Battle Chasers : Nightwar, le très bon RPG à l’ancienne

25/07/2020 Non Par cborne

J’ai souvenir d’avoir passé pas mal de temps sur les vieux épisodes de Final Fantasy, des jeux en tour par tour où vous déclenchez des attaques de plus en plus spectaculaires et où vous pestez de vous faire agresser tous les quatre mètres sur la map. Je me permets d’ailleurs de mentionner l’intelligence du jeu de ce point de vue et de montrer qu’on a su évoluer dans le RPG « Japonais », on ne vous imposera pas les combats face à des ennemis qui ont un niveau très inférieur au vôtre, ce qui évite cette lassitude de combats stériles à répétition.

Battle Chasers c’est un comics réalisé par Joe Madureira, le gars qui fait le character design de la série des Darksiders. On n’aura pas de mal à reconnaître les traits, de grande qualité.

250 kilos de plus, une décoloration et on obtient guerre.

Pour la petite histoire, c’est un comics inachevé et c’est une pitié pour les fans puisque le dessinateur a eu le temps de pondre un jeu qui n’a aucun rapport avec l’histoire de base, mais n’a pas eu le temps de finir son comics. Le synopsis est pour le moins basique, Gully, le personnage ci-dessus, est à la recherche de son papa un super guerrier qui un jour est parti chercher une baguette de pain, étant non fumeur comme tout grand guerrier. Leur vaisseau volant se crashe sur une île dans laquelle des nécromanciens ont l’air de s’agiter un peu. Je dois reconnaître que je n’ai absolument pas adhéré à l’histoire, le doublage français y étant certainement pour beaucoup, « oh Paulette, tu ne trouves pas qu’il fait chaud ici. Oh oui Patrick, ouvre la fenêtre, j’enfile une tenue décontractée ». Tout ça pour dire qu’on est là pour casser du monstre, beaucoup de monstres, des vagues de monstres.

À la suite du crash vous êtes séparés et vous réunirez les six personnages de l’aventure au bout d’un certain temps, chacun ayant ses propres caractéristiques : le guerrier qui est le sosie du personnage central de Berserk, un gars que vous rencontrez à la fin qui sait un peu tout faire avec un aspect un peu vampire et qui semble sortir d’un Castlevania, un sorcier qui manie le feu et la glace, un robot, une femme fatale qui utilise des explosifs et des flingues, et enfin la gamine qui a des gantelets qui lui permettent d’arracher les cailloux. Bien évidemment vous êtes limité à trois personnages et le jeu fait une grossière erreur, les personnages avec lesquels vous ne jouez pas, n’évoluent pas, il faudra donc les promener pour les faire progresser et c’est pénible.

La carte du monde est assez énorme, particulièrement riche en quêtes secondaires mais indispensables, puisqu’elles permettront de débloquer la dernière attaque de chaque personnage ou de fabriquer des objets ultimes.

Tout est très joliment animé, c’est un jeu qui est particulièrement soigné, et on prend beaucoup de plaisir à faire les très nombreux allers-retours imposés, car certains lieux sont parfois récurrents pour débloquer certaines capacités ou trouver des objets indispensables. Les boutiques sont nombreuses, acheter des armes, armures, potions et j’en passe, une arène pour marave encore plus de monstres au cas où, et un système de combat très classe techniquement et qui essaie d’innover un peu.

Lorsque vous faites un coup classique, vous rajoutez de la surpuissance à votre personnage qui fait que lorsque vous faites une attaque qui consomme du mana, c’est d’abord la surpuissance qui part. Certains personnages comme Garrison, la brute épaisse qui ressemble au gars de Berserk de façon honteuse, va puiser dans sa surpuissance pour réaliser des attaques plus puissantes. Parallèlement à cela, plus vous tapez, plus vous faites monter la barre collective qui permet de déclencher des grosses attaques tout en 3D.

On n’est pas loin du jeu parfait, à part pour les doublages « oh Maurice, tu as vraiment allumé le ventilateur, je transpire tellement. Oh oui Paulette, une bonne sudation, c’est bon pour la santé« , il y a toutefois deux épreuves à surmonter dans le jeu. On est content car on marave plutôt bien et il n’y a pas de véritable entrave à la progression jusqu’à un donjon où vous tournez à niveau 17 et vos ennemis sont à niveau 20. C’est la boucherie. On en vient à penser qu’en changeant les membres de l’équipe ça va changer quelque chose, mais en fait comme il faut faire monter le niveau de ces personnages restés à la base, on perd encore davantage de temps. La moralité c’est qu’on n’a pas d’autre choix que de refaire le donjon précédent pour faire monter le niveau de ses personnages. Le jeu en vaut suffisamment la chandelle pour passer ce seuil. Cela signifie aussi qu’à instant t, vous devrez faire le choix définif de votre partie et ne plus changer vos personnages. C’est remarquablement expliqué par le testeur de Gamekult, ce qui montre que le garçon a fait le jeu suffisamment loin pour témoigner du problème et qu’il connaît son métier.

J’ai pris pour ma part :

  • Garrison qui semble un incontournable pour deux raisons. C’est certainement celui qui frappe le plus fort, il permet de rajouter des saignements qui vous permettront de remporter de nombreuses victoires
  • Alumon, personnage qui n’existe pas dans la bd originale, il a la possibilité de ressusciter les personnages, de faire sauter des malus, de soigner et quelques bricoles.
  • Knolan le magicien qui a deux avantages. À l’instar d’Alumon, il permet de soigner et de ressusciter les personnages, il permet aussi d’embraser les gens ce qui comme le saignement m’aura permis de remporter de nombreuses victoires.

Ce palier donc au niveau 17 et le monstre de fin qui m’a posé vraiment problème, montrant toutefois que Battle Chasers : Nightwar est un jeu très bien foutu. Vous vous retrouvez face à une grosse monstruosité qui fait des sorts de fou et qui résiste à tout sauf aux « effets » à savoir saignement, embrasement, etc … Je ne l’ai pas évoqué plus haut mais il est possible de rajouter des « talents » à vos personnages selon deux arbres de compétences. Par exemple, une attaque passera de niveau 1 à 2, faisant plus de dégâts. La difficulté de ce monstre final, c’est que vous êtes bloqué à niveau 30 car vous ne pouvez pas aller plus loin et qu’elle est au niveau 31. Un niveau faisant toute la différence, j’ai gagné sur le fil, à la croisée d’une bonne stratégie, des talents en lien avec les saignements et l’embrasement, la chance, car le monstre vous balance une attaque aléatoire que j’ai pu éviter parce que je lui en ai mis plein la face assez rapidement.

J’ai passé de très nombreuses heures sur le jeu que j’ai failli abandonner sur les deux passages évoqués, mais comme je suis un killer, j’ai triomphé. J’oublie une multitude de détails comme la possibilité de pécher, le poissonnier vous donnant des éléments qui vous permettent de troquer avec un sorcier un peu fou ayant des armes puissantes. Ou encore le fait que dans les donjons vos personnages ont des pouvoirs que vous pouvez utiliser avant les combats ce qui vous facilite un peu la tâche.

Malgré la très grande qualité du jeu cela ne m’a absolument pas donné envie de lire la bande dessinée, peut-être si l’auteur la finit un jour ou si j’oublie les dialogues horribles « oh comme tu as le torse velu Jean-Pierre, je vais te faire une épilation du maillot », par contre de folles envie de refaire du JRPG. Semble-t-il que ça ne manque pas dans le PSNOW qui reste un excellent investissement et qui montre que l’avenir est à l’abonnement dans le monde du jeu vidéo.