Le Blog de Cyrille BORNE

Paysan de l'internet

Snowden

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Snowden c'est l'histoire de cet agent de la NSA qui a dénoncé les pratiques de surveillance de son pays, une surveillance à échelle internationale. Le film est irréprochable en tant qu'oeuvre mais pose problème en tant que message qu'il voudrait faire transmettre. Comprenez que le pathos omniprésent, les clichés, la romance accentuée, le côté surdoué, les histoires d'agent secret, le personnage secondaire de couleur noire qui permet dans un incident peu concevable à Snowden de partir avec ses données, représente toute une accumulation de clichés du cinéma américain et cela dessert complètement l'histoire, la vraie, enfin à priori d'Edward Snowden. Comprenez que c'est tellement romancé qu'avec des gamins qui ne sont plus capables de faire la distinction du vrai du faux, on en viendra à penser que c'est une histoire d'espionnage des temps modernes.

Snowden ne méritait pas un film, un film américain qui plus est, un reportage, des articles de presse mais certainement pas l'utilisation de cet outil de manipulation des masses. Et pour vous dire à quel point c'est pas bon sur le principe, on notera la présence de Nicolas Cage.

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Les hommes qui passent

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Ma fille m'explique que Belinda est une chanson de M. Pokora, je lui explique que c'est une chanson de Claude François. Elle répond d'accord pour me faire plaisir et elle me dit qu'il a vachement grossi ... Là forcément, tu commences à te poser des questions parce que Claude François c'est le gars qui servait d'exemple il y a quelques années à tous les professeurs de physique pour expliquer les dangers de l'électricité et de l'intérêt d'avoir des sabots en bois à la maison. Et puis de fil en aiguille tu réalises en fait qu'elle est persuadée que Patrick Sébastien c'est Claude François qui a mal vieilli.

Et maintenant que vous regardez la photo vous avez une illumination, et vous vous dites que la présidente du syndicat des enfants vise juste, la coupe de cheveux, les costumes, c'est Claude François. Bien sûr, il y a quelques détails comme les chorégraphies ou les textes riches, le petit bonhomme en mousse, les sourdines ou tournes les serviettes, mais c'est rien tout ça. Cela dit les textes de Claude François c'était pas du Proust non plus, Gaspard, pas Marcel.

Je n'allais pas la laisser dans l'ornière de la culture des années 70 et j'explique que nous sommes face à une star qui a rendu complètement dingue nos mamans, les grands mères actuelles complètement hystériques face au costume à paillette. Et dans Youtube alors que j'ai lancé une recherche sur Claude François, on a une vidéo de Chantal Goya, je lui  raconte alors que quand on était gamin avec nos trois chaînes de télévision on avait deux idôles, Dorothée et Chantal Goya qui remplissaient les salles de concerts, des dames qui ont dû bien trôner sur l'enfance pendant une bonne dizaine d'année. Amis nostalgiques, faites vous peur, enfin même pas, je sais qu'une partie d'entre vous sera en train de chanter Bécassine c'est ma cousine.

Comment expliquer à une 13 ans qu'il y a trente ans on pouvait s'évanouir devant un chanteur à la télé ou n'avoir que deux vedettes pour les gosses et ces mêmes vedettes pouvaient durer 10 ans, qu'on pouvait avoir un patrimoine commun avec quelqu'un qui avait dix ans d'écart. Ma fille a passé Hannah Montana, Violetta, la reine des neiges, oui c'est pareil, elle a vu tellement de star qu'il fallait idolâtrer que la notion de temps n'a pas réellement de prise sur elle, la notion d'attente, la notion de limite aussi.

La société capitaliste a bien fait les choses, enfin c'est comme tout, ça ne dure qu'un temps. Car si effectivement faire monter quelqu'un en puissance pendant six mois, vendre tous les objets qui vont avec, le jeter, refaire la même chose six mois plus tard c'est certainement plus rentable que de miser sur une carrière longue, il y a quand même un risque de lassitude. L'être humain n'est pas un interrupteur, difficile d'appuyer sur le bouton on de l'individu, espérer qu'il s'allume, pire qu'il s'enflamme à la consommation puis éteindre et rallumer pour un nouvel artiste et espérer une consommation encore plus ardente.

Comme le disait le groupe I AM, notre consommation de la musique a changé, et avec elle, je pense de façon profonde nos mentalités. Une production très importante, en tout cas beaucoup plus qu'avant, une starification qui ne se fait plus dans la durée, avant faire la couverture de Télé 7 jours ou d'un autre journal, c'était la consécration, aujourd'hui c'est la personne qui fait le buzz pour la semaine, font qu'aujourd'hui pour un jeune l'attachement à l'objet, à la personne ne peut plus se faire comme avant où on avait moins et donc l'imposition de se contenter de ce qu'on avait.

Est-ce que c'est mieux maintenant ? Pas pour moi en tant que père de famille, car il est difficile de faire comprendre à un gosse que les gens, les choses, tout n'est pas jetable. C'est mieux pour moi en tant qu'adulte dans le sens où j'ai accès à plus de choses et que j'ai atteint une certaine forme de maturité qui me permet de faire des choix conditionnés certainement par une enfance où il y avait moins. Je pointe donc ici le rôle éducatif, celui où dans une société il y a tout, il est nécessaire de mettre quelques barrières pour que les gosses aient encore le goût des choses, la frustration de l'attente, le plaisir de la découverte.

La référence au titre c'est celle d'une chanson de Patricia Kaas dont on attend les reprises pour que ma fille puisse connaître ses chansons.

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Mattéo

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Mattéo c'est un gars d'origine espagnole, il est amoureux de Juliette qui ne cesse de lui parler de Guillaume le fils de la famille propriétaire du village. Il faut dire que Guillaume non seulement est plein aux as mais en plus Guillaume va devenir pilote et s'est engagé pour la guerre qui démarre. Mattéo ne se sent pas concerné et le fait d'être espagnol ne l'oblige pas à s'engager. Malheureusement à force de se faire traiter de planqué, d'entendre les exploits de Guillaume, il finit par s'enrôler dans l'armée. Après quelques péripéties que je vous épargnerai, Mattéo finit en Russie pour faire la révolution, puis après encore quelques péripéties de plus, sera de retour en France dans son village d'origine en 1936, les congés payés tout ça.

Mattéo c'est une bande dessinée de Gibrat et comme toutes les bandes dessinées de Gibrat c'est très bien écrit, à la croisée des chemins entre Pagnol et autre chose de plus noir, c'est très bien dessiné, c'est l'un des rares dessinateurs qui aura le soin de dessiner l'ombre des branches des arbres sur ses personnages. Par contre on retrouve quelque chose qui jusqu'à maintenant n'était pas gênant mais qui l'est particulièrement, la ressemblance de ses personnages féminins. En effet, dans ses bandes dessinées, on n'avait qu'un seul personnage central ce qui évitait toute forme d'ambiguïté, Mattéo a donc Juliette dans sa vie, mais va croiser deux autres femmes qui se ressemblent comme des jumelles, et qui parfois sont même ensembles dans une planche, pas terrible et c'est étonnant qu'un type avec autant de talent, si professionnel puisse laisser la place au doute dans son travail.

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Masse critique

Rédigé par Cyrille BORNE 19 commentaires

Il y a quelques années aller sur internet paraissait une évidence sociale. Quand je dis quelques années, je veux dire il y a 15 ans. En fait c'est pas exactement vrai car il y a 15 ans j'étais ingénieur à Paris et je croisais des gens comme moi, des passionnés d'informatique, des passionnés tout court. L'arrivée dans le Cantal a été un choc à bien des niveaux. Le climat, la différence de rythme par rapport à la région parisienne, mais surtout les gens, des profs, des gens qui lorsque j'employais le mot souris ou clavier voyaient en moi un ingénieur informatique quand mes collègues en étaient surtout à machine à coudre ou repas du dimanche. Tu es passionné d'informatique, tu vis dans un village de 2000 habitants dans le Cantal, tu passionné d'informatique, tes collègues sont des profs, tu es passionné d'informatique, avec qui tu partages ta passion ? Il y donc plus d'une dizaine d'années, nous n'étions pas vraiment à Facebook, au balbutiement des skyblogs, l'internet était encore la propriété d'une forme d'élite, qui je pense était globalement à la recherche de la même chose, sortir de son isolement pour trouver des gens qui partagent les mêmes centres d'intérêts.

Il y avait aussi cette envie de partage, cette envie de réciprocité, cette envie d'échanger, gratuitement, librement. Bien sûr certains voyaient dans leurs sites comment réussir à faire quelques sous, avaient déjà quelques ambitions, mais l'idée principale c'était avant tout quand même de partager la connaissance. Il faut dire que l'informatique d'il y a plus de dix ans ce n'était pas l'informatique de l'application, qu'être Linuxien c'était franchement plus hardcore et qu'on avait tout intérêt à s'y mettre à plusieurs pour trouver les solutions.

On se retrouve donc en 2017, c'est la magie de l'écriture, je peux faire des bonds temporels magnifiques, hop je vous en fais un je suis en armure de chevalier et je vais bouter les anglois dehors, hop je reviens en 2017 et je suis devant l'écran de mon ordinateur et j'ai atteint la masse critique. Dans le dictionnaire : En physique, on dit que la "masse critique" est atteinte lorsque le milieu est rendu instable en raison de la quantité de masse de matières fissibles trop importante ou encore taille satisfaisante pour effectuer quelque chose. J'étais devant mon PC et je me suis dit que là maintenant tout de suite, je pouvais laisser un grand cratère à la place de cyrille-borne.com, clôturer l'intégralité de mes comptes, déconnecter complètement et cela ne me manquerait absolument pas.

j'ai failli le faire.

Ce blog a été l'occasion de rencontrer tout un tas de personnes avec qui je suis encore en contact, je l'ai déjà dit, nous traînons encore ensemble dans un réseau social privé. Je me rends compte que ce nombre de personnes n'augmente pas, il diminue entre les décès, les gens qui ont fait le choix de quitter l'internet, mais personne ne se raccroche depuis quelques années, j'y vois quelques explications :

  • une forme de méfiance personnelle. Nos parties privées sont vraiment privées avec des échanges d'informations à caractère privé, le contexte d'internet fait qu'on fait rentrer moins facilement dans sa vie, on se méfie.
  • une distance qu'a pris le public vis à vis des sites internet, ils sont de simples consommateurs. On a tellement appris à consommer de l'internet, des gens, à consommer de tout qu'on n'imagine pas se lier d'amitié avec quelqu'un à l'autre bout de France, du monde comme nous étions capables de le faire il y a plus de 10 ans. Certainement parce qu'à cette époque, isolés comme on pouvait l'être on avait envie de s'accrocher aux gens, des gens qui étaient d'ailleurs des gens un peu "marginaux", aujourd'hui tout le monde est sur internet, trouver quelqu'un c'est comme trouver une aiguille dans une meule de foin.

La moralité c'est que j'ai la sensation aujourd'hui quand je blogue que j'ai perdu la réciprocité, la sensation d'un déséquilibre, la vague idée que j'en donne bien plus que ce que je ne reçois. Écrire ce genre de pensées débiles ça n'aidera pas grand monde mais vous pouvez trouver tout au long de ce blog des choses utiles. Pas plus tard qu'il y a quelques jours vous avez quelques billes pour démonter un x360, une présentation rapide de la solus, quelques pistes de réflexions, moi j'ai pas appris grand chose. Si je rajoute à ça que je lis de moins en moins de choses intéressantes, que je vois de plus en plus de conneries, je peux dire que le contrat de réciprocité est brisé. Et oui, je continue de bloguer, les autres ont arrêté, il y avait cette réciprocité là dedans, une réciprocité interposée, si tout le monde partageait en même temps pas forcément par un biais de question réponse, il paraissait légitime de continuer, aujourd'hui nous sommes quatre pèlerins à le faire de façon gratuite et désintéressée. 

J'ai du mal avec Thierry Crouzet car à chaque fois qu'il écrit j'ai l'impression qu'il cherche à vendre un livre, une fois qu'on arrive à passer cette désagréable impression on lit quelqu'un d'intelligent et qui sait poser les mots. Dans son billet Faut-il continuer à enrichir Wikipedia si ça profite à Google ?, titre que je trouve un peu racoleur, il y a un passage qui m'a interpellé, sa conclusion :

Je crois que nous devons réfléchir jusqu’où doit s’étendre notre sphère du don sans contre-don.

À ma famille, à mes amis, pourquoi pas à des associations… Dois-je l’étendre jusqu’à mes billets de blogs ? À des collaborations sur des Wikis ? Dois-je l’étendre à mes photos Instagram ? À certains de mes livres ? Alors lesquels ?

Nos discours ne sont pas identiques car ici il y a une notion chez lui d'alimentation des plateformes à partir de contenus gratuits mais la conclusion n'est pas loin d'être la même. Quel est aujourd'hui mon intérêt en 2017 de bloguer sans quasiment aucune contrepartie ?

Et bien là public, je dois dire que je ne trouve pas de réponse vraiment top, je peux quand même en fournir quelques unes :

  1. l'orgueil. Tu fais un site qui arrive à quasiment 10 millions de pages vues par an, tu te la pètes. Si je fais une introspection de cinq bonnes secondes, je me dis que ça peut très bien passé. J'ai quand même la joie d'avoir une vie bien remplie et de ne pas avoir qu'un blog à me raccrocher.
  2. le plaisir d'écrire et le plaisir d'écrire n'importe quoi avec la satisfaction que ça va aider quelques uns, rendre chèvre d'autres. C'est certainement ce qui pèse le plus dans la balance, écrire pour le fun. Je pense que je pourrai écrire ailleurs, de façon collective ou même sur des réseaux sociaux, alimenter des sites internet comme sens critique par exemple ou trip advisor, framasoft, des wikis, intervenir dans des dizaines de sites différents et certainement être plus utile que ce que je peux faire ici. Seulement et c'est un peu le problème qu'on peut lire chez Crouzet, on tourne au travail gratuit, même si ces lieux collectifs, d'entraide, je pourrais en sortir de l'information en cas de problème, c'est quand même la propriété de quelqu'un d'autre, c'est donc par mon travail que j'enrichis un autre, un réseau social tenu par une multinationale ou un petit site francophone, quelle différence ?

Alors forcément quand tu es prof, tu as l'habitude de faire des constats mais surtout tu cherches en permanence la fameuse remédiation, comment arranger les choses ? je pourrai tenter de passer sous une formule qui imposerait une forme de paiement, mettre de la publicité ou comme d'autres devenir commerciaux en gadgets chinois, essayer de gagner quelques sous, une bricole avec ces millions de lignes écrites. Je me connais ça ne marcherait pas, ce serait m'imposer un cadre, ça finirait par me lasser, l'écriture n'est qu'un loisir pour moi.

Je crois que malheureusement le jour où j'aurai trouvé la réponse, un autre équilibre, une autre façon d'évacuer ma verve, vous trouverez ici une page blanche, car contrairement à des collègues qui ne savent pas mourir avec classe pour ne jamais mourir bien sûr, moi je sais tout faire sauter.

Ne voyez pas nécessairement ici un message d'adieu, il n'y en aura pas, c'est aussi ça mon plaisir cher lecteur, savoir qu'ici tout ne tient qu'à un fil, comme un funambule qui ne tient pas la grande perche mais une paire de ciseaux géante. A demain ?

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Seaquarium VS Mare Nostrum : le match des aquariums en région

Rédigé par Cyrille BORNE 1 commentaire

J'avais présenté l'aquarium de Montpellier, je n'ai pas fait celui du Grau du Roi ou j'ai dû certainement le faire quand j'étais gamin. C'est un peu le problème d'ailleurs de faire les choses quand tu es gosse, tu ne te rappelles de rien. L'odysseum est vraiment une réussite néanmoins l'accès dans Montpellier comme un peu tout dans Montpellier c'est pas super. De l'autre côté aller au Grau du Roi si tu y vas avec les touristes sur des routes qui sont chargées à en crever c'est pas une réussite non plus.

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