Nouveau cas d'école et plus si affinités

Rédigé par Cyrille BORNE - - 2 commentaires

Le temps passé sur mon cas d'école est honteux mais c'était tout simplement pas possible. Pour mémoire, j'ai fait une réinitialisation de la machine puis j'ai tenté de faire passer le truc en Windows 10 blocage de façon systématique à 99%. Il faut savoir d'ailleurs que la mise à jour vers Windows 10 reste pour l'instant gratuite en utilisant mediacreationtool c'est quand même dire que Microsoft est correctement aux abois pour un système qui n'est théoriquement plus accessible sans payer depuis six mois. Vous me ferez remarquer qu'effectivement ça doit être gratuit pour les postes qui ont des outils d'accessibilité dessus, dans le cas présent ce n'est pas le cas, on est sur une version de Windows 8.1 plus que basique, ça ne devrait donc pas se mettre à jour. Comment se fait il alors que nous sommes sur un système "neuf" que l'installation ne passe pas ?

Et bien tout simplement parce que cet ordinateur de marque Boulanger .... oui je sais, est livré avec un certain nombre de logiciels dont la liste des .net. Et c'est là où on se rend compte que Windows 8.1 est encore plus pourri que Windows 7, car j'ai déjà rencontré le problème avec 7. Sauf que 7 a l'intelligence de vous présenter les .net dans les logiciels installés quand Windows 8.1 le met dans les fonctionnalités, j'ai mis un certain temps à comprendre ça. Par conséquent, tout ce que vous pouvez lire sur la toile, y a de bonnes chances que ça ne marche pas, allez vérifier pour voir si c'est pas du .net qui traîne dans votre installation.

Bien évidemment la facilité serait de dire que Windows c'est de la merde, et effectivement dans ce genre de cas, je crois qu'on peut tourner le problème dans tous les sens :

Car ici aucun message d'erreur, si je n'avais pas déjà rencontré le cas sur un PC Windows 7, je n'aurai jamais trouvé.

J'ai trouvé j'ai partagé, je me permets d'ouvrir rapidement une parenthèse pour Cascador. Je suis persuadé que même si cette astuce ne sera pas vu 100 millions de fois comme ça aurait pu être le cas si j'avais été un super youtubeur, elle dépannera un petit nombre de personnes, et c'est certainement ici que tout se joue. Qu'importe qu'on partage pour le plus grand nombre tant qu'on a pu rendre service à une personne c'est déjà beaucoup.

Dark Souls III, épisode 2, plus tard

Rédigé par Cyrille BORNE - - Aucun commentaire

J'ai recommencé après avoir pas mal avancé dans le jeu et voilà ce que je peux dire de façon générale :

  • le manque de compagnons est terrible et je pense que je vais finir par craquer sur l'abonnement en ligne même si ça ne me plaît pas. La gratuité du jeu en réseau c'était quand même quelque chose qui semblait évident, on a vraiment perdu là dessus. Si je paye, c'est presque un coup à relancer Bloodborne.
  • le jeu manque singulièrement d'originalité dans ses monstres, dans ses armes, dans tout un tas de choses, on pourra mettre ça sur le compte d'une suite logique mais ça sent quand même franchement le réchauffé même si ça reste quand même franchement plaisant. Ce qui est appréciable ici, à part quelques passages bizarres, c'est qu'on retrouve la cohérence qu'on a depuis le deux, à savoir qu'on ne va pas découvrir une partie complètement cachée après avoir égorgé un cochon sauvage un soir de pleine lune, en tout cas pour l'instant.
  • les boss sont relativement difficiles, disons que ça dépend purement du personnage avec lequel on joue, ici encore on a une sensation de déjà vu même si certains monstres sont franchement rigolos et destabilisants. Deux monstres en particulier, le diacre, c'est un prêtre qui se planque au milieu des autres, vous allez me dire que ça n'est pas sans rappeler le maître des rats dans le deux, sauf que lui est bien visible et qu'il faut se frayer un chemin dans la marée humaine pour le tuer avant qu'il ne se mette à prier avec ses copains et vous tuer d'un coup. Un autre personnage se bat avec des tas de lui même, vous le coupez donc dans sa baston. Ce qui est sûr c'est qu'on est sur des combats qui sont franchement nerveux et je pense que si je devais rejouer aux autres épisodes ce serait franchement plus facile.
  • Le vrai problème du jeu pour ma part vient du build du personnage et des armes. Les armures ne s'upgradent plus, il faut donc trouver l'armure qui va bien, ou faire tourner le jeu d'armures, ce n'est pas sans laisser penser à Bloodborne de ce côté là. Le scaling des armes n'est pas bon dans une bonne moitié du jeu dans lequel je suis c'est donc à se demander si ça vaut le coup d'investir dans la dextérité ou dans la force. Le scaling c'est une lettre qui va de E à A avec le top du top le S. En gros vous avez un bonus de frappe d'autant plus important que vous êtes dans A ou S si bien que le gars un peu malin prend une arme A en force, met un bonus de 50 de force et tape comme un grand malade. Je ne trouve pas de bonnes armes et même en upgradant chez le forgeron ça reste médiocre, ça reste à C. Je joue actuellement avec un voleur qui est un personnage intéressant, l'arc ici a du sens quand il n'en avait aucun dans l'épisode 2, en effet avec des monstres qui réapparaissent en boucle, l'achat de flèches ne pose plus de problèmes, ils ne pénaliseront pas dans l'attribution des capacités. La vie et l'endurance restent des valeurs sûres pour le reste je ne sais pas, je vais peut être re-recommencer pour voir du côté de la magie.

L'impression générale est bonne, le jeu est "amusant", a le niveau de difficulté qui va bien, ce qui gêne réellement c'est qu'on a vraiment la sensation que c'est l'habileté du joueur qui compte et que les statistiques du personnage n'ont pas vraiment d'importance ou peu.

Nouveau cas d'école

Rédigé par Cyrille BORNE - - 15 commentaires

Une collègue me donne l'ordinateur Windows 8.1 de sa fille, elle ne se rappelle plus de son code. Il s'agit d'un ordinateur relativement récent dalle tactile et de ces ordinateurs qui ne reconnaissent plus le mode legacy c'est à dire c'est UEFI ou UEFI. Déjà ne pas se rappeler de son code, je trouve ça extraordinaire mais là où on fait monter encore un peu plus la pression c'est le fait qu'il s'agit en fait de son compte Microsoft en ligne, ce n'est pas un compte local. Vous pourriez me faire remarquer qu'il suffit de faire la procédure de récupération des codes Microsoft mais quand on pose la question à la collègue est ce que tu as un numéro de téléphone qui finit par 89, on a du oui, du non et du oui ce qui clarifie la situation.

L'UEFI pose un problème, je n'arrive pas à faire démarrer ophcrack qui est quand même une vieille chose ou ma version est une vieille chose. Il faut donc cracker la machine à l'ancienne c'est à dire que vous remplacez utilman.exe dans system32 par cmd.exe en utilisant Ubuntu ce qui me confirme que mon ophcrack est une vieille chose. Ensuite il suffit de "réveiller" le compte administrateur de la machine. A partir de ce moment là on a accès à tout et donc on installe enfin ophcrack. Après avoir passé de grosses tables, ophcrack n'y arrive pas. Et là je me dis que ce n'est pas normal sauf si la jeunette a fait un mot de passe de la mort ou alors le fait qu'il doive garder quelque part un mot de passe qui ne correspond pas à grand chose car le compte n'est pas "local", même si les données sont bien présentes au local, ophcrack n'arrive peut être pas à retrouver ses petits. Je suis donc dans l'incapacité de me connecter mais j'ai la main sur les fichiers. La machine est vérolée, passage d'adwcleaner, passage de malwarebytes antimalware, le second me met plus de 4000 fichiers en quarantaine, un record personnel, le premier me trouve encore et encore des processus malgré les passages.

Je tente une mise à jour de Windows 10 histoire de faire un peu plus propre. Il faut savoir que mediacreation tool passe sans problème comme l'outil de mise à jour qui lui est supérieur, vous trouverez les url. Le premier plante pendant la recherche des mises à jour, le second reste bloqué à 99%. Microsoft propose la manipulation suivante pour réussir à s'en sortir. Je m'exécute donc en collant sur le bureau le dossier qui va bien sauf qu'au reboot, il me dit que la connexion a été réalisée avec un bureau provisoire et donc que tout a été purgé ... En gros, le compte administrateur réveillé, est pas si bien réveillé que ça puisqu'il n'est pas considéré comme réel sur la machine mais juste de passage.

A ce niveau de déchéance, j'attends de voir ma collègue pour lui dire qu'on va gentiment purger la machine, récupérer les fichiers depuis Linux et remettre à zéro le PC. Une perte de temps qui se rajoute donc à la perte de temps très culturelle que je viens de faire et que je n'avais pas faite depuis un moment, encore heureux qu'on en fait pas dix par jour comme ça.

Cela soulève au moins trois réflexions :

  • je vous évite le baratin sur les jeunes et sur l'ordinateur, mais plutôt le problème Microsoft qui est un système qui est trop ouvert, qui permet de faire trop de choses. Vous me ferez remarquer qu'il devient simple de tuer son smartphone en installant n'importe quoi, c'est vrai, mais ne serait ce que l'ouverture aux sources extérieures, l'absence de root, c'est moins évident qu'avec Windows où l'on peut tout faire. Il y a un vrai problème de fond tout de même vis à vis de la sécurisation des systèmes d'exploitation, quand je lis les gars qui sont obsédés par la protection des populations, il faudrait déjà que les populations se protègent d'elles mêmes.
  • Si je devais me positionner aujourd'hui en tant que réparateur informatique, la question quand même de la facturation se poserait. Ici, je fais ça pour le fun, ça me permet un peu de me décrasser de ma routine néanmoins si un cas comme celui-ci se présente, je pense qu'il faut proposer le formatage avec ou sans la récupération de données, pas plus. Car en effet jouer à essayer de récupérer le code c'est pas l'idée la plus idiote mais c'est une prise de temps supplémentaire. La réparation pose de plus en plus de problème à mon sens. Un collègue me dit que son vieux mac est mort, qu'il l'a payé 1200 €, on lui propose 1300 € de réparation. S'il fallait facturer le temps passé à un tarif d'informaticien, je devrai demander plusieurs centaines d'euros, autant changer la machine. Trouver le juste équilibre est tout de même chose complexe entre la rentabilité qui dans la prestation de service n'est "que" du temps et le juste prix pour le client.
  • J'ai quand même la sensation de réparer moins d'ordinateurs personnels qu'avant et je pense sans me tromper que ce n'est pas parce que Windows 10 est mieux sécurisé, mais tout simplement parce qu'il y a moins d'utilisateurs d'ordinateurs. Je constate tout de même que d'avoir pas mal gueulé au niveau des collègues, on a une utilisation largement plus rationnelle des ordinateurs, à savoir qu'ils ne l'utilisent plus comme des ordinateurs personnels mais de travail.

Et n'oublions pas les Kevina !

Grandeur et décadence

Rédigé par Cyrille BORNE - - Aucun commentaire

Comme je l'ai écrit, l'année 2017 est vraiment pédagogiquement mauvaise, mais mauvaise de chez mauvaise. Souvenez vous, chaque année au niveau national, ma fédération agricole organise un concours bien sympathique où chaque élève doit réaliser une première page de journal. L'an dernier je pestais comme c'était pas possible car le thème sur le réchauffement climatique c'était du grand n'importe quoi, la difficulté pour rentrer dans le sujet, et bien cette année avec la liberté complète, c'est encore pire. Comme quoi il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.

Voici les problèmes rencontrés :

  • les gosses ne comprennent pas le sujet même les plus malins et c'est vraiment pas bon. Il y a une gamine que j'ai en classe qui dessine comme une mangaka qui s'obstine à me faire une page de journal mais pas la première page avec la notion d'accroche. C'est une des meilleures élèves de la promotion de troisième, c'est la troisième fois que je lui explique que ce n'est pas bon, imaginez le reste.
  • j'ai dû faire un interrogatoire façon Guantánamo pour que certains élèves arrivent à me trouver un sujet. Ils ne sont pas intéressés par grand chose, et dans les centres d'intérêt on voit que la société de consommation a très très bien nivelé, mode, console, foot, marque de sport, j'ai quelques très rares sujets intéressants ou originaux, et quand c'est original, on tombe dans la catastrophe "technique".
  • J'ai un gamin qui fait partie de ces gosses un peu bizarre mais rigolo qui m'a balancé un sujet : le journal du riche. Il se tape un délire avec des tombolas à 300 € le billet, des villas de rêve sur le ton de l'ironie, c'est drôle et totalement décomplexé comme le personnage. Il m'écrit le "yacht de veaux rêves", je lui fais remarquer qu'il y a un problème, il me fait remarquer que le correcteur d'orthographe ne lui a rien dit, donc tout va bien. Le niveau de français est tellement dramatique qu'après mes quatre heures du vendredi je ne sais plus lire et écrire.
  • C'est un travail trop long, à raison de 1 heure par semaine c'est deux mois que j'utilise et ce ne sera pas fini pour la majorité d'entre eux. Ils sont lents, peu concentrés et pourtant on travaille cette année dans des conditions optimales, il n'y a aucun problème de discipline à devoir gérer, les enfants travaillent en plus en autonomie, juste à côté de la plaque. C'est de plus un travail que je porte seul, pas de pluridisciplinarité là dessus et je me rends compte que je prends de plus en plus de plaisir dans le travail de groupe avec mes collègues. Car à côté de ça, la boutique école que je réalise avec une partie de ces mêmes élèves fonctionne bien, les gamins bloguent, le prof de français corrige les articles et ainsi de suite.
  • Enfin dernier point, je me mets la pression tout seul, à savoir que je me tape 60 devoirs à corriger chaque weekend où je renvoie les consignes à chaque élève pour lui dire quoi améliorer sachant que je dois réexpliquer les consignes derrière en face à face car il n'a pas réussi à décrypter ce que j'ai envoyé à l'écrit

2017 sera certainement une année sans ce concours, enfin je parle de l'an prochain dans le monde scolaire c'est à dire 2017 - 2018, ou alors banalisé en pluridisciplinarité avec les collègues, ce qui devait être le cas cette année mais je me rends compte que personne ne suit et que tout le monde s'en fout ce qui est dommage car le principe du concours est intéressant. Cela dit, si on en arrive à tirer les vers du nez à des élèves pour leur demander leurs centres d'intérêts et qu'ils n'ont rien à dire c'est qu'il n'a peut être plus vraiment de raisons d'être. 2017 - 2018 ce sera aussi la fin de la responsabilité de prof principal, dans moins de deux semaines mes élèves partent en stage, je n'ai même pas le quart des conventions, je vais devoir rester pendu au téléphone mercredi prochain pour faire le tour des parents ...

Oui on peut dire que je suis aigri, mais c'est comme ça, je me suis fait une raison, l'année 2016 - 2017 sera mauvaise, néanmoins j'ai quelques succès. L'informatique au lycée continue d'avancer et je dirai même que ça avance trop bien. Du fait de notre zone de campagne très profonde, nous avons un débit tout pourri, c'est saturé tous les jours. L'utilisation de l'internet est réelle, de l'ENT, du cahier de texte, les usages sont en train de profondément changer et c'est tant mieux d'un côté, ça pose beaucoup de questions de l'autre. En effet, l'internet est saturé, mais aussi le sharepoint c'est à dire le bout d'office365 commun que nous partageons. Voyez quand même comment les gens sont très très loin en informatique, j'ai des collègues qui ont balancé des vidéos de 1.7 Go qui ne durent que quelques minutes car ils ne savent pas les compresser, je pense qu'ils ne se posent même pas la question en se disant que c'est illimité, de la même manière pour les photos. Il va donc falloir que je me colle à la formation des collègues, expliquer comment télécharger une vidéo youtube avec jdownloader, compresser des photos par lot ou encore une vidéo avec Handbrake.

Cette partie informatique pour le lycée est assez passionnante, il y a d'une part l'apprentissage plus ou moins permanent, même si celui-ci commence à se faire de plus en plus rare car le manque de temps (voir plus haut) me pousse à aller à l'essentiel et ce n'est pas toujours la meilleure des méthodes, mais surtout le sentiment d'avancer, c'est palpable. Par exemple, à une époque la salle des profs était tapissée de papiers pour remplir les appréciations de stage ou les notes d'examens blancs, désormais on passe tout au numérique. Prochaine étape, déclarer la maintenance informatique et matériel à travers un document partagé ce qui évitera la grande transmission orale.

Comme expliqué plus haut, on a ce qu'on appelle EPI vente, comprenez un projet où plusieurs profs travaillent ensemble. Je vous expliquais l'an dernier que nous avions réalisé le site internet de la boutique où l'on vend entre autre des produits bios fabriqués sur le lycée, nous venons avec ce début d'année de lancer la vente en ligne avec un plugin Woocommerce pour Wordpress. Là encore il y a un vrai changement de mentalité à réaliser pour pousser les enseignants à ne plus passer de façon orale par ma collègue responsable mais à passer par le site ce qui lui permet de récupérer directement la commande par la tablette. Une autre classe a réalisé des flyers qui seront distribués aux parents, en effet on peut faire le calcul qu'à 1.70 € la boîte de six oeufs bio de chez bio, un parent peut être intéressé en venant récupérer son gosse le vendredi ou dans le sac de son gosse quand il rentre à la maison. C'est du concret, c'est aussi une avancée, c'est palpable, il y a une véritable notion de territoire, c'est fait avec des élèves, c'est fait avec des profs, c'est en ce moment avec ce genre de choses que j'arrive à me sortir de mon marasme.

Je n'ai vraiment qu'une seule chose à dire, vivement juillet 2017 qu'on en finisse et qu'on puisse préparer une rentrée plus saine.

Lordi, le cadeau empoisonné

Rédigé par Cyrille BORNE - - 5 commentaires

Souvenez vous, après des années d'errance entre la région Parisienne et le Cantal, j'arrivais glorieusement dans l'Hérault, ça doit faire environ six ans je pense. Avec mon arrivée on a dû se dire qu'il fallait bien quelque chose de plus pour m'énerver, Lordi de la région. Lordi de la région c'est l'exemple type de l'incompréhension du monde enseignant et du mépris qu'on a pour lui.

On a décidé à la région et pas à l'éducation nationale que chaque enfant qui entrait en classe de seconde en Languedoc Roussillon se devait d'avoir un ordinateur portable. On a décidé donc au niveau de la région que les profs allaient faire utiliser cet ordinateur même s'ils ne pouvaient pas en bénéficier puisque cela aurait été considéré comme un cadeau de la région aux profs qui sont payés par l'état et surtout ça veut dire qu'à un instant t, y a un gars qui a outrepassé ses fonctions puisqu'il a fait de la pédagogie alors que comme la paye qui vient du ministère, les obligations et les référentiels viennent du ministère et pas de la région, c'est limite de l'ingérence. Pour exemple la mairie n'impose rien à une école en terme de pédagogie, et n'a pas à le faire, la mairie donne de l'argent et entretient les locaux.

Il serait facile de dire que le schisme est à cette origine, à savoir que les profs ne pouvant bénéficier de Lordi n'ont pas utilisé Lordi, le malaise a suffisamment été décrit ici mais nous allons reprendre quelques points :

  • Lordi est arrivé comme ça, sans rien en amont, le en amont ça veut dire impliquer les enseignants à travailler avec un ordinateur durant la très grande majorité de leurs cours. Nous sommes en 2017, l'algorithmique vient d'entrer au programme du DNB, la faute à pas de chance on a n'a pas d'ordinateur donné pour ces classes mais ce qui veut dire qu'il y a de façon explicite une utilisation de l'ordinateur. On ne peut pas faire des maths avec du 100% ordinateur surtout quand on voit les épreuves qui se durcissent notamment celles du BAC avec la disparition du mode programmation de la calculatrice ou même des épreuves sans calculatrice. Les épreuves n'évoluent pas, on en est toujours au crayon et au papier, tant que les épreuves n'auront pas évoluer, il faudra de façon obligatoire pour que les élèves puissent réussir travailler avec crayon et papier.
  • Pas d'impératif d'utilisation d'un ordinateur au niveau des enseignants, ça veut dire que c'est du ressenti de chacun, il faut que les profs soient prêts. Chaque personne fonctionne à son rythme, et dans le cadre de l'informatique c'est encore plus typique. Il faut laisser le temps à des collègues d'avoir envie et d'autre part que ça devienne une nécessité. Je l'ai souvent répété ça va trop vite, aujourd'hui nous en sommes à l'ère du vidéo projecteur, on commence avec les ENT. Voyez à quel point on est loin et qu'on est encore plus loin du tout informatique.
  • Les élèves sont totalement incapables d'entretenir leur machine et le donner aux élèves c'est d'une part considérer que les gamins ont cette capacité mais surtout qu'ils sont capables de distinguer machine professionnelle de machine personnelle ce que ne comprend quasiment aucun adulte. En effet, on file à un gosse un ordinateur en moins de quelques minutes il a installé des logiciels pour jouer, pour télécharger etc ... Ce qui entraîne le plantage régulier de la machine. Rajoutons à cela une machine qui a été donnée sans contrepartie, on se retrouve avec des gosses qui finalement ne font pas attention physiquement, beaucoup de casse, y a pas les parents qui sont là pour rappeler que c'est le cadeau de Noël à 500 €
  • On rentre alors dans une histoire d'oeuf ou de la poule qui a un résultat bien unique. Les professeurs l'utilisent peu en classe, donc les élèves le perçoivent encore moins comme un outil de travail. On constate en effet que plus Lordi est utilisé, plus les élèves en prennent soin. De l'autre côté, les enseignants qui veulent l'utiliser et qui se rendent compte que dans une classe où seulement 50% des élèves sont capables d'amener l'ordinateur quand ils le demandent, ne le demandent plus car c'est une séance de perdue. La conjonction des deux font que finalement moins on s'en sert moins il est entretenu.

Qu'est ce qui change cette année à part l'élection présidentielle ? Languedoc Roussillon disparaît et fusionne avec Midi Pyrénées pour devenir l'Occitanie, un nom bien sympathique mais avec deux politiques totalement différentes. Si en Languedoc Roussillon, c'est donné, dans le cas de Midi Pyrénées on se retrouve avec un calcul sur le revenu des parents et donc une subvention attribuée par rapport aux ressources de l'enfant et de sa famille ce qui change tout, la démarche n'a rien à voir, elle me paraît pour ma part bien plus juste. Et puis, on peut supposer qu'il doit bien y avoir dans les élus, quelques parents, quelques personnes impliquées qui ont du se rendre compte que les ordinateurs cassés, vendus au bon coin témoignent d'une non utilisation de la machine, non utilisation qui dans les cinq dernières années a coûté 80 millions d'euros.

La remédiation c'est sur le principe quelque chose qui parait évident, c'est à dire qu'on ne va donner l'ordinateur qu'aux élèves d'établissements qui l'utilisent, c'est à dire des établissements qui ont un label numérique. Je ne me suis pas renseigné pour connaître les modalités, mais je me dis qu'en lycée agricole privé, on n'aura pas le label. C'est typiquement le genre de truc qui semble logique quand on le voit de l'extérieur, mais qui en réfléchissant quatre secondes montre une fois de plus le côté délirant de la chose et de continuer de s'enfoncer. Un élève qui va être affecté à un établissement de rattachement qu'il n'a pas forcément choisi, aura un ordinateur ou ne l'aura pas par rapport à l'équipe pédagogique et non pas par rapport à des conditions de ressources. Je me trompe peut être, mais l'informatique n'est pas forcément un faciliteur, ça laisserait sous entendre que dans un établissement avec des élèves en difficulté souvent situé dans des zones de précarité, des établissements professionnels où en est parfois à l'alphabétisation, on peut ne pas utiliser l'ordinateur comme dans des lycées plus élitistes. Par le fait c'est la double sanction, tu es pauvre, tu vas dans un lycée ou pour une raison ou une autre l'ordinateur n'est pas utilisé, tu ne bénéficieras pas d'un ordinateur alors qu'il n'y en n'a peut être chez toi.

Si cette notion d'école à deux vitesses finissait par arriver, on peut imaginer une bataille de carte scolaire pour des parents qui iraient tenter de déplacer leurs enfants d'école pour qu'ils puissent bénéficier d'un ordinateur quand on sait que désormais les voyages scolaires font partie des critères qui comptent pour les parents. En gros, un joyeux bordel de plus en perspective à gérer, plus quelques chefs d'établissements qui vont commencer à mettre la pression sur les équipes pour que le lycée passe au label numérique et le sentiment de honte et de culpabilité s'il ne le récupère pas.

Aurait-il fallu donner l'argent aux établissements directement ? Oui et non. Oui si vous avez des gens comme moi, avec quatre bouts de ficelle je vous monte des salles informatiques. C'est d'ailleurs un problème que nous rencontrons au lycée, je suis victime de ma qualité. Prétentieux ? Même pas, on a un rush sur les salles informatiques qui est très important tout simplement parce que ça marche. La maintenance est légère, les postes sont sous debian avec un client rdp, tout est centralisé au niveau du serveur. L'effet de bord c'est qu'à force de rajouter des machines on finit par saturer le réseau, si bien qu'il va falloir peut être repenser les usages, notamment pour internet où du fait de notre situation géographique on a un débit pourri. Mais seulement tout le monde n'a pas quelqu'un qui a la compétence dans les lycées si bien que si vous donnez de l'argent, on va se retrouver avec des gars qui vont acheter des ipads à la pelle. Il faut créer de l'emploi, de vrais professionnels, avec des directives simples et efficaces, orientées bien sûr autour du logiciel libre et de Linux quand c'est possible. Seulement on préfère payer dans du matériel que de créer de l'emploi, il y a cette peur qui perdure en France de donner du travail à quelqu'un, la sensation d'abstrait alors que dans l'informatique un professionnel qualifié et intelligent peut vous faire gagner des fortunes. Tant pis pour nous, c'est nos impôts qui payent.

Fil RSS des articles