Complément 100

03/09/2019 Non Par cborne

Je crois qu’il faudrait que j’arrête de compter les heures passées dans les chambres d’hôpitaux, de cliniques, des urgences. On est arrivé à 10h30 pour repartir à 17h00. Tout ça pour un ongle incarné, je peux vous dire que j’ai fait quelques chapitres de Lego Pirate des caraïbes sur 3DS. Mon fils égal à lui-même, jouant aux pokemons jusqu’au dernier moment en râlant parce que je ne veux pas jouer à Mario Kart avec lui. On pourrait l’opérer d’une tumeur au cerveau, il réagirait de la même manière, c’est médecin qu’il aurait dû faire, pas se lancer dans l’électricité. On a commencé à y croire que sur le coup des 16h30 on serait dehors, malheureusement quand l’infirmière lui a refait son pansement, du sang partout. Elle nous dit que soit on patiente 30 minutes de plus, soit il faut le sortir en fauteuil roulant, on a patienté.

Le médecin m’a donné deux dates, une reprise jeudi, une reprise lundi. Alors que j’aurais tendance à envoyer mes enfants à l’école avec de la fièvre, vu le foutoir que c’est je me le garde jusqu’à lundi. Bon sang, lundi, quatre jours à le voir traîner comme une loque dans le canapé à regarder la télé, je vais l’opérer d’une autre partie du corps …

Forcément le soir quand tu rentres, la pharmacie où j’aime à dire à la jeunette toujours souriante « jamais d’enfant » qui me demande comment ma rentrée s’est passée et lui présenter l’ordonnance du gamin. Scanner les feuilles pour la MGEN qui n’a pas de partenariat avec la clinique, échanger avec la prof principale pour dire que sa seigneurie rentrera la semaine prochaine, se faire appeler par l’internat qui n’est pas au courant pour son absence alors qu’on l’a dit à la CPE la semaine dernière en face à face. Essayer de trouver le nouvel ENT parce que dans la région faut que ça change, pendant ce temps là l’ombre de la collégienne avec la voix ténébreuse qui dit : « il me faut des intercalaires, un grand classeur et des pochettes plastiques … maintenant. ET J’EN AI RIEN À FOUTRE QUE TU VIENS DE PASSER PLUS DE SEPT HEURES À L’HÔPITAL ».

Bien sûr, répondre à des mails pédagogiques, appeler les infirmières et des trucs que j’ai certainement oubliés, je crois qu’on peut le dire sans aucune ambiguïté, voilà une rentrée qui démarre sur les chapeaux de roue. Vous noterez que j’ai mis la photo du café le plus cher du monde, ce café à 1.30 € tel que je vous le présente à la sortie de la machine sans en avoir bu une goutte.

Le premier chapitre de seconde générale dans mon bouquin ce sont les nombres. Oui pas de transition, c’est comme ça. Du fait de consacrer un temps python chaque semaine, j’ai calé ma progression sur le livre qui sera mon guide pour cette année. Définition des ensembles mais aussi maîtrise des opérations sur les fractions, les puissances et les racines carrées et c’est ici que ça pose problème. J’ai au moins sur mes 25 élèves de seconde, 7 élèves qui viennent de chez moi. Les calculs sur les racines carrées ne sont pas au programme du DNB professionnel. Les gamins doivent savoir ce qu’est une racine carrée, les carrés parfaits, mais pas des calculs sur les racines carrés. Les fractions c’était déjà catastrophique et ils faisaient tout à la calculatrice quand il se rappelaient qu’il fallait utiliser une calculatrice. Les puissances ça passe pas trop mal, je suspecte qu’aucun ne se rappelle comment on fait une écriture scientifique.

Dans le bouquin, il y a peu d’exercices de répétition qui sont indispensables à la maîtrise des élèves. Je ne jette pas la pierre au livre, qui considère d’un point de vue très théorique que chaque élève maîtrise le programme de collège. HA HA AH AH !!! J’ai donc besoin d’exercices de répétition, je m’oriente vers pyromaths. Le problème c’est que l’installation de pyromaths avec les dépendances LaTeX ça me refroidit assez rapidement si bien que je lance la version en ligne … qui ne fonctionne pas. Cela devrait être corrigé, nous avons la chance d’avoir Arnaud dans le forum, qui a ses contacts dans le projet.

C’est certainement ici l’illustration que Linux est en danger. J’ai le bash Ubuntu d’installé, je fais un sudo apt-get install pyromaths. Je fais un

export DISPLAY=:0

J’installe Xming X Server for Windows et je fais pyromaths dans la console.

Le rendu n’est pas formidable, dans le sens où c’est un peu minuscule, on sent que ce n’est pas forcément la police de caractères qui était prévue, ce n’est pas parfait, mais en moins de deux minutes j’avais mon document. C’est un peu la sensation d’avoir du Wine mais à l’envers. Il est certain que si l’intégration de Linux se fait de plus en plus facilement dans Windows, il sera difficile pour Linux de remonter la pente, enfin, de sortir de l’ornière.

C’est la seconde fois en moins d’une semaine que je me retrouve face à un problème qui trouve sa résolution sous Linux. Le dernier problème et qui sera le prochain à gérer, c’est la gestion de Mu sur le serveur TSE. Du fait que mon chef ne soit pas encore rentré en contact avec le prestataire de service et moi qui suis dans l’urgence, je pense que je vais l’installer directement sur les postes Debian du lycée pour pouvoir travailler.

Et là forcément public, parce que tu me connais mieux que ma mère, tu te dis que je suis en train de penser à un retour à Linux et tu n’auras pas totalement tort. L’idée m’a traversé l’esprit et pas qu’un peu. Il est nécessaire toutefois de tout poser avant de se lancer, de se relancer.

J’ai quitté Linux suite à un ras-le-bol pour quelques bugs, notamment pour des soucis entre mon téléphone et KDE. La seule chose qui compte réellement pour moi avec le téléphone c’est de récupérer mes photos et de communiquer facilement, c’est souvent galère, je ne suis pas forcément chaud patate pour aller vérifier si ça fonctionne correctement.

Il y a deux programmes qui fonctionnent sous Windows et pour lesquels je n’ai pas d’alternative, il s’agit de mes logiciels pour les calculatrices Casio et Ti avec lesquels je fabrique mes cours. Il faudrait que je fasse le test avec Wine. La question, est-ce que l’ensemble en vaut vraiment la chandelle ? Pour l’instant le poids de la balance pèse lourdement dans le camp de Windows même si le vent tourne pour au moins un point, je n’utilise quasiment plus de services Microsoft suite à mon changement de téléphone. Il devient de plus en plus simple de me passer de Windows

Ce qui est sûr, c’est qu’utiliser de nombreux services Google ne me ravit pas non plus, je lisais l’article de Minimachines sur la mort annoncée de la Chromecast première du nom, Google est un fossoyeur. La situation décrite par Pierre pour la clé, est la même situation qu’on trouve pour les services qui sont lâchés, pour les téléphones Android ou pour les Chromebooks achevés après cinq ans. Rien que la synchronisation de mes contacts effectuée actuellement avec Gmail ne disparaisse pas demain matin parce que Google l’a décidé. Lorsqu’on voit que sur Windows, 40% des utilisateurs ont un système d’exploitation obsolète et qu’il s’agit de mauvaise volonté des utilisateurs, je serais curieux de voir la même chose pour Android où les utilisateurs sont des victimes, oui je suis une victime. La segmentation est monstrueuse, ici personne pour vous dire que le système d’exploitation est obsolète, il suffit simplement d’attendre que cela ne fonctionne plus, c’est l’anarchie totale. Android 10 va sortir, on continue de vendre des appareils avec des versions très inférieures sans avertir le consommateur des risques qu’il prend.

On ne va pas se mentir, attaquer la rentrée d’une telle façon ne laisse pas de place à la rigolade. J’ai le temps, je ne suis pas pressé, je n’ai pas d’obligation de me mettre la pression pour changer de système d’exploitation. Je ne suis pas rentré, et je réalise que j’ai déjà passé une grosse semaine sous pression quand je n’ai pas encore croisé un seul élève. J’ai déjà une formation TBI la semaine prochaine, je trépigne d’impatience, et une formation à faire en ligne sur l’évaluation en capacités. Sur le terrain familial, une opération en cachant une autre, il faut faire sauter les dents de sagesse de l’ombre ténébreuse qui veut des classeurs. Même si j’ai lâché l’informatique, il faudra bien faire le lien avec le prestataire, tout ça pour dire que je ne suis absolument pas rendu.

Sur le chemin de l’hôpital j’expliquais à mon fils que le véritable secret de la vie c’était une organisation sans faille. Plus tu t’organises, plus tu anticipes, plus tu es à même de pouvoir gérer l’imprévu. Je vous confirme que ça fonctionne dans la limite des stocks disponibles. Si dans cette rentrée, je devais me pencher sur le Wifi qui commence à déconner un peu, sur la gestion des TBI, sur ce serveur avec ses machines virtuelles en 2008, je n’y arriverai certainement pas. L’organisation n’est pas tout, connaître ses limites et les accepter devient désormais indispensable.