Sanctuaire

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Sanctuaire est une bande dessinée de Dorison et de Bec qui sont tout sauf des débutants de la bande dessinée, on doit notamment au scénariste des bédés comme le troisième testament ou Long John Silver, du lourd donc. L'histoire terminée au bout de trois tomes nous raconte les péripéties d'un sous marin nucléaire américain et de son équipage qui découvre un sous marin russe datant d'un bon moment qui a été coulé par les membres d'équipage, à bord une bien étrange statue. Assez rapidement on réalise qu'il n'y a pas que le sous marin mais carrément le temple d'une civilisation perdue. Les marins à bord commencent à perdre les pédales, hallucinations, au point que le chef des machines plante le sous marin et qu'il est nécessaire d'aller trouver une issue dans le temple où se cache quelque chose de vraiment, vraiment pas joli. Sanctuaire est une bande dessinée au style parfaitement maitrisé, et dans l'histoire et dans le dessin, des flashbacks, des vrais hommes, du mystère, une sale bête façon Alien qui se dissimule dans le temple comme on peut s'en douter. J'aurai tendance à écrire que trop de maitrise tue la maitrise, aucune place à la surprise ou à la spontanéité dans cette bédé pour une bédé trop classique à la fin trop largement prévisible.

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Les Démons d'Alexia

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Les démons d'Alexia est une bande dessinée en 7 tomes qui serait arrêtée d'après ce qu'on peut voir dans Wikipedia mais aussi à la fin du septième tome où Alexia dit qu'elle a besoin de longues vacances qui raconte les aventures d'Alexia une jeune femme qui est exorciste d'un côté mais qui a la particularité d'être la descendante de Sarah Perkins, une sorcière. C'est assez étonnant comme bédé, le style graphique fait penser à ce qui se fait de plus classique dans la culture franco belge, les premières pages de l'histoire d'ailleurs sont nunuches à souhait. Et puis d'un coup, on pose les bases d'une histoire complexe avec son lot de mystères, de traitres. Alexia est embauchée pour travailler au C.R.P.S. (Centre de Recherche des Phénomènes Surnaturels), à l'intérieur de ce bâtiment une aile interdite où en 1985 tous les scientifiques ont été tués, il est impossible d'entrer dans cette zone sans mourir de façon immédiate. Qui est donc ce mystérieux Paolo qui vit dans les sous sols et qui dès son arrivée cherche à tuer Alexia ? Pourquoi l'ancien directeur artificiellement maintenu dans le coma est-il le seul survivant de la catastrophe ? Quel est ce monde parallèle dont la porte d'entrée serait dans l'aile condamnée, autant de questions auxquelles vous aurez toutes les réponses. Les démons d'Alexia c'est une excellente bande dessinée qui aurait pu être encore meilleure, il y a parfois la frustration dans cette bédé très adulte avec des morts très violentes y compris de personnages centraux et des trahisons de découvrir des passages extrêmement niais, on aurait voulu encore plus je pense. A lire d'urgence.

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Aquablue

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Sur un vaisseau spatial, c'est le drame, une explosion terrible, il faut évacuer. Papa, maman, et bébé essaient de s'évader mais malheureusement ils ne parviennent qu'à mettre bébé dans une capsule de sauvetage. Bébé va être élevé pendant 8 ans par cybot, le robot nurse et finir par trouver la planète Aquablue, une planète recouverte presque totalement d'eau mais habitable par l'homme. Enfin par l'homme c'est une façon de parler, on trouve sur Aquablue, des humanoïdes bleus qui vivent en harmonie avec la nature, de la pêche tout ça, loin de toute forme de technologie. On retrouve Nao parce que maintenant on l'appelle Nao, dix ans plus tard, et c'est le portrait craché de Rahan, jusqu'au slip. Cela fait d'ailleurs partie d'une des caractéristiques de cette bande dessinée en actuellement 14 tomes de manger à tous les râteliers avec tout de même un point rarissime, Nao est l'un des rares types en ménage dès le premier tome et père de famille par la suite, marié avec un thon quand même ... Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles si des humains ne débarquaient pas pour coloniser la planète afin d'en exploiter les ressources, avec pour conséquence de geler la planète et donc de rendre notre gentil monde bien malheureux. Vous vous doutez bien que Nao va cartonner tout le monde, et se battre pour libérer sa planète. La vie est parfois bien faite et truffée de hasard, les milices privées qui interviennent auprès des vilaines compagnies sont dirigées par la tante de Nao, qui se trouve être en fait l'héritier d'une véritable fortune récupérée par sa tante pour monter son armée et qui verrait dès lors d'un très bon œil de transformer son neveu en sushi.

Le premier cycle qui représente la bédé d'origine est composée de cinq tomes et raconte donc la libération de la planète. Globalement ça se résume à la bataille des gentils indiens contre les méchants colonisateurs, même l'alcool. Pour y arriver Nao va avoir des tas d'amis dont Carlo qui pilote le Stromboli un clone de Han Solo, il va découvrir un très grand secret dans la planète, libérer son peuple. Un premier cycle très réussi un peu niais quand même, pas très original à l'instar d'un blockbuster mais passionnant quand même. De l'humour, de l'action, des secrets, de l'amour consommé dans les lois du mariage, tous les ingrédients d'une grande bédé.

Les tomes 6 et 7, étoile blanche, portent le nom du vaisseau dans lequel les parents de Nao ont sauté. Nao par les lois intergalactiques récupère sa fortune et part sur terre pour aller régler les formalités administratives, on remarquera que ça ne s'arrange pas dans le futur. Par un souci technique, nos amis se retrouvent perdus dans l'espace à côté de l'épave, aux prises avec un intégriste religieux qui va supprimer les robots, des pirates, etc ...

Par la suite jusqu'à l'album 12, Nao a transformé l'armée de sa tante en fondation Aquablue et devient une espèce de Nicolas Hulot intergalactique, on va donc le suivre dans ses missions écologiques pas forcément passionnantes où le seul événement reste une relation extra-conjugale, quel coquin ce Nao quand même. A l'album 12, les choses changent, déjà on n'a plus le même scénariste mais surtout plus le même dessinateur et cela se ressent car le trait est largement plus adulte pour un retour aux sources. Nao après avoir trop erré a désormais un fils de 10 ans, une femme qui tient de la mégère et il est temps pour lui de se réinstaller sur sa planète. Au programme dans ce nouveau cycle, des humains qui viennent s'installer et des relations particulièrement difficiles qui en ressortent, toujours autour de la xénophobie, du vivre ensemble, des traditions.

On a beaucoup décrié les différentes suites d'Aquablue, néanmoins, les personnages, l'univers attachant est connu, l'action omniprésente font quand même de la globalité de la série quelque chose de très sympa à lire.

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Abymes

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Abymes est une bande dessinée de l'auteur bien connue ici Valérie Mangin qui écrit des univers assez intéressants détournant l'histoire ou la projetant dans le futur, Luxley par exemple avec les Aztèques qui débarquent et qui prennent le contrôle du monde à l'époque de Robin des bois, le fléau des dieux qui dans le futur opposent les huns au romain et dans la même veine le dernier troyen avec une Enéide version science fiction avec les effets spéciaux et tout. Abymes est une série en trois tomes dans laquelle on retrouve cette notion de détournement, d'une façon tout de même un peu plus différente. Le premier tome démarre sur Honoré de Balzac qui est en train d'écrire la peau de chagrin. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles si la revue dans laquelle il publie ses nouvelles ne l'avait pas viré pour mettre un autre auteur à sa place. La particularité de ces nouvelles et de cet auteur anonyme c'est qu'ils racontent dans les moindres détails la vie de Balzac sans aucune concession, des détails sordides qu'il est le seul à connaître jusqu'aux instants qu'il vit au moment même où il lit les nouvelles. Fou de rage, il décide de monter sur Paris et de mener l'enquête afin de trouver l'auteur, et par quel moyen il arrive à tout savoir. C'est très bien dessiné, par Griffo à qui l'on doit S.O.S Bonheur par exemple et on est réellement captivé jusqu'à la fin pour comprendre le prodige.

Donc un très bon premier tome et un second qui démarre d'une façon amusante, sur la réalisation d'un film après la guerre sur l'histoire qu'on a pu lire au premier tome, on est donc sur une espèce d'imbrication de l'histoire, pourquoi pas. On est donc dans l'après guerre, le réalisateur est accusé d'avoir collaboré et est donc critiqué, l'actrice principale est accroc à la cocaïne, enfin bref c'est pas réellement ce qu'on peut appeler la fête au village. Le pire c'est qu'au moment des rush on se rend compte qu'il apparaît des scènes qui ne devraient pas figurer, des scènes qui ne mettent pas en valeur les gens et qui montrent leur travers, des images qu'on n'aimerait pas voir. Les gens mènent l’enquête pour comprendre d'où ça vient, je ne vous dévoilerai pas une fois de plus l'épilogue mais après la lecture du premier tome on s'attend à quelque chose de prévisible et on ne s'y trompe pas.

C'est le troisième tome qui m'a donné l'envie d'écrire cette chronique, car je n'ai jamais lu un truc aussi prétentieux en 25 ans de lecture de bandes dessinées et je dis bravo, un grand bravo, plus pour la capacité d'avoir réussi à faire passer la pilule au niveau de l'éditeur, que pour le résultat de la bédé. On découvre une étudiante du nom de Valérie Mangin, oh mon dieu comme le nom de l'auteur, qui au détour d'une librairie parisienne découvre le premier album d'Abymes, elle s'étonne du fait de l'homonymie avec son propre nom. Intriguée elle effectue quelques recherches et pas plus. Quelques années plus tard elle tombe sur le deuxième tome et c'est le choc, l'album est daté de 2013, c'est totalement impossible, comme s'il venait du futur. Elle commence à mener sérieusement l'enquête et va donc découvrir l'univers de la bédé plus en profondeur, jusqu'au génial dessinateur et scénariste Denis Bajram à qui l'on doit notamment Universal War One qui manipule le temps et l'espace. Ils vont tomber amoureux, et on va les suivre, la fin de l'album que je ne vous raconterai pas n'est en fait qu'un simple prétexte pour raconter leur vie, car c'est bien leur vie qui nous est racontée. Un coup de Wikipedia plus tard et on se rend compte qu'à la ville Denis Bajram et Valérie Mangin sont mariés, et qu'ils se sont offerts le luxe dans un univers de bande dessinée difficile, où les séries même très bonnes sont coupées car pas assez bankables de s'offrir le luxe de raconter leur vie, de présenter leur lieu de vie, leurs potes, les libraires qui sont aussi leurs potes, un clin d’œil géant dans un tome complet. Bajram illustre d'ailleurs ce dernier tome d'une façon remarquable, c'est magnifique, mais un très bon dessin ne peut absolument pas réparer cette absence complète de scénario narcissique.

Étonnant, très étonnant, que des gens aussi brillants tant dans le dessin que dans l'histoire se soient offerts ce luxe pour moi inédit dans la bédé que d'enrober une histoire pour raconter ses souvenirs privés.

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L'ivresse des fantômes

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L'ivresse des fantômes est une bande dessinée finie en trois tomes scénarisée par Lupano qui est tout sauf un débutant, qu'on a connu pour Alim Le Tanneur ou Célestin Gobe La Lune qui sait encore s'entourer d'un dessinateur de qualité, le trait est particulièrement dynamique et la couleur flashy sont parfaitement adaptés à cette histoire où tout va vite. Dans un futur proche, la drogue du moment est une pilule bleue qui est extraite d'une plante qui ne vit que trois jours et qui a besoin d'être fécondée à l'aide d'un papillon qui apporte la mort si on touche ses ailes. Lili est une dealeuse qui souhaite arrêter, mais la faute à pas de chance elle va se retrouver dans une histoire complètement folle où seront mêlés son père à qui il ne parle plus depuis des années, riche propriétaire d'un groupe pharmaceutique, son ancien petit copain, des triades peu recommandables, et son ancien partenaire de cirque, rien que ça. L'ivresse des fantômes a un scénario à la Tarantino, chaque personnage central racontant l’événement tel qu'il l'a vécu et permettant ainsi au lecteur de progresser dans la compréhension de l'histoire jusqu'au final. Dur, malgré son dessin enfantin, c'est une bande dessinée agréable à lire que je vous recommande.

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