Halloween blues

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L'action se déroule dans les années 50 avec un concept assez original, Forester Hill un beau policier ténébreux est acquitté du meurtre de sa femme Dana Anderson, une actrice genre Marylin. Le problème c'est que ni lui, ni le fantôme de son épouse disparue qui hante sa maison et qu'il est le seul à voir ne se rappellent les circonstances de la mort de la jeune femme, lui a été assommé et ne se souvient de rien, elle se contente d'être morte. La série est terminée en 7 tomes et fait partie de la collection Polyptyque chez le Lombard, c'est intéressant de le signaler car le Lombard a compris l'un des véritables problèmes de la bédé francophone, le contrat de confiance entre les lecteurs et les auteurs. Les lecteurs des séries de Van-Hamme pour exemple ou du monde de Troy, connaissent le principe de la poule aux œufs d'or, on lance une bédé, elle rencontre du succès, on va fabriquer des tomes et des spin off jusqu'à l’écœurement, Polyptyque pose le nombre de bédés dès le départ, ni plus, ni moins, c'est courageux et respectable du côté de l'éditeur et ça permet de savoir dans quoi on s'engage.

La construction de la bande dessinée est assez simple, chaque tome une enquête policière, une magnifique jeune femme en péril vient trouver notre beau et ténébreux policier toujours très amoureux de son fantôme de femme, les enquêtes sont très bien faites et il est particulièrement difficile de trouver l'épilogue. Le dessin est magnifique, un air de famille avec des séries comme XIII ou Thorgal, on pourrait dès lors se demander ce que réclame le peuple. Le problème de cette bédé c'est que l'enquête principale, celle qui consiste à trouver le meurtrier de l'actrice piétine totalement jusqu'au dénouement pour une fin un peu en sucette quand les différents éléments de l'enquête auraient dû arriver au fur et à mesure des albums. L'intervention de Dana se fait très rarement dans les albums, il serait à la limite de la caricature de dire qu'elle ne sert à rien et pourtant ça s'en rapproche. Alors à quoi bon faire un concept réellement intéressant, de confiance, si c'est pour précipiter la fin parce que justement il a été dit que cela devait se finir au tome prédéterminé.

Halloween Blues reste toutefois une excellente bédé, on regrette juste qu'elle ne soit pas magistrale.

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Attila mon amour

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Attila professionnel du jardinage s'approche dangereusement de Rome, suffisamment en tout cas pour que les romains viennent lui offrir de nombreux présents afin de ne pas se faire tomber dessus. Parmi les cadeaux une louve ou disons une femme habillée en louve et qui se comporte en tant que tel. Intrigué au départ, Attila voit dans cette femme un objet sexuel et de divertissement jusqu'à ce qu'il réalise qu'elle possède des talents de stratège totalement insoupçonnés et qu'elle va lui permettre de conquérir bien plus que ce qu'il convoité et pourquoi pas Rome ? Mais qui est donc cette femme louve d'origine romaine, qui a tant de connaissances, et pourquoi aide-t-elle Attila dans sa conquête contre son propre peuple ? Hummmm je me le demande. On retrouve Mitton à qui l'on devait déjà Vae Victis et les deux séries sont assez similaires, sexe, conquêtes, girl power, trahison et ainsi de suite. La série est achevée en six albums, pas désagréable, pas indispensable non plus.

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Sambre

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Sambre est une bande dessinée ultra romantique qui raconte les histoires d'amour contrariées de Bernard Sambre un richard provincial et de Julie la pauvresse du village à la mauvaise réputation en plein XIX° et les révolutions dont on ne retiendra jamais le nom et qu'on n'a jamais comprises, enfin disons que cela situe l'ambiance dans un contexte assez agité. La problématique au delà que du fait que Julie soit pauvre, c'est que Julie a les yeux rouges. Il se trouve que Julie a les yeux rouges, et que curieusement le père de Bernard, Hugo, a écrit un bouquin du nom de la guerre des yeux, les yeux une obsession pour Hugo qui était persuadé que les gens aux yeux rouges étaient supers maudits, méchants de la mort et qu'ils œuvraient pour la fin de la famille Sambre.

Sambre est une bande dessinée démarrée par Yslaire et Balac (qui a jeté l'éponge par la suite) en 1986, je pense très sincèrement qu'il a dû enterrer pas mal de gens qui ont démarré la série, la bédé n'est pas finie, l'auteur qui assume aussi le dessin prend particulièrement son temps, je crois que quand on arrive à quasiment trente ans sur une bédé c'est un euphémisme. Il faut dire que l'attente est récompensée par un dessin d'une qualité réellement exceptionnelle, à ce niveau là ce n'est plus de la bédé, c'est un tableau par page. Au niveau du scénario, c'est fort, on ne tombe jamais dans le gnangnan, on suit réellement avec passion les drames de cet amour impossible.

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La trilogie Nikopol, la tétralogie du monstre

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Avec la trilogie Nikopol Enki Bilal qui a dessiné notamment pour Christin l'un des auteurs de Valérian, signe son chef d’œuvre, le genre de truc énorme, le saut à plus de 6 mètres que le perchiste n'est pas sûr de pouvoir ressauter un jour, j'imagine que cela a dû avoir une incidence directe sur la tétralogie du monstre : la surenchère. Dans un Paris futuriste, la pyramide qui contient tous les dieux égyptiens est stationnée au dessus de la capitale, les divinités sont à court de carburant et se sont lancées dans les négociations avec le président actuel contre l'immortalité, rien que ça. Le Dieu Horus est devenu dissident, il veut vivre de nouvelles expériences et décide de prendre possession d'un corps, celui de Nikopol un homme qui quelques dizaines d'années plus tôt a été envoyé dans une capsule en hibernation en prison spatiale. L'association si particulière des deux individus les emmènera à la présidence de la France bien sûr mais aussi aux championnats de chessboxing, où l'on cogne et où l'on joue aux échecs en même temps. Comme on peut le comprendre le père Bilal n'a pas fait semblant de se taper son délire, et le moins qu'on puisse dire c'est que c'est parfaitement réussi, maîtrisé, d'un point de vue graphique ou scénaristique. La force de Bilal c'est de tout oser non seulement au niveau de son histoire mais aussi au niveau du dessin, typographie qui peut devenir télégraphe, fausse coupure de presse, Bilal ne s'interroge pas quant à ce qu'on devrait faire en bande dessinée, il fait ce qu'il veut. Donc c'est un chef d’œuvre critique, public, le genre de bédés qu'on fait et qu'après on sait qu'on est réellement attendu au tournant.

La tétralogie du monstre nous plonge dans un univers d'anticipation qui gravite autour de trois personnages principaux qui se sont perdus de vue adulte mais qui enfants ont partagé le même orphelinat en ex Yougoslavie. Il s'agit ici d'une des obsessions de Bilal, ses origines qu'il met en avant et le message qu'il essaie de faire passer dans sa bédé suite au conflit des Balkans. Le premier a une mémoire infaillible qui se rappelle des événements depuis sa naissance, la seconde a découvert un site archéologique qui pourrait faire s'effondrer toutes les croyances actuelles, le dernier et sa compagne s’enrôlent dans un groupuscule extrémiste qui vise à éradiquer les sciences, la pensée, etc ... dirigés par un être totalement abject, un certain Warhole. D'un point de vue graphique, rien à redire, Bilal à nouveau se fait plaisir, journaux, couverture de magazine, dessin parfaitement maîtrisé, l'auteur casse les codes de la bédé traditionnelle une fois de plus pour faire ce qu'il veut dans son album. D'un point de vue scénario les deux premiers tomes sont très bons, la présentation des personnages, la narration de Nike qui raconte les premiers jours de sa vie avec sa mémoire super précise avec comme fil rouge la rencontre des trois personnages mais aussi ce fameux site de l'aigle où travaille Leyla, qu'ont-ils bien pu trouver là dedans ? Les deux derniers tomes partent complètement en sucette multipliant les détails, les situations abracadabrantesques, qui n'apportent rien à l'histoire, qui embrouillent le lecteur et j'en passe.

C'est finalement cela le principal reproche que l'on peut faire à l'univers de Bilal, la richesse. Le gars veut tellement en donner qu'il est nécessaire de faire plusieurs relectures pour comprendre, trouver les détails qui ont échappé à la première lecture. Une bédé riche c'est louable, une bédé qui finit par écœurer c'est discutable. Malgré ces défauts, la trilogie Nikopol et la Tétralogie du Monstre sont des bédés à lire ne serait-ce que pour briller dans les soirées de l'ambassadeur.

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Valérian et Laureline

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Avant de démarrer, il faut d'abord préciser que Christin l'auteur qui a participé à quelques bandes dessinées très engagées avec Enki Bilal comme les phalanges de l'ordre noir par exemple avait des opinions politiques particulièrement à gauche, un large euphémisme, on s'étonne parfois de ne pas entendre Valérian chanter l'internationale et défoncer quelques extraterrestres capitalistes à grand coup de faucille et de marteau. Toutes les histoires, toute la bande dessinée en sont largement imprégnés, parfois un peu trop. Valérian c'est un agent intergalactique qui doit réguler des problèmes dans l'espace et le temps, plutôt dans l'espace d'ailleurs, même si les épisodes temporels sont réellement fondateurs pour la série, sa rencontre avec sa compagne Laureline pour exemple qu'il ramasse au moyen âge. Donc Valérian travaille pour Galaxity, une agence très puissante qui colonise gentiment l'univers, les humains sont représentés comme des gens plutôt arrogants, capitalistes au possible et la majorité d'entre eux passent leur temps à s'abrutir devant des rêves qui leur sont diffusés 24/24, télévision quand tu nous tiens. Comme je le précisais, on passe son temps à dénoncer dans la bédé, Bienvenue sur Alflolol par exemple raconte comment la planète Alflolol a été colonisée par des humains qui travaillent comme des bêtes pour faire du chiffre et qui sont étonnés de voir rentrer chez eux des extraterrestres loufoques à la durée de vie très longue et qui étaient simplement partis en voyage. Les méchants humains vont tenter de les asservir mais tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Les premiers volumes sont un peu tous dans cette trame douce, niaise, où un certain idéal triomphe à la fin. L'un des épisodes les plus notables est certainement pour ma part l'ambassadeur des ombres où Valérian et Laureline doivent jouer les gardes du corps pour un ambassadeur à point central, une espèce de base où sont réunies toutes les espèces de l'univers. Assez impressionnant peut être trois décennies avant on voit se dessiner les bases du jeu vidéo Mass Effect. On n'imagine pas à quel point les aventures de Valérian et de Laureline ont influencé le monde de la science fiction, on y trouve une richesse assez impressionnante, on s'étonnera peu d'ailleurs de retrouver dans le cinquième élément le film de Besson de nombreuses choses qu'on trouve dans la bédé, pour la simple et bonne raison que Mézières le dessinateur de la série a participé à l'élaboration du design.

Au niveau du dessin puisqu'on y est d'ailleurs, pas grand chose à dire, constant, pétri d'une imagination folle, avec dans les tomes de fin des planches radicalement informatisées qui coupent avec le reste. La représentation de Valérian et de Laureline fait penser un peu à la bande dessinée Soda, un dessin pour enfant avec un contenu adulte, pas aussi poussé tout de même, même s'il est fait allusion à la sexualité, qu'il y a des morts, de la "violence", la bédé reste tout de même très fleur bleue, adolescente, je pense qu'il y a là un raté, l'ensemble aurait pu être plus sombre, plus profond surtout avec les idées défendues par Christin qu'il fait passer au chausse pieds. Pourtant les personnages sont assez intéressants, Valérian est un boy-scout qui n'est efficace que dans l'action, le gros bœuf de base réagissant à l'instant, pas réellement le profil du héros, Laureline quant à elle est le cerveau de l'équipe, elle est souvent à l'origine des solutions. Comme évoqué plus haut, on peut qualifier Valérian et de Laureline de précurseur pour la SF mais aussi sur d'autres points, la place de la femme dans la bédé sans tomber dans le ridicule à savoir la super héroïne sponsorisée par le MLF, on a là un véritable équilibre dans le couple.

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