Complément 115

28/10/2020 Non Par cborne

Retour à Openmediavault

J’avais acheté il y a quelque temps, un NAS chinois Blueendless Kimax BS-U35-WF. Il aura duré six mois. Avant de se foutre de moi, il est toujours intéressant de comprendre pourquoi j’ai jeté 50 €. À l’époque de l’achat je cherchais une solution de stockage simple, c’était le cas avec le NAS qui rencontrait quelques problèmes de finition : un DLNA pourri pour la vidéo, un souci de partage SMB. Pour ma part aucune importance puisque j’étais le seul utilisateur du NAS et que j’y accédais en utilisant SSH. Ma fille fait beaucoup de photos, instagram oblige, et lors des sorties familiales, elle en fait en pagaille, y compris des photos familiales. Il apparaît que les enfants ont des APN de qualité avec leur Xiaomi, qu’ils savent bien mieux cadrer que nous (pas difficile pour moi), si bien qu’ils font de plus en plus de photos.

La suite logique est évidente. Un accès compliqué, le besoin de le simplifier. Attention, catastrophe. Le Kimax possède un firmware OpenWrt officiel. La procédure d’installation est simple, vous réinitialisez votre NAS, vous installez directement le firmware. Il y a même un gars qui donne la description dans une vidéo Youtube.

L’installation se déroule donc sans aucun souci, et lorsqu’on retourne sur la passerelle ou par SSH on doit théoriquement faire « root » et pas de mot de passe. Sauf qu’il y a un mot de passe. Et c’est ici qu’on commence à fouiller et on tombe sur un gars qui décrit en anglois exactement le même problème que moi. Un gars passe et le prend pour un abruti, lui expliquant qu’il ne se connecte pas à OpenWrt mais à un autre appareil. C’est le genre de choses que j’adore, on a l’impression d’avoir un conseiller SFR qui vous demande de réinitialiser votre box alors que vous lui expliquez toutes les procédures complexes de power user que vous avez pu réaliser. Son sujet date de 2019, entre temps, un autre gars passe en avril 2020 pour dire qu’il a le même problème, on trouve d’autres sujets du même type où les gars demandent le password sans succès bien sûr. J’ai donc brické le NAS et par conséquent jeté 50 € à la poubelle. Ce n’est pas la peine de me faire la morale, je sais, je sais tout. Je note toutefois que c’est une image officielle du projet OpenWrt et qu’à priori ça n’a l’air de gêner personne ce qui me donnerait envie de lâcher un petit OpenWrt c’est de la merde.

Comme j’aime souvent à le rappeler, qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse, ou qu’importe la licence pourvu que ce soit un bon produit. J’ai fait un retour aux sources avec OpenMediavault. Si vous faites une recherche sur Openmediavault et minidlna dans Google, on trouve un tutoriel que j’ai écrit en 2018, à l’époque où j’écrivais des tutos. C’est une solution robuste, à base de Debian, qui permet de transformer un ordinateur en NAS. Je m’étais écarté de cette solution car je ne voulais plus entretenir une machine.

Mon raisonnement présente toutefois quelques limites et comme il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, les voici : un matériel limité, pas d’évolution, peu de possibilités. Avec un retour à une tour à 6 Go dans laquelle j’ai monté un SSD pour l’OS et un disque dur de 2 To, je m’offre davantage de possibilités pour un investissement limité. Le temps de mise en service de la tour, c’est à dire récupérer le 2 To du NAS, mettre le SSD, remonter le 2 To, installer et configurer le système, c’est moins d’une heure. L’installation est moins discrète que le NAS, peu bruyante, plus énergivore bien sûr, elle ne restera toutefois pas allumée H24. À l’instar d’un syncthing qui est présent sur l’ensemble de mes appareils, on finit par oublier Openmediavault si bien sûr on ne décide pas d’installer Nextcloud et les cinquante plugins qui vont avec.

À noter qu’à l’époque pour désactiver les bips sonores particulièrement violents il fallait éditer un fichier blacklist. Désormais pour supprimer le son au départ et à l’arrivée c’est :

systemctl disable openmediavault-beep-down

systemctl disable openmediavault-beep-up

Les livres de randonnées ne sont certainement pas l’avenir de la randonnée.

Ma femme est une amoureuse des livres, c’est son côté vieux. Pour ma part et vous le savez, je me contente d’avoir mon smartphone, la variante moderne de la phrase avec le couteau et l’autre truc. Je lui ai acheté le bouquin chez les éditions Chamina : Aude, les 30 plus beaux sentiers. Ce n’est la première fois que nous utilisons ce livre et ce n’est pas la première fois que nous nous perdons. J’ai vérifié, il apparaît que le livre a été écrit en 2012 et qu’il est encore à la vente, 12,50 € quand même. C’est ici une des grandes réflexions sur le livre, le livre qui vieillit mal, et qui vieillit encore plus mal face aux systèmes de randonnées communautaires, ce sera certainement la prochaine étape quand on aura fini toutes les randonnées des bouquins. Il est à noter que le midi-libre qui est à la presse écrite ce que le journal de TF1 de treize heures est à la télé a publié des livres de randonnées à pas cher, au prix de trois euros où l’on se perd largement moins.

Exemple type. Si vous regardez la photo ci-dessous vous voyez une petite prison qui est en fait une fontaine. Dans le bouquin c’est écrit en Catalan, c’est une dame qui vivait à trente mètres qui a dû nous l’expliquer après un temps de réflexion. À ce niveau-là, j’ai envie de dire que ça tient de l’escape game. Direction Leucate qui n’est pas sans ressembler à Saint-Pierre, à la différence c’est que les chemins de randonnées vous emmènent au bord de la falaise, chez moi la falaise est plus loin. Sur la photo où vous voyez un truc qui ressemble à un playstation move ou au micro de the voice, il s’agit en fait d’un restaurant, à cinquante mètres du vide, vue magnifique en perspective et endroit insolite. Le restaurant était plein, comme les différents sentiers étaient plein, je suppose que les gens profitent de leurs derniers instants de liberté avant le reconfinement qui s’approche.

Et pour finir sur les bouquins, nous avons fini le parcours à l’aide de Google maps, l’énigme était trop difficile. Comme je le disais à mon épouse, le pourcentage de réussite d’une randonnée avec un livre Chamina se rapproche du score de Jacques Cheminade aux présidentielles. Je suis Philippe Bouvard. Pour rester toutefois sur une note plus optimiste, le livre est une façon efficace de faire découvrir de jolis endroits, j’ai regardé les équivalents avec visorando on ne passe pas dans tous les endroits insolites. Il faut donc acheter le livre pour corriger les randos par internet …

En attendant l’allocution du président

La stratégie qui viserait à un reconfinement en laissant les écoles, les collèges, les lycées ouverts, serait finalement la plus judicieuse, surtout pour moi, même si on peut s’interroger sur les lycées. En effet, je crois que si on doit qualifier de gros boulets des enfants, de façon sûre, les petits, les ados. L’autonomie au lycée est largement plus discutable mais on imagine davantage dans l’inconscient collectif qu’un gamin de 17 ans, souvent équipé, est plus à même de faire le travail tout seul et de laisser ses parents travailler.

Avec un confinement obligatoire pour « qui ne travaille pas », c’est une façon élégante de mettre les vieux à la maison. Il est trop tôt pour savoir comment les choses vont tourner, quelles seront les décisions prises, néanmoins on peut tout de même tirer quelques conclusions de ce que nous avons vécu :

  • Ceux qui avaient prédit une seconde vague avaient raison
  • Ceux qui avaient dit que le virus était moribond, que ça ne dépendait pas des conditions climatiques, que c’était fini, avaient finalement tort.
  • On a laissé s’exprimer tout le monde sur le sujet, on n’aurait certainement pas dû.
  • On a donné de l’importance à des gens qui n’en méritaient pas. On peut par exemple citer le professeur Raoult qui a fait la une des journaux avec son traitement miracle dès les premières semaines.
  • Je pense qu’on peut sans trop se tromper dire que les médias, les réseaux sociaux c’est quand même de la merde et je ne peux que vous recommander le journal de France 3.
  • S’il fallait reconfiner du jour au lendemain les établissements scolaires, je pense qu’on n’a pas avancé d’un iota ou presque de façon collective.

Et c’est certainement ici qu’on doit se poser les bonnes questions, qu’est-ce qu’on fera, qu’est-ce qu’on ne fera pas. La première chose, c’est comme souvent, ça dépend, ça dépasse. Du fait d’être établissement agricole à cheval sur le collège et sur le lycée, la situation risque d’être un peu plus compliquée que pour les copains. Je reste persuadé toutefois que nous resterons ouverts, car souvent nos établissements sont à la campagne, isolés. Par conséquent dans la perspective où je vais travailler tous les matins, ma vie sera normale ou presque, ça dépendra bien sûr si j’ai les enfants à la maison, ce qui sera un autre problème à régler et dont je connais déjà la solution : loi martiale. Ma femme ira bosser du fait d’être instit, moi ça dépend ça dépasse, ma fille est dans l’agricole ça dépend ça dépasse aussi, mon fils en LEP avec une période de stage en entreprise de plusieurs semaines, quelle sera la position des entreprises ? Si les gosses devaient être à la maison, ils ont tout intérêt à s’y mettre et de façon totalement autonome.

À titre personnel, si je devais me retrouver intégralement confiné, comme dans la situation de mars de cette année, il est totalement hors de question que j’aille m’épuiser à raison de 70 heures par semaine pour rien. J’ai formé l’intégralité de mes élèves aux outils numériques, certains n’ont jamais voulu faire l’effort, ce sera désormais marche ou crève sans essayer de récupérer les âmes égarées au bord du chemin. Alors que nous sommes en vacances, je réponds aux quelques questions que me posent les élèves sur le DM, moins de cinq enfants qui m’ont sollicité sur plus de quatre-vingt-dix gosses. Je ne me fais absolument aucune illusion dans le cas d’un confinement, faire cours à huit heures en visio ce sera se retrouver avec cinq élèves en classe virtuelle. Avec un confinement de plus pour les scolaires, je vous raconte pas l’état de misère intellectuelle, et si c’est effectivement quatre semaines, j’ose à peine imaginer comment on va sortir les rames pour ne pas y arriver. Heureusement que dans le monde de l’éducation, bien plus bisounours que celui de l’économie, tout est bien qui finit bien. Une note de service est déjà passée dans l’enseignement agricole, les intégrales sont retirées du programme du BAC PRO cette année. Ce n’est qu’un début.

Trop de spéculations tuant certainement la spéculation, nous écouterons Manu nous dire que la situation est grave, qu’on va sucer des cailloux quand on va faire les comptes, qu’on a distribué un peu trop d’argent magique. Croisons les doigts pour qu’on puisse aller bosser en passant avec un peu de chance à travers les inondations qui ne devraient plus trop tarder.