Complément 109

15/04/2020 Non Par cborne

Avec quelques jours de recul, suite à l’allocution du président, j’aimerais affiner ma pensée.

Le billet que j’ai écrit à chaud, suite à l’intervention du président, reste pour moi toujours d’actualité mais il mérite deux choses, être nuancé, être précisé. Il est certain qu’à un moment il faut reprendre, et avoir posé une date de reprise fait changer d’état d’esprit, elle laisse entrevoir quelque chose. Les jalons dans cette période où le temps perd de son sens a de l’importance. Manger, se laver, dormir à des heures fixes, une rigueur indispensable pour tenir. Il est évident qu’il faut garder les gosses des gens qui doivent retourner bosser, parce que dans notre monde capitaliste, on ne va pas se mettre à faire un meeting avec des fleurs dans les cheveux à un mètre d’écart les uns des autres en chantant give peace a chance. C’est comme pour l’hôpital qu’on a massacré durant toutes ces dernières années, il y a un temps pour tout, celui de l’action, on réglera les comptes plus tard.

Dans le forum où il n’y a pas que des profs, on disait à juste titre qu’il allait falloir retourner bosser parce que sinon on allait bientôt sucer des cailloux et c’est véridique. Le problème, c’est comme toujours, c’est le discours du politique, un discours qui sonne faux et qui donne une fois de plus la sensation qu’on nous prend pour des cons. Retourner bosser physiquement, je l’entends. Garder les enfants des parents qui travaillent, avec un vrai travail qui paye le salaire des enseignants, il n’y a pas un prof en France qui n’est pas capable de l’entendre, même si on fait partie d’une profession avec de très nombreux abrutis. Mais qu’on le dise. Qu’on ne fasse pas croire que la nation se préoccupe des laissés-pour-compte de l’éducation, qu’on n’aille pas faire croire qu’on fait rentrer 100% de personnes pour 5% qui ne fonctionnent pas et qui continueront de ne pas fonctionner car ils ne fonctionnaient pas avant.

Oui, on évoque une date du 11 mai comme une date de reprise partielle, progressive, avec les conditions de sécurité qui vont bien, oui le gouvernement se donne un plan de 15 jours pour dire comment ça va se passer dans les grandes lignes, cela laissera 15 jours pour laisser les établissements, les transports scolaires, les cantines, les parents, les crèches, des dizaines de millions de personnes pour s’organiser. Drôle de logistique. Tout ceci sent le parfum de l’amateurisme, du plan qui n’est pas préparé, du hasard.

Il aurait fallu prendre le problème à l’envers, partir des corps de métier qui ont besoin d’aller bosser, voir qui peut poursuivre l’éducation à distance, voir qui sont les professeurs qui ne pourront pas travailler et il y en a, des gens diabétiques, des gens en rémission d’un cancer, des gens qui ont des problèmes cardiaques et faire le point en commençant par le niveau local. Je rajouterai aussi les gens qui ont peur, il y en a et pas qu’un peu, des gens qui ont peur de mourir. Mais c’est ici le reproche principal, plus que les conditions sanitaires, parce que quand je vais faire mes courses sans masque, sans gant, j’ai des demeurés qui me grimperaient dessus pour chopper leur plaque de chocolat, une fois de plus, les acteurs de terrains, les gens qui gèrent la situation au quotidien dans les écoles de France seront la dernière roue du carrosse, et encore. Même dans une telle situation, on trouve encore le moyen de nous faire sentir le mépris, bravo !

J’ai donc désormais en tête qu’il faudra reprendre, je ne sais pas quand, ni comment, quelle organisation, et je dois reconnaître que c’est source de démobilisation pour qui prévoyait de poursuivre la préparation de ses cours à distance. Je ne me sens pas concerné puisque j’ai déjà refait tous mes cours d’informatique la première semaine des vacances et que pour ma part le travail à distance ne me gêne absolument pas, comme le disait Iceman dans son dernier billet :

C’est un peu la revanche des casaniers solitaires, comme moi, comme madame, ceux qu’on jugeait associaux….

Didier aka Iceman

La fin du confinement serait perçue certainement comme un soulagement si elle s’accompagnait de la fin de la maladie, ce n’est pas le cas et pas avant un long moment. Elle sera une source de stress supplémentaire pour des tas d’individus, on risque d’avoir pas mal de dérapage. Il faudra apprendre à vivre avec, et effectivement si les hôpitaux sont désengorgés, il faudra se confronter au microbe en espérant ne pas y passer pour arriver à cette fameuse immunité de groupe qui semble pour l’instant la seule solution tangible. La pédagogie d’ailleurs est particulièrement mauvaise dans la communication gouvernementale, les gens auront certainement du mal à percevoir l’intérêt du confinement si c’est pour faire un open bar en date du 11. La période de confinement était indispensable pour maîtriser la maladie, faire prendre conscience aux populations l’intérêt des gestes barrières sauf pour les gros connards qui me sautent dessus dans les supermarchés pour chopper leur chocolat. Il est impératif désormais que tout le monde prenne conscience que l’on passe du petit bain au grand bassin mais que les gestes n’ont pas changé.

Comme je l’ai écrit, toujours dans ce dernier billet, j’ai arrêté Facebook, je vous garantis que ça fait un bien fou, vous devriez essayer. Néanmoins, j’avais expliqué la problématique d’avoir des informations de secteur local, qui ne sont diffusées que par le biais de ce réseau ou presque. Je viens d’apprendre par exemple, que mon bureau de poste allait rouvrir la semaine prochaine, partiellement, c’est le mot du moment. J’ai mis en place une instance de rss-bridge. Il s’agit de glisser le programme dans un ftp quelconque et c’est parti, le service auto-hébergé vous récupère à partir de services aussi variés que twitter, instagram ou facebook, le flux RSS de la page.

En trois images, il manque l’ajout à l’agrégateur RSS qui a peu d’intérêt :

Je continue donc à faire du mélange des genres : du propriétaire selon mon besoin ou mon obligation. J’entends par là que j’utilise onedrive comme solution de backup, mais c’est une solution dont je peux me passer. J’ai un To de dispo, je n’utilise que le minimum. Mon adresse mail professionnelle, est une solution dont je ne peux pas me passer, je l’utilise à minima, à savoir pour échanger avec les collègues et dans le domaine professionnel. Pas plus, puisqu’un jour j’ai bon espoir d’avoir une adresse en ac-montpellier.fr. J’utilise Youtube parce que le savoir est en train de se déplacer là-bas, mais cela ne m’empêche pas d’essayer de trouver des sources d’informations écrites, même s’il faut reconnaître et à mon grand désespoir que cette situation, il me semble, n’a pas multiplié les talents et les partages mais plutôt l’encensement du « low effort ».

En fin de compte, pas si difficile que ça de trouver le bon choix de logiciel, le bon choix de service :

  • D’un point de vue professionnel, la RGPD nous impose d’utiliser les solutions de la maison et donc d’éviter de sortir des sentiers battus. Par le fait je n’utilise rien qui enregistre, et j’ai envie de dire que je n’utilise aucun service web ou presque. D’une part pour avoir la certitude d’être RGPD proof, d’autre part et comme je l’ai écrit, inutile de s’investir dans des services pour lesquels je n’aurais plus accès si je passe de l’enseignement agricole à l’éducation nationale.
  • Pour le reste, pour le domaine du personnel. Les solutions que j’utilise pour moi, les solutions que je fais utiliser aux autres. Pour les autres, je n’utilise que des services propriétaires ou presque qu’ils seront à même de maintenir quand je mourrais écrasé par un camion / du corona / dans les inondations, rayer la mention inutile. Pour moi, le plus de services libres possibles, pourvu qu’ils soient le plus simple possible.

C’est l’heure de la PS3.