Requiem chevalier vampire

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Requiem chevalier vampire est une série actuellement en cours dessinée par Ledroit et scénarisée par Mills, une collaboration qui pourrait faire peur puisque la bédé Sha dont ils étaient déjà les auteurs laissaient le lecteur dans la position de celui qui ne comprend rien. Heinrich Augsburg est un nazi qui vient de se faire fraîchement tuer sur le front Russe, il a la surprise de se relever sur la planète Résurrection sur un nouveau champ de bataille, en tant que vampire. Résurrection ne peut pas réellement être comparée à l'enfer tant elle est spécifique, les gens atrocement cruels durant leur vie se réveillent en vampire, leur victime en lémure, et la guerre continue puisque les lémures cherchent à se venger de leurs anciens bourreaux. D'autres groupes interviennent comme les goules qui sont des personnes qui faisaient du mal mais se dissimulant en prétendant faire le bien, ou les loups garoux correspondants aux fanatiques religieux. En fait on peut établir sur Résurrection une espèce de loi de proportionnalité, plus on était cruel sur terre plus on était puissant, une inversion qu'on trouve d'ailleurs au niveau temporel puisque les gens rajeunissent pour disparaître sauf Dracula. Par ce statut de véritable immortel, par sa grande puissance, Dracula est un peu le chef de ce beau monde à l'origine de toutes les tentatives d'attentats, générant des conflits, des guerres, des trahisons, l'idée sur Résurrection pour faire passer le temps c'est quand même de tuer, torturer et ainsi de suite.

La bédé est construite entre les événements sur Résurrection et le passé des personnages. Heinrich est tombé amoureux de Rébecca pendant la guerre, jusqu'à ce qu'il découvre qu'elle était juive, il lui a fait subir à ce moment là toutes les horreurs possibles et imaginables, d'où l’ambiguïté de leur relation sur Résurrection. Elle réincarnée en lémure, lui en vampire, ne peuvent s'empêcher de s'aimer et c'est sur de longs épisodes qu'on nous narre la cavalcade du couple maudit pour s'échapper, du fait que la jeune lémure n'ait pas été mordue, elle est réservée à Dracula. Heinrich de plus, n'en est pas à son coup d'essai sur Résurrection, il apprendra au fil des tomes qu'il est la réincarnation de Thurim, un croisé diabolique qui a tenté de détrôner Dracula et qui compte bien recommencer.

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Golden City

Rédigé par Cyrille BORNE - - Aucun commentaire

Dans le futur, une femme milliardaire a une super bonne idée. Et si on construisait un bateau gigantesque qui accueillerait les plus grosses fortunes du monde et qui naviguerait dans les eaux non soumises à un quelconque état pour en faire un super paradis fiscal. Les riches se battraient pour avoir une petite maison et ça serait d'ailleurs tellement bourré de riches, qu'on appellerait ça Golden City. C'est dans cet univers qu'on retrouve Harrisson Banks, l'héritier, une espèce de Dandy un peu aventurier qui n'est pas sans faire penser à Largo Winch en moins viril quand même. Alors qu'on pourrait penser que Harrisson a tout pour être heureux dans la vie, mais si tout allait si bien on s'arrêterait là et il n'y aurait aucune histoire, sa femme disparaît. Plutôt que d'utiliser sa police privée comme tout bon milliardaire qui se respecte notre homme riche part à l'aventure et il va lui arriver tout un tas d'aventure dont une réellement abracadabrantesque, un homme qui lui ressemble trait pour trait a pris sa place et il n'arrive pas à prouver son identité.

Mon titre ici n'est pas choisi pour rien, car le principal reproche que l'on peut faire à Golden City à part la pauvreté évidente de son scénario c'est de ne pas se positionner en tant que bédé adulte de façon forte. Les personnages centraux de l'aventure à part Harrisson, sont de malheureux orphelins qui n'ont pas eu la chance de connaître une enfance dorée pleine de thunes. On campe donc ici sur un registre très adolescent mais de l'autre côté nous voilà dans des scènes relativement sulfureuses où la super méchante se promène en tenue particulièrement légère et fait des léchouilles bien humides à sa petite copine, des morts, du sang, le registre adulte ce n'est absolument pas ce qui manque et contraste anormalement avec la franche niaiserie du reste de la bande dessinée. Au final Golden City se décompose en un premier cycle de 6 tomes, et d'un second qui nous amène à 9 albums en tout. Le graphisme est tout à fait honorable et a surtout le mérite d'être de qualité égale jusqu'à la fin du premier cycle, pour le nouveau je trouve la couleur trop criarde.

La série est dans la collection série B chez Delcourt, et je pense que ce n'est pas judicieux comme titre, car effectivement c'est une série B, un dessin convenable mais pas formidable, une histoire qui tient la route mais pas formidable non plus, sans dire que tout ceci flirte largement avec la médiocrité, on en est pas loin quand même.

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Paradise

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Paradise est une série en quatre tomes finie scénarisée par Benoit Sokal à qui l'on doit entre autre les enquêtes de Canardo et habilement dessinée par Brice Bingono. L'histoire se déroule dans une république bananière classique où un dictateur est en fin de règne, c'est la révolution. Sa fille vient pour le voir, emmenée par sa mère depuis bien longtemps en Suisse, elle n'avait plus de contact avec son père et on sait qu'elle était un membre actif de la révolte qui explose. Le problème, son avion s'écrase et elle perd la mémoire. Elle est recueillie par une espèce de sultan qui lui demande de ramener une panthère noire à son propriétaire, un animal méchant qui a tendance à bouffer tout le monde, sauf la jeune femme, on découvrira qu'ils sont intimement liés. Le propriétaire de la panthère n'est autre que son père et elle va traverser le pays pour retrouver cet homme qu'elle ne connaît pas, rencontrer des peuplades victimes de la tyrannie paternelle, et plein de formidables aventures. Plutôt bien graphée, l'histoire n'est pas forcément originale dans le gros œuvre, mais est menée d'une façon assez surprenante dans les étapes intermédiaires, on ne sait jamais trop ce qui va se passer dans l'aventure. On se laisse emporter, c'est donc réussi, à lire.

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I.R.$

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Larry Max, un nom qui fait très acteur pornographique est un super agent du fisc américain, l'I.R.S, il est tellement fort qu'on pourrait dire qu'il a un super calculateur dans le cerveau et le physique de James Bond. Du fait d'être si exceptionnel, il ne se limite pas à la bureaucratie mais à des actions de terrain où l'on découvre qu'il a le droit de sortir les gros flingues et de tirer sur tout ce qui bouge, ce qui lui arrive de façon très régulière dans des enquêtes particulièrement variées. La série s'articule autour de diptyques comme dans Largo Winch, notre héros est beau et riche car il est le fils d'un producteur de cinéma malheureusement mort dans un crash d'avion comme Largo Winch, il tombe toutes les filles avec une facilité déconcertante comme Largo Winch, les aventures sont un savant mélange de finance et d'action comme Largo Winch, le dessin de Vrancken s'inscrit quant à lui dans la même catégorie des dessinateurs qui ont accompagné Jean-Van Hamme dans les séries XIII et ... Largo Winch. Un dessin assez réussi d'ailleurs, et qui j'aurai tendance à dire se bonifie avec les albums. Larry Max est amené à enquêter sur des anciens criminels Nazis, sur des gens de la mafia, sur les cartels de la drogue, le vatican, etc. L'idée c'est bien sûr de récupérer l'argent qui a échappé aux caisses de l'état. A la lecture des premiers épisodes on reste plutôt perplexe, l'histoire du super agent du fisc mieux entraîné que la CIA on n'y croit pas, l'ensemble peu crédible avec ce gars super beau qui passe son temps au téléphone rose avec une femme du nom de Gloria Paradise, et puis ce sentiment large de chasser sur les terres de Largo Winch. Desberg est tout sauf un amateur puisqu'on lui doit tout de même le scorpion et il faudra attendre le tome 6 pour comprendre un peu mieux qui est Larry Max et pourquoi un garçon si beau qui tombe toutes les filles avait besoin d'appeler la ligne rose. C'est un pari osé qu'a pris Desberg dans le contexte si difficile de la bande dessinée où l'on ne laisse pas le temps aux séries de s'installer et à partir du moment où Desberg bouscule sa série, pose les personnages, série qui d'ailleurs devient moins diptyque mais possède une vraie trame de fond qu'on commence à s'attacher et que l'envie de lire arrive.

I.R.$ est donc une bonne surprise, une bédé qu'il ne faut pas abandonner et qui laisse présager d'autres retournements de situation et surprises comme dans les grandes séries dont elle s'inspire, XIII bien sûr et ... Largo Winch.

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Magasin Général

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Notre histoire commence dans les années 40 à Quebec, c'est Félix qui raconte l'histoire, Félix qui vient de mourir, un peu à la Desperate Housewives. Félix laisse derrière lui sa veuve, Marie et le magasin général, ce magasin qui fait vivre tout le village bien loin de Montréal. L'inquiétude plane sur le village, plus de magasin, plus de vie, c'est l'angoisse pour tous les habitants, Marie va-t-elle reprendre l'affaire, c'est le cas, et la vie reprend son cours. Il n'est pas évident de faire la synthèse de Magasin Général, de faire le pitch, puisque Magasin Général c'est un peu l'opposé du blockbuster, il ne se passe pour ainsi dire rien, à part de petits événements. L'intégralité de la bande dessinée repose sur la vie du village, sur les personnages, leurs relations, c'est très étrange comme bédé avec jusqu'à 85 pages par tome de presque rien. Le scénario et le dessin sont réalisés par Loisel à qui l'on doit la quête de l'oiseau du temps ou Peter Pan, et Jean-Louis Tripp, les auteurs d'ailleurs insistent là-dessus et sur la particularité de ce travail puisque le dessin est démarré par Loisel puis complété par Tripp, chaque début d'album présente d'ailleurs la planche originale et la planche complétée.

A mon avis les gens se sont rués sur la bédé à cause du nom de Loisel, c'est un peu la Mylène Farmer de la bande dessinée, les gens attendent la sortie de chacun de ses albums de façon presque religieuse, j'en fais partie. A la lecture du premier tome, je pense que certains ont dû partir en courant tant il manque d’événements ou disons tant le manque d’événements interpelle le lecteur, l'ambiance niaise aussi, on s'interroge réellement sur la pertinence de la bédé. Et puis il faut lire, c'est important de ne pas relâcher l'effort, il faut avancer dans la bédé pour découvrir un univers attachant, des relations magnifiquement traitées, une bien belle histoire. Pour moi c'est certainement la relation entre le jeune curé fraîchement débarqué dans la paroisse qui peine à tenir ses ouailles qui fait sa psy auprès du non-croyant du village avec qui il noue une amitié solide. Il rêvait d'être ingénieur, on l'a forcé à partir pour le séminaire, il trouve avec le vieux bonhomme qui construit un bateau un véritable réconfort, cet homme qui ne croit pas en Dieu est le seul à ne pas attendre de lui l'homme de foi qu'il devrait être mais qui apprécie tout simplement l'homme qu'il est. Un peu de piment avec l'arrivée de Serge ce personnage distingué qui contraste totalement avec les hommes du coin et qui va faire battre le cœur de Marie, mais on aura droit à un joli rebondissement, un clif hanger en quelque sorte dans cette bédé où il ne se passe rien ou pas grand chose.

Magasin Général est réellement le coup de cœur que je n'attendais pas, on ferme chacun des albums en souriant, une bédé qui rend heureux.

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