Complément 102

09/10/2019 Non Par cborne

Le régime

J’aimerais revenir sur quelques bricoles. Je remercie toutes les personnes dans le forum, qui ont évoqué leur problème de poids. C’est assez dingue comme je l’ai déjà écrit d’avoir une population éduquée, intelligente, qui se fait arnaquer par la bouffe et la société de consommation. Au moment où j’écris ces lignes, j’ai perdu plus de 7 kilos. J’applique les règles de la dernière fois, c’est pas encore formidable, notamment pour le transit où ce n’est pas régulier. J’ai certains épisodes tendus, j’avais mangé des endives, le soir, je crevais d’envie d’un café, je me suis retrouvé à y laisser mes tripes à 4 heures du matin. Je n’ai pas pris de lopéramides depuis deux semaines, je suis en sevrage, et je me rends compte que j’ai vis-à-vis de ce médicament, une dépendance. L’angoisse d’être malade sur la route sans toilettes sur cinquante kilomètres, me ferait consommer le médicament par sécurité.

Afin de limiter fortement la casse, j’ai arrêté le café à l’école. Si je fais les comptes, en moyenne trois à quatre cafés par jour. Je travaille quatre jours par semaines, trente-six semaines, 576 cafés environ, on va dire plutôt 500 à cause du jour où je ne travaille que l’après-midi, 50 centimes d’euros le café, 250 € d’économie annuelle. Parallèlement à ça, on a arrêté le pain, ma femme n’en mange plus depuis un moment, mon fils n’aime pas ça, ma fille et moi on se ferait la baguette. On va considérer avec nos horaires, la fermeture de la boulangerie pendant une période, le trop plein qu’on congèle, qu’on est à 300 € d’économie.

L’idée bien sûr, n’est pas de se priver de nourriture pour faire des économies, mais de montrer que non seulement il y a une incidence sur ma santé, mais en plus sur le porte-feuille qui n’est pas négligeable.

C’est d’ailleurs une réflexion de fond, l’idée que l’état finalement s’en fout un peu. On nous dit qu’il faut manger du matin au soir cinq fruits et légumes par jour, les fruits et légumes coûtent un bras, on sait que les gâteaux, le coca, la junk food de façon générale, c’est de la merde, et on ne fait rien. Il faudrait peut-être avoir le courage de taxer ces produits et de verser la différence pour avoir des légumes et des fruits subventionnés de façon à les payer moins cher.

Le travail c’est la santé, ne rien faire c’est la conserver

Cela fait donc un mois et des poussières que je ne fais rien en informatique, ce qui est faux, on me connaît. La grande différence c’est que je fais ce que je veux. Je pilote par exemple pas mal le prestataire de service, un bon jeune, je donne des consignes, je récupère les codes de l’adresse de l’éducation nationale qu’on avait mais qu’on n’était pas au courant, je supervise, j’ai la pensée globale. Parfois je mets les mains dans la merde mais pas pour tout le monde.

Les collègues ne me demandent quasiment rien ou presque et je dois reconnaître que c’est appréciable. Il y a toutefois deux types de personnes qui essaient encore. Des gens qui savent que je les aiderais, ces mêmes personnes qui me dépannent régulièrement et donc pour qui il est légitime de s’entraider dans nos domaines de compétences. Des gens qui n’ont aucune éducation et que j’ai remis en place de façon particulièrement sèche.

Comme on le disait avec mon collègue d’informatique, depuis que je ne travaille plus de façon officielle, nous avons la sensation que le lycée fonctionne beaucoup mieux ce qui est très intéressant. Les problèmes subsistent, bien sûr, mais l’immédiateté qu’offrait ma présence fait qu’il n’y avait aucune retenue, ce qui illustre bien le monde de l’enseignement. Tout, tout de suite. Mon collègue de la technique me racontait l’anecdote suivante, qui m’a fait sourire, lui moins. Du fait d’avoir monté des TBI dans les salles, il a récupéré les anciens vidéoprojecteurs pour les mettre dans des salles de classe qui n’avaient jamais eu de vidéoprojecteurs. Le mot important c’est jamais. Il a pu poser le vidéoprojecteur, mais n’a pas eu le temps de finir les branchements. Il a reçu des plaintes parce que le vidéoprojecteur ne fonctionnait pas. On peut donc passer quinze ans dans une salle sans vidéo, mais ne pas avoir la patience d’attendre qu’il soit branché, bienvenue dans mon monde.

Mes collègues donc apprennent à se débrouiller, ce qui sous entendrait que finalement la stratégie qui consiste à pousser quelqu’un à l’eau et lui dire « nage », serait la bonne. Plus fort encore, ils savent désormais qu’un jeune est disponible pour réparer, seulement trois demandes. La moralité pour moi est évidente, dans la perspective où je reviendrais aux affaires, je ne m’occupe plus des enseignants, qu’ils se débrouillent. Néanmoins, je pense que j’en resterais là, cette forme de bénévolat, où je fais uniquement ce que je veux, me convient parfaitement. Par exemple, je vais monter en salle d’étude des ordinateurs en plus, ça arrange mon CPE, ça arrange les surveillants, et ça m’arrange moi, comme ça je sais que les gamins feront leur boulot.

Pédagogie

Depuis le début de l’année, je ne suis pas trop mauvais et je m’en félicite. Je pense que j’ai dû avoir au téléphone un bon tiers des parents, certains plusieurs fois. Du fait d’être quelqu’un de correct, j’essaie en tout cas, un gamin que j’ai pourri, je rappelle pour dire quand c’est rentré dans l’ordre. Appeler les parents ce n’est pas seulement pour dire quand ça ne va pas.

De façon générale, et comparativement par rapport aux années précédentes, j’ai monté le niveau, je mets des bonus et des malus. Dans une classe de 22 garçons, pas de fille, au profil agricole, comprenez que les mathématiques pour des futurs vignerons ça leur passe au-dessus de la tête, les gars jouent pleinement le jeu si bien que je suis plus souple dans les sanctions ou dans les retards. Dans une autre classe où on tente de faire le rebelle, j’ai mis tout le monde au pli, pas de pitié. Du fait d’être le seul enseignant de troisième en maths, un poste que personne ne m’envie, les élèves le savent, échangent, connaissent ma politique du donnant donnant. Les autres donc s’adaptent, pour éviter les punitions et les appels aux parents.

J’ai désormais tendance à tout noter et tant pis si ça fait baisser les moyennes. En informatique, j’avais demandé un travail de dix minutes à me rendre à une semaine de décalage, j’ai mis une panoplie de 0, je recommencerai si nécessaire. J’avais envoyé un premier message pour dire que j’étais inquiet de ne rien voir arriver, un second avec les parents en copie de façon systématique, on ne peut pas dire que les élèves n’étaient pas au courant.

Désormais c’est ma stratégie, je note tout, le moindre boulot, je m’octroie même parfois en amont cinq points dans une interrogation, tous les prétextes sont bons pour évaluer. De cette façon, on est certain de les impliquer ou de les noyer. Et dès qu’ils commencent à se noyer, responsabilisation des parents. Il est à noter que les parents quelle que soit la nouvelle, vous remercient d’avoir appelé. J’essaie de ne pas être dur, on a de grandes situations de détresse, d’être toujours courtois, d’expliquer comment arranger les choses, et de trouver dans tous les cas une issue.

J’utilise de façon quotidienne le TBI, la majorité de l’équipe enseignante l’a adopté, il s’agit toutefois pour moi d’un tableau perfectionné et pas d’un outil sur lequel j’appuierai intégralement des séquences de cours. Je ne me vois pas passer des heures à faire des modifications complètes de mes cours pour une plus-value qui serait discutable. Faire apparaître certaines choses ça peut être sympa, mais pas indispensable. En outre, compas, rapporteur, c’est formidable. Mon problème principal, c’est mon écriture complètement dégueulasse dessus, déjà qu’à la craie c’est pas formidable, c’est encore pire. Il faut que je prenne le temps de m’organiser et de moins faire les choses à l’arrache, de façon moins nerveuse, ce qui ne correspond pas à mon rythme.

Je suis content de la démarche de mon chef d’établissement, je l’avais déjà écrit quelque part. À la base, j’étais contre l’idée du TBI sur le principe que ça ne sert à rien et que c’est pourri. J’avais dit qu’il fallait faire preuve d’un peu d’ouverture d’esprit et voir à l’usage. Faire preuve d’ouverture, ne pas se fermer comme une huître, essayer avant de condamner, ça fait partie des choses à placer dans la to do list.

IT WORKS !

  • l’imprimante ecotank. Cela fait un mois et demi que j’utilise l’imprimante, les niveaux sont quasiment à leur maximum alors que ma femme ne se prive pas. On y reviendra dans quelques mois encore pour vérifier si ça tient toujours au niveau des quantités d’encre et si ça ne se dégrade pas au niveau de la qualité. Pour l’heure, c’est assez extraordinaire, une technologie que j’attendais, ne pas se ruiner dans de l’encre sans forcément avoir un éléphant (comprendre une laser couleur) sur la table.
  • le serveur sous Debian. RAS, la machine qui utilise un vieux PC est allumé 24/24, les seuls services demandés sont le DLNA et le partage de fichiers SAMBA.
  • Mon smartphone ASUS. 80 balles, aucun problème du côté de mon épouse ou de moi-même, nous avons même reçu une mise à jour.

J’aurais pu ajouter à cette liste Windows 10 mais je ne le ferai pas, je pense que je ne vais pas tarder à refaire un tour sous Linux, même si je ne suis pas pressé. On a vu passer dans l’actualité cette semaine quelque chose qui pourrait paraître potentiellement gênant, c’est l’obligation d’avoir un compte en ligne pour les nouvelles installations de Windows 10. Je ne suis pas choqué par cette décision, qui me paraît cohérente d’un point de vue commercial et stratégique. Si pour tout le monde il est normal d’avoir un compte Android pour utiliser son smartphone, pourquoi en serait-il autrement pour un ordinateur portable ? Microsoft adopte donc la bonne stratégie, tout comme l’utilisation d’un OS Android pour son smartphone double. Enfin pour ce dernier point, c’est du quitte ou double, non seulement Microsoft tente sa chance sur le double écran mais en plus dans un marché hyper concurrentiel et sur de l’Android.

Pourquoi un retour sous Linux ? Pour le fun bien sûr !