Complément 111

01/07/2020 Non Par cborne

Vendredi sera toujours vendredi.

Je suis quasiment aux portes de la gloire ou en tout cas à quelques jours de la fin d’une année particulière. Bien évidemment, malgré mon silence, je continue une vie de Cyrille, une réparation du Partner sur le capteur de régime, la fameuse pièce qui m’avait fait m’arrêter dans une avenue centrale de Pézenas. J’avais déjà remarqué avant le confinement que la voiture sautait lorsque j’étais au-dessus des 120 de façon totalement erratique. La dernière fois, je prends la plus belle route de France et j’arrive à une déviation. J’ai pris une route que je n’ai jamais prise et pour vous dire l’état de la route, enfin du chemin de terre, j’ai fait un détour pendant trois jours tellement j’étais traumatisé. Vous imaginez tout de même que pour me traumatiser il faut que ce soit excessif, ça l’était. Arrivant le long de l’Aude où je finirai un de ces quatre pour vérifier si mon Partner est insubmersible, je passe à 60 km/h avec deux franches pertes de vitesse. Je m’arrête plus loin, j’appelle mon garage et je leur demande de préparer la valise. Étant une référence dans mon garage, on me prend quand j’arrive, capteur de vilebrequin, un mot magnifique, comme un noble au moyen âge, on y mettrait une majuscule. Je fais remarquer à mon garage que la pièce à ce niveau c’est du consommable et que le premier m’avait tenu huit ans. On m’explique qu’il y a de fortes chances pour que ce soit le faisceau qui va avec et qui n’a pas été changé la dernière fois, on va donc me faire les deux au cas où. La théorie du faisceau, un câble qui pendant que je sautais dans tous les sens sur ma route pourrie aurait pu un peu plus bouger ce qui expliquerait la perte de puissance. Je ferai les 300.000 avec cette voiture, c’est dit.

Donc une vie de Cyrille, vous aurez certainement la semaine prochaine des photos d’un changement de groupe de sécurité sur le chauffe-eau qui fuit à longueur de journée. C’est pas trop mal tout de même, le chauffe-eau a 7 ans ce qui commence à être un record, le groupe est certainement fatigué mais sachez que ce n’est pas tout, il fait tellement chaud dans le sud de la France ces derniers jours que ça fait monter la pression du ballon et ça tire sur le groupe. Malheureusement, il se trouve que j’ai le dos bousillé, un lumbago à l’aube de mes 45 ans, cette année aura été riche en vieilleries entre des hémorroïdes qui déchirent au sens propre comme au sens figuré, une presbytie qui me fait faire une gymnastique intense avec mes lunettes, je me suis retrouvé dans l’incapacité de me lever en bord de plage de ma chaise. La combinaison changement du groupe de sécurité et mal de dos risque d’être plutôt prometteuse, je vais donc prendre un peu mon temps, celui d’arriver en vacances, nous ne sommes plus à quelques mètres cubes d’eau perdus.

L’explication pour le dos est finalement assez simple, à l’instar des sportifs qui en ce moment se blessent en pagaille, le corps a mal vécu le confinement, la reprise brutale de la voiture, j’ai beaucoup roulé ces derniers temps, une fin d’année pour le moins chaotique et c’est le drame.

Comment te dire adieu ?

Je pense que c’est la première année depuis longtemps que je n’ai plus de réseaux sociaux et c’est finalement une façon de se dire adieu. Alors qu’à une époque j’avais du Facebook, du Instagram, même du snap, je n’ai aujourd’hui plus rien à part un compte Youtube avec lequel on ne peut pas dialoguer. Avec le Covid, les élèves ont spontanément discuté avec moi par Teams, certains d’ailleurs continuent de le faire. Le lien, ce fameux lien entre l’enseignant et les élèves, c’est un lien important pour tous, je l’ai cru pendant longtemps. J’ai souvent des nouvelles de mes vieux élèves, ils passaient par Facebook, je reçois de temps à autre un mail. C’est une démarche qui est totalement différente, volontaire, et qui ne se limite pas à faire deux clics dans un réseau social. Une belle démarche, comme celle d’envoyer une carte postale ou d’appeler quelqu’un.

Alors effectivement je reste joignable puisque je suis facilement trouvable sur le net, mais néanmoins dans les codes de nos jeunes, n’étant ni présent sur Snap ou sur Instagram, c’est une façon de se dire adieu. Lorsque j’ai coupé mon compte Facebook, j’avais pleinement conscience de cette action, et si effectivement c’est triste, je ne regrette pas ce choix. À une époque, on avait des gosses qui venaient nous voir des années après, pour prendre des nouvelles, pour nous raconter ce qu’ils étaient devenus. On avait des associations d’anciens élèves, on avait des tas de choses pour maintenir le lien. Aujourd’hui le réseau social c’est tout ça à la fois. Le rappel automatique de l’anniversaire pour aller mettre une photo à la con, le rappel d’un événement, voir qu’une ancienne élève est devenue maman, mais finalement quelle part active, quelle part de volonté, il y a ici ? Très peu. C’est l’outil qui pense à notre place, comme une secrétaire qui vous rappelle votre anniversaire de mariage.

Je fais donc monter le niveau de difficultés, en me disant que si des gamins veulent me retrouver un jour, donner des nouvelles, ils trouveront la façon de faire. Si je me fais très peu d’illusions, je sais par contre que j’ai gagné en sérénité, en temps, à purger un maximum de bruit et que cela ne me manque pas. Je retrouve ce schéma dans les sites d’informations, où désormais je tombe à 40 flux suivis et ça risque de continuer à baisser encore.

Pix le remplaçant du B2i ou on n’est pas rendu

Mon documentaliste nous a envoyé des messages sur Pix qui se veut être le remplaçant du B2i, je vous envoie vers la page du site de l’agricole parce qu’il n’y a pas de raison. Souvenez-vous, il y a quelques années on avait droit au B2i, une attestation de fin de troisième pour dire que le gamin était un bonhomme prêt à hacker le FBI avec son minitel. Les piliers de compétence étant passés par là, puis le LSU, je crois que c’est à cette époque où cette certification, rires dans la salle a disparu. Bien évidemment on le filait à tout le monde.

La différence ici et elle est certainement fondamentale, c’est que Pix c’est une plate-forme à part, qui va donc centraliser les résultats quand on faisait ce qu’on voulait pour dire, il l’a, il l’a pas, oui sans problème, il vient de lancer le navigateur, il l’a. Pour l’instant tout me paraît très flou et je suppose que dans l’enseignement agricole nous aurons une note de service en novembre pour nous expliquer ce que nous aurions dû mettre en place au mois de septembre. La crise COVID a montré la très grande souplesse du monde enseignant, non pas une, non pas deux, non pas trois mais bien quatre rentrées scolaires ma bonne dame ! Plus rien ne m’étonne, ça doit dater d’il y a sept ans quand on nous a réformé l’examen du DNB dans l’année en cours. Je suis donc allé m’inscrire sur Pix pour savoir de quoi ça parle, et je vais dire qu’on n’est pas rendu si ça doit s’adresser à mes élèves.

Je vous montre la première question qui m’a posé problème philosophique et bien sûr éducatif.

À mon sens, aucun de mes collègues n’est capable de faire ça, forcément pour un élève de troisième de l’enseignement agricole, on peut imaginer qu’il risque le burn out. Je crois que mon problème principal n’est pas tant l’accompagnement pédagogique qu’il faut faire pour expliquer la question, à savoir qu’une page est réalisée avec du code, que les moteurs de recherche indexent les pages, mais surtout, qu’est-ce qu’on en a à foutre si on ne fait pas du référencement web ou un blog ? Alors que des gens pensent que le mont blanc va être rebaptisé en grand Mont ce qui m’a fait beaucoup rire, n’y a-t-il pas urgence à laisser certains domaines de l’informatique aux spécialistes pour se recentrer sur les fondamentaux ?

Autre point :

Si je donne ça à un gamin, qui n’a aucun bagage culturel, comment seul, il peut réussir à déterminer qu’il s’agit du monstre du Loch Ness. Il faut donc en amont prendre la photo pour faire une recherche inversée et voir à quoi ça correspond. C’est d’ailleurs en utilisant cette technique, que j’ai pu voir que la dernière photo était un phénomène naturel.

Et dans les questions, certaines sont mal foutues. On demande à un moment d’aller sur une page Wikipédia et de vérifier la modification réalisée par un individu. Ce qui veut dire concrètement qu’on suppose qu’il faut être tellement un bonhomme qu’on va aller vérifier l’ensemble des modifs de Wikipedia pour savoir si ça tient la route ce qui est n’importe quoi. Voici les modifications en question :

Il apparaît que le gars a modifié un contenu quant à l’habitat du lion. Dans les cases à cocher, la bonne réponse c’était de noter que le type il avait mis un message injurieux. J’aurais peut-être dû aller regarder ce qu’il a noté, mais si on s’arrête là, il n’y a rien d’injurieux quant à modifier l’habitat du lion. Certaines questions pour ce que j’ai pu faire, font parfois penser au code de la route avec les fameuses diapositives de la mort, où il faut regarder dans la tache d’huile au sol qu’un vélo arrive sur la droite. Et c’est un problème, car ça prend du temps, si ça prend du temps c’est lassant, quand c’est pas clair, ça induit du découragement et il est bien connu qu’une demi-marche d’escalier c’est déjà beaucoup à monter pour nos élèves.

Je reviendrai donc sur ce Pix, je vais certainement le faire en entier pour avoir la certification, mais pour l’instant je dois dire que je ne vois pas comment l’intégrer dans la pratique informatique de mes élèves de troisième qui n’ont qu’une heure de cours par semaine. Je préfère personnellement les embarquer dans une dynamique de projet avec une réalisation à la fin, plutôt que de répondre à des questions trop complexes et qui manquent de concret.

De Linux à Windows

Comme on a pu le comprendre à travers mon dernier billet, j’ai fait ma migration vers Windows, une de plus me direz-vous. Il n’y aura pas de retour en arrière sauf vraiment une mauvaise surprise sous Windows, et ça tient dans cet écran :

42% d’occupation de RAM soit 6.72 Go. On notera la place occupée par Teams assez délirante pour ce que c’est, et on se rend compte que globalement le taux d’occupation de RAM est à l’identique entre Linux et Windows. En quelques années quand 4 Go de RAM c’était suffisant, aujourd’hui 8 apparaissent comme un minimum. Lorsqu’on peste ici ou là contre l’abandon de l’architecture 32 bits qui permet encore de faire tourner des PIII, en criant à l’obsolescence programmée, je vois le problème ailleurs. Problème que je retrouve désormais dans le téléphone où en moins d’un an 2 Go ne suffisent plus, il en faut 4 à minima et encore pour pas faire grand-chose, Teams pour ne citer que lui. À partir de ce postulat, essayer de faire tourner un OS quel qu’il soit sur un PC un peu vieillot et envisager d’ouvrir une page web, je considère que c’est une perte de temps. Par conséquent, vieux PC = déchetterie, ou vieux PC = serveur sans interface, pas plus. On a même franchi une nouvelle étape, celle où le SSD ne suffit plus pour relancer une machine un peu ancienne, il est juste indispensable mais pas suffisant, il faut plus.

La bascule de Linux vers Windows ne pose aucun problème, si vous avez une clé USB à jour, vous obtenez globalement un produit presque out of the box en moins d’une heure. Oui pour Linux c’est plus rapide, mais ce n’est plus aussi lent qu’avant où configurer un Windows c’était assez décourageant. J’ai pu récupérer mes profils Opera, Filezilla, Thunderbird sans aucun problème, je n’ai eu qu’un souci c’est le pilote de ma carte vidéo Radeon qui commence à dater, le « meilleur » driver choisi pour moi par Microsoft n’était pas vraiment le meilleur driver. Ce qui est certain c’est que le problème de pilotes sous Windows 10 pour du matériel qui date un peu c’est quelque chose que je rencontre de façon très récurrente.

Il n’y a pas de bonheur particulier d’être sur Windows, comme il n’y avait plus de bonheur particulier d’être sous Linux, c’est un OS, pas un repas aux grands buffets de Narbonne. Il y a toutefois une différence notable, la masse de logiciels et leur accessibilité, beaucoup de choses sont désormais disponibles qui donnent d’autres possibilités que sous Linux.

Voilà pour ce soir, plus que deux jours avant la quille, ça devient urgent.