques ça se discute, je pense notamment aux scientifiques à qui il sera bon de rappeler les expérimentations sur l’homme, la bombe atomique et ce genre de joyeusetés. On peut donc effectivement prendre l’aspect positif de la chose et considérer que seuls ceux qui font des mathématiques étaient de toute façon prédestinés à en faire, et continuer de s’étonner de voir autant de médecins d’origine étrangère par exemple en France. Médecine, biologie, sciences, voyez l’association d’idée et on est sur un système qui est avant la réforme.

Il est trop tôt pour sabrer la réforme du BAC même si c’est bien engagé, il suffit de voir le CAPES de maths, néanmoins je pense que cela correspond aux problématiques que nous décrivons pour nos élèves. Les sciences c’est compliqué, alors on va voir ailleurs. Reste désormais à s’interroger quant au positionnement des filières scientifiques post BAC si elles sont désertées, du ministère et des critères de recrutement de Parcoursup. Je vous aurais bien parlé des conclusions de l’article, malheureusement :

Le paywall j’y reviens encore, je suis de plus en plus bloqué mais toujours pas tenté par payer. En fait je serais tenté de payer à l’article éventuellement plutôt que de m’engager. Je parcourais par exemple Nextinpact que je ne suis plus, un abonnement n’aurait pas de sens pour moi, car aucun des articles que j’ai pu balayer ne m’a donné envie. Les abonnements sont trop chers, payer à l’article je pense que je suis prêt. À terme, il n’est pas impossible que je m’abonne à un site qui me permettrait d’accéder à tout ce que je veux comme article, un deezer ou un spotify de la presse. J’aimerais toutefois vous faire remarquer la chose suivante. Si je fais le bilan des dernières années sur mes pratiques web :

  • L’ensemble des abonnements est à la hausse pour accéder à l’internet, ce sera encore le cas avec le passage à la 5G
  • Tout est devenu encore plus payant si on ne pirate pas : musique, vidéo et ainsi de suite. La disparition des supports physiques encombrants cassent le marché de l’occasion ou presque.
  • De nouveaux besoins sont en train d’apparaître, gratuits alors qu’ils sont devenus payants, je pense notamment au stockage en ligne. La tendance d’ailleurs c’est comme tout, tout devient payant.

La moralité c’est que l’addition en consommation culturelle, numérique, commence à devenir chaque mois un peu plus lourde, avec une multiplication des offres. Netflix pour regarder toute la merde du monde, mais Disney+ pour ne pas rater le Mandalorien. Et c’est ici que se joue un peu plus encore la fin du monde car nous allons tous mourir. La presse, qui même si ça peut surprendre reste quand même le meilleur moyen de s’informer, passe de plus en plus au modèle payant. Logique, faut faire rentrer l’argent, on a bien compris que le modèle publicitaire c’était la croix et la bannière notamment avec des adblockers. Par le fait, qui restera-t-il pour nous fournir notre information gratuite.

La télévision bien évidemment, les journaux gratuits. Et c’est ici toute la subtilité de la chose. Pendant qu’on voit la disparition des blogueurs, des gens qui partagent l’info de façon gratuite et qui l’ont fait pendant des années, c’est le retour à la case départ en diversité de l’information, comme dans mon enfance. Tu regardais le journal télé ou tu payais le journal. Si tu voulais bouquiner gratuit, tu avais la bibliothèque pour avoir de vieux livres dégueulasses.

Mon propos est à moitié juste, ou disons qu’il est incomplet car j’oublie ce qui est devenu le canal principal d’information : les réseaux sociaux. Et c’est là que ça commence à poser quand même de sérieux problèmes. Avec des gens de plus en plus rageux, de plus en plus cons, une presse payante, des gens qui ont compris l’intérêt qu’ils avaient à manipuler les autres et la facilité pour le faire, les élections qui ont vu arriver Trump au pouvoir ne sont qu’un galop d’essai. Et j’ai envie de rajouter que lorsque aujourd’hui la presse c’est avant tout le sensationnalisme, jouer avec la peur des gens, balancer une information puis son contraire, je pense que ce n’est franchement pas gagné pour élever les esprits.

Pire peut-être, c’est le besoin de s’informer qui n’y est pas, le besoin de se cultiver, le besoin de comprendre le monde car en fait les jeunes ont une forme de courage, c’est de s’en foutre complètement et de le dire. On évoquait plus haut la disparition des programmes car le jeune ose finalement ne pas se coller un module de maths car il n’en a pas envie, le jeune aujourd’hui s’affranchit des dates, des événements, parce que finalement ça ne lui sert à rien. Et c’est ici que je reste partagé, même si je sais que le rejet massif dont il fait preuve le mènera à l’obscurantisme, au complotisme et à la fin de l’humanité. La réaction de rejet dont font preuve nos jeunes n’est-elle pas liée à une volonté de gavage dont on fait preuve dans l’éducation sans expliquer le sens des choses.

Ma fille qui est en seconde pro me faisait comprendre que l’économie c’est de la merde, avec le bon caractère qui la caractérise. Je vois dans sa dernière copie un schéma dans lequel elle a noté qu’on versait un impôt aux banques. Soit c’est un véritable moment de lucidité quand on voit le monde dans lequel on vit, soit c’est une incompréhension complète de notre société et de son fonctionnement. Spoiler : réponse deux. J’ai repris des choses élémentaires depuis le début, le crédit de la maison, les taux, pourquoi c’est intéressant de changer de banque, c’est quoi une taxe et j’en passe. J’ai expliqué qu’avec le crédit qu’elle prenait à la banque, elle devait prendre une assurance, et que dans les critères de refus ou d’analyse de dossier, fumer pouvait en faire partie ce qu’il aurait été bon d’expliquer à une classe de seconde. Peut-être que les enfants ne sont pas les seuls fautifs, peut-être que nous n’enseignons pas les bons contenus, il faudrait certainement tout repenser.

Je me suis un peu éloigné, mais l’idée c’était tout de même de faire remarquer que l’accès à la culture, et je n’entends pas Netflix sera un choix à faire. Je précise bien un choix. Regarder des conneries sur Netflix ou faire une démarche d’abonnement à de la presse en ligne, c’est bien une histoire de choix.

Il y a quelques semaines j’avais présenté le logiciel scrcpy qui permet de connecter un téléphone par un câble USB et de le balancer à l’écran du PC. Le désavantage profond du logiciel c’est bien sûr le fait d’avoir besoin d’un câble mais aussi de devoir passer le téléphone en débogage. Toujours sur le forum et dans le même post ScreenStream une application qui se trouve dans F-Droid. L’application vous donne une adresse IP, vous connectez la machine et c’est parti.

Le logiciel n’est pas parfait pour deux raisons. Un peu de lag, il y a une latence de quelques secondes, il faut être dans le même réseau ce qui laisse supposer un partage de connexion du téléphone. Pour le reste, le fait de n’avoir à rien installer c’est assez puissant et je le préfère largement à srcpy.

Nous nous quittons en photos aujourd’hui, c’était ça ou un titre de Aya Nakamura. J’évoquais dans mon dernier billet qu’on se prenait une joyeuse saucée, nous n’avons pas eu dans l’Aude d’épisode méditerranéen comme nous en connaissons chaque année. La plage était nickel mercredi dernier, voyez son état le dimanche. Comme je l’ai déjà écrit, Saint Pierre est à l’embouchure de l’Aude, on draine de façon systématique toutes les merdes depuis Carcassonne. À priori si j’ai tout compris et d’après les tracteurs que j’ai pu voir passer, il semblerait que la nouvelle municipalité a pris une société pour valoriser le bois flotté qui est récupéré. De quoi en faire des fortunes.